Le Manuel Merck

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Morsures de serpents

Par

Robert A. Barish

, MD, MBA, University of Illinois at Chicago;


Thomas Arnold

, MD, Department of Emergency Medicine, LSU Health Sciences Center Shreveport

Dernière révision totale sept. 2018| Dernière modification du contenu sept. 2018
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Les faits en bref
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  • Les serpents venimeux aux États-Unis comprennent les crotales (les serpents à sonnette, à tête de cuivre et les mocassins aquatiques) et les serpents corail.

  • Une envenimation grave peut causer des lésions aux extrémités mordues, des saignements et des lésions des organes vitaux.

  • Un antidote du venin est administré pour les morsures graves.

Les morsures de serpents non venimeux entraînent rarement des problèmes graves. Environ 25 espèces de serpents venimeux sont recensées aux États-Unis. Les serpents venimeux comprennent les crotales (les serpents à sonnette, à tête de cuivre et les mocassins aquatiques) et les serpents corail.

Près de 45 000 morsures de serpents sont infligées chaque année aux États-Unis, dont un peu moins de 8 000 sont le fait de serpents venimeux et environ six cas sont mortels. Les morsures mortelles de serpent sont beaucoup plus fréquentes hors des États-Unis.

Dans 25 % des cas de morsures de crotales, le venin n’est pas injecté. La majorité des décès survient chez les enfants, les personnes âgées et les personnes non traitées ou traitées de façon inadéquate. Les serpents à sonnette sont responsables d’environ 70 % des morsures venimeuses aux États-Unis et de la quasi totalité des décès. Les serpents à tête de cuivre, et à un degré moindre les mocassins aquatiques sont responsables de la plupart des autres morsures de serpent venimeux. Les morsures de serpents corail et les morsures de serpents importés sont beaucoup moins fréquentes.

Le venin des serpents à sonnette ou autres crotales lèse les tissus autour de la morsure. Le venin peut provoquer des modifications dans les cellules sanguines, inhiber la coagulation du sang et causer des lésions des vaisseaux sanguins qui peuvent alors fuir. Ces altérations peuvent provoquer des hémorragies internes et des insuffisances cardiaques, respiratoires et rénales.

Le venin des serpents corail affecte le système nerveux, mais ne lèse que très peu les tissus situés autour de la morsure. La plupart des morsures sont localisées aux extrémités, les mains ou les pieds.

Le saviez-vous ?

  • Les morsures de serpent peuvent être terrifiantes, mais elles ne sont que rarement mortelles aux États-Unis.

Symptômes

Les symptômes d’intoxication par le venin varient beaucoup, selon les facteurs suivants :

  • la dimension et l’espèce du serpent

  • la quantité et la toxicité du venin injecté (en rapport avec la dimension et l’espèce du serpent)

  • la localisation de la morsure (plus elle est éloignée de la tête et du tronc, moins elle est dangereuse)

  • l’âge de la personne (les personnes très jeunes ou plus âgées sont à haut risque)

  • les affections médicales sous-jacentes de la personne

Crotales

Les morsures de crotales causent rapidement de la douleur. Toutes les morsures n’injectent pas du venin mais, si la plaie suinte, du venin a probablement été injecté. Des signes d’inflammation (rougeur et œdème) apparaissent en général 30 à 60 minutes après la morsure et peuvent rapidement s’étendre à toute la jambe ou à tout le bras en l’espace de quelques heures. Une envenimation par morsure de crotale, modérée ou grave, entraîne généralement des contusions 3 à 6 heures après la morsure. La peau entourant la morsure paraît tendue et décolorée. Des vésicules, souvent remplies de sang, peuvent se former dans la région de la morsure. En l’absence de traitement, les tissus environnants peuvent se nécroser.

Les autres symptômes sont de la fièvre, des frissons, un affaiblissement général, des évanouissements, des sueurs, de l’anxiété, de la confusion, des nausées, des vomissements et de la diarrhée. Certains de ces symptômes peuvent être causés par la terreur plutôt que par le venin. Les gencives saignent et du sang peut apparaître dans les vomissements, les selles et l’urine des personnes. Une gêne respiratoire peut apparaître, surtout après les morsures de serpents à sonnette du Mojave. Certaines personnes peuvent éprouver des douleurs thoraciques. Des heures plus tard, les personnes peuvent présenter des maux de tête, un trouble de la vision, un ptosis et une sécheresse dans la bouche.

Les personnes mordues peuvent développer des sensations de fourmillement et d’engourdissement dans les doigts ou les orteils et autour de la bouche, avec un goût métallique ou caoutchouteux dans la bouche.

Serpents corail

Les morsures de serpent corail engendrent généralement une douleur et un œdème immédiats nuls ou limités. Des symptômes plus graves peuvent apparaître après plusieurs heures. Des fourmillements et une faiblesse musculaire peuvent être ressentis autour de la zone de la morsure. Une incoordination musculaire ainsi qu’un malaise intense et généralisé peuvent suivre. Les autres symptômes peuvent comprendre une double vision, une vision floue, de la confusion, de la somnolence, une production élevée de salive, et des troubles de l’élocution et de la déglutition. Des troubles respiratoires potentiellement très graves peuvent apparaître ensuite.

Qu’est-ce qu’un crotale ?

Les crotales ont certaines caractéristiques pouvant aider à les distinguer des serpents non venimeux :

  • Pupilles en forme de fentes verticales

  • Dépressions entre les yeux et le nez

  • Crochets à venin rétractables

  • Rangées d’écailles individuelles transversales sur le dessous de la queue

  • Tête triangulaire (comme une pointe de flèche)

Les serpents non venimeux ont tendance à posséder les caractéristiques suivantes :

  • Tête arrondie

  • Pupilles rondes

  • Absence de dépressions

  • Absence de crochets

  • Rangées d’écailles doubles transversales sur le dessous de la queue

Les personnes qui observent un serpent sans crochets ne doivent pas présumer qu’il n’est pas venimeux parce que les crochets peuvent être rétractés.

Qu’est-ce qu’un crotale ?

Diagnostic

  • Examen clinique

  • Hospitalisation pour observation des morsures avec envenimation

Le personnel médical d’urgence doit essayer de déterminer si le serpent était venimeux, de quelle espèce il s’agit, et si du venin a été injecté.

L’aspect de la morsure peut indiquer dans certains cas si le serpent était venimeux ou non. Les crochets d’un serpent venimeux produisent, en général, une ou deux lésions punctiformes, tandis que les dents d’un serpent non venimeux laissent souvent de multiples petites rangées d’éraflures. Sans une description détaillée du serpent, les médecins peuvent rencontrer des difficultés à identifier l’espèce responsable de la morsure.

L’envenimation se reconnaît par l’apparition de symptômes caractéristiques. Les personnes mordues sont en général gardées en observation à l’hôpital pendant 6 à 8 heures pour surveiller l’apparition éventuelle de symptômes. Les médecins pratiquent différents tests pour évaluer les effets du venin.

Traitement

  • Le bras ou la jambe mordu(e) est positionné(e) en dessous du cœur et immobilisé(e), et les vêtements et bijoux qui compriment sont retirés

  • Antivenin

Les premiers secours peuvent être utiles avant l’arrivée de l’aide médicale. Les personnes mordues par un serpent venimeux doivent être éloignées du rayon d’action du serpent, rassurées et maintenues au calme, puis transportées rapidement vers la structure médicale la plus proche.

Le membre atteint doit être immobilisé lâchement et maintenu à peu près au niveau du cœur. Les bagues, montres et vêtements serrés doivent être enlevés de la zone de morsure. Il faut éviter l’alcool et la caféine. Il n’est pas recommandé de poser des tourniquets, des compresses glacées ou d’inciser la morsure, car ces mesures peuvent être nuisibles. La succion pour aspirer le venin n’est pas efficace.

S’il n’y a pas eu injection de venin, le traitement est le même que pour toute autre plaie par piqûre.

L’antidote du venin (antivenin) est la partie la plus importante du traitement si du venin a été injecté et si les symptômes laissent présager une morsure grave. L’antivenin contient des anticorps neutralisant les effets toxiques du venin. L’efficacité de l’antivenin dépend de sa rapidité d’administration. L’antivenin est plus efficace lorsqu’il est administré rapidement après la morsure d’un serpent. On l’administre par voie intraveineuse.

Aux États-Unis, un antivenin est disponible pour les espèces natives de serpents venimeux.

Un traitement en unité de soins intensifs est nécessaire pour les victimes d’une grave envenimation. Ces personnes restent en observation étroite et les complications de l’envenimation sont traitées. Les personnes présentant une tension artérielle basse reçoivent des liquides de réhydratation par voie intraveineuse. Si des troubles de la coagulation apparaissent, un supplément d’antivenin, des transfusions de plasma frais congelé, de facteurs de coagulation concentrés (cryo-précipités) ou de plaquettes sont effectués, le cas échéant.

Le pronostic dépend de l’âge et de l’état de santé général des personnes, de la localisation de la morsure et du type de venin injecté. Pratiquement toutes les victimes de morsures de serpent venimeux survivent si elles sont traitées rapidement avec des doses appropriées d’antivenin.

Maladie sérique

L’antivenin du crotale est fabriqué à partir de sérum de mouton immunisé par du venin de serpent. L’administration à certaines personnes de protéines étrangères telles que des anticorps provenant de sérum de mouton déclenche parfois une réaction immunitaire appelée maladie sérique.

La maladie sérique cause de la fièvre, une éruption cutanée et des douleurs articulaires 1 à 3 semaines après la réception du médicament. De graves lésions rénales se manifestent parfois.

La maladie sérique est beaucoup moins fréquente avec l’antivenin provenant du mouton qu’elle ne l’est avec l’antivenin plus ancien provenant des chevaux, mais elle survient malgré tout chez 1 personne sur 6 environ.

Le traitement de la maladie sérique repose sur les antihistaminiques tels que la diphénhydramine, et sur les corticostéroïdes.

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