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Trouble de la personnalité schizotypique

Par John G. Gunderson, MD, Professor of Psychiatry;Director, Psychosocial and Personality Research, Harvard Medical School;Borderline Personality Disorder Center, McLean Hospital ; Lois Choi-Kain, MD, Assistant Professor of Psychiatry;Medical and Program Director;Director, Harvard Medical School;Gunderson Residence of McLean Hospital;McLean Borderline Personality Disorder Training Institute

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Le trouble de la personnalité schizotypique se caractérise par une tendance omniprésente à l'inconfort intense envers des relations interpersonnelles et une capacité réduite à y faire face, par une cognition et des perceptions déformées, ainsi que par un comportement excentrique. Le diagnostic repose sur les critères cliniques. Le traitement repose sur des antipsychotiques, des antidépresseurs et une thérapie cognitivo-comportementale.

Dans le trouble de la personnalité schizotypique, les expériences cognitives reflètent un éloignement plus floride de la réalité (p. ex., des idées de référence, des idées paranoïdes, des hallucinations corporelles, des pensées magiques) et une plus grande désorganisation de la pensée et de la parole que celle qui se produit dans d'autres troubles de la personnalité.

La prévalence signalée est variable mais elle est probablement d'environ 1 à 2% de la population générale.

Les comorbidités sont fréquentes. Plus de la moitié des patients atteints d'un trouble de la personnalité schizotypique présentent ≥ 1 épisode de trouble dépressif majeur, et 30 à 50% d'entre eux présentent un trouble dépressif majeur lors du diagnostic de trouble de la personnalité schizotypique. Ces patients présentent également souvent un trouble de toxicomanie.

Étiologie

L'étiologie du trouble de la personnalité schizotypique est considérée comme principalement biologique car elle partage bon nombre des anomalies du cerveau caractéristiques de la schizophrénie. Elle est plus fréquente parmi les parents de 1er degré des sujets schizophrènes ou porteurs d'une autre psychose.

Symptomatologie

Les patients présentant un trouble de la personnalité schizotypique n'ont pas d'amis proches ou de confidents, sauf les parents au 1er degré et ils sont très mal à l'aise avec les autres. Ils interagissent avec des personnes s'ils y sont obligés mais préfèrent ne pas le faire car ils ont l'impression d'être différents et de ne pas faire partie du même monde. Cependant, ils peuvent dire qu'ils sont malheureux car ils n'ont pas de relations avec les autres. Ils sont très anxieux dans les situations sociales, en particulier celles qui ne leur sont pas familières. Passer plus de temps dans une situation ne soulage pas leur anxiété.

Souvent ces patients interprètent mal les situations ordinaires, qui ont une signification particulière pour eux (idées de référence). Ils peuvent être superstitieux ou penser qu'ils ont des pouvoirs paranormaux spéciaux qui leur permettent de détecter des événements avant qu'ils ne se produisent ou de lire dans les pensées. Ils peuvent penser qu'ils ont un contrôle magique sur les autres, qu'ils sont capables de faire en sorte que d'autres personnes fassent des choses ordinaires (p. ex., nourrir un chien) ou que l'exécution des rituels magiques peut prévenir les lésions (p. ex., se laver les mains 3 fois peut prévenir la maladie).

Leur discours peut être étrange. Il peut être abstrait ou concret à l'extrême ou contenir des phrases bizarres ou les sujets peuvent utiliser certaines phrases ou certains mots de façon étrange. Ils s'habillent souvent bizarrement ou de manière négligée (p. ex., porter des vêtements mal ajustés ou sales) et ils ont des manières bizarres. Ils peuvent ignorer les conventions sociales ordinaires (p. ex., ne pas établir de contact oculaire), et parce qu'ils ne comprennent pas les signaux sociaux habituels, ils peuvent interagir avec les autres de façon inappropriée ou brusque.

Les patients présentant un trouble de la personnalité schizotypique sont souvent méfiants et peuvent penser que d'autres sont là pour s'en prendre à eux.

Diagnostic

  • Critères cliniques (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition [DSM-5])

Pour que le diagnostic de trouble de la personnalité schizotypique soit posé, les patients doivent ressentir une gêne intense lors des relations interpersonnelles et une diminution de leur capacité à maintenir ces relations, comme indiqué par ≥ 5 des éléments suivants:

  • Les idées de référence (le fait que les événements quotidiens ont une signification ou une importance spéciale pour le patient ou adviennent spécialement à cause, ou pour, lui) mais pas des idées délirantes de référence (qui sont similaires mais exprimées avec beaucoup plus de conviction).

  • Croyances bizarres ou pensée magique (p. ex., croire en la clairvoyance, la télépathie, ou un sixième sens, se préoccuper de phénomènes paranormaux)

  • Expériences perceptives inhabituelles (p. ex., entendre une voix chuchoter leur nom)

  • Pensée et langage étrange (p. ex., vague, métaphorique, trop complexe, ou stéréotypée)

  • Suspicions ou pensées paranoïdes

  • Affect incongru ou limité

  • Comportement et/ou apparence bizarre, excentrique, ou particulier(ière)

  • Absence d'amis proches ou de confidents, sauf pour les parents au 1er degré

  • Anxiété sociale excessive qui ne diminue pas vis-à-vis des personnes familières et principalement liée aux craintes paranoïaques

En outre, les symptômes doivent avoir débuté au début de l'âge adulte.

Diagnostic différentiel

Le défi diagnostic principal est de différencier les troubles de la personnalité schizotypique des principaux troubles de la pensée (p. ex., schizophrénie, bipolaire ou dépression avec caractéristiques psychotiques), qui ont généralement des manifestations plus graves, bizarres et persistantes et sont accompagnés par des délires et des hallucinations.

Le trouble de la personnalité schizotypique peut se distinguer du trouble de la personnalité paranoïaque et schizoïde car les patients présentant ces troubles de la personnalité n'ont pas un système de pensée et un comportement bizarres et désorganisés.

Traitement

  • Médicaments antipsychotiques et antidépresseurs

  • Thérapie cognitive et comportementale

Le traitement général du trouble de la personnalité schizotypique est le même que celui de tous les troubles de la personnalité.

Le traitement principal du trouble de la personnalité schizotypique est médicamenteux. Les antipsychotiques diminuent l'anxiété et les symptômes de type psychotique; les antidépresseurs peuvent également réduire l'anxiété chez les patients présentant un trouble de la personnalité schizotypique.

La thérapie cognitivo-comportementale, qui met l'accent sur l'acquisition de compétences sociales et la prise en charge de l'anxiété, peut être utile. Cette thérapie peut aussi augmenter la sensibilisation des patients à la façon dont leur propre comportement peut être perçu.

La psychothérapie de soutien est également utile. Le but est d'établir une relation affective avec le patient basée sur les encouragements et le soutien et ainsi l'aider à développer des mécanismes de défense sains, en particulier en ce qui concerne les relations interpersonnelles.