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Comment évaluer la force musculaire

Par George Newman, MD, PhD, Chairman, Department of Neurosensory Sciences, Albert Einstein Medical Center

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l’éducation des patients

Les patients qui se plaignent de faiblesse peuvent entendre par là fatigue, maladresse ou réelle faiblesse musculaire. L'examinateur doit donc définir précisément les symptômes, en particulier leur topographie exacte, l'horaire, les facteurs d'aggravation et d'atténuation ainsi que la symptomatologie associée.

On peut dès l'inspection déceler un déficit moteur (p. ex., par la manœuvre de Barré), un tremblement ou tout autre mouvement involontaire. On teste ensuite la force des groupes musculaires contre résistance, en comparant un côté du corps à l'autre. La douleur peut cependant inhiber le plein effort pendant l'examen.

En cas de déficit anorganique ou factice, le sujet peut opposer initialement une résistance normale puis céder subitement, ou il peut ne pas utiliser les muscles de soutien de façon appropriée. Par exemple, les patients qui ont une vraie faiblesse deltoïdienne utilisent les muscles accessoires qui font incliner leur tronc et leur cou à l'opposé du deltoïde affaibli parce qu'ils veulent empêcher l'examinateur de surmonter leur faiblesse. En revanche, chez les patients présentant une faiblesse factice du deltoïde (p. ex., en raison d'une simulation), l'épaule et la tête s'inclinent vers le deltoïde faible à mesure que le muscle est testé, indiquant leur manque d'effort.

Un déficit discret peut se traduire par une diminution du balancement des bras à la marche, une pronation du membre supérieur en extension, une diminution de l’utilisation spontanée d’un membre, la rotation externe d’une jambe, un ralentissement de l’exécution de mouvements alternatifs rapides ou une atteinte de la dextérité fine (p. ex., capacité à fermer un bouton, ouvrir une épingle de sûreté ou sortir une allumette de sa boîte).

La force musculaire doit être exprimée en fonction d'une échelle graduée. L'échelle suivante, initialement développée par le Medical Research Council of the United Kingdom, est à présent universellement utilisée:

  • 0: pas de contraction musculaire visible

  • 1: contraction musculaire visible sans mouvement

  • 2: Mouvement des membres mais pas contre la pesanteur

  • 3: mouvement possible contre la pesanteur mais pas contre résistance

  • 4: Mouvement possible contre au moins une certaine résistance

  • 5: force normale

La difficulté de cette échelle ou d'autres échelles similaires réside dans le grand écart de force qui peut exister entre les degrés 4 et 5.

La force distale peut être évaluée de manière semi-quantitative par l'intermédiaire d'un ergomètre manuel ou bien en faisant serrer au patient le brassard gonflé d'un sphygmomanomètre.

Les explorations fonctionnelles permettent de mieux évaluer la relation entre la force et le handicap. Lorsque le patient effectue différentes manœuvres, les capacités sont autant que possible notées et quantifiées (p. ex., le nombre d'accroupissements ou le nombre de marches gravies successivement). Se relever de la position accroupie ou monter sur une chaise permet d’évaluer la force proximale; marcher sur les talons et la pointe des pieds la force distale des membres inférieurs. Pousser sur les bras pour se lever d'une chaise indique un déficit des quadriceps. Faire pivoter le tronc pour bouger les bras indique un déficit de la ceinture scapulaire. Se relever de la position allongée en se tournant en décubitus ventral, puis en s’agenouillant et en utilisant les mains pour se redresser (signe de Gowers) évoque une faiblesse de la ceinture pelvienne.