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Atrophie multisystémique (MSA)

Par Phillip Low, MD, Professor of Neurology;Consultant, Department of Neurology, College of Medicine, Mayo Clinic;Mayo Clinic

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L'atrophie multisystémique est une affection neurodégénérative incurable et évolutive provoquant des troubles pyramidaux, cérébelleux, ainsi qu'une atteinte du système nerveux végétatif. Il comprend 3 troubles distincts: l'atrophie olivopontocérébelleuse, la dégénérescence nigrostriatale et le syndrome de Shy-Dräger. Les symptômes comprennent hypotension, rétention urinaire, constipation, ataxie, rigidité et instabilité posturale. Le diagnostic est clinique. Le traitement est symptomatique, avec remplissage, port de vêtements compressifs et médicaments vasoconstricteurs.

L'atrophie multisystémique touche environ 2 fois plus d'hommes que de femmes. L’âge moyen de début est de 53 ans; après l’apparition des symptômes, les patients survivent environ 9 à 10 ans.

Étiologie

L’étiologie est inconnue, mais la dégénérescence neuronale survient dans plusieurs régions du cerveau; la zone lésée et l’ampleur des lésions déterminent les premiers symptômes. Un signe caractéristique est la présence de corps d'inclusion cytoplasmiques contenant de l'α-synucléine dans les cellules oligodendrogliales.

Symptomatologie

Les premiers symptômes varient, mais ils comprennent une association de

  • Parkinsonisme qui ne répond pas à la lévodopa

  • Anomalies cérébelleuses

  • Symptômes dus à une insuffisance du système nerveux végétatif

Symptômes parkinsoniens

Ces symptômes prédominent dans la dégénérescence nigrostriatale. Ils comprennent rigidité, bradykinésie, instabilité posturale et tremblements. Une dysarthrie avec voix aiguë et scandée est fréquente.

Contrairement à la maladie de Parkinson, l'atrophie multisystémique ne comprend habituellement pas de tremblements au repos et de dyskinésie et les symptômes répondent mal et passagèrement à la lévodopa.

Anomalies cérébelleuses

Ces anomalies prédominent dans l'atrophie olivopontocérébelleuse. Les symptômes comprennent une ataxie, une dysmétrie, une adiadococinésie (difficultés à effectuer rapidement des mouvements alternatifs), mauvaise coordination et des mouvements oculaires anormaux.

Symptômes végétatifs

La défaillance végétative entraîne généralement une hypotension orthostatique (baisse symptomatique de PA lorsqu'une personne se tient debout, souvent avec syncope), une rétention urinaire ou une incontinence, une constipation et des troubles de l'érection.

D'autres symptômes végétatifs, qui peuvent survenir de façon précoce ou tardive, comprennent une hyposudation, des troubles respiratoires ou de la déglutition, une incontinence fécale et une diminution de la production de larmes et de salive.

Trouble du sommeil paradoxal (p. ex., se mettre à parler ou les mouvements des muscles squelettiques pendant le sommeil paradoxal) et un stridor respiratoire sont fréquents. Les patients sont souvent inconscients des troubles du sommeil paradoxal.

Les patients peuvent avoir une polyurie nocturne; les facteurs favorisants peuvent être une diminution du rythme circadien de l'arginine-vasopressine et les traitements utilisés pour augmenter le volume sanguin.

Diagnostic

  • Bilan clinique (syndrome parkinsonien ou symptômes cérébelleux qui répondent mal à la lévodopa plus une dysautonomie)

  • IRM

Le diagnostic d'atrophie multisystémique est suspecté cliniquement, en fonction de l'association d'insuffisance neurovégétative avec un syndrome parkinsonien ou des symptômes cérébelleux. Des symptômes similaires peuvent avoir pour origine la maladie de Parkinson, la démence à corps de Lewy, une atteinte végétative pure, des neuropathies végétatives, une paralysie supranucléaire progressive, des infarctus cérébraux multiples ou un syndrome parkinsonien induit par les médicaments.

Aucun test diagnostique n'est définitif, mais certains (p. ex., IRM, imagerie nucléaire au 123I-métaiodobenzylguanidine [MIBG], tests végétatifs) permettent de confirmer une suspicion clinique d'atrophie multisystémique, p. ex., si

  • L'IRM montre des anomalies caractéristiques dans le mésencéphale, le pont, ou le cervelet.

  • La scintigraphie au mIBG montre une innervation intacte du cœur.

  • Les tests végétatifs indiquent une dysautonomie généralisée.

Traitement

  • Soins de support

Il n'existe pas de traitement spécifique, mais les symptômes font l'objet d'une prise en charge comme suit:

  • Hypotension orthostatique: le traitement comprend l’expansion du volume intravasculaire par supplémentation en sel et en eau avec parfois de la fludrocortisone 0,1 à 0,4 mg po 1 fois/jour. Le port de vêtements de contention au niveau de la partie inférieure de l'organisme (p. ex., bandage abdominal, bas de contention) et la stimulation des adrénorécepteurs α par la midodrine 10 mg po tid permettent une amélioration. Cependant, la midodrine augmente également la résistance vasculaire périphérique et la PA en position couchée, ce qui peut poser problème. Élever la tête du lit d'environ 10 cm réduit la polyurie nocturne et l'HTA en position couchée et peut réduire l'hypotension orthostatique matinale.

  • Syndrome parkinsonien: l'administration de lévodopa/carbidopa 25/100 mg po au coucher peut être essayée pour diminuer la rigidité et les autres symptômes parkinsoniens, mais cette association est habituellement peu efficace ou fournit des bénéfices limités.

  • Incontinence urinaire: si le facteur produit une hyperréflexie du détrusor, le chlorure d'oxybutynine 5 mg po tid ou la toltérodine 2 mg po bid peuvent être utilisées.

  • Rétention urinaire: de nombreux patients doivent pratiquer des autosondages urinaires.

  • Constipation: une alimentation riche en fibres et des laxatifs émollients peuvent être utilisés; pour les cas réfractaires, des lavements peuvent être nécessaires.

  • Troubles de l'érection: des médicaments tels que le sildénafil 50 mg po selon les besoins ou des moyens physiques divers peuvent être utilisés ( Troubles de l'érection : Traitement).

Points clés

  • L'atrophie multisystémique peut comprendre des symptômes parkinsoniens, des anomalies du cervelet et une insuffisance du système nerveux végétatif de divers degrés de gravité.

  • Diagnostiquer ce trouble en fonction des signes IRM, cliniques et végétatifs, mais évoquer une maladie de Parkinson, une démence à corps de Lewy, une atteinte végétative pure, des neuropathies végétatives, une paralysie supranucléaire progressive, des infarctus cérébraux multiples et un syndrome parkinsonien induit par les médicaments, qui tous peuvent provoquer des symptômes similaires.

  • Utiliser des traitements spécifiques pour les symptômes présents.