Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Syndrome de Goodpasture

Par Marvin I. Schwarz, MD, University of Colorado Denver

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

1 iOS Android

(Maladie à Ac antimembrane basale)

Le syndrome de Goodpasture, un syndrome pneumorénal, est un syndrome d'hémorragie alvéolaire auto-immune accompagné d'une glomérulonéphrite ( Syndrome pneumorénal) provoqué par des Ac circulants anti-MBG (antimembrane basale glomérulaire]). Le syndrome de Goodpasture se développe le plus souvent chez un patient génétiquement prédisposé et fumeur; une exposition aux hydrocarbures et des infections respiratoires virales sont des facteurs déclenchants associés possibles. Les symptômes sont une dyspnée, une toux, une fatigue, une hémoptysie et une hématurie. Le syndrome de Goodpasture est suspecté en cas d'hémoptysie ou d'hématurie, et est confirmé par la présence d'Ac anti-MBG dans le sang ou sur la biopsie rénale. Le pronostic est favorable lorsque le traitement est commencé avant le début de l'insuffisance respiratoire ou rénale. Le traitement comprend des corticostéroïdes, des échanges plasmatiques et des immunosuppresseurs, comme le cyclophosphamide.

Physiopathologie

Le syndrome de Goodpasture est l'association d'une glomérulonéphrite et d'une hémorragie alvéolaire en présence d'Ac anti-MBG. Le syndrome de Goodpasture se manifeste le plus souvent comme une hémorragie alvéolaire diffuse associée à une glomérulonéphrite, mais peut parfois entraîner une glomérulonéphrite (10 à 20% des cas) ou une maladie pulmonaire (10% des cas) isolée. Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes.

Les Ac anti-MBG sont dirigés contre le domaine (NC-1) de la chaîne α3 du collagène de type IV, dont la concentration est la plus élevée dans les membranes basales des capillaires pulmonaires et rénaux. Une exposition environnementale, tabac, infections des voies respiratoires supérieures, inhalation d'hydrocarbures solvants, le plus souvent, et moins fréquemment une pneumonie, expose les Ag capillaires alvéolaires aux Ac circulants chez les patients génétiquement prédisposés, en particulier ceux qui sont porteurs des allèles HLA-DRw15, -DR4 et -DRB1. Les Ac anti-MBG circulants se lient aux membranes basales, fixent le complément et déclenchent une réponse inflammatoire à médiation cellulaire, provoquant une glomérulonéphrite et/ou une capillarite pulmonaire.

Symptomatologie

Les hémoptysies représentent le symptôme principal; cependant, elles peuvent être absentes au cours d'une hémorragie alvéolaire, et le patient peut ne présenter initialement que des opacités à la rx thorax, une détresse respiratoire, et/ou une insuffisance respiratoire aiguë. Dyspnée, toux, asthénie, fièvre et amaigrissement sont fréquents. Jusqu’à 40% des patients présente une hématurie franche, bien que l’hémorragie alvéolaire puisse précéder les manifestations rénales pendant des semaines ou des années.

Les signes d'examen varient avec le temps, avec des poumons clairs à l'auscultation ou des râles crépitants ou des ronchi. Certains patients présentent un œdème périphérique dus à une insuffisance rénale et une pâleur dus à l'anémie.

Diagnostic

  • Dosages des Ac anti-MBG sériques

  • Parfois, biopsie rénale

Le diagnostic de syndrome de Goodpasture exige la mise en évidence d'Ac anti-MBG sériques par un test d'immunofluorescence indirecte ou, lorsqu'il est disponible, par un test ELISA direct (enzyme-linked immunosorbent assay) avec un Ag recombinant ou humain NC-1 α3. Cependant, la recherche d’ANCA (antineutrophil cytoplasmic antibodies) (périnucléaires) est positive dans 25% des cas de syndrome de Goodpasture.

La biopsie rénale est indiquée en cas de glomérulonéphrite (d'hématurie, de protéinurie, de cylindres hématiques à la cytologie urinaire, d'insuffisance rénale, ou de plusieurs de ces manifestations). Une glomérulonéphrite nécrosante segmentaire et focale rapidement progressive avec formation de croissants est présente à la biopsie dans le syndrome de Goodpasture et toutes les autres causes de syndrome réno-pulmonaire. Le marquage en immunofluorescence des biopsies rénale ou pulmonaire montre habituellement un dépôt linéaire d'IgG le long des capillaires glomérulaires et/ou alvéolaires. Les dépôts d'IgG se produisent également dans le rein diabétique ou dans la glomérulonéphrite fibrillaire (une maladie rare provoquant un syndrome réno-pulmonaire), mais les dépôts d'Ac anti-MBG dans ces cas sont non spécifiques.

Pronostic

Le syndrome de Goodpasture est souvent rapidement évolutif et peut être fatal s’il n’est pas diagnostiqué et traité rapidement. Le pronostic est favorable lorsque le traitement commence avant le début de l'insuffisance respiratoire ou rénale. La morbidité à long terme est liée au degré d'insuffisance rénale au moment du diagnostic. Les patients nécessitant une dialyse à la prise en charge et ceux qui présentent > 50% de croissants à la biopsie (qui, souvent, nécessiteront une dialyse) survivent habituellement < 2 ans sauf si une transplantation rénale est réalisée. Une hémoptysie peut être un signe de bon pronostic, car elle permet une détection plus précoce de la maladie; la minorité de patients ANCA-positifs répond mieux au traitement. Une rechute se produit dans un petit nombre de cas et serait favorisée par la poursuite du tabagisme et aux infections respiratoires. Après une transplantation rénale pour néphropathie au stade terminal, la maladie peut récidiver sur le greffon.

Traitement

  • Échanges plasmatiques

  • Corticostéroïdes et cyclophosphamide

La survie immédiate en cas d’hémorragie pulmonaire et d’insuffisance respiratoire dépend au contrôle des voies respiratoires; l'intubation endotrachéale Rétablissement et contrôle de la perméabilité des voies respiratoires : Intubation trachéale et la ventilation mécanique sont recommandées en cas de gaz du sang artériel limites et de défaillance respiratoire imminente. Les patients qui présentent une insuffisance rénale importante peuvent demander une transplantation rénale ou une dialyse.

Le traitement repose sur des échanges plasmatiques quotidiens ou 1 j/2 pendant 2 à 3 semaines, à l’aide d’échanges de 4 L pour enlever les Ac anti-MBG, associée à des corticostéroïdes habituellement méthylprednisolone (1 g IV en 20 min 1 fois/j ou 1 j/2 pour les 3 premières doses), puis prednisone (1 mg/kg po 1 fois/j pendant 3 semaines, avec ensuite une diminution jusqu’à 20 mg po 1 fois/j pendant 6 à 12 mois) et cyclophosphamide (2 mg/kg po 1 fois/j ou IV 1 fois/mois pendant 6 à 12 mois) pour limiter la formation de nouveaux Ac. Le traitement peut être réduit lorsque la fonction rénale et pulmonaire ne s'améliore plus.

Points clés

  • Les patients qui ont un syndrome de Goodpasture peuvent avoir à la fois une hémorragie pulmonaire et une glomérulonéphrite ou l'un de ces deux troubles isolément.

  • Les signes pulmonaires peuvent être bénins ou non spécifiques.

  • Dosages des Ac anti-MBG sériques

  • Effectuer une biopsie rénale en cas de glomérulonéphrite.

  • Diagnostiquer et traiter le syndrome de Goodpasture chaque fois que possible avant que la défaillance polyviscérale ne se développe.

  • Traiter en utilisant les échanges plasmatiques, un corticostéroïde, et ducyclophosphamide.

Ressources dans cet article