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Méningite virale

Par John E. Greenlee, MD, Neurology Service, George E. Wahlen VAHCS, Salt Lake City;Department of Neurology, University of Utah School of Medicine

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La méningite virale tend à être moins sévère que la méningite bactérienne aiguë. Les signes comprennent des céphalées, une fièvre et une raideur de la nuque. Le diagnostic repose sur l'analyse du LCR. Le traitement consiste en des mesures de soutien, l'acyclovir en cas de suspicion d'herpès simplex, et des médicaments antirétroviraux en cas de suspicion d'infection par le VIH.

Le terme de méningite virale est parfois utilisé comme synonyme de méningite aseptique. Cependant, la méningite aseptique correspond généralement à une méningite aiguë causée par autre chose que des bactéries qui causent des méningites bactériennes aiguës. Ainsi, la méningite aseptique peut être causée par des virus, des pathologies non infectieuses (p. ex., des médicaments, des troubles), des champignons ou, occasionnellement, d'autres micro-organismes (p. ex., Borrelia burgdorferi dans la maladie de Lyme, Treponema pallidum dans la syphilis).

Causes

La méningite virale résulte habituellement d'une dissémination hématogène, mais la méningite due au virus herpès simplex type 2 (HSV-2) peut également résulter de la réactivation d'une infection latente.

La cause la plus fréquente de méningite virale est

  • Entérovirus

Pour de nombreux virus qui provoquent des méningites (contrairement aux bactéries qui provoquent des méningites bactériennes aiguës), l'incidence est saisonnière ( Causes fréquentes de méningite virale).

Causes fréquentes de méningite virale

Virus

Mécanisme de la transmission

Incidence saisonnière

Entérovirus (p. ex., les virus Coxsackie, échovirus

Propagation fécale-orale (p. ex., par l'intermédiaire d'aliments contaminés, dans les piscines)

De l'été au début de l'automne

Des cas sont parfois observés tout au long de l'année de façon sporadique

*Herpes simplex, habituellement, virus de type 2

Contact étroit avec une personne qui élimine le virus de façon active

Non

Virus équin occidental

Virus équin vénézuélien

Moustiques

De l'été au début de l'automne

Virus West Nile (virus du Nil occidental)

Virus St. Louis

Moustiques

De l'été au début de l'automne

Virus de l'encéphalite de Californie

Virus La Crosse

Moustiques

De l'été au début de l'automne

Virus de la fièvre à tiques du Colorado (inhabituel)

Tiques

Fin du printemps au début de l'été

Virus de la chorioméningite lymphocytaire

Aéroportées

De l'automne à l'hiver

VIH-1

VIH-2

Contact avec les liquides corporels d'une personne infectée

Aucun§

*La méningite à herpès simplex de type 2 peut se produire une seule fois ou récidiver (v. plus loin).

Les virus de l'encéphalite équine occidentale et du Venezuela ont été associés à des méningites, mais aucun cas n'a été signalé au cours des dernières années.

Le virus de la chorioméningite lymphocytaire 2 est associé à l'exposition à des souris sauvages infectées (l'hôte naturel de ce virus) et est plus fréquente en automne ou en hiver lorsque les souris ont tendance à se déplacer à l'intérieur. L'infection peut également se produire tout au long de l'année lorsqu'elle est due à une exposition à des hamsters infectés.

§La méningite due au VIH commence généralement tôt au cours de l'infection systémique, quand la séroconversion se produit.

Symptomatologie

La méningite virale, comme la méningite bactérienne aiguë, commence habituellement par des symptômes qui suggèrent une infection virale (p. ex., fièvre, myalgies, symptômes respiratoires ou digestifs), suivis de symptômes et de signes de méningite (céphalées, fièvre, raideur de la nuque). Les manifestations tendent à ressembler à celles de la méningite bactérienne, mais elles sont généralement moins sévères (p. ex., la raideur de la nuque peut être moins prononcée). Cependant, les signes sont parfois suffisamment graves pour suggérer une méningite bactérienne aiguë.

Diagnostic

  • Analyse du LCR (nombre de cellules, protéines, glucose)

  • PCR du LCR et parfois IgM

  • Parfois, PCR et/ou hémoculture, culture de prélèvement de gorge, de sécrétions nasopharyngées, ou de selles

Le diagnostic est basé sur l'analyse du LCR obtenu par ponction lombaire (précédée d'une neuro-imagerie, si une pression intracrânienne élevée ou une masse sont suspectées, Méningites bactériennes aiguës : Ponction lombaire). Généralement, la protéine est légèrement augmentée, mais moins que dans la méningite bactérienne aiguë (p. ex., < 150 mg/dL); cependant, le taux de la protéine peut être très élevé dans la méningite à virus West Nile (virus du Nil occidental). La glycémie est généralement normale ou modérément plus basse que la normale. D'autres signes comprennent une pléiocytose avec une prédominance lymphocytaire. Néanmoins, aucune association de signes concernant les cellules, les protéines et le glucose du LCR ne permet d'exclure une méningite bactérienne.

La culture virale du LCR est peu sensible et non systématiquement effectuée. La PCR peut être utilisée pour détecter certains virus dans le LCR (entérovirus et herpès simplex, herpès zoster, virus West Nile [virus du Nil occidental]). La mesure des IgM dans le LCR est plus sensible que la PCR pour le diagnostic du virus West Nile (virus du Nil occidental) ou d'autres arboviroses.

Les tests sérologiques viraux, PCR, ou culture de prélèvements d'autres régions (p. ex., sang, prélèvement de gorge, sécrétions nasopharyngées, selles) peuvent permettre d'identifier le virus responsable.

Pièges à éviter

  • Si les patients semblent gravement malades, les traiter pour une méningite bactérienne aiguë jusqu'à ce que cette dernière soit exclue, même en cas de suspicion de cause virale.

Traitement

  • Mesures de support

  • Acyclovir (en cas de suspicion d'herpès simplex ou de zona) et médicaments antirétroviraux (pour le VIH)

La méningite virale disparaît spontanément en quelques semaines ou, occasionnellement (p. ex., dans la méningite virale due au virus West Nile [virus du Nil occidental] ou à la chorioméningite lymphocytaire), en quelques mois. Le traitement est principalement de support.

L'acyclovir est efficace dans le traitement de la méningite à herpes simplex et il peut être utilisé pour traiter la méningite à herpes zoster. Si l'un de ces virus est suspecté, la plupart des spécialistes commencent un traitement empirique par acyclovir et, si la PCR est négative pour ces virus, ils arrêtent le médicament. Le pléconaril n'est que modestement efficace dans la méningite à entérovirus et n'est pas disponible en utilisation clinique systématique. Les patients présentant une méningite à VIH sont traités par antirétroviraux ( Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) : Traitement).

Si les patients semblent gravement malade et si une méningite bactérienne aiguë semble possible, des antibiotiques et des corticostéroïdes appropriés sont démarrés immédiatement (sans attendre les résultats des examens) et continués jusqu'à ce que la méningite bactérienne soit exclue (c.-à-d., que le LCR soit démontré stérile).

Points clés

  • La méningite virale commence par des symptômes typiques d'une maladie virale, suivis par des céphalées, une fièvre, et une raideur de la nuque, mais est rarement aussi grave que la méningite bactérienne aiguë.

  • Les entérovirus sont la cause la plus fréquente, généralement au cours de l'été ou au début de l'automne.

  • Les signes dans le LCR (généralement pléocytose lymphocytaire, glucose proche de la normale, et protéines légèrement augmentées) ne peuvent permettre d'exclure une méningite bactérienne aiguë.

  • Le traitement est principalement de support.

  • Les patients sont traités comme pour une méningite bactérienne aiguë jusqu'à ce que le diagnostic soit exclu.

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