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Pneumopathie d'origine médicamenteuse

Par Harold R. Collard, MD, University of California San Francisco

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La pneumopathie d'origine médicamenteuse n'est pas une affection isolée, mais plutôt une pathologie clinique fréquente au cours de laquelle un patient sans antécédents pulmonaires développe des symptômes respiratoires, des anomalies à la rx thorax, une détérioration de sa fonction respiratoire, ou des modifications histologiques ou plusieurs de ces signes en association avec un traitement médicamenteux. Plus de 150 médicaments ou catégories de médicaments ont été signalés comme responsables d’une maladie pulmonaire; le mécanisme est rarement connu, mais on pense que de nombreux médicaments favorisent une hypersensibilité. Certains médicaments (p. ex., la nitrofurantoïne) peuvent provoquer des aspects différents de lésions chez différents patients.

Selon le médicament, les syndromes induits par les médicaments peuvent ressembler à une fibrose interstitielle, avec pneumopathie organisée, à un asthme, à un œdème du poumon non cardiogénique, aux épanchements pleuraux, à une éosinophilie pulmonaire, à une hémorragie pulmonaire ou à la maladie veino-occlusive (v. ♦ Substances à effets toxiques pulmonaires).

Substances à effets toxiques pulmonaires

Maladie

Médicament ou agent

Asthme

Aspirine, β-bloqueurs (p. ex., timolol), cocaïne, dipyridamole, IV hydrocortisone (rarement chez les patients asthmatiques sensibles à l'aspirine), IL-2, méthylphénidate, nitrofurantoïne, protamine, sulfasalazine, vinca alcaloïdes (avec la mitomycine-C)

Pneumopathie organisée

Amiodarone, bléomycine, cocaïne, cyclophosphamide, méthotrexate, minocycline, mitomycine-C, pénicillamine, sulfasalazine, tétracycline

Pneumopathie d'hypersensibilité

Azathioprine plus 6-mercaptopurine, busulfan, fluoxétine, radiations

Pneumonie ou fibrose interstitielle

Amphotéricine B, bléomycine, busulfan, carbamazépine, chlorambucil, cocaïne, cyclophosphamide, diphénylhydantoïne, flécaïnide, héroïne, melphalan, méthadone, méthotrexate, méthylphénidate, méthysergide, huile de paraffine (via micro-inhalation chronique), nitrofurantoïne, nitroso-urées, procarbazine, silicone (injection sc), tocaïnide, vinca alcaloïdes (avec de la mitomycine-C)

Œdème pulmonaire non cardiaque

Agonistes β-adrénergiques (p. ex., ritodrine, terbutaline), chlordiazépoxide, cocaïne, cytarabine, huile éthiodizée (IV et par micro-inhalation chronique), gemcitabine, héroïne, hydrochlorothiazide, méthadone, mitomycine, phénothiazines, protamine, sulfasalazine, tocolytiques, antidépresseurs tricycliques, tumor necrosis factor, vinca alcaloïdes (avec de la mitomycine-C)

Hémorragie parenchymateuse

Anticoagulants, azathioprine plus 6-mercaptopurine, cocaïne, huile de paraffine (par micro-inhalation chronique), nitrofurantoïne, rayonnements

Épanchement pleural

Amiodarone, anticoagulants, bléomycine, bromocriptine, busulfan, granulocyte-macrophage colony-stimulating factor (GM-CSF), IL-2, méthotrexate, méthysergide, mitomycine-C, nitrofurantoïne, acide para-aminosalicylique, procarbazine, radiations, agents tocolytiques

Infiltrat pulmonaire avec éosinophilie

Amiodarone, amphotéricine B, bléomycine, carbamazépine, diphénylhydantoïne, éthambutol, étoposide, granulocyte-macrophage colony-stimulating factor (GM-CSF), isoniazide, méthotrexate, minocycline, mitomycine-C, nitrofurantoïne, acide para-aminosalicylique, procarbazine, rayonnements, sulfasalazine, sulfamides, tétracycline, trazodone

Maladies vasculaires pulmonaires

Anorexigènes (p. ex., dexfenfluramine, fenfluramine, phentermine), busulfan, cocaïne, héroïne, méthadone, méthylphénidate, nitroso-urées, rayonnements

Le diagnostic repose sur l'observation de l'évolution des symptômes à l'arrêt du médicament et, si possible cliniquement, sur l'observation des symptômes après réintroduction du médicament suspecté.

Le traitement repose sur l'arrêt du médicament. Des épreuves fonctionnelles respiratoires de dépistage sont fréquemment réalisées chez le patient qui est sur le point de commencer ou qui prend déjà des médicaments connus comme ayant une toxicité pulmonaire, mais l'intérêt de ce dépistage pour prédire ou détecter précocement une toxicité n'est pas prouvé.

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