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Insomnie et somnolence diurne excessive

Par Karl Doghramji, MD, Jefferson Sleep Disorders Center, Thomas Jefferson University

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De nombreux troubles du sommeil se manifestent par une insomnie et généralement par une somnolence diurne excessive.

  • L'insomnie est définie par une difficulté à s'endormir ou à rester endormi, un réveil précoce ou une impression de sommeil non réparateur.

  • La somnolence diurne excessive est une tendance à s'endormir à des heures où l'on est normalement éveillé.

Les troubles du sommeil peuvent être provoqués par des facteurs internes (intrinsèques) ou extérieurs au corps (extrinsèques).

Mauvaise hygiène du sommeil

Le sommeil est altéré par certains comportements. Elles comprennent

  • La consommation de caféine ou de sympathomimétiques ou d'autres médicaments stimulants (généralement autour du coucher, mais même dans l'après-midi chez les personnes qui sont particulièrement sensibles).

  • Exercice ou excitation (p. ex., une émission de télévision passionnante) tard dans la soirée

  • Un horaire de veille-sommeil irrégulier

Les patients qui compensent une dette de sommeil en dormant tard ou par des siestes fragmentent ultérieurement leur sommeil nocturne.

Les insomniaques doivent adopter une heure de réveil régulière et éviter les siestes indépendamment de la quantité de sommeil nocturne.

Une hygiène du sommeil adaptée peut améliorer le sommeil ( Hygiène du sommeil).

Insomnie d'ajustement

Des facteurs de stress émotionnel aigu (p. ex., perte d'emploi, hospitalisation) peuvent provoquer une insomnie. Les symptômes disparaissent habituellement peu après l’atténuation des causes de stress; l’insomnie est habituellement brève et transitoire. Néanmoins, si une somnolence diurne et une fatigue se développent, en particulier si elles sont fonctionnellement gênantes pendant la journée, un traitement de courte durée par hypnotiques est recommandé. L'anxiété persistante peut nécessiter un traitement spécifique.

Insomnie psychophysiologique

L'insomnie, quelle que soit la cause, peut persister bien au-delà de la résolution des facteurs déclenchants, car habituellement les patients ressentent une anxiété anticipatoire sur la perspective d'une autre nuit sans sommeil suivie par un autre jour de fatigue. Typiquement, les malades passent des heures au lit en ruminant sur leur insomnie et ils ont davantage de difficulté d'endormissement dans leur propre chambre que lorsqu'ils dorment à l'extérieur.

Le traitement optimal associe

  • Stratégies cognitivo-comportementales

  • Hypnotiques

Bien que les stratégies cognitivocomportementales soient plus difficiles à appliquer et prennent plus de temps, leurs effets durent plus longtemps jusqu'à plus de 2 ans après l'arrêt du traitement. Ces stratégies comprennent

  • Hygiène du sommeil (en particulier restriction du temps passé au lit, Hygiène du sommeil)

  • Éducation

  • Exercices de relaxation

  • Contrôle du stimulus

  • Thérapie cognitive

Les hypnotiques sont indiqués si un soulagement rapide est nécessaire et si l'insomnie a des effets diurnes tels qu'une somnolence diurne excessive ou une fatigue. Ces médicaments ne doivent pas être utilisés indéfiniment dans la plupart des cas.

Troubles physiques du sommeil

Les troubles somatiques peuvent perturber le sommeil et provoquer une insomnie et une somnolence diurne excessive. Les troubles qui provoquent une douleur ou une gêne (p. ex., polyarthrite, cancer, hernie discale), particulièrement celles aggravées par les mouvements, causent des réveils transitoires et des troubles du sommeil. Les crises nocturnes peuvent également perturber le sommeil.

Le traitement est celui du trouble sous-jacent et le soulagement des symptômes par des antalgiques (p. ex., au coucher).

Troubles mentaux du sommeil

La plupart des principaux troubles mentaux peuvent provoquer une insomnie et une somnolence diurne excessive. Environ 80% des patients qui présentent une dépression majeure rapportent de tels symptômes. À l’inverse, 40% des insomniaques chroniques ont un trouble psychiatrique majeur, le plus souvent un trouble de l’humeur.

Les malades qui présentent une dépression peuvent avoir une insomnie d'endormissement ou une insomnie par trouble du maintien du sommeil. Parfois, dans la phase dépressive d'un trouble bipolaire et dans la dépression saisonnière, le sommeil est ininterrompu, mais les patients se plaignent d'une fatigue diurne incessante.

Si la dépression s'accompagne d'insomnie, les antidépresseurs les plus sédatifs (p. ex., citalopram, paroxétine, mirtazapine) peuvent aider le patient à dormir. Ces médicaments sont utilisés aux doses habituelles, mais pas trop basses, afin d'assurer le contrôle de la dépression. Cependant, il convient de noter que ces médicaments ne sont pas sédatifs de manière prévisible et peuvent avoir des propriétés activantes. En outre, la sédation fournie peut durer plus longtemps que son utilité, provoquant une somnolence diurne excessive, et ces médicaments peuvent avoir d'autres effets indésirables, telle que la prise de poids. Comme alternative, tout antidépresseur peut être associé à un hypnotique.

Si la dépression s'accompagne d'une somnolence diurne excessive, les antidépresseurs ayant des propriétés stimulantes (p. ex., le bupropion, la venlafaxine ou les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine fluoxétine, sertraline) peuvent être choisis.

Syndrome de dette du sommeil (privation de sommeil)

Les patients présentant ce syndrome ne dorment pas suffisamment la nuit, bien qu'ils en aient la possibilité, pour rester vigilant lorsqu'ils sont éveillés. La cause est habituellement due à diverses occupations sociales ou professionnelles. Ce syndrome est probablement la cause la plus fréquente de somnolence diurne excessive et il disparaît lorsque le temps de sommeil augmente (p. ex., pendant les week-ends ou les vacances). Après de longues périodes de privation de sommeil, des semaines ou des mois de sommeil prolongé sont nécessaires pour restaurer la vigilance diurne.

Troubles du sommeil d'origine médicamenteuse

L’insomnie et la somnolence diurne excessive peuvent résulter d’une prise chronique de stimulants du SNC (p. ex., amphétamines, caféine), d'hypnotiques (p. ex., benzodiazépines), d'autres sédatifs, de chimiothérapies, d'antiépileptiques (p. ex., phénylhydantoïne), de contraceptifs oraux, de méthyldopa, propranolol, alcool et hormones thyroïdiennes ( Quelques substances qui perturbent le sommeil). Des hypnotiques prescrits couramment peuvent provoquer une irritabilité, une apathie et réduire la vigilance. De nombreux médicaments psychotropes peuvent induire des mouvements anormaux pendant le sommeil.

L'insomnie peut également apparaître pendant un sevrage en dépresseurs du SNC (p. ex., barbituriques, opiacés, sédatifs), d'antidépresseurs tricycliques, d'inhibiteurs de la monoamine oxydase ou de drogues illicites (p. ex., cocaïne, héroïne, marijuana, phencyclidine). Le sevrage rapide des hypnotiques ou des sédatifs peut provoquer une nervosité, des tremblements et des convulsions.