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Apraxie

Par Juebin Huang, MD, PhD, The University of Mississippi Medical Center

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L'apraxie est l'incapacité d'exécuter des mouvements intentionnels précédemment appris malgré une volonté et une capacité motrice conservées, du fait d'une lésion cérébrale. Le diagnostic est clinique, souvent complété par des examens complémentaires neuropsychologiques, associés à l'imagerie cérébrale (p. ex., TDM, IRM) pour identifier la cause. Le pronostic dépend de la cause et de l'étendue de la lésion, ainsi que de l'âge du patient. Il n'existe pas de traitement spécifique, mais la kinésithérapie et l'ergothérapie peuvent modestement améliorer la fonctionnalité.

L'apraxie résulte de lésions cérébrales (p. ex., un infarctus, une tumeur) ou un traumatisme ou par des processus dégénératifs, habituellement des lobes pariétaux ou de leurs connexions, qui intègrent la mémoire des mouvements appris. Moins fréquemment, l'apraxie résulte d'une lésion des autres aires cérébrales telles que le cortex prémoteur (la partie antérieure du lobe frontal du cortex moteur), d'autres parties du lobe frontal, ou du corps calleux, ou les lésions diffuses liées à des démences neurodégénératives.

Symptomatologie

Les patients ne peuvent pas conceptualiser ou effectuer des tâches motrices complexes acquises malgré un système moteur, sensoriel et de coordination intact et malgré une capacité à effectuer les mouvements de façon séparée. Par exemple, les patients présentant une apraxie constructive sont incapables de recopier une forme géométrique simple, bien qu'ils soient capables de voir et de reconnaître le stimulus, de tenir et d'utiliser un stylo et de comprendre la tâche demandée. Généralement, les patients ne sont pas conscients de leur déficience.

Diagnostic

  • Test au lit du malade et tests neuropsychologiques

  • Imagerie cérébrale

Les examens complémentaires au lit du malade consistent notamment à demander aux patients de faire ou d'imiter les tâches courantes apprises (p. ex., saluer, arrêter ou se mettre à marcher, se peigner les cheveux, allumer et souffler sur allumette, ouvrir une serrure avec une clé, utiliser un tournevis ou des ciseaux, en prenant une profonde inspiration et en retenant sa respiration). La force motrice et l'amplitude du mouvement doivent être évaluées afin d'éliminer une faiblesse musculaire et des anomalies musculo-squelettiques. Les tests neuropsychologiques ou une évaluation par un kinésithérapeute ou un ergothérapeute permettent d'identifier des apraxies plus subtiles.

Il faut interroger les aidants sur les capacités du patient à réaliser les activités de vie quotidienne, en particulier celles qui impliquent les appareils ménagers (p. ex., l'utilisation correcte et sans danger des ustensiles de cuisine, de la brosse à dents, du marteau et des ciseaux) et l'écriture.

Une imagerie cérébrale (p. ex., la TDM ou l’IRM; avec ou sans protocoles angiographiques) est nécessaire pour déterminer la présence d’une lésion centrale (p. ex., un infarctus, une hémorragie, une lésion tumorale ou une atrophie focale).

Pronostic

Généralement, l'évolution est marquée par une perte d'autonomie avec un besoin d'aide pour effectuer les activités de la vie quotidienne ou du moins une nécessité de surveillance. Les patients atteints d'un accident vasculaire cérébral ont généralement une évolution stable, avec parfois une amélioration de la symptomatologie.

Traitement

  • Kinésithérapie et ergothérapie

Il n'y a pas de traitement médical spécifique. Les médicaments qui ralentissent la progression symptomatique de la démence semblent peu efficaces. La kinésithérapie et l'ergothérapie peuvent améliorer modestement la fonctionnalité, mais sont surtout utiles pour sécuriser l'environnement et fournir des aides aux patients afin de limiter la déficience primaire.

Points clés

  • Les patients atteints ne peuvent pas conceptualiser ou effectuer des tâches motrices complexes acquises malgré une capacité à effectuer les mouvements de façon séparée.

  • Demander au lit du patient d'effectuer des tâches ordinaires, recommander des tests neuropsychologiques et une imagerie cérébrale.

  • Envisager de recommander une kinésithérapie et ergothérapie de support.