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Commotion cérébrale : tordons le cou aux idées reçues

Commentaire
01/01/01 James E. Wilberger, MD, Professor of Neurosurgery Drexel University School of Medicine, National Football League Unaffiliated Neurosurgical Consultant

Deux enfants poursuivent un ballon de football qui traverse les airs bien au-dessus de leur tête. Le ballon commence à retomber, les deux joueurs sautent pour le frapper et se cognent la tête en plein saut. Ils se relèvent avec difficulté et leurs entraîneurs et leurs parents se précipitent sur le terrain, recherchant immédiatement tout signe potentiel de commotion cérébrale.

Cet automne, des scénarios similaires auront lieu sur les terrains de football, de hockey et de football américain de tout le pays. Et pourtant, le fait est que ce que vous avez entendu sur la façon de détecter les symptômes d’une commotion cérébrale et de la traiter ne reflète pas toujours l’expertise médicale actuelle.

Dans les moments qui suivent une blessure à la tête traumatique, il est important de prendre des décisions basées sur des informations exactes, et non de vieilles croyances sans fondement. Découvrez cinq mythes parmi les plus courants concernant les commotions cérébrales, ainsi que les meilleures façons de détecter et de traiter les blessures à la tête selon l’expertise médicale actuelle.

Mythe n° 1. Une commotion cérébrale entraîne toujours une perte de connaissance.

La vérité dans son intégralité : Une commotion cérébrale est généralement définie comme étant une lésion temporaire des cellules du cerveau qui altère les fonctions cognitives ou le niveau de conscience et provoque souvent une perte de connaissance. Mais de nombreuses personnes ne se rendent pas compte qu’une commotion cérébrale peut survenir sans que la victime s’évanouisse. La croyance populaire prétend aussi que toutes les victimes de commotion cérébrale vomissent suite à leur blessure. Cela est également faux. Les vomissements peuvent être le signe d’une commotion cérébrale plus grave, mais ils ne surviennent pas à chaque fois. Un enfant ne présentant pas ces symptômes après un mauvais coup sur le terrain pourrait quand même avoir subi une commotion cérébrale liée aux sports.

Mythe n° 2. Il est dangereux de dormir après avoir subi une commotion cérébrale.

La vérité dans son intégralité : Ce mythe est apparu parce que les médecins encourageaient les membres de la famille d’une victime de commotion cérébrale à réveiller celle-ci toutes les deux ou trois heures afin de s’assurer que leur état n’avait pas changé. Cette pratique est moins fréquente aujourd’hui, mais l’habitude reste. En général, si une personne blessée a été examinée par un médecin et suit les instructions de ce dernier, il n’est pas nécessaire de la déranger toutes les deux ou trois heures. Le manque de sommeil pourrait en fait aggraver les maux de tête et autres symptômes survenant le lendemain.

Mythe n° 3. Les commotions cérébrales sont toujours causées par un coup à la tête.

La vérité dans son intégralité : Un coup touchant directement la tête peut augmenter le risque de lésion cérébrale traumatique, mais on peut subir une commotion cérébrale sans avoir reçu de coup. Les forces rotationnelles comme celles observées dans le « coup du lapin » et d’autres mouvements peuvent également causer une commotion cérébrale, c’est pourquoi les casques ne sont pas une garantie de protection contre les commotions cérébrales.

Les médecins et les chercheurs ont également accordé plus d’attention récemment aux traumatismes n’atteignant pas le seuil de gravité de la commotion cérébrale, également appelés « sous-commotions » – une autre forme de lésion cérébrale traumatique non causée par un impact direct. Il est probable que l’ancienne star de la NFL Mike Webster ait développé une encéphalopathie traumatique chronique suite à des sous-commotions provoquées par d’innombrables chocs à la tête subis contre d’autres joueurs au cours de ses 17 ans de carrière, et ce, même sans avoir jamais subi de commotion cérébrale importante.

Mythe n° 4. Les examens médicaux peuvent montrer quand un cerveau est revenu à la normale après une commotion cérébrale.

La vérité dans son intégralité : Les images obtenues par IRM ou TDM sont excellentes pour détecter des blessures graves comme un saignement dans le cerveau ou autour de ce dernier. Ces examens ne peuvent toutefois pas déterminer catégoriquement si une commotion cérébrale est survenue ou si le cerveau est revenu à la normale. Les médecins doivent en fait compter sur une description honnête par leurs patients de comment ils se sentent, et cela n’est pas toujours automatique, surtout quand les victimes ont hâte de reprendre un sport ou une autre activité physique.

Dans la plupart des cas, le cerveau revient à la normale après une semaine à 10 jours. Il est important de noter que durant cette période de rétablissement, le risque de subir une autre commotion cérébrale est multiplié par deux. Une deuxième blessure, même relativement mineure, peut entraîner la survenue d’un syndrome du second impact. Cette pathologie rare peut apparaître lorsqu’un individu reçoit l’autorisation de reprendre le sport avant sa guérison complète, et peut provoquer l’invalidité ou le décès.

De plus en plus de médecins recommandent que les jeunes athlètes passent un examen de référence de la fonction cognitive avant de commencer leur saison sportive. L’un de ces examens se nomme imPACT®, et consiste en une série de huit examens psychologiques sur ordinateur. De cette façon, si un athlète subit une blessure à la tête, les médecins peuvent lui faire repasser le test pour déterminer si la blessure a eu des effets sur ses capacités cognitives. Ces examens représentent une meilleure façon de déterminer quand le cerveau d’une personne est revenu à la normale.

Mythe n° 5. Le football américain est responsable d’une grande majorité des commotions cérébrales.

La vérité dans son intégralité : Bien que de nombreuses commotions cérébrales surviennent en effet sur les terrains de football américain et que les risques de ce sport en termes de commotions cérébrales soient souvent dans les gros titres ces derniers temps, de nombreuses autres activités présentent un sérieux risque de commotion cérébrale pour les enfants – y compris le cheerleading, le football et le hockey. Les accidents de vélo et les chutes dans les cours d’école sont d’autres causes fréquentes de commotion cérébrale chez les enfants. De fait, les Centres américains pour le contrôle des maladies rapportent que chaque année, les chutes sont responsables de près de 41 % des blessures cérébrales traumatiques dans la population entière des États-Unis. Les chutes affectaient tout particulièrement les individus les plus jeunes et les plus âgés.

La meilleure défense contre les commotions cérébrales

Si vous souhaitez protéger votre famille et vous protéger des conséquences des commotions cérébrales, la plus importante chose à faire est la suivante : soyez honnête avec votre médecin, et suivez ses conseils. Les enfants qui reprennent un sport après avoir subi une commotion cérébrale doivent ne plus présenter aucun symptôme. Les médecins ne peuvent pas leur faire passer un examen pour s’en assurer, ils doivent donc compter sur les patients pour leur donner une évaluation honnête de comment ils se sentent après une commotion cérébrale.

Les médecins recommandent souvent un retour progressif au jeu – un processus sur quatre ou cinq jours qui permet au patient ayant subi une commotion cérébrale de reprendre lentement une activité physique. Les enfants ne peuvent passer aux niveaux plus exigeants d’activité physique que lorsqu’ils ne présentent plus de symptômes au cours d’exercices plus faciles. Respecter ces recommandations garantit que votre enfant reste en bonne santé et soit prêt à reprendre son sport favori et à en profiter pleinement.