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Infections helminthiques cérébrales

Par John E. Greenlee, MD, Neurology Service, George E. Wahlen VAHCS, Salt Lake City;Department of Neurology, University of Utah School of Medicine

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Des millions de personnes dans les pays en voie de développement ont une infection du SNC par les vers helminthiques parasitaires. Les personnes infectées qui visitent ou immigrent dans des régions non endémiques, dont les USA, peuvent y présenter la maladie. Les vers peuvent entraîner une méningite, une encéphalite, des tumeurs cérébrales, une hydrocéphalie, un accident vasculaire cérébral ou une myélopathie.

Neurocysticercose

( Infection à Taenia solium et cysticercose (ténia du porc) : Cysticercose.) Parmi les quelques 20 helminthes pouvant provoquer des troubles neurologiques, le ténia du porc Taenia solium cause de loin la plupart des cas en Occident. Le trouble résultant est la neurocysticercose. Après l'ingestion d'aliments contaminés par des œufs du ver, des larves migrent vers les tissus, dont le cerveau, la moelle épinière et les voies de passage du LCR et forment des kystes. Le diamètre du kyste dépasse rarement 1 cm dans le parenchyme neural, mais peut dépasser 5 cm dans les espaces du LCR. Les kystes situés dans le parenchyme cérébral provoquent peu de symptômes jusqu'à ce que la mort des vers déclenche une inflammation locale, une gliose et un œdème, qui provoquent des convulsions (le plus souvent), des déficits cognitifs ou neurologiques focaux ou des modifications de la personnalité. Des kystes plus gros situés dans les voies du LCR peuvent provoquer une hydrocéphalie obstructive. Des kystes peuvent se rompre et leur liquide s'échapper dans le LCR, entraînant une méningite éosinophilique aiguë ou subaiguë. La mortalité de la neurocysticercose symptomatique peut aller jusqu’à 50%.

La neurocysticercose est suspectée chez les patients originaires de pays en voie de développement et qui ont une méningite à éosinophiles ou des convulsions inexpliquées ou des déficits cognitifs ou focaux ou des modifications de la personnalité. Elle est évoquée devant de multiples lésions kystiques calcifiées observées à la TDM ou à l’IRM; les lésions peuvent être réhaussées par un produit de contraste. Le diagnostic repose sur des sérologies dans le sang et dans le LCR et plus rarement sur la biopsie du kyste.

L'albendazole (7,5 mg/kg po q 12 h pendant 8 à 30 j; dose quotidienne maximale 800 mg) est le médicament de choix antihelminthique. Il peut être remplacé par le praziquantel 20 à 33 mg/kg po tid pendant 30 j. La dexaméthasone 8 mg 1 fois/j IV ou po pendant les 2 à 4 premiers jours peut diminuer la réponse inflammatoire aiguë à la mort des larves. Le traitement antihelminthique peut être cause de morbidité si le nombre de kystes est très élevé et peut ne pas être utile chez les patients qui ne présentent qu'un seul kyste. Le traitement doit être attentivement individualisé. Un traitement antiépileptique à court ou long terme pourra être nécessaire. Une exérèse chirurgicale des kystes et une dérivation ventriculaire peuvent également s'avérer nécessaires.

Autres infections

Dans la schistosomiase (bilharziose) ( Schistosomiase (bilharziose)), des granulomes éosinophiles nécrosants se développent dans le cerveau, entraînant des convulsions, une hypertension intracrânienne et des déficits neurologiques diffus ou focaux.

Les gros kystes solitaires d'échinococcoses ( Échinococcose (hydatidose)) peuvent provoquer des déficits focaux et parfois des convulsions.

La cénurose, provoquée par les larves de cestodes, se manifeste habituellement par des kystes en grappe pouvant obstruer la sortie du LCR dans le 4e ventricule ( Coenurose ( Taenia multiceps ou T. serialis )). Les symptômes mettent plusieurs années à se développer et, si le cerveau est atteint, comprennent une augmentation de la pression intracrânienne, des convulsions, une perte de connaissance et des déficits neurologiques focaux.

La gnathostomose, une infection rare, par des larves du nématode Gnathostoma sp, entraîne la formation de zones nécrotiques entourées d’une inflammation le long des racines nerveuses, de la moelle épinière et du cerveau ou une hémorragie sous-arachnoïdienne, provoquant une fébricule, une rigidité de la nuque, une photophobie, des céphalées, des déficits neurologiques migratoires (touchant parfois les 6e ou 7es nerfs crâniens) et une paralysie.

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