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Asthme professionnel

Par Lee S. Newman, MD, MA, Professor, Departments of Environmental and Occupational Health and Epidemiology;Professor of Medicine, Division of Pulmonary Sciences and Critical Care Medicine, Colorado School of Public Health;Colorado University Anschutz

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L'asthme professionnel se manifeste par une obstruction des voies respiratoires réversibles qui se développe après des mois ou des années de sensibilisation à un allergène présent sur le lieu de travail. Les symptômes sont une dyspnée, un wheezing, une toux et, parfois, des symptômes des voies respiratoires supérieures. Le diagnostic repose sur l'histoire professionnelle, avec recherche des tâches professionnelles, des allergènes présents dans l'environnement et une chronologie compatible entre travail et symptômes. Les tests cutanés et les examens complémentaires de provocation spécifiques bronchiques peuvent être pratiqués dans quelques centres spécialisés, mais ils sont habituellement inutiles. Le traitement comprend l'éviction de l'environnement et la prise de médicaments contre l'asthme selon les besoins.

L'asthme professionnel est l'apparition d'un asthme (ou l'aggravation de l'asthme pré-existant) lié à une exposition professionnelle. Les symptômes se développent généralement après des mois ou des années de sensibilisation à un allergène présent sur le lieu de travail. Une fois sensibilisé, le travailleur réagit toujours à des concentrations d'allergène de plus en plus faibles par rapport à celles qui ont initié la réponse.

Plusieurs autres maladies des voies respiratoires provoquées par des expositions dans des lieux de travail doivent être distinguées de l'asthme aggravé par le travail et de l'asthme professionnel.

Dans le syndrome de dysfonctionnement réactif des voies respiratoires (RADS, reactive airways dysfunction syndrome[), qui se produit chez des sujets non allergiques sans antécédent d'asthme, se développe une obstruction réversible et persistante, des voies respiratoires, après une surexposition aiguë à la poussière, à la fumée ou à un gaz irritant (syndrome de Brooks). L'inflammation des voies respiratoires persiste même après l'élimination de l'irritant et le syndrome est indiscernable de l'asthme allergique.

Dans le syndrome de dysfonctionnement réactif des voies respiratoires supérieures, des symptômes muqueux des voies respiratoires supérieures (c'est-à-dire, nasaux et pharyngés), se développent après une exposition aiguë ou répétée à des irritants des voies respiratoires.

Dans le dysfonctionnement des cordes vocales associé aux irritants, qui peut ressembler à un asthme, l'accolement et la fermeture anormale des cordes vocales, en particulier pendant l'inspiration, se produisent après l'inhalation de produits irritants.

Dans la bronchite dite industrielle des auteurs Anglo-saxons (bronchite chronique induite par les irritants), l'inflammation bronchique entraîne une toux après des expositions aiguës ou chroniques à des produits irritants.

Dans la bronchiolite oblitérante, les lésions des bronchioles se produisent après l'exposition aiguë à des gaz (p. ex., ammoniac anhydre). Les 2 formes principales sont prolifératives et constrictives. La forme constrictive est plus fréquente et peut ou non être associée aux autres formes de lésions pulmonaires diffuses. Récemment, des cas de bronchiolite oblitérante ont été signalés chez des travailleurs exposés au diacétyle lors de la fabrication de pop-corn au micro-ondes à saveur de beurre. Le poumon des travailleurs du pop-corn peut survenir chez les travailleurs exposés à d'autres arômes et chez certains consommateurs exposés à ce produit chimique.

Étiologie

L'asthme professionnel est provoqué par des mécanismes immunologiques et non immunologiques à la fois. Les mécanismes immunitaires impliquent ou non une hypersensibilité à médiation IgE aux allergènes de travail. Des centaines d’allergènes professionnels existent, allant de substances chimiques à faible poids moléculaire jusqu'à de grosses protéines-haut poids moléculaires. Des exemples sont les poussières de céréales, les enzymes protéolytiques utilisées dans la fabrication des détergents, les produits de nettoyage et désinfectant, les poussières de cèdre rouge, les isocyanates, la formaline (rarement), les antibiotiques (p. ex., ampicilline, spiramycine), les résines époxy et le thé.

Les mécanismes inflammatoires non immunitaires, responsables de maladies professionnelles, entraînent des irritations directes de l'épithélium respiratoire et de la muqueuse des voies respiratoires supérieures.

Les militaires américains déployés en Irak et en Afghanistan se sont avérés être plus à risque d'asthme (et de bronchiolite oblitérante). Les causes possibles comprennent les émissions des fosses de brûlage à ciel ouvert et les incendies industriels, la poussière du désert et les gaz d'échappement des véhicules.

Symptomatologie

Les signes sont une dyspnée, une oppression thoracique, un wheezing et une toux, souvent associés à des signes d'irritation des voies respiratoires supérieures tels que des éternuements, une rhinorrhée et un larmoiement. Les symptômes d'atteinte des voies respiratoires supérieures et des conjonctives peuvent précéder de plusieurs mois ou années les symptômes caractéristiques d'asthme. Les symptômes peuvent survenir pendant les heures de travail et être associés à l'exposition à des poussières ou aux vapeurs spécifiques, mais souvent ils n'apparaissent que plusieurs heures après la fin de la journée de travail, ce qui rend moins évidente leur relation avec l'exposition professionnelle. Un wheezing nocturne est parfois le seul signe. Souvent, les symptômes disparaissent les week-ends ou pendant les vacances, bien que, en cas d'exposition prolongée, les périodes de poussées et les périodes de rémission soient moins évidentes.

Diagnostic

  • Histoire professionnelle d'exposition à un allergène connu

  • Tests immunologiques

  • Parfois, test de provocation par inhalation

Le diagnostic repose sur la reconnaissance du lien entre les allergènes présents sur le lieu de travail et l'asthme clinique. Le diagnostic est suspecté en fonction de l'exposition aux allergènes. Les fiches de sécurité (obligatoires sur tous les sites de production) peuvent être utilisées pour identifier les allergènes potentiels et les substances listées peuvent guider les tests allergologiques (p. ex., prick tests ou dans de rares cas patch tests [tests épicutanés]), avec les Ag suspectés pour démontrer qu'un produit présent dans l'environnement de travail, a un effet sur le patient. L'augmentation de l'hyperréactivité bronchique non spécifique après une exposition à l'Ag suspecté est un élément utile au diagnostic.

Pièges à éviter

  • Envisager de revoir les fiches de données de sécurité au travail à la recherche d'allergènes potentiels si les travailleurs développent de nouveaux symptômes respiratoires.

Dans les cas difficiles, l'étiologie de l'obstruction aérienne peut être confirmée par un test de provocation bronchique spécifique pratiqué avec prudence dans un laboratoire d'exploration fonctionnelle respiratoire. De tels procédés doivent être pratiqués uniquement dans des centres cliniques expérimentés dans les examens complémentaires de provocation et qui peuvent faire face aux réactions parfois graves pouvant se produire. La variation des débits objectivée par des épreuves fonctionnelles respiratoires ou pas des mesures du débit de pointe sur les lieux de travail, confirme le rôle étiologique de l'exposition professionnelle. L'épreuve à la méthacholine peut être utilisée pour établir l'importance de l'hyperactivité des voies respiratoires. La sensibilité à la méthacholine peut diminuer après l'arrêt de l'exposition à l'allergène professionnel.

La distinction avec l'asthme idiopathique se base, en général, sur le type des symptômes, la présence d'Ag sur le lieu de travail et la chronologie entre l'exposition à des Ag et les symptômes.

Traitement

Le traitement est le même que pour un asthme idiopathique, avec inhalation de bronchodilatateurs et de corticostéroïdes ( Asthme : Traitement médicamenteux). Le traitement consiste en l'arrêt de l'exposition à l'agent causal.

Prévention

L'élimination des poussières est essentielle. Cependant, il n'est pas toujours possible d'éliminer toutes les causes de sensibilisation ou de maladie. Une fois sensibilisés, les patients qui présentent un asthme professionnel peuvent réagir à des niveaux très bas d'allergènes présents dans l'air. Ceux qui retournent dans des environnements dans lesquels l'allergène persiste ont généralement un pronostic plus mauvais, avec des symptômes respiratoires plus graves, une plus importante altération de la fonction pulmonaire, un besoin accru en médicaments et des poussées plus sévères et plus fréquentes. À chaque fois que cela est possible, les personnes atteintes doivent être écartées des activités connues pour provoquer leurs symptômes. Si l'exposition se poursuit, les symptômes ont tendance à devenir permanents. L'asthme professionnel peut parfois être guéri s'il est diagnostiqué précocement et si l'exposition cesse.

Points clés

  • L'asthme professionnel peut être à médiation non immunitaire ou se développer après des mois ou des années de sensibilisation.

  • Envisager de revoir les fiches de données de sécurité au travail à la recherche d'allergènes potentiels si les travailleurs développent de nouveaux symptômes respiratoires.

  • Envisager des examens immunologiques et un test de provocation par inhalation.

  • Traiter comme l'asthme et extraire le patient de l'environnement contenant l'allergène.

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