Pour aider à diagnostiquer le syndrome de Cushing ou une insuffisance surrénalienne primaire ou secondaire (maladie d’Addison); pour détecter les affections touchant l’hypophyse ou les glandes surrénales
Cortisol
Lorsque votre fournisseur de soins de santé soupçonne une production excessive ou insuffisante de cortisol
Échantillon de sang prélevé dans une veine du bras ou un échantillon d’urine aléatoire ou des urines de 24 heures; parfois, un échantillon de salive peut être utilisé
On pourrait vous demander de vous reposer avant le prélèvement de l’échantillon. Pour le dosage du cortisol salivaire, il est possible que l’on vous demande de vous abstenir de manger, de boire ou de vous brosser les dents pendant une certaine période de temps (possiblement entre 15 et 30 minutes) avant le test. Suivez toute consigne que l’on vous donne.
- Comment utilise-t-on ces tests?
Le dosage du cortisol peut être utilisé pour aider à diagnostiquer le syndrome de Cushing, une affection associée à un excès de cortisol, ou pour aider à diagnostiquer une insuffisance surrénalienne ou la maladie d’Addison, des affections associées à un déficit en cortisol. Le cortisol est une hormone qui participe entre autres au métabolisme des protéines, des lipides et des glucides. En temps normal, le taux de cortisol dans le sang augmente et diminue selon un schéma de « variations diurnes », atteignant un pic le matin, puis diminuant tout au long de la journée et chutant à son niveau le plus bas vers minuit.
Le cortisol est produit et sécrété par les glandes surrénales. La production de l’hormone est régulée par l’hypothalamus dans le cerveau et par l’hypophyse, un organe minuscule situé sous le cerveau. Lorsque le taux de cortisol dans le sang baisse, l’hypothalamus libère la corticolibérine (hormone de libération de la corticotropine ou CRH pour Corticotropine-Releasing Hormone), qui signale à l’hypophyse de produire l’hormone adrénocorticotrope (ACTH pour Adrenocorticotropic Hormone). L’ACTH stimule la production et la libération de cortisol par les glandes surrénales. Pour que des quantités appropriées de cortisol soient fabriquées, l’hypothalamus, l’hypophyse et les glandes surrénales doivent tous fonctionner correctement. (veuillez consulter la section « Qu’est-ce qui est évalué? » pour de plus amples détails).
La majorité du cortisol dans le sang est lié à une protéine; seul un petit pourcentage est « libre » et biologiquement actif. Le dosage sanguin du cortisol évalue à la fois le cortisol lié aux protéines et le cortisol libre, tandis que le dosage du cortisol dans l’urine et la salive n’évaluent que le cortisol libre, qui devrait corréler avec les taux de cortisol libre dans le sang. De multiples échantillons de sang et/ou de salive peuvent être prélevés à différents moments, par exemple à 8 heures du matin et 16 heures (après-midi), afin d’évaluer à la fois les taux de cortisol et les variations diurnes. L’échantillon des urines de 24 heures ne permet pas de connaître les variations diurnes du cortisol; il permet de mesurer la quantité totale de cortisol non lié excrété en 24 heures.
En cas de taux anormal de cortisol, le professionnel de la santé effectuera des tests supplémentaires pour confirmer les résultats et l’aider à déterminer la cause :
Tests évaluant une production excessive de cortisol
Si un individu présente un taux sanguin élevé de cortisol, le professionnel de la santé pourrait effectuer des tests supplémentaires pour confirmer que le taux élevé de cortisol est véritablement anormal (et non simplement dû à un stress accru ou à l’utilisation de médicaments ayant une action semblable à celle du cortisol). Ces tests supplémentaires pourraient comprendre la mesure du cortisol urinaire sur 24 heures, une épreuve de suppression de la dexaméthasone nocturne et/ou la collecte d’un échantillon salivaire avant le coucher afin de mesurer le cortisol au moment où il devrait être à son plus bas niveau. Le cortisol urinaire nécessite la collecte des urines pendant une période de temps déterminée, habituellement 24 heures. Étant donné que l’ACTH est sécrétée par l’hypophyse par impulsions, ce test permet de déterminer si l’élévation du taux de cortisol dans le sang représente une augmentation réelle.Suppression de la dexaméthasone : L’épreuve de suppression de la dexaméthasone consiste à analyser un échantillon de départ pour le cortisol, puis à administrer à l’individu de la dexaméthasone (un glucocorticoïde synthétique) par voie orale, pour ensuite mesurer les taux de cortisol dans les échantillons prélevés subséquemment à différents moments précis. La dexaméthasone supprime la production d’ACTH et devrait réduire la production de cortisol si la source de l’excès est le stress.
Le prélèvement d’un échantillon de salive pour la mesure du cortisol constitue un moyen pratique de déterminer si le rythme normal de la production de cortisol est altéré. Si un ou plusieurs de ces tests confirment la présence d’une production anormale de cortisol, des tests supplémentaires, y compris la mesure de l’ACTH, une nouvelle épreuve de suppression de la dexaméthasone répétée à des doses plus élevées, et des examens d’imagerie radiologique, pourraient être demandés.
Tests évaluant une production insuffisante de cortisol
Si le professionnel de la santé soupçonne que les glandes surrénales peuvent ne pas produire une quantité adéquate de cortisol ou si les analyses initiales du sang indiquent une production insuffisante de cortisol, le professionnel de la santé pourrait demander l’épreuve de stimulation par l’ACTH.Stimulation par l’ACTH : Cette épreuve consiste à mesurer le taux de cortisol dans le sang de l’individu avant et après une injection d’ACTH synthétique. Si les glandes surrénales fonctionnent normalement, les taux de cortisol augmenteront avec la stimulation par l’ACTH. Si elles sont endommagées ou ne fonctionnent pas correctement, le taux de cortisol sera bas. Une version plus longue de cette épreuve (1 à 3 jours) peut être réalisée pour aider à distinguer une insuffisance surrénalienne d’une insuffisance hypophysaire.
- Dans quelles situations ces tests sont-ils demandés?
Le dosage du cortisol peut être demandé lorsqu’une personne présente certains signes et symptômes suggérant un taux de cortisol élevé et le syndrome de Cushing, notamment les suivants :
- Tension artérielle élevée (hypertension)
- Taux élevé de sucre (glucose) dans le sang (hyperglycémie)
- Obésité, en particulier au niveau du tronc
- Peau fragile
- Stries violettes sur l’abdomen
- Fonte musculaire et faiblesse
- Ostéoporose
Ce test peut être demandé lorsqu’une femme présente des règles menstruelles irrégulières et une pilosité du visage accrue, ou qu’un enfant présente un retard de développement et une petite taille.
Ce test peut être demandé lorsqu’un individu présente des signes et symptômes évoquant un faible taux de cortisol, une insuffisance surrénalienne ou la maladie d’Addison, notamment les suivants :
- Perte de poids
- Faiblesse musculaire
- Fatigue
- Faible tension artérielle
- Douleur abdominale
- Taches foncées sur la peau (observées dans la maladie d’Addison, mais pas dans l’insuffisance surrénalienne secondaire)
Parfois, une diminution de la production de cortisol associée à un facteur de stress peut provoquer une crise surrénalienne pouvant mettre la vie en danger et nécessitant des soins médicaux immédiats. Les symptômes d’une telle crise peuvent comprendre les suivants :
- Douleur intense et subite dans le bas du dos, dans l’abdomen ou les jambes
- Vomissements et diarrhée entraînant un état de déshydratation
- Faible tension artérielle (hypotension)
- Perte de conscience
Les épreuves de suppression ou de stimulation sont demandées lorsque les résultats initiaux sont anormaux. Le dosage du cortisol peut être demandé à intervalles réguliers suivant l’établissement d’un diagnostic de syndrome de Cushing ou de maladie d’Addison afin de surveiller l’efficacité du traitement.
- Que signifient les résultats des tests?
En temps normal, les taux de cortisol sont très faibles au coucher et sont à leur maximum juste après le réveil matinal, mais ces oscillations changeront si la personne a des quarts de travail variables et dort à différentes heures à différents jours.
Un taux de cortisol accru ou normal juste après le réveil accompagné d’un taux qui ne chute pas au coucher suggère un excès de cortisol et un syndrome de Cushing. Si cet excès de cortisol n’est pas inhibé avec l’épreuve de suppression à la dexaméthasone, ou si le taux de cortisol dans les urines de 24 heures est élevé, ou si le taux de cortisol dans la salive en fin de soirée est élevé, cela suggère que l’excès de cortisol est dû à une production anormalement élevée d’ACTH par l’hypophyse ou une tumeur non hypophysaire ou à une production anormale par les glandes surrénales. Des tests supplémentaires aideront à déterminer la cause exacte (veuillez consulter la section « Comment utilise-t-on ces tests? » plus haut).
Si le cortisol est présent en quantité insuffisante et que la personne évaluée répond à l’épreuve de stimulation par l’ACTH, le problème est probablement dû à une production insuffisante d’ACTH par l’hypophyse. Si la personne ne répond pas à l’épreuve de stimulation par l’ACTH, il est plus probable que le problème se situe dans les glandes surrénales. Si les glandes surrénales sont hypoactives en raison d’une dysfonction de l’hypophyse et/ou d’une production insuffisante d’ACTH, on parle alors d’une insuffisance surrénalienne secondaire. Si la diminution de la production de cortisol est due à des lésions surrénaliennes, l’insuffisance surrénalienne est alors qualifiée de « primaire » ou attribuée à la maladie d’Addison.
Une fois qu’une anomalie a été identifiée et associée à l’hypophyse, aux glandes surrénales ou à une autre cause, le professionnel de la santé peut utiliser d’autres tests, tel un examen d’imagerie par tomodensitométrie (TDM) ou résonance magnétique (IRM), pour localiser la source de l’excès (p. ex. une tumeur de l’hypophyse, des glandes surrénales ou d’un autre tissu) et évaluer l’étendue des dommages aux glandes.
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?
Pareillement à l’insuffisance surrénalienne, une affection appelée « hyperplasie congénitale des surrénales » (HCS) entraîne un faible taux de cortisol et ne répond pas aux épreuves de stimulation par l’ACTH. La mesure du cortisol est l’une des nombreuses façons utilisées pour aider à évaluer la présence d’une HCS.
La chaleur, le froid, les infections, les traumatismes, l’exercice, l’obésité et les maladies débilitantes peuvent tous influer sur les concentrations du cortisol. Les grossesses, les facteurs de stress physiques et émotionnels, ainsi que toute maladie, y compris les hyperthyroïdies et l’obésité, peuvent tous augmenter les taux de cortisol. Un certain nombre de médicaments peuvent également augmenter ces derniers, en particulier les contraceptifs oraux (pilules contraceptives), l’hydrocortisone (la forme synthétique du cortisol) et la spironolactone.
Les adultes montrent des taux de cortisol légèrement supérieurs à ceux des enfants.
L’hypothyroïdie peut réduire les taux de cortisol. Parmi les médicaments susceptibles de faire baisser le cortisol figurent certaines hormones stéroïdes.
Le dosage du cortisol dans la salive est utilisé plus fréquemment pour aider à diagnostiquer le syndrome de Cushing et les troubles liés au stress, mais nécessite encore une expertise spécialisée.
- Est-ce que je dois passer les deux tests (sang et urine) ou est-ce que l’un est meilleur que l’autre?
En cas de syndrome de Cushing présumé, les deux types d’échantillons, le sang et l’urine sont habituellement évalués, car les renseignements qu’ils fournissent sont complémentaires. L’échantillon de sang pour le cortisol est plus facile à recueillir, mais il est davantage altéré par le stress que ne le sont les urines de 24 heures. Le cortisol salivaire peut parfois être mesuré à la place du cortisol sanguin.
- Comment savoir si un taux élevé de cortisol n’est pas uniquement dû au stress?
Il existe plusieurs approches possibles pour le fournisseur de soins de santé. La plus simple consiste à répéter les mêmes tests à un moment où vous vous sentez moins stressé. Votre fournisseur de soins de santé peut également vous administrer différentes doses d’un médicament qui remplace le cortisol (habituellement la dexaméthasone) pour vérifier si cela réduit votre taux de cortisol. Plusieurs tests sont souvent nécessaires pour déterminer si c’est le stress ou une maladie qui augmente le taux de cortisol.