Pour aider à diagnostiquer la maladie cœliaque et évaluer l’efficacité d’un régime alimentaire sans gluten
Tests sérologiques de la maladie cœliaque
Lorsque vous présentez des symptômes évoquant une maladie cœliaque, tels que diarrhée chronique, ballonnements, douleurs abdominales, anémie et perte de poids; lorsqu’un enfant est continuellement irritable ou ne grandit pas à un rythme normal; lorsqu’un membre de la famille proche est atteint de la maladie cœliaque; lorsque vous recevez un traitement pour la maladie cœliaque
Échantillon de sang prélevé dans une veine du bras
Suivez les instructions de votre professionnel de la santé. Pour la confirmation du diagnostic de maladie cœliaque, vous devez continuer à consommer des aliments qui contiennent du gluten pendant une certaine période de temps (p. ex. plusieurs semaines) avant la réalisation du test. Pour la surveillance de la maladie cœliaque après la confirmation du diagnostic, aucune préparation n’est nécessaire.
- Comment utilise-t-on ces tests?
Les tests sérologiques de la maladie cœliaque sont principalement utilisés pour diagnostiquer et surveiller la maladie cœliaque associée à divers signes et symptômes, notamment anémie et douleurs abdominales.
Parfois, les tests sérologiques de la maladie cœliaque peuvent être utilisés pour dépister une maladie cœliaque asymptomatique chez des personnes ayant des parents proches atteints de la maladie, puisqu’environ 4 à 12 % d’entre elles sont atteintes de la maladie cœliaque ou le seront. Le dépistage peut également être demandé chez les personnes qui présentent d’autres maladies auto-immunes.
Les tests sérologiques de la maladie cœliaque mesurent la quantité d’anticorps particuliers dans le sang. Les tests les plus courants comprennent les suivants :
- Anticorps IgA anti-transglutaminase tissulaire (TGt) – principal test prescrit pour dépister la maladie cœliaque. C’est le plus sensible et le plus spécifique des tests sérologiques de la maladie cœliaque et le seul qui soit préféré par la American College of Gastroenterology et la American Gastroenterology Association pour le dépistage de la maladie cœliaque chez les personnes de plus de 2 ans. En cas de résultat positif, elle peut également être utilisée pour surveiller l’affection et aider à évaluer l’efficacité du traitement (même si le nom du test renferme le terme « tissulaire », il s’agit bel et bien d’une analyse sanguine).
- Immunoglobulines A (IgA) – ce test est habituellement demandé de pair avec le dosage des IgA anti-TGt (ci-dessus), aux fins de détection d’un déficit en IgA, lequel touche environ 2 à 3 % des personnes atteintes de la maladie cœliaque. Si vous présentez un tel déficit en IgA, le test sérologique IgA anti-TGt pourrait être négatif, même si vous êtes atteint de la maladie cœliaque (résultat faussement négatif). Si le test des IgA montre que vous présentez un déficit en IgA, le dépistage des auto-anticorps de classe IgG pourrait être demandé (voir plus bas).
- Les anticorps IgG anti-TGt peuvent être utilisés comme test de remplacement chez les personnes qui présentent un déficit en IgA.
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Anticorps anti-peptide de gliadine déamidée (PGD) (anti-PGD) – peuvent être utilisés chez certaines personnes présumées atteintes de la maladie cœliaque et négatives pour les anticorps anti-TGt, en particulier les enfants de moins de 2 ans. Le test des anticorps IgG anti-PGD, de pair avec les anticorps IgG anti-TGt, est recommandé par le American College of Gastroenterology pour les personnes exemptes d’IgA ou qui en produisent peu. En cas de positivité pour les anticorps anti-PGD, ce test pourra être utilisé pour surveiller la maladie cœliaque.
Tests utilisés moins couramment :
- Anticorps anti-endomysium (AEM) – anticorps produits en réaction aux dommages continus de la muqueuse intestinale; la substance détectée dans ce test s’est avérée être la TGt. Près de 100 % des personnes atteintes de la forme active de la maladie cœliaque et près de 70 % des personnes atteintes de la dermatite herpétiforme (une autre affection sensible au gluten, qui provoque des démangeaisons, des brûlures et des éruptions vésiculaires sur la peau) produisent des anticorps anti-AEM de la classe des IgA. Ce test est plus difficile à effectuer et à interpréter correctement que les anticorps anti-TGt, c’est pourquoi il est utilisé moins souvent.
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Anticorps anti-réticuline (AAR) – test pas aussi spécifique ou sensible que ceux des autres auto-anticorps; on retrouve ces anticorps chez environ 60 % des personnes atteintes de la maladie cœliaque et environ 25 % de celles atteintes de la dermatite herpétiforme; il est rarement demandé.
Pour confirmer le diagnostic de maladie cœliaque, une biopsie des petits intestins est examinée afin de détecter les dommages aux villosités intestinales. Cependant, en raison de la nature effractive et du coût de la biopsie, les tests sérologiques sont souvent utilisés pour identifier les personnes présentant une forte probabilité de maladie cœliaque (pour des informations générales sur les biopsies, veuillez consulter l’article sur la « Pathologie anatomique »).
- Dans quelles situations ces tests sont-ils demandés?
Les tests de la maladie cœliaque sont demandés en présence de signes et symptômes suggérant une maladie cœliaque, ou un état de malnutrition et/ou de malabsorption. Les symptômes sont souvent non spécifiques et variables, rendant la maladie difficile à reconnaître. Les symptômes peuvent, pendant un certain temps, être légers et passer inaperçus, puis s’aggraver progressivement ou survenir de manière sporadique. L’affection peut toucher différentes parties du corps.
Les signes et symptômes digestifs peuvent comprendre les suivants :
- Douleur et distension abdominales
- Selles sanguinolentes
- Diarrhée chronique ou constipation
- Flatulence
- Selles grasses et nauséabondes
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Vomissements
Les autres signes et symptômes peuvent comprendre les suivants :
- Anémie ferriprive qui ne répond pas aux suppléments de fer
- Tendance aux ecchymoses et/ou aux saignements
- Douleurs osseuses et articulaires
- Anomalies de l’émail dentaire
- Fatigue, faiblesse
- Ulcères de la bouche
- Perte de poids
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Chez les adultes, infertilité, ostéoporose
Chez les enfants, les tests sérologiques de la maladie cœliaque peuvent être demandés en présence des manifestations suivantes :
- Symptômes du tube digestif
- Retard de développement
- Petite taille
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Retard de croissance
De nombreuses personnes atteintes de la maladie cœliaque souffrent de dermatite herpétiforme, une maladie qui entraîne des cloques qui démangent sur la peau. La maladie est également associée à un risque accru de lymphome intestinal, une forme de cancer.
Un ou plusieurs tests sérologiques peuvent être demandés lorsqu’une personne atteinte de la maladie cœliaque suit un régime sans gluten depuis un certain temps, afin de vérifier si les taux des anticorps ont diminué et si le régime a été efficace pour renverser les lésions de la muqueuse intestinale (ce qui est encore parfois confirmé par une seconde biopsie).
Les personnes asymptomatiques peuvent subir le dépistage de la maladie cœliaque si un de leurs parents proches (parent, frère ou sœur) est atteint de cette maladie, bien que le dépistage général de la maladie cœliaque ne soit pas encore recommandé pour l’ensemble de la population.
- Que signifient les résultats des tests?
Voici quelques tests sérologiques de la maladie cœliaque avec leurs résultats possibles : IgA anti-TGt IgA totaux IgG anti-TGt IgA anti-PGD IgG anti-PGD Diagnostic Positif Normaux Non effectués Non effectués Non effectués Maladie cœliaque présumée Négatif Normaux Négatif Négatif Négatif Symptômes dus à la maladie cœliaque peu probables Négatif Faible Positif Négatif Positif Maladie cœliaque possible (les résultats faussement négatifs pour les IgA anti-TGt et les IgA anti-PGD sont dus à un déficit en IgA totaux) Négatif Normaux Négatif Positif Positifs (ou non évalués) Maladie cœliaque possible (peut s’observer chez les enfants de moins de 3 ans) Tous les tests positifs et indéterminés pour la maladie cœliaque sont habituellement suivis d’une biopsie intestinale. La biopsie est utilisée pour poser le diagnostic définitif de maladie cœliaque.
Si vous avez reçu un diagnostic de maladie cœliaque et avez commencé à éliminer le gluten dans votre alimentation, vos taux d’auto-anticorps devraient alors baisser. S’ils ne chutent pas et que vos symptômes ne s’atténuent pas, il pourrait y avoir des formes cachées de gluten dans votre régime qui n’ont pas été éliminées (on trouve souvent du gluten dans des produits inattendus, tels vinaigrettes et sirops pour la toux, voire même l’adhésif utilisé dans les enveloppes) ou bien vous pourriez présenter l’une des formes rares de la maladie cœliaque qui ne répondent pas aux changements alimentaires.
Si vous n’avez pas consommé de gluten pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant vos tests de la maladie cœliaque, ceux-ci pourraient être négatifs. Si votre professionnel de la santé soupçonne toujours une maladie cœliaque, il pourrait effectuer un test de provocation en réintroduisant le gluten dans votre alimentation pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, afin de vérifier si vos symptômes réapparaîtront. À ce moment, les tests de la maladie cœliaque pourraient être répétés ou une biopsie pourrait être réalisée pour vérifier la présence de dommages à vos villosités intestinales.
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?
Bien que la maladie cœliaque soit relativement courante (on pense que 1 personne sur 100 à 150 aux États-Unis en serait atteinte), la plupart des individus touchés n’en ont pas conscience. Cela est dû en partie au fait que les symptômes sont variables, et peuvent être légers, voire absents, même lorsque la tissu biopsié montre des lésions aux intestins. Étant donné que ces symptômes peuvent également être dus à diverses autres affections, le diagnostic de la maladie cœliaque peut être manqué ou retardé, parfois pendant des années.
- Outre les tests sérologiques, quels autres tests peuvent être demandés?
Des tests supplémentaires peuvent être demandés pour aider à déterminer la gravité de la maladie et l’ampleur des complications, notamment malnutrition, malabsorption et atteintes d’autres organes. lequel pourrait comprendre les suivants :
- Anti-F-actine – test parfois demandé pour évaluer la gravité des dommages intestinaux liés à la maladie cœliaque; un résultat positif pourrait indiquer des dommages accrus aux intestins
- Hémogramme complet – pour détecter une anémie
- PCR (protéine C réactive) – pour évaluer l’inflammation
- BMC (bilan métabolique complet) – pour déterminer les taux d’électrolytes, de protéines et de calcium, et vérifier l’état des reins et du foie
- Vitamines D et B12 et folate – pour détecter des carences en vitamines
- Fer, capacité de fixation du fer ou transferrine, et ferritine – pour détecter une carence en fer
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Recherche de gras dans les selles – pour aider à évaluer l’état de malabsorption
Étant donné que les personnes atteintes de la maladie cœliaque peuvent également souffrir d’autres affections, telle une intolérance au lactose, les tests de la maladie cœliaque peuvent être effectués en même temps que ceux des autres intolérances et allergies.
- Qu’est-ce que le gluten et que contient-il?
Le gluten est une protéine naturellement présente dans les céréales, en particulier le blé, et qui est responsable de la texture élastique de la pâte. On peut en retrouver dans de nombreux aliments, puisqu’on l’utilise comme une « colle » pour aider à maintenir leur forme. Voici quelques exemples de ces aliments :
- Pains et autres produits de boulangerie
- Pâtes
- Soupes
- Céréales
- Sauces
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Vinaigrettes
Outre le blé, le gluten peut être présent dans de nombreux autres grains, notamment les suivants :
- Orge
- Bulgur
- Blé dur
- Farina
- Méteil
- Malt
- Seigle
- Semoule
- Quelle est la différence entre la maladie cœliaque et une allergie au blé ou aux autres grains?
Les allergies résultent de réactions d’hypersensibilité et de la production d’anticorps spécifiques de type IgE (immunoglobuline E) dirigés contre les grains, comme le blé et le seigle. Ces anticorps peuvent provoquer des symptômes semblables à ceux causés par la maladie cœliaque, mais ils ne le feront que pendant une courte période de temps suivant la consommation des aliments auxquels vous êtes allergique. La réaction peut être légère ou grave, mais elle est limitée dans le temps et ne provoque aucun dommage à la muqueuse de vos intestins, contrairement à la maladie cœliaque. Si vous croyez avoir une allergie au blé ou à un autre grain, consultez votre professionnel de la santé au sujet du dépistage des anticorps IgE spécifiques à ces allergènes.
- Est-il possible de surmonter la maladie cœliaque ou de se désensibiliser à celle-ci?
Non, la maladie cœliaque ne peut pas disparaître. Un diagnostic de maladie cœliaque signifie que vous devrez suivre un régime sans gluten toute votre vie. Si vous recommencez à consommer du gluten, vous endommagerez la muqueuse de vos intestins; vos symptômes pourraient simplement prendre un peu plus de temps avant de réapparaître.
- Dois-je suivre un régime alimentaire sans gluten si j’ai reçu un diagnostic de maladie cœliaque, mais n’ai jamais éprouvé de symptôme?
Si vous êtes atteint de la maladie cœliaque, mais n’avez aucun symptôme, il est tout de même recommandé que vous suiviez un régime sans gluten, puisque vos villosités intestinales sont déjà probablement endommagées, et continueront de l’être, et courrez un plus grand risque de souffrir de problèmes de malabsorption causant différentes affections silencieuses comme l’ostéoporose. Si vous avez des doutes sur l’exactitude de votre diagnostic, vous pouvez consulter votre professionnel de la santé pour vérifier vos résultats.
- Est-ce que je peux manger de l’avoine?
Ce sujet est un peu controversé. Certains experts considèrent que les personnes atteintes de la maladie cœliaque devraient éviter l’avoine, tandis que d’autres pensent que la plupart des patients peuvent en tolérer de petites quantités, estimant que les protéines présentes dans l’avoine ne contribuent pas de manière significative à la maladie cœliaque. Vous devriez en discuter avec votre professionnel de la santé et un nutritionniste.
- Comment savoir quoi manger et où puis-je obtenir de l’aide?
Votre professionnel de la santé vous renseignera sur la maladie cœliaque et/ou vous fournira de bonnes sources d’information. Vous pouvez également visiter les liens énumérés à la fin de cet article dans la section « Contenu connexe » pour connaître les nombreuses organisations disposant de diverses ressources, y compris des groupes de soutien.
- Existe-t-il d’autres moyens de dépister la maladie cœliaque?
Des analyses génétiques permettant de détecter divers marqueurs fortement associés à la maladie cœliaque sont récemment apparues sur le marché. Ces tests détectent les marqueurs DQ2 et DQ8 du système HLA (Human Leukocyte Antigen). Un résultat positif ne permet pas de diagnostiquer la maladie cœliaque, puisqu’environ 30 % de la population générale porte également ces marqueurs tout en étant exempts de la maladie. En revanche, presque toutes les personnes atteintes de la maladie cœliaque sont positives pour les marqueurs DQ2 ou DQ8, de sorte qu’un résultat négatif peut essentiellement exclure le diagnostic de maladie cœliaque chez les individus dont les résultats aux autres tests, y compris la biopsie, ne sont pas clairs. Ces tests sont le plus utiles pour les membres de la famille des personnes atteintes de la maladie entrant dans une catégorie à risque élevé et pour les individus dont les résultats aux autres tests diagnostiques ne sont pas concluants.