Pour évaluer vos globules rouges (érythrocytes), vos globules blancs et vos plaquettes; pour distinguer les différents types de globules blancs et déterminer leur pourcentage relatif dans le sang; pour aider à détecter, diagnostiquer et/ou surveiller un éventail de déficits, maladies et troubles touchant la production, la fonction et la durée de vie des cellules sanguines
Frottis de sang
Lorsque certains résultats de votre hémogramme complet et/ou de votre formule leucocytaire différentielle (globules blancs) sont anormaux ou lorsque vous présentez certains signes et symptômes que votre professionnel de la santé soupçonne être dus à une affection touchant vos cellules sanguines
Échantillon de sang prélevé d’une veine de votre bras ou par piqûre du doigt ou, dans le cas des nourrissons, par piqûre du talon
Aucune
- Comment le frottis sanguin est-il utilisé?
Le frottis sanguin est souvent utilisé à titre de suivi de résultats anormaux à l’hémogramme complet pour évaluer les différents types de cellules sanguines. Il peut être utilisé pour aider à diagnostiquer et/ou surveiller de nombreuses affections modifiant les populations de cellules sanguines.
Par le passé, un frottis sanguin était préparé après presque chaque hémogramme complet. Avec l’arrivée d’instruments de comptage automatisés et plus sophistiqués des cellules sanguines, il est maintenant chose courante d’obtenir une formule leucocytaire différentielle automatisée. En revanche, si les résultats de la numération cellulaire et/ou différentielle automatisée indiquent la présence de globules blancs, de globules rouges (érythrocytes) et/ou de plaquettes immatures, atypiques ou anormaux, ou s’il existe des raisons de soupçonner la présence de cellules anormales, un frottis sanguin manuel pourrait alors être effectué.
Le frottis sanguin est souvent utilisé pour catégoriser et/ou identifier les affections qui altèrent un ou plusieurs types de cellules sanguines et surveiller les individus qui reçoivent un traitement pour ces affections. De nombreuses maladies et de nombreux troubles et déficits peuvent modifier le nombre et le type de cellules sanguines produites, de même que leur fonction et leur durée de vie. À titre d’exemples, on retrouve l’anémie, les néoplasmes myéloprolifératifs, les troubles de la moelle osseuse et les leucémies.
Habituellement, seules les cellules normales, matures ou presque matures sont libérées dans la circulation sanguine, mais certaines circonstances peuvent induire la moelle osseuse à libérer des cellules immatures et/ou anormales dans la circulation. Un nombre significatif de cellules anormales ou la présence d’un type particulier de cellule anormale peut suggérer une certaine maladie ou affection particulière et peut inciter le professionnel de la santé à procéder à d’autres tests.
- Dans quelles situations ces tests sont-ils demandés?
Le frottis sanguin est surtout demandé comme test de suivi lorsqu’un hémogramme complet avec formule leucocytaire différentielle réalisé avec un compteur automatisé de cellules sanguines indique la présence de cellules atypiques, anormales ou immatures. Il peut également être réalisé chez un individu qui présente certains signes et symptômes suggérant une affection modifiant la production des cellules sanguines ou leur durée de vie.
Les signes et symptômes pouvant indiquer la présence de l’un de ces troubles sanguins comprennent les suivants :
- Faiblesse, fatigue
- Teint pâle
- Jaunisse inexpliquée
- Fièvre
- Épisodes de saignement excessif, tendance aux ecchymoses ou saignements de nez fréquents
- Hypertrophie (élargissement) de la rate
- Douleur osseuse
Un frottis sanguin peut également être demandé sur une base régulière pour le traitement ou la surveillance d’une maladie touchant les cellules sanguines.
- Que signifient les résultats des tests?
Les observations du frottis sanguin n’ont pas toujours une valeur diagnostique définitive, et indiquent plutôt, bien souvent, la possibilité, ou la présence, d’une affection sous-jacente, renseignant sur sa gravité et suggérant le besoin d’autres tests diagnostiques. Les résultats sont considérés en relation avec l’hémogramme complet et les autres épreuves de laboratoire ainsi que les signes et symptômes cliniques de la personne évaluée.
Les résultats des frottis sanguins comprennent habituellement une description de l’apparence des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes, de même que toute anomalie ayant pu être observée sur la lame.
Globules rouges (érythrocytes)
Les globules rouges normaux et matures sont de taille uniforme (7 à 8 µm de diamètre) et ne possèdent aucun noyau, contrairement à la plupart des autres cellules. Ils sont ronds et aplatis comme un beigne, avec une dépression au milieu plutôt qu’un trou (biconcaves). En raison de l’hémoglobine à l’intérieur des globules rouges, ceux-ci ont une teinte rose à rouge avec un centre plus pâle, suivant la coloration du frottis sanguin. Lorsque l’apparence des globules rouges (morphologie des érythrocytes) est normale, ceux-ci sont souvent décrits comme normochromes (couleur normale) et normocytaires (taille normale).Les globules rouges ne sont pas tous parfaits; cependant, un nombre important de cellules différant en forme ou en taille peut indiquer la présence d’une maladie. Voici quelques exemples d’affections pouvant altérer les globules rouges :
- Anémie
- Drépanocytose et thalassémie (variantes de l’hémoglobine)
- Leucémie
- Néoplasmes myéloprolifératifs ou myélodysplasiques
- Troubles de la moelle osseuse
Une ou plusieurs anomalies dans les globules rouges peuvent être observées au frottis sanguin. En voici deux exemples :
- Anisocytose – des globules rouges de tailles différentes peuvent indiquer la présence d’une anémie; les globules rouges plus petits que la normale sont appelés « microcytes », tandis que les globules rouges plus grands que la normale sont appelés « macrocytes »
- Poïkilocytose – présence de diverses formes de globules rouges, ce qui peut comprendre des érythrocytes à spicules (échinocytes), des acanthocytes, des elliptocytes, des rouleaux, des cellules falciformes (en forme de faucille), des cellules en forme de cible de tir, des cellules en forme de larme, et des schistocytes (fragments de globules rouges, cellules en forme de casque)
- Anisopoïkilocytose – globules rouges de taille et de forme différentes
Voir la section « Renseignements détaillés sur les anomalies des globules rouges » plus bas.
Globules blancs (leucocytes)
Au cours de l’évaluation du frottis sanguin, une formule leucocytaire différentielle manuelle pourrait être réalisée. En général, au moins 100 globules blancs sont évalués et classés selon leur type. Le pourcentage de chaque type est calculé. L’apparence (morphologie) et le stade de développement des globules blancs sont également notés. Les globules blancs possèdent un noyau entouré de cytoplasme. Tous les globules blancs dérivent des cellules souches de la moelle osseuse. Dans la moelle osseuse, ils se différencient en deux groupes, à savoir les cellules myéloïdes et les cellules lymphoïdes, lesquelles, parvenues à maturité, se subdivisent en cinq types de globules blancs différents.Les granulocytes, nommés ainsi en raison des granules dans leur cytoplasme, comprennent les globules blancs (de la lignée myéloïde) suivants :
- Neutrophiles (10 à 18 µm) – cellules dont le cytoplasme contient des granules roses ou violets. Ils constituent la majorité des globules blancs d’un adulte en bonne santé. Ils participent au système de défense contre les infections.
- Éosinophiles (10 à 15 µm) – facilement reconnus dans les frottis colorés en raison de leurs gros granules rouge-orange. Généralement peu nombreux (1 à 3 %), leur nombre augmente le plus souvent en présence d’allergies et d’infections parasitaires.
- Basophiles (10 à 15 µm) – possèdent de gros granules mauve-noir et sont le type de globules blancs le moins fréquent (1 %).
Les globules blancs non-granulocytes comprennent les suivants :
- Monocytes (également de la lignée myéloïde) – habituellement les plus gros des globules blancs (12 à 20 µm) et souvent désignés sous le nom de phagocytes (« charognards »). Ils peuvent ingérer différentes particules comme les débris cellulaires, les bactéries ou d’autres particules insolubles.
- Lymphocytes – souvent de taille plus modeste (10 à 12 µm), ces globules blancs possèdent habituellement une plus petite quantité de cytoplasme et un noyau rond lisse, bien que certains puissent être plus grands et contenir une plus grande quantité de cytoplasme. Ils représentent habituellement le type le plus courant de globules blancs chez les enfants plus jeunes. Un type de lymphocytes, les cellules B, est responsable de la production des anticorps (immunoglobulines).
De nombreuses maladies et affections peuvent altérer le nombre absolu ou relatif des globules blancs ainsi que leur apparence sur les frottis sanguins. En voici quelques exemples :
- Infections et/ou inflammation – peuvent augmenter certains types de globules blancs
- Troubles de la moelle osseuse – peuvent augmenter ou diminuer les nombres absolus et relatifs des globules blancs
- Allergies – peuvent modifier le nombre d’éosinophiles
- Leucémie, syndrome myélodysplasique ou néoplasme myéloprolifératif – des globules blancs immatures, tels des blastes, peuvent être observés sur le frottis sanguin; les blastes sont normalement présents dans la moelle osseuse où sont produits les globules blancs, et parviennent à maturité avant d’être libérés dans le sang. La présence de blastes sur un frottis sanguin pourrait donc indiquer une maladie grave de la moelle osseuse, bien que l’on retrouvera également des blastes dans d’autres scénarios, par exemple après une chimiothérapie lorsque la moelle osseuse se rétablit ou se régénère, ou après une stimulation pharmacologique avant la collecte de cellules souches.
Veuillez consulter la section « Renseignements détaillés sur les globules blancs » plus bas pour en savoir plus.
Plaquettes
Il s‘agit de fragments de cellules formés à partir des grosses cellules de la moelle osseuse appelées « mégacaryocytes ». Lors de leur libération de la moelle osseuse, elles apparaissent comme des fragments dans le sang périphérique. Lorsqu’il y a une lésion au niveau d’un vaisseau sanguin ou qu’il y a un autre type de saignement, les plaquettes sont activées et commencent à s’agglutiner pour former des agrégats, ce qui amorce le processus de formation d’un caillot de sang.Il doit y avoir un nombre suffisant de plaquettes pour maîtriser les saignements. S’il n’y en a pas assez, ou si elles ne fonctionnent pas bien, la capacité à former des caillots en sera altérée et cela pourrait mettre la vie de l’individu en danger. Certaines personnes peuvent produire un trop grand nombre de plaquettes, ce qui peut interférer avec le débit sanguin, augmentant ainsi le risque de caillot sanguin chez l’individu. Ces mêmes personnes pourront également présenter des saignements, car bon nombre des plaquettes supplémentaires peuvent être dysfonctionnelles, même si elles semblent normales.
L’hémogramme complet comprend habituellement une numération plaquettaire (nombre de plaquettes). Un nombre anormalement faible ou élevé de plaquettes pourra être évalué de façon plus approfondie en préparant un frottis sanguin afin de visualiser directement toute anomalie dans la forme ou la taille des plaquettes. Par exemple, des plaquettes plus grosses ou géantes pourraient être observées, puisque la moelle osseuse essaie de compenser le faible nombre de plaquettes, bien que l’on pourra également en observer en présence de néoplasmes myéloprolifératifs, ou de thrombocytopénie immunitaire, une affection au cours de laquelle le système immunitaire produit de façon inappropriée des anticorps contre les plaquettes (pour plus d’information à ce sujet, veuillez consulter les articles sur les « Troubles plaquettaires » et les « Troubles de coagulation excessive »).
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?
Le nombre et la morphologie des cellules sanguines peuvent également être modifiés lors de périodes de maladie ou de stress ou après une transfusion.
Les observations anormales au frottis sanguin sont généralement soumises à un pathologiste possédant, la plupart du temps, une vaste expérience dans l’étude du sang (hématologie), aux fins d’examen et d’une interprétation plus poussés. Selon les résultats, des tests et/ou des examens de suivi nécessitant d’autres analyses de sang, voire un aspirat et une biopsie de la moelle osseuse, pourraient être nécessaires pour poser le diagnostic.
Bien que peu fréquemment utilisé à cette fin aux États-Unis, le frottis sanguin peut aider à diagnostiquer le paludisme, une maladie causée par un parasite sanguin, lequel pourra être observé à l’examen microscopique du frottis sanguin. Le paludisme ne touche habituellement que les voyageurs revenant de régions où le parasite est plus fréquent (endémique).
- Si mon frottis sanguin montre des résultats anormaux, quels tests/examens supplémentaires effectuera-t-on par la suite?
Selon les résultats de l’hémogramme complet, de même que les observations du frottis sanguin et l’affection soupçonnée par le professionnel de la santé, les tests/examens de suivi pourraient comprendre les suivants :
- Épreuves ferriques
- Dosage de la vitamine B12 et du folate
- Immunophénotypage par cytométrie de flux
- Aspiration et biopsie de la moelle osseuse
- BCR-ABL1
- Évaluation des hémoglobinopathies
- Pour quelle raison la numération automatisée des cellules sanguines n’a-t-elle pas encore remplacé complètement le frottis sanguin?
Elle l’a remplacé sur une base régulière, mais la numération automatisée des cellules sanguines évalue habituellement les globules rouges (érythrocytes), les globules blancs et les plaquettes selon leur forme, leur taille et leurs propriétés électriques ou photométriques. Il peut exister certaines variations dans chaque type de cellule et dans le nombre que le corps produit. L’utilisation d’un instrument automatisé peut souvent révéler la présence de cellules anormales, mais ne permet pas de sous-catégoriser celles-ci de façon définitive. Les fragments cellulaires et les amas de plaquettes, surtout s’ils sont volumineux, peuvent, par erreur, être comptés comme des globules blancs, élevant ainsi faussement le nombre de globules blancs. Les techniciens de laboratoire peuvent détecter ces anomalies sur les frottis sanguins, puisqu’ils ont été formés pour les identifier et les classer de façon appropriée.
Traditionnellement, l’examen et l’interprétation des frottis sanguins étaient effectués manuellement à l’aide d’un microscope, ce qui prend beaucoup de temps. Il existe maintenant des systèmes numériques automatisés évaluant la morphologie des cellules sanguines, améliorant ainsi les analyses des frottis sanguins.
- Si une goutte de sang sur une lame contient des millions de globules rouges, des milliers de globules blancs, et des centaines de milliers de plaquettes, comment le technicien de laboratoire peut-il voir les cellules individuelles?
Une technique particulière est utilisée pour étaler la goutte de sang sur l’ensemble de la lame de verre en forme d’« empreinte digitale ». Aux bordures de cette empreinte, les cellules n’ont qu’une seule couche d’épaisseur. Cela permet de compter individuellement les cellules dans ces régions et de les évaluer au microscope.
- Taille
- Anisocytose : variation de la taille des globules rouges; peut indiquer une anémie.
- Macrocytose : globules rouges de grosse taille pouvant être dus à une carence en vitamine B12 ou en folate. Cette anomalie est liée à l’anémie mégaloblastique (p. ex. anémie pernicieuse), à l’alcoolisme chronique, à certaines hépatopathies (maladies du foie), à certains troubles de la thyroïde et au syndrome myélodysplasique.
- Microcytose : présence de petits globules rouges habituellement due à une anémie ferriprive ou à un trouble héréditaire, telle la thalassémie.
- Forme
- Poïkilocytose : variation de la forme des globules rouges pouvant comprendre plusieurs anomalies différentes en même temps.
- Acanthocytes (cellules hérissées d’épines ou spiculées) : cellules de forme irrégulière avec 5 à 10 spicules pouvant être présentes dans le sang des personnes n’ayant plus de rate (ablation de la rate ou splénectomie), souffrant d’une hépatopathie ou d’un trouble héréditaire appelé abêtalipoprotéinémie.
- Échinocytes (cellules dentelées ou crénelées) : peuvent avoir de 10 à 30 projections émoussées; souvent observés en présence d’insuffisance rénale; peuvent représenter un artéfact causé lors de la préparation de l’échantillon.
- Elliptocytes (ovalocytes) : globules rouges de forme elliptique observés dans l’elliptocytose héréditaire, différentes anémies et la myélofibrose.
- Cellules fragmentées (schistocytes, cellules en forme de casque) : globules rouges fragmentés de différentes formes pouvant s’observer en présence de coagulation intravasculaire disséminée (CID), du syndrome hémolytique urémique, de purpura thrombotique thrombocytopénique, ou d’un dispositif vasculaire artificiel (prothèse), telle une valvule cardiaque mécanique.
- Rouleaux : globules rouges ressemblant à une pile de pièces de monnaie, observés en présence d’un myélome multiple ou d’une macroglobulinémie de Waldenstrom en raison des protéines sériques plus nombreuses.
- Cellules falciformes : globules rouges en forme de croissant caractéristiques de la drépanocytose.
- Cellules en forme de cible de tir : globules rouges ressemblant à des cibles de tir, couramment observés chez les personnes présentant diverses formes anormales d’hémoglobine (hémoglobinopathies) héréditaires, ou atteintes de thalassémie, de diverses anémies ou d’hépatopathies.
- Cellules en forme de larme (dacrocytes) : globules rouges ressemblant à une larme, souvent observés chez les personnes atteintes de myélofibrose et de thalassémie.
- Sphérocytes : globules rouges en forme de sphère souvent présents dans l’anémie hémolytique immunitaire ou la sphérocytose héréditaire.
- Couleur
- Hypochromie/hypochromasie : peut s’observer dans un éventail de troubles, y compris la thalassémie et l’anémie ferriprive. Les globules rouges sont pâles en raison de leur faible teneur en hémoglobine, tandis que leur centre est plus creux et plus large (pâleur centrale).
- Hyperchromie/hyperchromasie : globules rouges plus foncés que la normale en raison d’un teneur plus élevée en hémoglobine dans les cellules, pouvant être dus à un état de déshydratation ou à la présence de sphérocytes.
- Polychromasie : coloration bleue des globules rouges reflétant un contenu plus élevé en ARN et indiquant un stade moins mature en raison de la libération plus précoce des érythrocytes de la moelle osseuse.
- Structures anormales dans les globules rouges
- Globules rouges nucléés (normoblastes) : forme immature des globules rouges observée en présence d’une demande accrue en globules rouges, augmentant leur libération de la moelle osseuse, ou en présence d’une atteinte de la moelle osseuse par un processus fibrotique (fibrose) ou une tumeur; accompagnent parfois les anémies graves, la myélofibrose, la thalassémie, la tuberculose miliaire, les cancers touchant la moelle osseuse, et les faibles taux chroniques d’oxygène (hypoxémie). La présence de globules rouges nucléés peut être normale chez les nourrissons au cours des deux ou trois premiers jours suivant la naissance.
- Réticulocytes : globules rouges immatures montrant habituellement une coloration bleue (polychromatiques). La présence de quelques globules rouges immatures de ce type est normale dans la circulation, alors qu’une quantité élevée pourra signaler une perte aiguë de sang, une hypoxie, la destruction de globules rouges, une drépanocytose, un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD) ou une anémie hémolytique auto-immune.
- Sidérocytes, sidéroblastes et sidéroblastes en anneau : globules rouges qui, lorsque teintés par le colorant bleu de Prusse, peuvent montrer des granules de fer; les sidéroblastes sont des sidérocytes immatures et peuvent effectivement former une sorte d’anneau autour de la cellule, indiquant une anémie sidéroblastique.
- Ponctuations basophiles (basophilie ponctuée) : points bleu foncé dans les globules rouges, causés par l’agrégation anormale de ribosomes et de polyribosomes et pouvant accompagner une intoxication à un métal lourd (comme le plomb), la thalassémie et de nombreuses autres anémies.
- Corps de Heinz : corps d’inclusion volumineux (granules) apparaissant dans les globules rouges après leur coloration par un colorant supravital, tel le violet cristallisé; souvent observés en présence d’un déficit enzymatique en G6PD, d’une hémolyse induite par un médicament ou d’une hémoglobinopathie instable.
- Corps de Howell-Jolly (petits restants ronds de l’ADN nucléaire à l’intérieur des cellules) : présents dans la drépanocytose, les anémies hémolytiques ou mégaloblastiques et, parfois, suivant une splénectomie.
- Anneau de Cabot : inclusions filiformes peu courantes formant une boucle ou une structure en huit dans les globules rouges; peut s’observer dans différentes anémies.
- Parasites paludiques : chez les personnes atteintes de paludisme, ces parasites vivent à l’intérieur des globules rouges, et peuvent être visibles sur le frottis sanguin, bien que cela ne sera pas toujours le cas; ces parasites infectent habituellement les personnes qui vivent ou qui ont voyagé dans des régions où la maladie est endémique.
- Neutrophiles
Les neutrophiles (également appelés neutrophiles segmentés, segs, cellules polymorphonucléaires, polys ou PMN) mesurent environ 12 microns de diamètre et leur fonction est d’engouffrer et de détruire les micro-organismes envahisseurs. En temps normal, ils représentent environ 50 à 70 % de l’ensemble des globules blancs dans le sang des enfants plus âgés et des adultes et peuvent renfermer de deux à cinq lobes nucléaires reliés par un mince fil de matériel nucléaire. Ce type de globules blancs peut être plus nombreux lors d’infections, de tumeurs malignes ou de situations de stress extrême. Le cytoplasme des neutrophiles est pâle et contient souvent des petits granules de couleur rose à mauve. Ces granules (granules spécifiques et granules azurophiles) contiennent certaines enzymes et protéines qui neutralisent ou détruisent les microbes. Les bandes sont des neutrophiles immatures ayant un noyau en forme de U.
Les anomalies des neutrophiles peuvent comprendre les suivantes :
- Granulation toxique : gros granules bleu foncé dans le cytoplasme, associés aux infections graves, aux brûlures, aux traumatismes et au traitement par facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF pour Granulocyte Colony-Stimulating Factor); reflète souvent une maturation accélérée des neutrophiles.
- Vacuolisation : les vacuoles apparaissent comme des trous dans le cytoplasme et accompagnent fréquemment la granulation toxique, bien que cela puisse également s’agir d’une caractéristique dégénérative observée lorsque le sang est conservé pendant une longue période de temps avant la préparation du frottis sanguin.
- Corps de Döhle : inclusions grisâtres ou bleuâtres irrégulières dans le cytoplasme périphérique des neutrophiles; il s’agit d’agrégats dénaturés de ribosomes libres ou de réticulum endoplasmique granuleux que l’on observe fréquemment avec les granules toxiques et les vacuoles. Ils peuvent accompagner les infections, les brûlures, les traumatismes ou les expositions à des agents cytotoxiques (p. ex. chimiothérapie). Ils peuvent également être observés après une stimulation par cytokine (p. ex. G-CSF) ou lors d’une grossesse normale.
- Bâtonnets d’Auer : inclusions uniques de couleur rose ou rouge, en forme de bâtonnet, observées dans les cellules myéloïdes très immatures (« blastes ») ou, rarement, dans les neutrophiles plus matures des personnes atteintes de leucémie myéloïde aiguë ou d’un syndrome myélodysplasique de grade élevé.
- Bandes (nombre accru) : des neutrophiles légèrement immatures peuvent exister en petites quantités dans la circulation normale, mais une augmentation de leur proportion signifiera alors une « déviation vers la gauche » de la population des neutrophiles. Cela peut survenir lorsqu’une infection aiguë stimule la production d’un plus grand nombre de neutrophiles, entraînant leur libération prématurée de la moelle osseuse, avant leur maturation complète au stade final de neutrophile. Les autres formes immatures que l’on peut parfois observer sur un frottis sanguin comprennent les myélocytes et les métamyélocytes, et même les promyélocytes et les myéloblastes.
- Hypersegmentation : neutrophiles possédant six segments nucléaires ou plus; surtout associée aux carences en vitamine B12 et en folate et à la myélodysplasie, mais peut s’observer dans l’alcoolisme et peut, dans de rares cas, représenter un trait génétique héréditaire.
- Anomalie de Pelger-Huët : anomalie héréditaire des neutrophiles qui possèdent moins de deux lobes; le noyau est souvent sous la forme d’une arachide ou d’un haltère, ou peut comprendre deux lobes reliés par un filament évident. Cette anomalie peut également apparaître avec certains médicaments immunosuppresseurs ou dans certains états pathologiques telle une myélodysplasie; elle est alors désignée par le nom « pseudo-anomalie de Pelger-Huët ».
- Granules d’Alder-Reilly : gros granules leucocytaires foncés montrant une coloration mauve; suggèrent une mucopolysaccharidose (trouble héréditaire lié à un déficit enzymatique, par exemple dans les syndromes de Hurler et de Hunter).
- Granules de Chédiak-Higashi : anomalie héréditaire caractérisée par la présence de gros granules rouges, bleus ou verdâtres que l’on pourra retrouver dans les granulocytes, les lymphocytes et les monocytes. Les personnes atteintes de ce syndrome peuvent présenter un albinisme oculocutané ainsi qu’un système immunitaire affaibli et une photophobie.
- Lymphocytes
Les lymphocytes sont relativement petits (7 à 10 µm) et de forme ronde. Le noyau semble généralement volumineux comparativement à la quantité de cytoplasme. Le cytoplasme est de couleur bleu pâle et, en temps normal, seule une petite proportion des lymphocytes possèdent des granules. Le noyau de la plupart des lymphocytes est d’apparence lisse et bleu foncé.
Il existe deux principaux types de lymphocytes : les cellules (lymphocytes) B et les cellules (lymphocytes) T; cependant, ceux-ci ne peuvent être distingués sous le microscope avec les techniques de coloration standard. Les cellules B peuvent être différenciées des cellules T à l’aide d’anticorps spécifiques marqués par un agent fluorescent (agissant à titre de colorant) et d’un instrument spécial appelé un « cytomètre de flux ». Les cellules B produisent des anticorps spécifiques, tandis que les cellules T peuvent activer les cellules B et reconnaître et détruire les micro-organismes envahisseurs. En temps normal, les lymphocytes représentent jusqu’à environ 20 à 40 % de l’ensemble des globules blancs chez les adultes, cette proportion étant un peu plus élevée chez les nourrissons et les jeunes enfants.
- Lymphocytes réactifs (lymphocytes atypiques, lymphocytes activés) : ces cellules sont de gros lymphocytes renfermant une plus grande quantité de cytoplasme et pouvant varier en taille et en forme. Leur cytoplasme prend souvent une teinte bleuâtre caractéristique au niveau des bordures de juxtaposition avec les globules rouges adjacents. Une élévation du nombre de lymphocytes atypiques est observée dans les maladies virales comme la mononucléose infectieuse.
- Cellules chevelues : ces lymphocytes possèdent de petites projections qui ressemblent à des cheveux sous le microscope; on les observe dans la leucémie à tricholeucocytes.
- Éosinophiles
Les éosinophiles possèdent deux ou trois lobes dans leur noyau et renferment des granules rougeâtres/oranges caractéristiques dans leur cytoplasme. Ils interviennent le plus souvent dans les réponses allergiques et les infections parasitaires. En temps normal, seulement environ 1 à 4 % des globules blancs dans le sang sont des éosinophiles.
- Monocytes
Les monocytes sont les globules blancs les plus volumineux et représentent moins de 6 % de tous les globules blancs dans le sang normal. Ils sont caractérisés par leur cytoplasme bleu-gris abondant de forme irrégulière et leur noyau replié. La principale fonction des monocytes est d’ingérer les microbes et de répondre aux infections et à l’inflammation en libérant certaines protéines (monokines) capables d’inactiver les bactéries. Lorsqu’ils sont stimulés par les cytokines, les monocytes peuvent s’échapper du sang et se transformer en macrophages dans les tissus.
- Basophiles
Les basophiles possèdent un noyau multilobaire et de nombreux granules bleu foncé (qui contiennent des histamines) dans leur cytoplasme. Seulement environ 1 % des globules blancs sont des basophiles. Une légère élévation du nombre de basophiles peut accompagner les réactions allergiques, la colite ulcéreuse, la sinusite chronique, la varicelle ou les vaccinations (suivant celles-ci). Une augmentation significative des basophiles est fréquente dans la leucémie myéloïde chronique.