Pour aider à diagnostiquer certains troubles de la moelle osseuse appelés néoplasmes myéloprolifératifs (NMP), au cours desquels la moelle osseuse produit un ou plusieurs types de cellules sanguines en excès
Mutation de CALR
Lorsque vous avez des résultats anormaux à l’hémogramme complet et que votre professionnel de la santé soupçonne que vous présentez un trouble de la moelle osseuse, en particulier une thrombocytopénie essentielle (TE) ou une myélofibrose primaire (MFP)
Échantillon de sang prélevé dans une veine du bras ou, parfois, un échantillon de la moelle osseuse
Aucune
- Comment utilise-t-on ces tests?
Le dépistage des mutations de CALR est utilisé pour aider à diagnostiquer et classifier les troubles de la moelle osseuse qui mènent à la production d’un nombre excessif de cellules sanguines. Ces troubles sont connus sous le nom de « néoplasmes myéloprolifératifs » (NMP).
Les mutations de CALR sont la deuxième anomalie génétique la plus fréquemment associée aux deux types de NMP : thrombocytopénie essentielle (TE) et myélofibrose primaire (MFP).
Le dépistage des anomalies génétiques associées aux NMP est généralement fait en guise de suivi à une augmentation significative de l’hémoglobine, de l’hématocrite, des globules rouges et/ou des plaquettes, ou à un frottis sanguin suggérant une myélofibrose, sur fond de signes et symptômes cliniques suggérant un NMP.
Le dépistage des mutations de CALR accompagne habituellement celui d’autres mutations associées aux NMP, comme celles de BCR-ABL1 et de JAK2.
- Dans quelles situations ces tests sont-ils demandés?
L’épreuve de dépistage des mutations de CALR peut être demandée, de pair avec d’autres tests, lorsque le professionnel de la santé soupçonne la présence d’un néoplasme myéloprolifératif (NMP), telles la thrombocytopénie essentielle (TE) ou la myélofibrose primaire (MFP). On évalue habituellement ces mutations chez les individus soupçonnés de présenter un NMP montrant un résultat négatif pour les mutations des gènes BCR-ABL1 et JAK2.
Parfois, les personnes atteintes d’un NMP ne présentent aucun symptôme ou bien seulement quelques symptômes relativement bénins qui peuvent persister pendant des années avant d’être reconnus comme un NMP, souvent au moment d’un examen physique de routine. En revanche, le professionnel de la santé pourrait soupçonner un NMP et demander le dépistage des mutations de CALR chez un individu qui présente des résultats anormaux à l’hémogramme complet en combinaison avec plusieurs signes et symptômes, dont les suivants :
- Hypertrophie de la rate (splénomégalie) ou du foie (hépatomégalie), douleurs abdominales
- Coagulation excessive (p. ex. caillot de sang dans une veine ou une artère)
- Tendance aux ecchymoses ou aux saignements
- Maux de tête, étourdissements, problèmes de vision
- Signes et symptômes liés à l’anémie, tels que fatigue et faiblesse
- Que signifient les résultats des tests?
Une épreuve positive pour une mutation de CALR signifie que la personne présente probablement un néoplasme myéloprolifératif (NMP), en particulier la thrombocytopénie essentielle (TE) ou la myélofibrose primaire (MFP).
D’autres tests et examens, telle une biopsie de la moelle osseuse, pourraient être nécessaires pour déterminer le NMP et sa gravité.
Environ de 20 à 25 % des adultes atteints de thrombocytopénie essentielle et de 25 à 30 % des adultes atteints de myélofibrose primaire présentent une mutation de CALR. Cette mutation est également observée, dans quelques rares cas, chez les personnes atteintes de leucémie myélomonocytaire chronique (LMMC), de leucémie myéloïde aiguë (LMA), d’un syndrome myélodysplasique (SMD) et de leucémie myéloïde chronique (LMC).
En 2016, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a révisé ses critères diagnostiques pour les NMP. La présence d’une mutation de l’exon 9 du gène CALR est l’un des trois principaux critères énumérés pour le diagnostic de la TE et de la MFP.
La présence d’un gène CALR muté peut avoir des répercussions sur le pronostic et l’évolution des NMP. Des études ont démontré que les porteurs de mutations de CALR ont une meilleure survie globale que les porteurs de mutations de JAK2 ou du gène MPL (« Myeloproliferative Leukemia »). Les porteurs de mutations de CALR présentent également un risque de caillots sanguins dommageables (thrombose) moins élevé que les personnes atteintes de TE positive pour JAK2.
Un résultat négatif signifie habituellement que la mutation de CALR évaluée n’a pas été détectée. Il est possible d’avoir un résultat négatif et tout de même porter une mutation rare de CALR que l’épreuve ne peut détecter. Il est également possible, bien que peu probable, que l’épreuve n’ait pas réussi à détecter une mutation de l’exon 9 du gène CALR. Il faut noter que le séquençage de nouvelle génération (SNG) devrait détecter toutes les variantes mutationnelles du gène CALR, mais cette épreuve est peu accessible.
Un résultat négatif n’exclut pas la possibilité d’un NMP. De 10 à 15 pour cent des cas de thrombocytopénie essentielle et de myélofibrose primaire ne sont associés à aucune des anomalies génétiques courantes (c.-à-d. négatifs pour les mutations de JAK2, de CALR et de MPL) [connus sous le nom de NPM « triple négatif »].
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?
La découverte de mutations génétiques sous-tendant les NMP, à partir de 2005, a représenté une avancée significative pour le traitement de ces affections. Des médicaments appelés traitements ciblés conçus pour inhiber les protéines anormales sous-tendant les affections montrent des promesses quant à leur plus grande efficacité par rapport aux traitements classiques des NMP. Alors qu’il existe déjà des traitements ciblés inhibant le gène JAK2, le gène CALR, pour sa part, n’a été découvert que plus récemment et les traitements visant à l’inhiber sont encore au stade expérimental. Dans l’ensemble, la mise au point de traitements ciblés pour traiter les NMP est un domaine d’étude actif et prometteur.
- La mutation de CALR est-elle héréditaire?
Non, la mutation de CALR associée aux NMP est somatique, ce qui signifie qu’elle est acquise durant la division cellulaire et n’est pas transmise aux enfants.
- Cette épreuve peut-elle être réalisée au cabinet de mon professionnel de la santé?
L’épreuve test de dépistage des mutations de CALR doit être réalisée dans un laboratoire qui effectue des épreuves moléculaires. Elle n’est pas offerte par chaque laboratoire et doit souvent être envoyée à un laboratoire de référence.
- Combien de temps faut-il attendre pour obtenir les résultats du dépistage des mutations de CALR?
Les résultats de l’épreuve peuvent prendre plusieurs jours à deux semaines avant d’arriver.
- Est-ce qu’il existe d’autres mutations génétiques associées aux NMP?
Oui, on retrouve des mutations de JAK2 dans plus de 95 % des cas de polycythémie vraie (PV). Les mutations de JAK2 sont également associées à 50-60 % des cas de thrombocytopénie essentielle (TE) et de myélofibrose primaire (MFP). En outre, des mutations du gène MPL (Myeloproliferative Leukemia) sont observées chez un petit pourcentage de patients adultes atteints de TE et de MFP, mais pas en présence de PV. Les porteurs d’une mutation de CALR ne peuvent pas également porter une mutation de JAK2 ou de MPL (elles sont mutuellement exclusives). La PV, la TE et la MFP sont rares chez les enfants et les adolescents et, outre le fait que les mutations puissent ne pas être pas aussi fréquentes que chez les adultes atteints de ces mêmes maladies, les connaissances sur ces mutations chez ce groupe de patients sont limitées. Le dépistage génétique est aussi parfois utilisé pour vérifier la présence ou l’absence d’un chromosome de Philadelphie (Ph’) ou d’une translocation de BCR-ABL1 chez une personne soupçonnée de présenter une leucémie myéloïde chronique.