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Tremblement

Par Hector A. Gonzalez-Usigli, MD, Professor of Neurology;Movement Disorders Clinic, HE UMAE Centro Médico Nacional de Occidente;Neurology at IMSS ; Alberto Espay, MD, Associate Professor and Clinical Research Director of the James J. and Joan A. Gardner Center for Parkinson's Disease and Movement Disorders, University of Cincinnati

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Les tremblements sont des mouvements involontaires, rythmiques, oscillatoires réciproques de groupes musculaires antagonistes, impliquant généralement les mains, la tête, le visage, les cordes vocales, le tronc ou des jambes. Le diagnostic est clinique. Le traitement dépend de la cause et le type de tremblements et peut comprendre l'évitement des déclencheurs (physiologiques), le propranolol ou la primidone (essentiels), la kinésithérapie (cérébelleux), habituellement la lévodopa (parkinsoniens), et parfois la stimulation profonde du cerveau (invalidants et réfractaires aux médicaments).

Le tremblement peut être

  • Normal (physiologique)

  • Pathologique

Les tremblements physiologiques, généralement à peine perceptibles, deviennent perceptibles chez de nombreux sujets lors d'un stress physique ou mental.

Les tremblements varient en

  • Fréquence (p. ex., intermittents, constants)

  • Intensité

  • Acuité (p. ex., progressive, abrupte)

La gravité des tremblements peut ne pas être liée à la gravité du trouble sous-jacent. Par exemple, le tremblement essentiel est généralement considéré comme bénin et n'abrège pas la vie, mais les symptômes peuvent être invalidants.

Physiopathologie

Diverses lésions du tronc cérébral, du système extrapyramidal ou du cervelet peuvent provoquer des tremblements. Le dysfonctionnement ou les lésions neuronales qui provoquent le tremblement peuvent provenir de lésions, d'ischémies, d'anomalies métaboliques ou d'un trouble neurodégénératif. Parfois, le tremblement est une affection héréditaire (p. ex., tremblement essentiel).

Classification

La classification du tremblement est basée sur le moment de son apparition:

  • Les tremblements de repos sont visibles au repos et se produisent lorsqu'une partie du corps est complètement soutenue contre la gravité. Les tremblements de repos sont minimes ou absents pendant l'activité. Ils se produisent à une fréquence de 3 à 6 cycles/s (Hz).

  • Les tremblements d'action sont maximaux quand une partie du corps est bougée volontairement. Les tremblements d'action peuvent ou non changer en gravité lorsqu'une cible est atteinte; ils peuvent se produire à des fréquences très différentes, mais la fréquence est toujours < 13 Hz. Les tremblements d'action comprennent les tremblements cinétiques, d'intention, et posturaux.

  • Les tremblements cinétiques apparaissent dans la dernière partie d'un mouvement vers une cible; l'amplitude est faible.

  • Les tremblements intentionnel se produisent pendant le mouvement volontaire vers une cible, mais l'amplitude est élevée et la fréquence est faible pendant le mouvement complet, tandis que le tremblement aggrave que la cible est atteint (comme vu dans doigt-nez essais); ils se produisent à une fréquence de 3 à 10 Hz.

  • Les tremblements posturaux sont maximaux lorsqu'un membre est maintenu dans une position fixe contre pesanteur (p. ex., en écartant les bras); leur fréquence est de 5 à 8 Hz. Parfois, ils sont modifiés par des positions ou des tâches spécifiques, qui peuvent indiquer leur origine; p. ex., la dystonie peut déclencher un tremblement (tremblement dystonique).

Les tremblements complexes peuvent avoir des composants appartenant à plus d'un type de tremblement.

Les tremblements peuvent également être classés selon qu'ils se trouvent dans la gamme normale (tremblement physiologique), en tant que trouble primitif (tremblement essentiel, maladie de Parkinson) ou survenant suite à un trouble (p. ex., accident vasculaire cérébral).

Les tremblements sont habituellement décrits en fonction de la fréquence des oscillations (rapides ou lentes) et de l'amplitude des mouvements (fins ou grossiers).

Étiologie

Tremblement physiologique

Le tremblement physiologique survient chez les sujets par ailleurs en bonne santé. C'est un tremblement d'action ou postural qui tend à affecter les deux mains à peu près également; l'amplitude est habituellement très fine. Il est souvent perceptible uniquement en présence de certains facteurs de stress. Ces facteurs de stress comprennent

  • Anxiété

  • Fatigue

  • Privation de sommeil

  • Arrêt de l'alcool ou de certains autres médicaments dépresseurs du SNC (p. ex., benzodiazépines, opiacés)

  • Certains troubles (p. ex., l'hyperthyroïdie), lorsqu'ils sont symptomatiques

  • Consommation de caféine ou de drogues récréatives comme la cocaïne, les amphétamines ou la phencyclidine

  • Prise de certains médicaments tels que la theophylline, les agonistes β-adrénergiques, les corticostéroïdes et le valproate

Tremblement (pathologique) non physiologique

Il existe de nombreuses causes ( Causes de tremblement), mais les plus fréquentes sont les suivantes

  • Pour les tremblements d'action ou de posture: tremblement essentiel

  • Pour le tremblement de repos: maladie de Parkinson

  • Dans le cas de tremblements intentionnels: dysfonctionnements cérébelleux (p. ex., dus à un accident vasculaire cérébral, à un traumatisme ou à la sclérose en plaques)

Causes de tremblement

Cause

Signes évocateurs

Procédure diagnostique

Tremblement d'action

Sevrage de l'alcool ou de drogues (p. ex., des benzodiazépines ou des opiacés)

L'agitation et les tremblements fins des extrémités commençant 24–72 h après la dernière prise d'alcool ou d'un médicament (p. ex., une benzodiazépine)

Parfois, HTA, tachycardie ou fièvre, en particulier chez les patients hospitalisés

Bilan clinique

Antécédents de consommation de drogues/médicaments

Amélioration du tremblement à l'arrêt du médicament

Troubles endocriniens, métaboliques et toxiques:

  • Encéphalopathie anoxique

  • Empoisonnement par un métal lourd

  • Encéphalopathie hépatique

  • Hyperparathyroïdie

  • Hyperthyroïdie

  • Hypoglycémie

  • Phéochromocytome

  • Encéphalopathie urémique

Tremblements, avec altération du niveau de conscience (suggérant une encéphalopathie) et un trouble sous-jacent évident (p. ex., insuffisance rénale ou hépatique)

Exophtalmie, hyperréflexie, tachycardie, intolérance à la chaleur (évoquant une hyperthyroïdie)

Une HTA extrême rebelle (suggérant un phéochromocytome)

Taux de TSH

recueil des urines de 24 h pour mesure le taux de métanéphrines, d'ammoniac, d'urée, de glucose, de Ca et de PTH

Tests de dosage des métaux lourds

Tremblement essentiel

Tremblements progressivement persistants, grossiers ou fins, lents (4–8 Hz), habituellement symétriques et affectant les deux membres supérieurs et parfois la tête et la voix, en particulier en cas d'antécédents familiaux de tremblement

Bilan clinique

Tremblement physiologique

Tremblement fin, rapide (8–13 Hz) observé chez les sujets en bonne santé et peut être aggravé par certains médicaments ou maladies (voir plus haut)

Habituellement, suppression du tremblement avec de faibles doses d'alcool et d'autres sédatifs

Bilan clinique

Tremblement de repos

Antécédents de consommation de drogues/médicaments

Amélioration du tremblement à l'arrêt du médicament

Maladie de Parkinson

Basse fréquence (3–5 Hz) tremblement alternant, souvent du pouce contre l'index (mouvement d'émiettement) mais également parfois du menton ou de la jambe

Habituellement accompagné d'autres symptômes, tels qu'une micrographie, une bradykinésie (mouvements lents), une rigidité en roue dentée et une marche à petits pas

Souvent aucun antécédent familial de tremblement de maladie de Parkinson et pas de réduction du tremblement après la consommation d'alcool,

Critères cliniques spécifiques

Une bonne réponse à l'essai de traitement empirique de médicaments dopaminergiques

Paralysie supranucléaire progressive

Tremblement (parfois grossier ou saccadé) chez les patients d'âge moyen qui présentent un dysfonctionnement supranucléaire (principalement mouvements verticaux) du regard, des symptômes extrapyramidaux et des troubles cognitifs

Critères cliniques spécifiques

Tremblement intentionnel

Lésions cérébelleuses:

  • Abcès

  • Ataxie de Friedreich

  • Hémorragie

  • Sclérose en plaques

  • Dégénérescence spinocérébelleuse

  • Accident vasculaire cérébral

  • Lésion cérébrale traumatique

  • Tumeur

Tremblement à basse fréquence à basse fréquence (< 4 Hz) qui se produit généralement de façon unilatérale, accompagné d'une ataxie, d'une dysmétrie, d'une adiadococinésie (incapacité à effectuer des mouvements alternatifs rapides) et d'une dysarthrie

Chez certains patients, antécédents familiaux (p. ex., ataxie de Friedreich)

IRM du cerveau

Antécédents de consommation de drogues/médicaments

Amélioration du tremblement à l'arrêt du médicament

Tremblements complexes

Tremblements de Holmes (tremblement mésencéphalique, du noyau rouge, rubral ou thalamique)

Irrégulier, à basse fréquence (< 4,5 Hz) surtout aux membres proximaux

Association de tremblements de repos, postural et intentionnel due à des lésions mésencéphaliques (p. ex., un accident vasculaire cérébral ou une sclérose en plaques) près du noyau rouge

Parfois, ataxie et faiblesse musculaire

IRM du cerveau

Tremblement neuropathique:

  • Polynévrite chronique à rechutes

  • Syndrome de Guillain-Barré

  • Diabète

  • Neuropathie à IgM

Type de tremblement variable et la fréquence, habituellement postural et intentionnel des membres affectés

Autres signes d'une neuropathie périphérique

Électromyographie

Tremblements psychogènes

Début d'apparition brutale et/ou rémissions spontanées de tremblements complexes de type mixte avec des fluctuations

Augmentation par l'attention et diminution par la distraction du patient

Bilan clinique

Maladie de Wilson

Type de tremblement variable (habituellement de la partie proximale du bras) chez l'enfant ou l'adulte jeune, souvent avec des signes d'insuffisance hépatique, une rigidité, une démarche maladroite, une dysarthrie, des rires inappropriés, une hypersialorrhée et des symptômes neuropsychiatriques recueil de l'urine des

24 h pour mesurer le taux de cuivre; céruléoplasmine sérique

Examen à la lampe à fente pour rechercher des anneaux de Kayser-Fleischer autour de l'iris (provoqués par le dépôt de cuivre)

PTH = parathormone; TSH = thyroid-stimulating hormone (thyréostimuline).

Les médicaments ( Causes de tremblements par type) peuvent provoquer ou aggraver différents types de tremblements. Une faible dose de certains sédatifs (p. ex., l'alcool) peut soulager certains tremblements (p. ex., tremblement essentiel et physiologique); des doses plus élevées peuvent provoquer ou aggraver des tremblements.

Causes de tremblements par type

Médicament

Tremblement postural

Tremblement de repos (syndrome parkinsonien induit par les médicaments)

Tremblement intentionnel

Amiodarone*

Amitriptyline*

Amphotéricine B

β-Agonistes (inhalées)*

Caféine*

Calcitonine

Cimétidine

Cocaïne*

Cyclosporine*

Cytarabine

Adrénaline

Alcool*

Halopéridol*

Ifosfamide

Interféron alpha

Lithium*

MDMA (Ecstasy)

Médroxyprogestérone

Métoclopramide*

Mexilétine

Nicotine*

Procaïnamide

Réserpine

Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine*

Tacrolimus

Tamoxifène

Théophylline*

Thioridazine*

Thyroxine*

Valproate*

Vidarabine

*Cause plus fréquente de tremblement.

MDMA = méthylène-dioxyméthamphétamine.

D'après les données de Morgan JC, Sethi KD: Drug-induced tremors. The Lancet Neurology 4:866–876, 2005.

Bilan

Le diagnostic de tremblement étant en grande partie clinique, une anamnèse et un examen clinique minutieux sont essentiels.

Anamnèse

L'histoire de la maladie doit couvrir

  • L'acuité d'apparition (p. ex., progressive, abrupte)

  • Âge de début

  • Parties du corps affectées

  • Facteurs déclenchants (p. ex., mouvement, repos, debout)

  • Facteurs soulageants ou aggravants (p. ex., l'alcool, la caféine, le stress, l'anxiété)

Lorsque le début est brutal, il faut interroger les patients au sujet des événements potentiellement déclencheurs (p. ex., récents traumatismes ou maladies, utilisation d'un nouveau médicament).

La revue des systèmes doit chercher des symptômes des maladies causales, dont

  • Multiples problèmes neurologiques épisodiques: sclérose en plaques

  • Apparition récente et soudaine d'une faiblesse motrice, de difficultés de langage ou de dysarthrie: attaque

  • Confusion et fièvre: méningite, encéphalite ou abcès cérébral ou tumeur

  • Rigidité musculaire, problèmes de démarche et de posture et lenteur des mouvements: maladie de Parkinson d'autres formes de parkinsonisme

  • Perte de poids, augmentation de l'appétit, palpitations, diarrhée et intolérance à la chaleur: hyperthyroïdie

  • Déficits sensoriels: neuropathie périphérique

  • Agitation et hallucinations: sevrage de l'alcool ou toxicité des médicaments

La recherche des antécédents médicaux doit porter sur des affections associées à des tremblements ( Causes de tremblement). L'anamnèse familiale doit comprendre des questions sur la présence de tremblement chez les parents du 1er degré. Il faut rechercher parmi les antécédents médicamenteux les substances responsables ( Causes de tremblements par type) et il faut interroger les patients en particulier sur leur consommation de caféine et d’alcool et l'utilisation de drogue récréative (notamment un récent arrêt).

Examen clinique

Un examen neurologique complet est obligatoire et doit comprendre l'évaluation de l'état mental, des nerfs crâniens, des fonctions sensitives et motrices, de la marche, des réflexes d'étirement et de la fonction cérébelleuse (avec observation des mouvements doigt-nez, talon-genou, des mouvements des mains rapides alternants). L'examinateur doit tester les muscles pour rechercher une rigidité en bougeant les membres.

Les signes vitaux doivent être recherchés, tachycardie, HTA ou fièvre. L'examen général doit noter toute cachexie, toute agitation psychomotrice et l'absence d'expression faciale (qui peuvent indiquer une bradykinésie). La thyroïde doit être palpée pour rechercher des nodules ou une hypertrophie, et tout signe d'exophtalmie ou de paupières lourdes doit être noté.

L'examen ciblé doit noter la distribution et la fréquence des tremblements pendant que

  • Les parties du corps touchées sont au repos et entièrement soutenues (p. ex., par les genoux du patient).

  • Le patient prend certaines postures (p. ex., tenir les bras tendus).

  • Le patient marche ou effectue des tâches avec la partie du corps touchée.

L'examinateur doit noter si le tremblement change pendant des tâches de distraction mentales (p. ex., des soustractions en série ôtant 7 de 100). La qualité de la voix doit être observée pendant que le patient soutient une longue note.

Signes d'alarme

Les signes suivants doivent alerter:

  • Début brutal

  • Début chez les sujets < 50 et sans antécédent familial de tremblement bénin

  • D'autres déficits neurologiques (p. ex., changement de l'état mental, asthénie motrice, paralysie des nerfs crâniens, marche ataxique, dysarthrie)

  • Tachycardie et agitation

Interprétation des signes

Les signes cliniques suggèrent une cause ( Causes de tremblement).

Le type de tremblements et le début d'apparition sont des indices utiles:

  • Le tremblement de repos indique habituellement une maladie de Parkinson, en particulier lorsqu'il est unilatéral ou lorsque le tremblement est limité au menton, à la voix ou à la jambe.

  • Un tremblement intentionnel évoque une affection cérébelleuse mais peut aussi résulter de la sclérose en plaques ou de la maladie de Wilson.

  • Un tremblement postural suggère un tremblement essentiel ou physiologique si le début est progressif, il suggère un trouble toxique ou métabolique lorsque le début est brutal.

Le tremblement essentiel sévère est souvent confondu avec la maladie de Parkinson mais peut habituellement être reconnu par ses caractéristiques spécifiques ( Certaines caractéristiques différencient la maladie de Parkinson d'un tremblement essentiel). Parfois, les 2 syndromes coexistent (tremblement essentiel, maladie de Parkinson).

Certaines caractéristiques différencient la maladie de Parkinson d'un tremblement essentiel

Caractéristiques

Maladie de Parkinson

Tremblement essentiel

Type de tremblement

Tremblement de repos

Tremblements intentionnels et posturaux

Âge

Âge (> 60 ans)

Tous âges

Anamnèse familiale

Habituellement négatif

Positives chez > 60% des patients

Alcool

Inutile

Souvent bénéfique

Début du tremblement

Unilatéral

Bilatérale

Tonus musculaire

Rigidité en roue dentée

Normale

Expression faciale

Diminuée

Normale

Marche

Diminution de balancement des bras

Normal ou léger déséquilibre

Latence du tremblement

Plus longue (8–9 s)

Plus court (1–2 s)

Les signes suivants peuvent être utiles pour évoquer des causes:

  • Une apparition soudaine est très typique du tremblement psychogène.

  • L'évolution par paliers suggère un trouble vasculaire ischémique ou une sclérose en plaques

  • Le développement de tremblements après l'utilisation d'un nouveau médicament suggère que le médicament en est la cause.

  • Un tremblement débutant avec agitation, tachycardie et HTA dans les 24 à 72 h d'une hospitalisation peuvent suggérer un sevrage alcoolique, d'un sédatif ou d'une substance illicite.

La démarche est observée. Des troubles de la marche peuvent suggérer une sclérose en plaques, un accident vasculaire cérébral, une maladie de Parkinson ou une affection cérébelleuse. La marche est typiquement à petits pas et traînante dans la maladie de Parkinson et ataxique avec élargissement du polygone de sustentation dans les troubles cérébelleux. La démarche peut avoir une allure histrionique ou incohérente chez les patients qui présentent des tremblements psychogènes. Chez le patient qui a un tremblement essentiel, la démarche est souvent normale, mais la démarche en tandem en (plaçant le talon aux orteils) peut être anormale.

Les tremblements complexes qui diminuent lors d'une tâche de distraction mentale ou dont la fréquence entraîne des battements involontaires dans une partie non touchée du corps (maintenir 2 fréquences de mouvements différentes simultanément dans 2 parties du corps différentes est difficile) évoquent un tremblement psychogène.

Examens complémentaires

Chez la plupart des patients, les antécédents et l'examen clinique sont suffisants pour identifier l'étiologie probable. Cependant, une IRM ou une TDM du cerveau doit être effectuée si

  • Le début des tremblements est aigu.

  • L'évolution est rapide.

  • Les signes neurologiques suggèrent un accident vasculaire cérébral, une maladie démyélinisante ou une lésion focale.

Lorsque la cause du tremblement n'est pas clairement définie (par l'anamnèse et l'examen clinique), il convient de faire ce qui suit:

  • La thyréostimuline (TSH) et la thyroxine (T4) sont mesurées pour rechercher une hyperthyroïdie.

  • Le calcium et l'hormone parathyroïdienne sont mesurés pour rechercher une hyperparathyroïdie.

  • La glycémie est mesurée afin d'exclure une hypoglycémie.

En cas d'encéphalopathie toxique, la maladie initiale n'est habituellement pas évidente, mais la mesure du taux d'urée et d'ammoniac peut permettre de confirmer le diagnostic. La mesure des métanéphrines libres dans le plasma est indiquée en cas d’HTA rebelle inexpliquée; la céruléoplasmine sérique et le cuivre urinaire doivent être mesurés chez le patient de < 40 ans qui présente des tremblements sans cause apparent (avec ou sans parkinsonisme) et sans antécédents familiaux de tremblement bénin.

Bien que l'électromyographie (EMG) puisse différencier le tremblement vrai d'autres troubles moteurs (p. ex., myoclonies, clonies, epilepsia partialis continua), elle est rarement nécessaire. Cependant, l'EMG permet d'établir une neuropathie périphérique comme cause potentielle de tremblement si une neuropathie est cliniquement suspectée.

Traitement

Tremblements physiologiques

Aucun traitement n'est nécessaire à moins que les symptômes ne soient gênants. Éviter les déclencheurs (comme la caféine, la fatigue, la privation de sommeil, les médicaments, et, si possible, le stress et l'anxiété) peut permettre de prévenir ou de réduire les symptômes.

Les tremblements physiologiques aggravés par le sevrage alcoolique ou l'hyperthyroïdie répondent au traitement étiologique.

Les benzodiazépines orales (p. ex., diazépam 2 à 10 mg, lorazépam 1 à 2 mg, oxazépam 10 à 30 mg) administrées tid ou qid peuvent être utiles chez les patients atteints de tremblements et d'anxiété chronique, bien qu'il faille éviter une utilisation continue. Le propranolol de 20 à 80 mg po qid (et d'autres β-bloqueurs) est souvent efficace pour soigner les tremblements aggravés par les drogues ou l'anxiété aiguë (p. ex., attaque de panique).

Tremblement essentiel

Le propranolol 20 à 80 mg po qid (ou d'autres β-bloqueurs) est souvent efficace, comme la primidone 50 à 250 mg po tid. Dans le cas de certains patients, une petite quantité d'alcool est efficace; cependant, l'alcool n'est pas systématiquement recommandé pour le traitement car l'abus est un risque.

Les médicaments de deuxième ligne sont le topiramate 25 à 100 mg po bid et la gabapentine 300 mg po bid ou tid. Les benzodiazépines peuvent être ajoutées si d'autres médicaments ne contrôlent pas le tremblement.

Tremblements cérébelleux

Aucun médicament efficace n’est disponible; des mesures kinésithérapiques sont parfois utiles (p. ex., lester les membres atteints ou apprendre au patient à soutenir la partie proximale du membre pendant les activités).

Tremblements parkinsoniens

La maladie de Parkinson est traitée.

La lévodopa est habituellement le traitement de choix de la plupart des tremblements parkinsoniens.

Les médicaments anticholinergiques peuvent être envisagés dans certains cas, mais leurs effets indésirables (diminution de la concentration mentale, bouche sèche, yeux secs, rétention urinaire) peuvent l'emporter sur leurs avantages, en particulier chez les personnes âgées.

D'autres médicaments sont des agonistes dopaminergiques (p. ex., pramipexole, ropinirole), des inhibiteurs de la MAO de type B (sélégiline, rasagiline), des inhibiteurs de la catéchol O-méthyltransférase (COMT), (entacapone, tolcapone, utilisés uniquement en association avec la lévodopa), et l'amantadine.

Tremblement invalidant

En cas de tremblement essentiel sévère, invalidant et réfractaire aux médicaments, le traitement chirurgical par thalamotomie stéréotaxique unilatérale ou par stimulation cérébrale thalamique profonde chronique unilatérale ou bilatérale peut être envisagé.

Le tremblement dystonique peut mieux répondre à la neurochirurgie fonctionnelle ciblant la partie interne du globus pallidus.

Dans la maladie de Parkinson, les tremblements diminuent de façon considérable après une stimulation profonde thalamique, le globus pallidus interne, ou du noyau sous-thalamique.

Bien que ces techniques soient largement disponibles, elles ne doivent être envisagées que si tous les traitements médicamenteux raisonnables ont échoué et uniquement chez les patients dont les troubles cognitifs ou psychiatriques sont importants.

Bases de gériatrie: tremblement

De nombreux patients âgés attribuent le développement de tremblement au vieillissement normal et peuvent ne pas consulter. Bien que le tremblement essentiel soit plus répandu chez la personne âgée, une anamnèse complète et un examen clinique sont nécessaires pour exclure d'autres causes et pour déterminer si les symptômes sont assez sévères pour justifier un traitement médicamenteux ou chirurgical.

Des doses de médicaments faibles peuvent aggraver les tremblements chez les personnes âgées, et l'ajustement des doses des médicaments pris de manière chronique (p. ex., amiodarone, métoclopramide, inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, thyroxine) doit être envisagé. De même, les patients âgés sont plus vulnérables aux effets indésirables des médicaments utilisés pour traiter les tremblements (p. ex., anticholinergiques); ainsi, les médicaments doivent être utilisés avec précaution chez les personnes âgées, habituellement à des doses plus faibles que celles qui sont considérées comme optimales.

Les tremblements peuvent affecter significativement l'état général fonctionnel des personnes âgées, en particulier si elles présentent des troubles physiques ou cognitifs. La kinésithérapie et l'ergothérapie peuvent fournir des stratégies d'adaptation simples, et des appareils auxiliaires permettent de maintenir la qualité de vie.

Points clés

  • Le tremblement peut être classé comme de repos ou d'action (qui comprend les tremblements d'intention, cinétiques et posturaux).

  • Les causes les plus fréquentes de tremblement sont le tremblement physiologique, le tremblement essentiel et la maladie de Parkinson.

  • L'anamnèse et l'examen clinique peuvent typiquement identifier l'étiologie des tremblements.

  • Évoquer une maladie de Parkinson en cas de tremblement de repos, un tremblement essentiel ou physiologique en cas de tremblement de posture ou d'action et un tremblement cérébelleux en cas de tremblement intentionnel.

  • En cas de début brutal des tremblements ou de survenance de tremblements chez un patient de < 50 ans qui n'a pas d'antécédents familiaux de tremblements bénins, les évaluer rapidement de façon approfondie.

  • Traiter selon la cause et le type de tremblements: par évitement des déclencheurs (physiologiques), le propranolol ou la primidone (essentiels), la kinésithérapie (cérébelleux), habituellement la lévodopa (parkinsoniens), et parfois la stimulation profonde du cerveau (invalidants et réfractaires aux médicaments).

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