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Automutilation non suicidaire

Par Paula J. Clayton, MD, Professor Emeritus;, University of Minnesota School of Medicine;American Foundation for Suicide Prevention

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L'automutilation non suicidaire est un acte auto-infligé qui provoque des douleurs ou des lésions superficielles mais qui n'a pas pour but de causer la mort.

Bien que les méthodes utilisées se chevauchent parfois avec celles des tentatives de suicide (p. ex., se couper les poignets avec une lame de rasoir), l'automutilation non suicidaire est distincte du suicide parce que les patients ne désirent pas que les actes soient mortels. Les patients peuvent spécifiquement indiquer un manque d'intention, ou l'absence peut être supposée à partir de leur utilisation répétée de méthodes clairement non létales. Malgré l'absence de létalité immédiate, le risque à long terme de tentatives de suicide et de suicide augmente, l'automutilation non suicidaire ne doit donc pas être prise à la légère.

Les exemples d'automutilation les plus fréquents non suicidaires comprennent

  • Se couper ou se poignarder la peau avec un objet pointu (p. ex., un couteau, une lame de rasoir, une aiguille)

  • Se brûler la peau (généralement avec une cigarette)

Les patients se blessent souvent à plusieurs reprises en une seule séance, ce qui crée des lésions multiples au même endroit, généralement dans une zone visible et/ou accessible (p. ex., les avant-bras, le devant des cuisses). Ce comportement se répète souvent, ce qui entraîne de nombreuses formes de cicatrices. Les patients sont souvent obsédés par des pensées sur les actes pouvant entraîner des blessures.

L'automutilation non suicidaire a tendance à commencer dans les premières années de l'adolescence et la prévalence est plus équitablement répartie entre les sexes que celle du comportement suicidaire. L'histoire naturelle n'est pas connue, mais le comportement semble diminuer à l'âge adulte.

Les motivations de l'automutilation non suicidaire ne sont pas clairement définies, mais l'automutilation peut être un moyen de réduire le stress ou les sentiments négatifs, un moyen de résoudre les difficultés interpersonnelles, une auto-punition pour ce que l'on considère être des défauts ou un appel à l'aide. Certains patients considèrent l'automutilation comme une activité positive et ont donc tendance à ne pas rechercher ou accepter les conseils.

L'automutilation non suicidaire est souvent accompagnée d'autres troubles, en particulier d'un trouble de la personnalité limite (borderline), de troubles du comportement alimentaire et de toxicomanie.

Diagnostic

  • Exclusion de comportement suicidaire

  • Évaluation de l'automutilation

La diagnostic d'automutilation non suicidaire doit exclure le comportement suicidaire.

Un bilan de l'automutilation non suicidaire, comme dans le comportement suicidaire, est indispensable avant de débuter le traitement.

Il est essentiel de faciliter la discussion de l'automutilation avec le patient afin d'évaluer correctement et d'aider les médecins à planifier le traitement. Les médecins peuvent faciliter ces discussions en procédant comme suit:

  • Valider l'expérience du patient en signalant qu'il a entendu le patient et prendre les expériences du patient au sérieux

  • Comprendre les émotions du patient (p. ex., confirmer que les émotions et les actions du patient sont compréhensibles à la lumière des circonstances du patient)

L'évaluation doit comprendre les éléments suivants:

  • La détermination du type de lésion et du nombre de types de lésions que le patient s'est infligé

  • Déterminer à quelle fréquence l'automutilation non suicidaire survient et depuis combien de temps elle a lieu

  • La détermination de la fonction de l'automutilation non suicidaire chez le patient

  • La vérification des troubles psychiatriques coexistants

  • L'estimation du risque de tentative de suicide

  • La détermination de la volonté du patient à participer au traitement

Traitement

  • Parfois, certaines formes de psychothérapie

  • Traitement des troubles coexistants

Les psychothérapies suivantes peuvent être utiles dans le traitement de l'automutilation non suicidaire:

  • Thérapie comportementale dialectique

  • Thérapie de groupe de régulation de l'émotion (Emotion regulation group therapy, ERGT)

La thérapie comportementale consiste en une thérapie individuelle et de groupe pendant 1 an. L'Emotion regulation group therapy (ERGT) est effectuée sur 14 semaines.

Aucun médicament n'a été approuvé pour le traitement de l'automutilation non suicidaire. Cependant, la naltrexone et certains antipsychotiques atypiques se sont révélés efficaces chez certains patients.

Les troubles psychiatriques coexistants (p. ex., dépression, troubles du comportement alimentaire, toxicomanie, troubles de la personnalité limite [borderline]) doivent être traités de manière appropriée. Les patients doivent être adressés à un praticien approprié, le cas échéant.

Les rendez-vous doivent être programmés.