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Revue générale des maladies à prions

(Encéphalopathies spongiformes transmissibles)

Par Pierluigi Gambetti, MD, Case Western Reserve University

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l’éducation des patients

Les maladies à prions sont des pathologies neurodégénératives, évolutives, mortelles et incurables. Elles comprennent

  • La maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), l'exemple prototypique

  • Prionopathie variable sensible à la protéase (VPSPr, Variably protease-sensitive prionopathy)

  • La maladie de Gerstmann-Straüssler-Scheinker

  • L'insomnie fatale

  • Le Kuru

Les maladies à prions surviennent habituellement de manière sporadique, avec une incidence annuelle mondiale d'environ 1/1 un cas sur un million.

Toutes les maladies à prions proviennent d'une modification anormale de conformation d'une protéine du cerveau, qui existe à l'état normal, appelée protéine prion (PrP), dont la fonction précise reste encore mal inconnue. Les protéines prions mal repliées (appelées prions) induisent un repliement anormal de la PrP normale en une isoforme pathogène de PrP souvent appelée scrapie PrP (PrPSc, du nom de la maladie à prion prototypique du mouton [Scrapie en anglais]). Un fort pourcentage de PrPSc est très résistant à la dégradation (comme la β-amyloïde, qui lui ressemble), ce qui provoque une accumulation cellulaire lente mais inexorable et la mort des cellules neuronales. L'accumulation progressive de prions provoque une gliose et des modifications vacuolaires (spongiformes) histologiques caractéristiques, entraînant une démence et d'autres déficits neurologiques. La symptomatologie se développe des mois ou des années après l'exposition.

Les maladies à prions peuvent être héréditaires (familiales); elles peuvent être causées par des anomalies du gène de la PrP contenu dans le bras court du chromosome 20. Certaines anomalies provoquent des maladies de Creutzfeldt-Jakob familiales, d'autres des maladies de Gerstmann-Straüssler-Scheinker ou des insomnies fatales (l'insomnie fatale familiale, la forme familiale de l'insomnie fatale). De petites anomalies de codons spécifiques (séquences nucléotidiques dans les gènes) peuvent déterminer la prédominance de certains symptômes et la rapidité d'évolution de la maladie.

Les maladies à prions peuvent également être acquises, transmises par voie interhumaine (p. ex., comme dans le kuru) ou des animaux aux humains (p. ex., comme la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob). Le cannibalisme rituel est cause de la propagation du kuru en Nouvelle-Guinée. La transmission des prions peut être iatrogène par transplantation d'organes et de tissus, l'utilisation d'instruments chirurgicaux contaminés, ou, plus rarement, par transfusion sanguine. Les maladies à prions, qui se produisent chez de nombreux mammifères (p. ex., vison, wapitis, cerfs, moutons et bovins domestiques) peuvent être transmises entre les espèces par l'intermédiaire de la chaîne alimentaire (p. ex., la variante de la Maladie de Kreutzfeldt-Jakob). Dans plusieurs Etats de l'Ouest des États-Unis et du Canada, on craint que la maladie débilitante chronique (a chronic wasting disease [CWD]), la maladie du prion des wapitis et des cerfs, puisse être transmissible aux chasseurs, aux bouchers, ou en consommant des animaux malades; cependant, la transmission de la CWD des animaux aux humains est peu probable, sauf si la CWD a été transmise d'animal à animal à plusieurs reprises (comme cela peut arriver à l'état sauvage), affaiblissant la barrière entre les espèces.

Une maladie à prions doit être évoquée chez tous les patients atteints de démence, en particulier si elle progresse rapidement.

Le traitement est symptomatique. Les prions résistent aux techniques de désinfection classique et représentent des risques pour les chirurgiens, les anatomopathologistes et les techniciens manipulant des tissus et des instruments contaminés. Le matériel est autoclavé à 132° C pendant 1 h ou immergé dans de l’hydroxyde de Na à 4% ou une solution d’hypochlorite de Na à 10% pendant 1 h.