Pour dépister, aider à diagnostiquer et/ou surveiller plusieurs maladies et affections, comme des troubles rénaux ou des infections des voies urinaires (IVU)
Analyse d’urine
Lorsque vous présentez divers symptômes, tels que douleur abdominale, maux de dos, mictions (action d’uriner) fréquentes ou douloureuses; parfois incluse dans les bilans de santé, de grossesse, d’admission à l’hôpital ou préchirurgicaux
Une à deux onces d’urine – un échantillon suffisant est nécessaire pour obtenir des résultats précis; on pourrait vous demander d’utiliser la technique de « mi-jet stérile » pour la collecte de votre échantillon d’urine : pour ce faire, les femmes doivent nettoyer la vulve de l’avant vers l’arrière en écartant les grandes lèvres, et les hommes doivent essuyer le bout de leur pénis Commencez à uriner dans la toilette en laissant tomber quelques gouttes ou un court jet d’urine, puis recueillez une à deux onces d’urine dans le contenant fourni, après quoi vous pouvez finir d’uriner dans la toilette.
Aucune
- Comment utilise-t-on ces tests?
L’analyse d’urine consiste en une série de tests de dépistage pouvant détecter certaines maladies courantes. Elle peut être utilisée pour dépister et/ou aider à diagnostiquer diverses affections, tels une infection des voies urinaires, des troubles rénaux, des problèmes de foie, un diabète ou d’autres affections métaboliques, pour n’en nommer que quelques-unes.
Les analyses d’urine comprennent plusieurs épreuves biochimiques et examens microscopiques et visuels utilisés pour détecter des cellules, des fragments de cellules et des substances, comme des cristaux ou des cylindres dans l’urine associés aux diverses affections énumérées ci-dessus. L’analyse d’urine peut détecter des anomalies susceptibles de nécessiter d’autres tests d’investigation et de suivi. Souvent, les substances, tels les protéines ou le glucose, commencent à apparaître dans l’urine avant même que les individus ne sachent qu’ils souffrent d’un problème.
En présence de maladies ou d’affections formellement diagnostiquées, tels une maladie rénale ou un diabète, l’analyse d’urine peut être utilisée conjointement avec d’autres tests, telle l’albumine urinaire, pour suivre un traitement.
- Dans quelles situations ces tests sont-ils demandés?
L’analyse d’urine peut parfois être demandée dans le bilan de santé de routine ou les bilans d’admission à l’hôpital, de grossesse ou préchirurgicaux.
Une analyse d’urine est souvent demandée pour un patient qui montre des signes et/ou se plaint de symptômes évoquant une infection des voies urinaires ou tout autre problème de l’appareil urinaire, telle une maladie rénale. Ces signes et symptômes peuvent comprendre les suivants :
- Douleur abdominale
- Maux de dos
- Mictions douloureuses ou fréquentes
- Sang dans les urines
L’analyse d’urine peut également être demandée à intervalles réguliers pour la surveillance de certaines affections au fil du temps.
- Que signifient les résultats des tests?
Les résultats des analyses d’urine peuvent être interprétés de nombreuses façons différentes. Les résultats anormaux avertissent que quelque chose ne va pas et doit être évalué plus en profondeur. Le professionnel de la santé doit corréler les résultats de l’analyse d’urine avec les symptômes et les résultats cliniques de la personne et trouver les causes des résultats anormaux avec d’autres tests ciblés, tels le bilan métabolique complet (BMC), l’hémogramme complet, un bilan rénal, un bilan hépatique ou une culture d’urine (pour les infections des voies urinaires).
En général, plus la concentration de la substance atypique est élevée, par exemple des quantités nettement accrues de glucose, de protéines ou de globules rouges, plus il est probable qu’il existe un problème nécessitant une attention. Cependant, les résultats n’indiquent pas au professionnel de la santé la cause exacte des résultats ou s’il s’agit d’une affection temporaire ou chronique.
Une analyse d’urine normale ne garantit pas l’absence de toute maladie. Certains individus peuvent ne pas libérer abondamment une substance au début du processus pathologique ou ne libérer la substance que de façon sporadique durant la journée, de sorte qu’elle pourrait être manquée avec la collecte d’un seul échantillon d’urine. Les petites quantités de substances chimiques peuvent également ne pas être détectées dans les urines très diluées.
Pour de plus amples renseignements sur la signification des différents résultats, veuillez consulter plus bas les sections suivantes :
- Examen visuel
- Examen biochimique
-
Examen microscopique
Pour voir un exemple de rapport de laboratoire d’une analyse d’urine, veuillez consulter ce rapport d’échantillon.
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?
Plusieurs facteurs peuvent altérer ou interférer avec les épreuves incluses dans les analyses d’urine. Si l’on vous indique d’utiliser la technique de « mi-jet stérile » pour la collecte de votre échantillon d’urine, il est important que vous suiviez attentivement les instructions fournies. Décrivez le plus exhaustivement possible vos antécédents et votre maladie actuelle à votre professionnel de la santé, y compris tout médicament ou tout supplément sur ordonnance ou en vente libre que vous prenez. Si vous êtes une femme, assurez-vous d’informer votre professionnel de la santé si vous êtes menstruée.
- Le moment de la journée importe-t-il pour la collecte des échantillons d’urine?
Comme il s’agit d’un test de dépistage général, le moment de la collecte n’est habituellement pas important, bien que la première miction du matin puisse être préférée, puisqu’elle est plus concentrée. Cependant, si votre fournisseur de soins de santé recherche un résultat particulier, il pourrait vous demander de recueillir votre échantillon à un moment précis.
- L’analyse d’urine peut-elle être effectuée au cabinet de mon professionnel de la santé?
Les cabinets et cliniques de nombreux fournisseurs de soins de santé peuvent effectuer l’examen visuel et les épreuves biochimiques des urines. Certains peuvent même réaliser leur examen microscopique. Parfois, si l’examen visuel ou les épreuves biochimiques de vos urines montrent une anomalie, votre échantillon d’urine pourrait être envoyé à un laboratoire pour l’examen microscopique. Autrement, votre échantillon pourrait être envoyé à un laboratoire pour l’analyse complète de vos urines.
- Existe-t-il des trousses à domicile disponibles pour évaluer mes urines à la maison?
Non, aucune trousse n’existe pour l’analyse d’urine complète à la maison, car cette dernière nécessite un équipement spécial et certaines compétences techniques. Cependant, il existe certaines bandelettes d’analyse commerciales disponibles en pharmacie qui peuvent fournir une partie de l’examen biochimique, comme le pH de l’urine et le glucose et les cétones urinaires.
- Aperçu
Lors de l’examen visuel des urines, le technicien de laboratoire observe la couleur et la clarté de l’urine, lesquelles peuvent signaler la présence potentielle de différentes substances dans les urines. L’examen visuel est interprété conjointement avec les résultats obtenus lors des examens biochimique et microscopique pour confirmer les substances présentes (voir les sections « Examen biochimique » et « Examen microscopique » pour de plus amples détails).
- Couleur de l’urine
L’urine peut être de différentes couleurs, bien que le plus souvent, elle prendra différentes teintes de jaune, variant de très pâle, voire incolore, à très foncée ou ambre. Une couleur inhabituelle ou anormale des urines peut résulter d’un processus pathologique, de la prise de différents médicaments (p. ex. les multivitamines peuvent rendre l’urine jaune vif) ou de la consommation de certains aliments. Par exemple, certaines personnes peuvent présenter une urine rougeâtre après avoir mangé des betteraves, la couleur provenant du pigment naturel du légume et ne posant aucune inquiétude. En revanche, une urine rouge peut découler d’une fuite de sang et signifier la présence d’une maladie ou de dommages dans certaines parties de l’appareil urinaire. Un autre exemple est une urine jaune-brun ou brun-verdâtre qui peut indiquer la présence de bilirubine dans l’urine (voir la section « Examen biochimique »).
- Clarté des urines
La clarté des urines fait référence à sa limpidité. Habituellement, les techniciens de laboratoire décrivent la clarté de l’urine au moyen de l’un des termes suivants : « translucide », « légèrement trouble », « trouble » ou « turbide ». L’urine « normale » peut être translucide ou trouble. Les substances qui rendent l’urine trouble sans pour autant être considérées comme pathologiques comprennent le mucus, les spermatozoïdes et le liquide prostatique, les cellules de la peau, les cristaux normalement présents dans les urines, et divers contaminants, telles les lotions et les poudres pour le corps. D’autres substances qui rendent l’urine trouble, comme les globules rouges, les globules blancs ou les bactéries, indiquent une affection qui nécessite une attention.
- Aperçu
Pour cet examen, la plupart des laboratoires cliniques utilisent des bandelettes d’analyse de fabrication commerciale alignant de petits tampons réactifs imbibés de différents produits chimiques. Après avoir plongé la bandelette dans l’urine, le technicien de laboratoire détermine le résultat de chaque tampon qui change de couleur après quelques secondes à quelques minutes selon la réaction chimique produite. Pour réduire les erreurs liées au moment de la lecture et éliminer les variations dans l’interprétation des couleurs, des instruments automatisés sont fréquemment utilisés pour « lire » les résultats de la bandelette d’analyse.
Le degré de changement de couleur de chaque tampon rectangulaire d’analyse permet d’estimer la quantité de substance présente. Par exemple, un léger changement de couleur dans le tampon d’analyse pour les protéines urinaires indiquera une petite quantité de protéines, tandis qu’un changement important de couleur pourrait indiquer une grande quantité de protéines dans l’échantillon d’urine.
L’examen biochimique est souvent effectué de pair avec l’examen microscopique des urines ou suivi de ce dernier en cas de résultats anormaux. Les résultats des deux examens sont ensuite interprétés ensemble. Les résultats anormaux peuvent être suivis d’autres épreuves urinaires et/ou sanguines.
Les analyses biochimiques les plus fréquemment effectuées avec les bandelettes d’analyse réactives sont décrites ci-dessous.
- Densité de l’urine
La densité de l’urine est une mesure de la concentration de l’urine. Ce test indique simplement dans quelle mesure les urines sont concentrées. Les mesures de la densité urinaire constituent en fait une comparaison de la quantité de substances dissoutes dans l’urine par rapport à l’eau pure. S’il n’y avait aucune substance présente dans l’urine, la densité de celle-ci serait 1,000 (soit la même que celle de l’eau pure). Étant donné que tout échantillon d’urine renferme nécessairement une ou plusieurs substances, il est impossible d’obtenir une densité urinaire de 1,000. Cependant, si le sujet boit des quantités excessives d’eau dans un court laps de temps ou reçoit des perfusions intraveineuses (IV) de gros volumes de liquide, la densité urinaire pourrait alors se rapprocher de celle de l’eau. La limite supérieure du tampon d’analyse de la densité urinaire est 1,035 et indique une urine concentrée, c’est-à-dire une urine renfermant de nombreuses substances dans une quantité limitée d’eau.
La concentration de l’urine aide les professionnels de la santé à savoir si l’échantillon d’urine qu’ils évaluent est optimal pour détecter une substance particulière. Par exemple, s’ils recherchent de très petites quantités de protéines, un échantillon d’urine du matin concentré serait le meilleur échantillon possible à utiliser.
- pH
Comme pour la densité de l’urine, il existe des valeurs typiques non « anormales » de pH urinaire. L’urine est habituellement légèrement acide, le pH se situant aux environs de 6, bien qu’il puisse varier de 4,5 à 8. Les reins jouent un rôle important dans le maintien de l’équilibre acido-basique du corps. Par conséquent, toute affection qui produit des acides ou des bases dans le corps, comme une acidose ou une alcalose, ou toute ingestion d’aliments acides ou basiques peut influer directement sur le pH de l’urine.
Certaines des substances dissoutes dans l’urine peuvent précipiter pour former des cristaux lorsque l’urine est acide, tandis que d’autres forment des cristaux lorsque l’urine est basique. Si des cristaux se forment dans l’urine pendant la production de celle-ci dans les reins, une pierre (ou « calcul ») rénale peut apparaître. La formation de ces cristaux peut être réduite ou éliminée en modifiant le pH de l’urine en changeant son alimentation ou ses médicaments (pour plus d’information sur le sujet, veuillez consulter les articles sur l’« Analyse des calculs rénaux » et le « Bilan d’évaluation du risque de calcul rénal »).
- Bilirubine
Cette épreuve dépiste la bilirubine dans l’urine. La bilirubine n’est pas présente dans l’urine des individus normaux et en bonne santé. Elle est un déchet produit dans le foie à partir de l’hémoglobine suivant la dégradation des globules rouges ayant été retirés de la circulation. Elle est ensuite intégrée à la bile, qui est un liquide libéré dans les intestins pour faciliter la digestion des aliments.
Dans certaines maladies hépatiques (foie), telles une obstruction des voies biliaires ou une hépatite, l’excès de bilirubine peut s’accumuler dans le sang, puis être éliminé dans l’urine. La présence de bilirubine dans l’urine est un indicateur précoce d’une maladie hépatique et peut être détectée avant l’apparition des symptômes cliniques, telle une jaunisse.
Le résultat de cette épreuve est examiné en combinaison avec celui de l’urobilinogène (voir ci-dessous). En présence d’une bilirubinurie (bilirubine urinaire positive), le professionnel de la santé enchaîne souvent avec d’autres tests de laboratoire, tel un bilan hépatique, pour aider à établir le diagnostic.
Pour plus d’information sur le sujet, veuillez consulter les articles sur la « Bilirubine » et les « Maladies hépatiques ».
- Urobilinogène
Cette épreuve dépiste l’urobilinogène dans l’urine. Les résultats sont considérés de pair avec ceux de la bilirubine urinaire (voir ci-dessus).
L’urobilinogène est normalement présent dans l’urine à de faibles concentrations. Il est formé dans les intestins à partir de la bilirubine, et une partie est réabsorbée dans le sang. Un résultat positif à cette épreuve peut indiquer une maladie hépatique, tels une hépatite virale, une cirrhose, des dommages au foie dus à des médicaments ou à des substances toxiques, ou des affections associées à une destruction accrue des globules rouges (anémie hémolytique). Un taux faible ou nul d’urobilinogène dans les urines en présence de bilirubine dans les urines et/ou de signes de dysfonction hépatique peut indiquer la présence d’une obstruction hépatique ou biliaire.
- Protéine
Le tampon d’analyse réactif des protéines fournit une estimation grossière de la quantité d’albumine dans l’urine. L’albumine représente environ 60 % de l’ensemble des protéines dans le sang. En temps normal, il n’y a aucune protéine ou une petite quantité de protéines dans l’urine. Lorsque le taux de protéines dans l’urine est élevé, on appelle cette affection « protéinurie ».
Une protéinurie, temporaire ou persistante, peut parfois s’observer chez les individus en bonne santé suivant un événement stressant, un exercice physique, une fièvre, la prise d’acide acétylsalicylique (AAS) ou une exposition au froid, à titre d’exemples. L’épreuve peut être répétée une fois ces affections résolues afin de déterminer si la protéinurie est encore présente (persistante).
Si des protéines sont détectées en quantités infimes, et selon les signes, les symptômes et les antécédents médicaux de l’individu, l’analyse d’urine et la bandelette réactive pour les protéines pourraient être répétées plus tard pour vérifier si elles sont encore présentes dans l’urine ou si leur taux est redescendu sous le seuil détectable.
Si de grandes quantités de protéines sont détectées à l’analyse d’urine et/ou les protéines persistent lors de la répétition de l’épreuve, le dosage des protéines dans les urines de 24 heures pourrait être utilisé comme épreuve de suivi. Étant donné que la bandelette réactive mesure surtout l’albumine, le dosage des protéines dans les urines de 24 heures pourrait également être demandé si le professionnel de la santé soupçonne que des protéines autres que l’albumine sont éliminées dans les urines.
La présence de protéines dans les urines peut signaler une maladie rénale. De petites quantités d’albumine peuvent être observées dans les urines lorsque les reins commencent à moins bien fonctionner. Une autre épreuve appelée « albumine urinaire » détecte et mesure de petites quantités d’albumine dans l’urine. Cette épreuve est plus sensible que la bandelette d’analyse de l’urine et est fréquemment utilisée pour dépister les personnes atteintes de maladies chroniques les exposant à un risque de maladie rénale, tels un diabète ou une hypertension artérielle (voir l’article sur l’« Albumine urinaire »).
La protéinurie peut également être associée à de nombreuses autres maladies et affections. Le professionnel de la santé peut demander d’autres types de tests de suivi pour aider à déterminer la cause de protéines dans l’urine. Pour plus d’information sur le sujet, veuillez consulter les articles sur la « Protéinurie » et les « Maladies rénales ».
- Glucose
Le glucose est normalement absent de l’urine. Lorsqu’il y est présent, on appelle cela une « glycosurie » et celle-ci peut découler de l’une ou l’autre des situations suivantes :
- Glycémie excessivement élevée; observée chez les personnes atteintes de diabète non maîtrisé
- Réduction du « seuil rénal »; lorsque la glycémie atteint un certain taux, les reins commencent à éliminer le glucose dans l’urine afin de diminuer ses concentrations dans le sang. Ce seuil peut parfois diminuer, ce qui fait entrer le glucose dans l’urine plus tôt, à une concentration de glucose plus faible dans le sang.
Les autres affections/états qui peuvent causer une glycosurie comprennent certains troubles hormonaux, certaines maladies du foie, certains médicaments et les grossesses. Lorsqu’une glycosurie est détectée, d’autres tests, telle la glycémie à jeun, seront habituellement effectués pour cerner la cause précise.
- Cétones
Les cétones ne sont pas normalement présentes dans les urines. Ce sont des produits intermédiaires du métabolisme des graisses. Elles sont produites lorsque le glucose n’est pas disponible comme source d’énergie pour les cellules du corps. Elles peuvent se former lorsque les apports en glucides sont insuffisants (p. ex. lors d’un jeûne ou d’une famine ou avec un régime riche en protéines) ou lorsque le corps est incapable d’utiliser les glucides correctement. En l’absence de glucides disponibles, le corps métabolise les graisses à la place pour obtenir l’énergie dont il a besoin pour continuer à fonctionner. Un exercice intense, une exposition au froid, des vomissements fréquents et prolongés, et plusieurs différentes maladies de l’appareil digestif peuvent également accroître le métabolisme des graisses, entraînant une cétonurie.
Chez les personnes atteintes de diabète, la présence de cétones dans les urines peut également être un signe précoce d’une production insuffisante d’insuline, se traduisant par une incapacité à métaboliser le glucose, le corps se tournant alors vers les graisses. Les cétones peuvent alors s’accumuler dans le sang, ce qui entraîne d’abord une cétose, laquelle évolue vers une acidocétose, une forme d’acidose métabolique. L’excès de cétones et de glucose est déversé dans l’urine par les reins dans un effort pour les éliminer du corps. Cette affection, appelée acidocétose diabétique, est le plus souvent observée en présence d’un diabète de type 1 non maîtrisé et peut constituer une urgence médicale (voir les articles sur les « Cétones » et le « Diabète »).
- Sang (hémoglobine) et myoglobine
Cette épreuve est utilisée pour détecter l’hémoglobine dans l’urine (hémoglobinurie). L’hémoglobine est une protéine de transport de l’oxygène que l’on retrouve à l’intérieur des globules rouges (érythrocytes). Sa présence dans les urines indique qu’il y a du sang dans les urines (hématurie).
Un petit nombre de globules rouges sont normalement présents dans l’urine sans pour autant produire un résultat positif à l’analyse d’urine (« négative pour les érythrocytes »). Une augmentation de la quantité d’hémoglobine et/ou un nombre accru de globules rouges sont considérés comme un résultat « positif » à l’examen biochimique. Les résultats de cette épreuve sont habituellement interprétés de pair avec ceux de l’examen microscopique de l’urine pour déterminer si des globules rouges sont présents dans l’urine. Un résultat positif à cette épreuve en l’absence de globules rouges anormalement élevés peut indiquer la présence d’hémoglobine dans l’urine (pouvant résulter de la dégradation des globules rouges) ou de myoglobine provenant d’une lésion musculaire (voir l’article sur la « Myoglobine »).
Le sang dans l’urine n’est pas une trouvaille normale, bien que cela ne soit pas nécessairement rare ni cause d’inquiétude. Dans une telle situation, votre professionnel de la santé demandera alors des tests plus approfondis pour essayer de déterminer la source et la cause sous-jacente du sang et pourrait répéter certains tests pour déterminer si le sang persiste.
Voir la section « Examen microscopique : Globules rouges » ci-dessous et consulter l’article sur l’« Hématurie » pour plus d’information.
- Estérase leucocytaire
L’estérase leucocytaire est une enzyme présente dans la plupart des globules blancs (leucocytes). Un petit nombre de globules blancs sont normalement présents dans l’urine sans pour autant produire un résultat positif à l’analyse d’urine (celle-ci est habituellement « négative pour les leucocytes »). Lorsque le nombre de globules blancs dans les urines augmente de manière significative, cette épreuve de dépistage devient positive. Les résultats de cette épreuve sont examinés de pair avec l’examen microscopique des globules blancs dans l’urine.
Lorsque cette épreuve est positive et/ou le nombre de globules blancs dans l’urine est élevé, cela peut indiquer la présence d’une inflammation dans les voies urinaires ou les reins. La cause la plus courante de globules blancs dans les urines (leucocyturie) est une infection bactérienne des voies urinaires (IVU), telle une infection de la vessie ou des reins. Outre les globules blancs, des bactéries et des globules rouges pourraient également être détectés à l’examen microscopique. En présence de bactéries, l’épreuve biochimique des nitrites pourrait également être positive (voir ci-dessous).
- Nitrites
Cette épreuve détecte les nitrites et est basée sur le fait qu’en présence de nombreuses bactéries, le nitrate (une substance normalement présente dans l’urine) peut être converti en nitrite. Normalement, les voies urinaires et l’urine sont exemptes de bactéries et de nitrite. Lorsque des bactéries pénètrent dans les voies urinaires, elles peuvent infecter celles-ci. Un résultat positif à l’épreuve des nitrites peut indiquer une IVU. Cependant, comme ce ne sont pas toutes les bactéries qui soient capables de convertir le nitrate en nitrite, l’individu pourrait tout de même présenter une IVU malgré une épreuve négative pour les nitrites. Les résultats de cette épreuve sont examinés de pair avec ceux de l’estérase leucocytaire (ci-dessus) et de l’examen microscopique.
- Acide ascorbique (vitamine C)
Occasionnellement, les gens qui prennent de la vitamine C ou des multivitamines peuvent présenter de grandes quantités d’acide ascorbique dans leur urine. Lorsque l’on soupçonne une telle situation, le technicien de laboratoire analysera l’échantillon d’urine à la recherche d’acide ascorbique (vitamine C), car ce composé est connu pour interférer avec la précision de quelques-uns des résultats de la bandelette d’analyse chimique, les rendant faussement faibles ou faussement négatifs. Les épreuves pouvant être altérées par cette substance comprennent le glucose, le sang, la bilirubine, les nitrites et l’estérase leucocytaire dans les bandelettes d’analyse de l’urine.
- Aperçu
L’examen microscopique peut être inclus dans l’analyse de routine de l’urine, mais ne l’est pas toujours. On y a habituellement recours lorsque l’examen physique ou l’examen biochimique montre certains résultats anormaux, après quoi les résultats sont ensuite interprétés tous ensemble.
L’examen microscopique est effectué sur le sédiment urinaire, c’est-à-dire l’urine qui a été centrifugée pour concentrer les substances présentes au fond d’une éprouvette. Le liquide dans la partie supérieure de l’éprouvette est ensuite éliminé et les gouttes de liquide restantes sont examinées au microscope. Les cellules, les cristaux et d’autres substances sont comptés et rapportés sous forme de nombre observé « par champ à faible grossissement » ou « par champ à fort grossissement ». Par ailleurs, certaines entités, comme les cellules épithéliales, les bactéries et les cristaux, peuvent, si elles sont présentes, être rapportées sous forme d’estimation, à savoir « rares », « nombre modéré » ou « nombre élevé ». Les cellules et les autres substances que l’on peut observer dans l’urine sont énumérées ci-dessous.
- Globules rouges (érythrocytes)
Normalement, seuls quelques globules rouges sont présents dans le sédiment urinaire (0 à 5 globules rouges par champ à fort grossissement). Une épreuve biochimique positive pour l’hémoglobine et une augmentation du nombre de globules rouges observés au microscope indiquent la présence de sang dans l’urine. Cependant, ce test ne peut être utilisé pour connaître la provenance du sang. Par exemple, l’urine contaminée par du sang hémorroïdal ou vaginal ne peut être distinguée d’un saignement dans les voies urinaires. Voilà pourquoi il est important de recueillir correctement les échantillons d’urine et d’avertir les fournisseurs de soins de santé, dans le cas des femmes, si elles sont menstruées au moment de la collecte de l’échantillon d’urine.
Le sang dans l’urine n’est pas une trouvaille normale, bien que cela ne soit pas nécessairement rare ni préoccupant. L’hématurie est un signe ou un indicateur qui incite le professionnel de la santé à effectuer des tests plus poussés pour tenter de déterminer la cause sous-jacente du sang. Dans le cadre de cette investigation, le professionnel de la santé soupèse les antécédents médicaux de l’individu avec l’examen physique et les signes et symptômes accompagnateurs. Des analyses d’urine et de sang supplémentaires peuvent être effectuées pour aider à déterminer la source du sang.
Certaines des causes sous-jacentes des hématuries sont bénignes et temporaires, n’entraînent aucun dommage à long terme et se résorbent avec un léger traitement ou sans traitement particulier. S’il y a du sang dans l’urine, couplé à des globules blancs et des bactéries, cela pourrait être dû à une infection des voies urinaires, que l’on peut traiter facilement avec des antibiotiques. Cependant, certaines causes d’hématurie peuvent être des affections critiques ou des maladies chroniques nécessitant un traitement et un suivi.
Pour des informations détaillées sur les causes et les tests, veuillez lire l’article sur l’« Hématurie ».
- Globules blancs (leucocytes)
Le nombre de globules blancs dans le sédiment urinaire est normalement faible (0 à 5 globules blancs par champ à fort grossissement). Les globules blancs peuvent être un contaminant, comme ceux des sécrétions vaginales.
Un nombre accru de globules blancs dans les urines observés au microscope et/ou une épreuve positive pour l’estérase leucocytaire peuvent indiquer une infection ou une inflammation quelque part dans les voies urinaires. Si des bactéries sont également observées (voir ci-dessous), cela indique une infection probable des voies urinaires.
- Cellules épithéliales
Les cellules épithéliales sont habituellement rapportées sous forme d’estimation, à savoir « rares », « nombre modéré » ou « nombre élevé », par champ à faible grossissement. En temps normal, chez les hommes et les femmes, quelques cellules épithéliales peuvent se retrouver dans le sédiment urinaire. Dans les affections des voies urinaires, telles une infection, une inflammation ou une tumeur maligne, un nombre accru de cellules épithéliales est présent. La détermination des types de cellules présentes peut parfois aider à cerner certaines affections. Par exemple, des cellules épithéliales contenant de grandes quantités d’hémoglobine dégradée (appelée « hémosidérine ») peuvent indiquer la présence récente de globules rouges ou d’hémoglobine dans l’urine (bien qu’absents au moment de l’examen).
- Bactéries, levures et parasites
Chez les personnes en bonne santé, les voies urinaires sont stériles et, si l’échantillon d’urine est recueilli avec la méthode de « mi-jet stérile », il n’y aura aucun microbe observé dans le sédiment urinaire au microscope. Des précautions spéciales doivent être prises lors de la collecte de l’échantillon, en particulier chez les femmes, afin d’empêcher les bactéries qui vivent normalement sur la peau ou dans les sécrétions vaginales de contaminer l’échantillon d’urine.
Lorsque des microbes sont observés, ils sont habituellement rapportés sous forme d’estimation, à savoir « rares », « nombre modéré » ou « nombre élevé », par champ à fort grossissement.
- Les bactéries de la peau environnante peuvent pénétrer dans les voies urinaires au niveau de l’urètre et se hisser jusqu’à la vessie, entraînant une infection des voies urinaires (IVU). Si l’infection n’est pas traitée, elle peut finir par envahir les reins et entraîner une infection rénale (pyélonéphrite). Si l’infection touche les voies urinaires basses et n’est pas compliquée, la personne peut être traitée sans culture d’urine nécessaire. Toutefois, si la personne présente des IVU à répétition (récurrentes), ou une infection compliquée présumée, ou elle est hospitalisée, une culture d’urine et des épreuves de sensibilité pourraient être effectuées pour aider à guider le traitement (voir l’article sur la « Culture d’urine » pour plus de détails).
- Chez les femmes (et rarement chez les hommes), des levures peuvent également être présentes dans l’urine. On les rencontre le plus souvent chez les femmes qui présentent une infection vaginale à levure, l’urine ayant été contaminée par les sécrétions vaginales lors de la collecte de l’échantillon. En cas de levure observée dans l’urine, la personne peut alors être traitée pour son infection à levure.
- Trichomonas vaginalis est un parasite que l’on peut retrouver dans l’urine des femmes ou, dans quelques cas rares, celle des hommes. Comme pour les levures, T. vaginalis infecte le canal vaginal et sa présence dans l’urine est due à la contamination de l’échantillon lors de sa collecte. Si l’analyse d’urine détecte ce parasite, un test de dépistage de Trichomonas peut alors être effectué pour détecter une infection vaginale.
- Cylindres
Les cylindres sont des protéines coagulées libérées par les cellules des reins que l’on retrouve parfois dans l’urine. Ils se forment dans les longs conduits minces et creux des reins appelés « tubules » et prennent généralement la forme de ceux-ci (d’où leur nom). Au microscope, ils ressemblent souvent à un « hot-dog » et, chez les personnes en bonne santé, ils sont souvent presque translucides. Ce type de cylindre est appelé « cylindre hyalin ». En temps normal, les individus en bonne santé ne présentent que quelques cylindres hyalins (0 à 5) par champ à faible grossissement. Cependant, après un exercice intense, un plus grand nombre de cylindres hyalins pourrait être détecté.
Il existe d’autres types de cylindres associés à différentes maladies rénales; le type de cylindre présent dans l’urine peut donc fournir des indices sur le type de trouble altérant les reins. La présence de cylindres cellulaires, tels des cylindres érythrocytaires (globules rouges) et leucocytaires (globules blancs), indique un trouble rénal. Les autres types de cylindres comprennent, par exemple, les cylindres granuleux, les cylindres gras et les cylindres cireux. Lorsqu’un processus pathologique est présent dans les reins, des cellules ou d’autres substances peuvent être emprisonnées dans la protéine à mesure que le cylindre se forme. Lorsque cela se produit, le cylindre est désigné par les substances qui se trouvent à l’intérieur, par exemple un cylindre érythrocytaire (globules rouges) ou un cylindre leucocytaire (globules blancs).
Pour en savoir plus sur les types d’affections et de troubles pouvant toucher les reins, veuillez lire l’article sur les « Maladies rénales ».
- Cristaux
L’urine contient de nombreuses substances dissoutes (solutés), c’est-à-dire des déchets chimiques que le corps a besoin d’éliminer. Ces solutés peuvent former des cristaux, des formes solides d’une substance particulière, dans l’urine, lorsque les conditions suivantes sont réunies :
- Acidification ou basification du pH de l’urine;
- Augmentation de la concentration des substances dissoutes;
- Température de l’urine favorisant la formation des cristaux.
Les cristaux sont identifiés selon leur forme et leur couleur et le pH de l’urine. Ils peuvent être petits (de la taille d’un grain de sable), sans forme particulière (amorphe), ou ils peuvent prendre différentes formes, telle celle d’une aiguille. Les cristaux sont considérés comme « normaux » s’ils proviennent de solutés normalement présents dans l’urine, se formant suivant le refroidissement de l’échantillon d’urine, n’étant pas originalement présents dans le corps. Voici quelques exemples de cristaux que l’on peut retrouver dans l’urine des personnes en bonne santé :
- Urates amorphes
- Acide urique cristallin
- Oxalates de calcium
- Phosphates amorphes
Si les cristaux sont des substances qui ne sont normalement pas présentes dans l’urine, ils sont alors considérés comme « anormaux ». La présence de cristaux anormaux peut indiquer un processus métabolique anormal. notamment les suivants :
- Carbonate de calcium
- Cystine
- Tyrosine
- Leucine
Les cristaux normaux ou anormaux peuvent se former dans les reins pendant la production de l’urine et peuvent s’agréger pour former des « pierres » (ou calculs) dans les reins. Ces pierres peuvent se loger dans les reins ou, plus loin, dans les uretères (conduits acheminant l’urine des reins à la vessie), source d’une douleur extrême. Pour plus de détails sur le sujet, veuillez lire les sections « Analyse des calculs rénaux » et « Bilan d’évaluation du risque de calcul rénal ».
Certains médicaments, certaines drogues et certains colorants destinés aux examens d’imagerie peuvent également se cristalliser dans l’urine. Par conséquent, les techniciens en laboratoire ont avantage à connaître et à savoir distinguer les différents cristaux dans l’urine.