Pour diagnostiquer une infection des voies urinaires (IVU)
Culture d’urine
Lorsque vous présentez des symptômes d’une IVU, telles des mictions (action d’uriner) fréquentes et douloureuses, et/ou lorsqu’une analyse d’urine indique que vous pourriez présenter une IVU
Échantillon d’urine à « mi-jet stérile » (les femmes doivent nettoyer la vulve de l’avant vers l’arrière en écartant les grandes lèvres; les hommes doivent essuyer le bout de leur pénis; commencez à uriner dans la toilette en laissant tomber quelques gouttes ou un court jet d’urine, puis recueillez une à deux onces d’urine dans le contenant fourni, après quoi vous pouvez finir d’uriner dans la toilette); parfois, l’échantillon d’urine est obtenu au moyen d’un cathéter
En général, aucune, bien que l’on pourrait vous demander de ne pas uriner pendant au moins une heure avant le test et/ou de boire un verre d’eau 15 à 20 minutes avant la collecte de l’échantillon.
- Comment utilise-t-on ces tests?
La culture d’urine est utilisée pour diagnostiquer une infection des voies urinaires (IVU) et identifier la bactérie ou la levure responsable de l’infection. Elle peut être effectuée de pair avec les épreuves de sensibilité pour déterminer quels antibiotiques inhiberont la croissance du microbe responsable de l’infection. Les résultats aideront le professionnel de la santé à déterminer quels médicaments sont susceptibles d’être les plus efficaces pour traiter l’infection du patient.
L’urine est produite par les reins, une paire d’organes en forme de haricot qui sont situés en dessous de la cage thoracique à droite et à gauche du dos. Les reins filtrent les déchets hors du sang et produisent l’urine, un liquide jaune, pour les transporter hors du corps. L’urine chemine dans des conduits appelés « uretères » à partir des reins jusque dans la vessie, où elle est conservée temporairement, pour ensuite être éliminée par l’urètre. L’urine est généralement stérile, mais parfois, des bactéries ou, plus rarement, des levures provenant de la peau se hissent dans l’urètre et migrent vers le haut, dans les voies urinaires, pour causer ultimement une infection de celles-ci.
La plupart des IVU ne se compliquent pas et se traitent facilement. Toutefois, si on les laisse en plan, elles peuvent se propager dans les uretères et monter jusque dans les reins. Une infection rénale est plus dangereuse et peut entraîner des dommages permanents aux reins. Dans certains cas, une infection des voies urinaires peut finir par infecter la circulation sanguine (sepsie, septicémie), ce qui peut menacer le pronostic vital.
Les personnes atteintes d’une maladie rénale ou d’autres affections qui touchent les reins, tels un diabète ou des calculs rénaux, ainsi que les personnes dont le système immunitaire est affaibli, peuvent être plus prédisposées aux IVU fréquentes, répétées et/ou compliquées.
Pour en savoir plus sur la façon dont la culture d’urine est effectuée, veuillez consulter la section « Qu’est-ce qui est évalué? » évalué? »
- Dans quelles situations ces tests sont-ils demandés?
Une culture d’urine peut être demandée lorsqu’une personne présente des symptômes indiquant la possibilité d’une infection des voies urinaires (IVU), notamment les suivants :
- Forte envie persistante d’uriner
- Sensation de brûlure pendant la miction
- Urines troubles et très malodorantes
- Douleur au bas du dos
Les personnes atteintes d’IVU peuvent également ressentir une pression dans le bas de l’abdomen et montrer de petites traces de sang dans leurs urines. Si l’IVU est plus grave et/ou s’est propagée aux reins, elle pourrait causer des douleurs aux flancs, une forte fièvre, des tremblements, des frissons, des nausées ou des vomissements.
Parfois, des antibiotiques peuvent être prescrits sans nécessiter une culture d’urine pour les jeunes femmes qui présentent des signes et symptômes d’une IVU et qui souffrent d’une infection des voies urinaires inférieures non compliquée. En cas de suspicion d’une infection compliquée ou de symptômes qui ne répondent pas au traitement initial, une culture des urines est alors recommandée.
Il est recommandé que les femmes enceintes, même sans symptôme, subissent, lors du premier trimestre de leur grossesse ou lors de leur première visite prénatale, une culture d’urine aux fins de dépistage de bactéries dans celle-ci, car une IVU pourrait avoir de fâcheuses conséquences sur la santé du bébé en développement.
Une culture d’urine peut être demandée de pair avec une analyse d’urine, ou en guise de suivi de résultats anormaux à l’analyse d’urine.
- Que signifient les résultats des tests?
Les résultats des cultures d’urine sont souvent interprétés conjointement avec les résultats de l’analyse d’urine, en fonction de la façon dont l’échantillon a été prélevé et des symptômes présents. Étant donné que certains échantillons d’urine peuvent être contaminés par des bactéries normalement présentes sur la peau (flore normale), il faut user de prudence lors de l’interprétation de certains résultats de culture.
Règle générale, la présence d’un seul type de bactéries se multipliant extensivement et formant un nombre élevé de colonies est considérée comme une culture d’urine positive. Pour les échantillons recueillis avec une technique adéquate de « mi-jet stérile », les cultures qui montrent plus de 100 000 unités formatrices de colonies (UFC)/mL d’un type de bactérie indiquent habituellement la présence d’une infection. Dans certains cas, les bactéries peuvent être beaucoup moins nombreuses, même en présence d’une infection. Des valeurs aussi faibles que 1 000 à 100 000 UFC/mL pourraient tout de même indiquer une infection, en particulier en présence de différents symptômes. De même, pour les échantillons recueillis à l’aide d’une technique qui réduit au minimum les contaminations, par exemple un échantillon recueilli avec un cathéter, un total de 1 000 à 100 000 UFC/mL peut être considéré comme significatif.
Même si un éventail de bactéries peuvent causer une IVU, la plupart sont dues à Escherichia coli, une bactérie courante du tube digestif fréquemment retrouvée dans les selles. Les autres bactéries qui peuvent causer une IVU comprennent les espèces de Proteus, Klebsiella, Enterococcus et Staphylococcus. De temps à autre, l’IVU peut être due à une levure, comme Candida albicans; les urétrites, pour leur part, sont souvent dues à une maladie transmise sexuellement, tels l’herpès, la chlamydia ou la gonorrhée.
Une culture rapportée comme ne montrant « aucune croissance après 24 heures » (ou « après 48 heures ») indique habituellement l’absence d’infection. Cependant, en cas de persistance des symptômes, la culture d’urine pourrait être répétée sur un autre échantillon afin de vérifier la présence de bactéries présentes en nombre moins élevé de colonies ou d’autres micro-organismes pouvant causer ces symptômes. La présence de globules blancs et de petits nombres de micro-organismes dans les urines d’une personne symptomatique correspond à une affection appelée « syndrome urétral aigu ».
Si une culture montre la croissance de plusieurs types différents de bactéries, il est alors probable que cela soit dû à une contamination. Cela est d’autant plus vrai pour les échantillons d’urine renfermant des micro-organismes, comme Lactobacillus, et/ou d’autres bactéries vaginales non pathogènes courantes chez la femme. Si les symptômes persistent, le professionnel de la santé pourrait répéter la culture sur un échantillon recueilli plus consciencieusement. Toutefois, si un type de bactéries est présent en nombre de colonies significativement plus élevé que les autres, par exemple 100 000 UFC/mL (par rapport à 1 000 UFC/mL), des tests supplémentaires pourraient être effectués pour identifier la bactérie prédominante.
Lorsqu’une culture est positive, des épreuves de sensibilité peuvent être effectuées pour guider le traitement. Toute infection bactérienne peut être grave et se propager à d’autres parties du corps si elle n’est pas traitée. La douleur est souvent le premier signe indicatif d’une infection. Le traitement rapide, habituellement par des antibiotiques, aide à soulager la douleur.
- Y a-t-il autre chose que je devrais savoir?
Les femmes et les filles contractent des infections des voies urinaires (IVU) plus souvent que les hommes et les garçons. Même les filles préadolescentes peuvent souffrir de fréquentes IVU. Pour les hommes et les garçons montrant une IVU confirmée par une culture, d’autres tests peuvent être effectués pour exclure la présence d’une pierre aux reins ou une anomalie structurelle susceptible de causer l’infection.
Lors d’IVU fréquentes et/ou récurrentes, des cultures et des épreuves de sensibilité pourraient être effectuées pour chaque infection individuelle. Chez les personnes présentant des IVU fréquentes, les bactéries peuvent devenir résistantes aux antibiotiques au fil du temps, ce qui rend la sélection des antibiotiques et l’observance du traitement jusqu’à son terme d’autant plus importantes.
- Le personnel du cabinet de mon médecin m’a rappelé pour me dire qu’ils ont besoin d’un nouvel échantillon d’urine, le premier ayant été contaminé. Que s’est-il passé?
Si la peau et les parties génitales ne sont pas bien nettoyées avant la collecte de l’échantillon, la culture d’urine peut montrer trois types différents ou plus de bactéries, ce que l’on considérera comme une contamination de l’échantillon. La culture sera rejetée, car elle ne peut déterminer si la bactérie provient de l’intérieur ou de l’extérieur des voies urinaires. La contamination des échantillons peut être évitée en suivant attentivement les consignes indiquant de bien se nettoyer avant de recueillir l’échantillon d’urine avec la méthode de « mi-jet stérile ».
- Mon médecin m’a dit que je présente des symptômes d’une infection des voies urinaires et m’a prescrit des antibiotiques sans effectuer aucune culture d’urine. Pourquoi?
La bactérie connue sous le nom d’Escherichia coli (E. coli) cause la majorité des infections des voies urinaires inférieures. Ce micro-organisme est habituellement sensible à un éventail d’antibiotiques, dont le triméthoprime-sulfaméthoxazole, la ciprofloxacine et la nitrofurantoïne. La plupart des IVU non compliquées se résorbent après le traitement par l’un ou l’autre de ces antibiotiques. Sur la base de cette information, le professionnel de la santé pourrait décider de prescrire l’un d’eux sans effectuer de culture.
- Que se passera-t-il si mon infection n’est pas traitée?
Si votre infection n’est pas traitée, celle-ci pourrait se hisser de vos voies urinaires inférieures à vos voies urinaires supérieures et infecter vos reins, voire possiblement entrer dans votre circulation sanguine et déclencher une septicémie. Les signes et les symptômes d’une septicémie comprennent de la fièvre, des frissons, une augmentation du nombre de globules blancs et de la fatigue. Si le professionnel de la santé soupçonne que vous présentez une septicémie, il demandera probablement une hémoculture et vous prescrira des antibiotiques en conséquence.
- Qu’est-ce qui m’expose à un risque d’infections récurrentes des voies urinaires?
Il existe un large éventail de facteurs qui peuvent prédisposer les gens aux IVU. Après la période néonatale, l’incidence des IVU est plus élevée chez la femme que chez l’homme en raison des différences anatomiques du tractus génito-urinaire féminin. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, les anomalies congénitales sont associées aux IVU. Chez les adultes, les rapports sexuels, l’utilisation d’un diaphragme, le diabète, les grossesses, le reflux gastrique, les dysfonctions neurologiques, les calculs rénaux et les tumeurs sont tous des facteurs prédisposant aux IVU. Un séjour dans un établissement hospitalier ou de soins infirmiers, des soins à domicile, et des cathéters à demeure ou des instruments installés dans les voies urinaires sont tous des facteurs majeurs contribuant à l’apparition d’IVU.