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Développements dans le traitement de la maladie à virus Ebola — Commentaire

Commentaire
11/08/19 Thomas M. Yuill , PhD, University of Wisconsin-Madison

L’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est très préoccupante. La maîtrise de la maladie à virus Ebola en RDC s’avère extraordinairement difficile, mais un récent développement en termes de traitement pourrait être utile.

 L’épidémie a été identifiée pour la première fois en août dernier dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Elle s’est ensuite propagée à Goma, une ville de plus d’un million d’habitants, et récemment à la province du Sud-Kivu. En date du 23 août 2019, 2 950 personnes avaient contracté la maladie et 69 % d’entre elles étaient décédées. Cette région comptant plus d’un million de personnes déplacées et étant située aux frontières de l’Ouganda, du Soudan du Sud et du Rwanda, on craint une propagation locale et internationale de la maladie dans cette population socialement instable.

 Des centres de traitement ont été mis en place et une surveillance a été organisée, comprenant notamment la recherche des cas et des contacts, et la vaccination des personnes concernées. Malgré la mise en place de ces mesures, et pour de nombreuses raisons, l’épidémie n’a pas jusqu’ici pu être maîtrisée. L’obstacle principal est la méfiance de la population locale concernant l’efficacité des efforts effectués par la RDC et le personnel soignant étranger, ainsi que l’efficacité des centres de soins où ils travaillent, et le doute que la maladie à virus Ebola existe réellement.  Cet environnement est compliqué par la présence de nombreux groupes de rebelles armés qui ont attaqué les centres de traitement de la maladie à virus Ebola et le personnel de terrain.

 Le développement très récent d’un traitement efficace pourrait aider à encourager une confiance désespérément nécessaire. Les résultats préliminaires d’une étude comportant 499 participants indiquaient que les personnes recevant un cocktail d’anticorps monoclonaux spécifiques (appelés REGN-EB3 ou mAb114) ciblant le virus Ebola avaient environ 90 % de chances de survie s’ils recevaient un traitement précoce dès les premiers stades de l’infection, et environ 70 % de chances indépendamment du stade de début du traitement. En comparaison, le taux de survie était d’environ 50 % pour les personnes traitées par les antiviraux plus anciens, le ZMAPP et le remdésivir.

On espère que ces cocktails d’anticorps monoclonaux démontreront que les centres de traitement peuvent sauver des vies et renforceront la confiance envers les centres et leur personnel afin que les personnes infectées s’y rendent dès les premiers stades de l’infection. Cela ne résoudra pas tous les problèmes faisant obstacle à la maîtrise de l’épidémie, mais cela aura un effet bénéfique. Le traitement par ces médicaments monoclonaux s’avérera également efficace, si les personnes infectées venaient à voyager vers de grands centres urbains comme Kinshasa ou à l’international.