Pour détecter un déficit de thiopurine méthyltransférase (TPMT) et déterminer votre risque d’effets secondaires graves si vous êtes traité par un immunosuppresseur de la classe des thiopurines, y compris l’azathioprine, la mercaptopurine et la thioguanine
Thiopurine méthyltransférase (TPMT)
En général, avant tout traitement par une thiopurine; il s’agit d’un test spécialisé qui n’est pas demandé de manière systématique.
Échantillon de sang prélevé dans une veine du bras ou écouvillon de l’intérieur de la joue (buccal)
Pour mesurer l’activité de l’enzyme TPMT (phénotypage de la TPMT), l’épreuve doit être effectuée avant la prise de la thiopurine utilisée, car les médicaments de cette classe peuvent altérer les résultats de l’épreuve; pour l’analyse génétique (génotypage de la TPMT), aucune préparation particulière n’est nécessaire.
- Comment utilise-t-on ces tests?
Les épreuves de la thiopurine méthyltransférase (TPMT), mesurant l’activité de l’enzyme ou caractérisant sa présentation génétique sous-jacente, sont effectuées chez les individus qui sont sur le point de commencer un traitement par une thiopurine. L’une ou l’autre de ces épreuves est utilisée pour identifier les individus à risque de présenter des effets secondaires graves liés au traitement par une thiopurine, telle la suppression de la moelle osseuse, qui réduit le nombre de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes.
Les thiopurines comme l’azathioprine, la mercaptopurine et la thioguanine sont des médicaments qui sont prescrits pour des affections comme la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA), les maladies inflammatoires des intestins et les troubles auto-immuns. Elles peuvent également être prescrites pour les receveurs de greffe d’organe pour aider à prévenir le rejet d’organe.
- Dans quelles situations ces tests sont-ils demandés?
Typiquement, le professionnel de la santé demande l’épreuve de l’activité de l’enzyme TPMT ou l’analyse génétique de celle-ci avant de commencer un traitement par une thiopurine. Occasionnellement, le génotypage de TPMT sera demandé si le patient traité par une thiopurine éprouve des effets secondaires, telle une diminution du nombre de globules blancs.
- Que signifient les résultats des tests?
Phénotypage du gène TPMT
- Une personne qui montre une activité réduite ou nulle de la TPMT court un risque d’effets secondaires graves liés à la prise de thiopurines. Habituellement, le professionnel de la santé prescrira un autre traitement pharmacologique, ou bien, à l’occasion, il pourrait prescrire une très petite dose de thiopurine.
- Une activité faible à intermédiaire de la TPMT expose également les personnes à un risque accru de toxicité. Dans un tel cas, le professionnel de la santé pourrait réduire la dose de la thiopurine administrée.
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Si une personne présente une activité normale de la TPMT, le professionnel de la santé peut lui prescrire une dose standard de thiopurine.
Génotypage du gène TPMT
- L’analyse génétique détectant des variations génétiques dans le gène TPMT aidera à déterminer l’activité de la TPMT et le risque d’effets secondaires liés à une faible activité de la TPMT.
- Les individus qui portent deux copies de « type sauvage » du gène TPMT produisent suffisamment de TPMT et courent peu de risque de toxicité liée aux thiopurines. La plupart des gens entrent dans cette catégorie et peuvent recevoir une dose standard.
- Les personnes qui portent un gène normal et une variante du gène associée à une diminution de l’activité de la TPMT (hétérozygotes) peuvent produire une quantité intermédiaire de TPMT. Environ 30 à 60 % des personnes qui sont hétérozygotes présentent de graves effets secondaires liés aux doses standard des thiopurines. Elles nécessitent souvent des doses réduites du médicament, mais peuvent aussi avoir besoin de changer de classe de médicament.
- Les personnes qui portent deux copies d’une variante du gène TPMT (homozygotes) et qui produisent peu ou pas de TPMT présenteront invariablement (probabilité de 100 %) une toxicité grave au niveau de la moelle osseuse (myélosuppression) si elles reçoivent les doses classiques des thiopurines. On leur prescrit habituellement un médicament d’une autre classe.
- L’analyse génétique détecte habituellement les variantes les plus fréquemment associées à un déficit de TPMT. Il est possible qu’une personne présente une variante rare qui ne soit pas détectée par ce test, entraînant subséquemment de graves effets secondaires suivant la prise d’une thiopurine.
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?
Tandis que les épreuves de la TPMT sont utilisées pour prédire le risque de toxicité touchant la moelle osseuse, pendant le traitement par une thiopurine, c’est l’hémogramme complet qui est utilisé (à intervalles réguliers) pour détecter une telle toxicité touchant la moelle osseuse. L’hémogramme complet est un test sanguin fréquemment demandé qui mesure le nombre de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes. On l’utilise souvent pour surveiller les traitements pharmacologiques connus pour altérer la moelle osseuse.
L’activité de l’enzyme TPMT est mesurée dans les globules rouges, de sorte que si vous avez récemment reçu une transfusion de sang, les résultats de cette épreuve pourraient être inexacts.
Outre votre constitution génétique, il peut exister d’autres raisons qui augmentent votre risque de toxicité sur votre moelle osseuse (myélosuppression) liée à la prise d’une thiopurine. Les interactions entre certains médicaments peuvent également inhiber l’activité enzymatique de la TPMT. Ces médicaments comprennent le naproxène, l’ibuprofène, le kétoprofène, le furosémide, la sulfasalazine, la mésalamine, l’olsalazine, l’acide méfénamique, les diurétiques thiazidiques, et les inhibiteurs de l’acide benzoïque. Les inhibiteurs de la TPMT peuvent contribuer à des résultats faussement faibles; les patients ne devraient pas prendre ces médicaments pendant au moins 48 heures avant les épreuves de la TPMT.
Certaines personnes, peu nombreuses, présentent une activité de la TPMT qui est plus élevée que la normale. On croit que cela réduit l’efficacité des thiopurines, c’est pourquoi ces patients se font parfois prescrire un médicament d’une autre classe.
- Mon professionnel de la santé a demandé une épreuve mesurant les métabolites des thiopurines. En quoi cela consiste-t-il et en quoi est-ce lié aux épreuves de la TPMT?
Le professionnel de la santé pourrait demander une épreuve sanguine mesurant les métabolites de la thiopurine pour surveiller le traitement pharmacologique. Il s’agit d’une autre façon de s’assurer de l’absence d’une accumulation toxique de cette substance dans le sang. Avant l’administration de la première dose, le professionnel de la santé peut évaluer l’activité enzymatique ou le génotype de la TPMT afin de pouvoir déterminer le risque d’effets secondaires comme il est décrit dans les autres sections de cet article. Le professionnel de la santé peut ajuster la dose prescrite en fonction de ces résultats. Une fois le traitement amorcé, le taux des métabolites peut être mesuré et surveillé afin d’ajuster les doses subséquentes, si nécessaire, afin d’éviter les effets toxiques.
- Quels sont les avantages et les inconvénients du phénotypage et du génotypage de la TPMT?
Les opinions des organisations médicales varient quant à l’épreuve recommandée pour évaluer la TPMT. Veuillez consulter votre professionnel de la santé pour savoir laquelle de ces deux épreuves convient le mieux à votre situation personnelle. notamment les facteurs suivants :
- La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis et les renseignements thérapeutiques de l’azathioprine et de la mercaptopurine recommandent l’une ou l’autre épreuve, le génotypage ou le phénotypage de la TPMT, avant le traitement par une thiopurine.
- Le American College of Gastroenterology préfère le phénotypage de la TPMT pour les personnes qui reçoivent des thiopurines pour une maladie inflammatoire de l’intestin, car cette épreuve mesure le degré d’activité de l’enzyme TPMT.