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Les enfants atteints d’autisme ont des difficultés à déchiffrer les émotions cachées : une étude

Nouvelles
10/20/21 By Alan Mozes HealthDay Reporter
Les enfants atteints d’autisme ont des difficultés à déchiffrer les émotions cachées : une étude

MERCREDI 20 octobre 2021 (HealthDay News) – Les enfants autistes sont susceptibles de mal comprendre ce qu’une personne ressent vraiment lorsqu’elle essaie de faire bonne figure pour masquer sa déception ou lorsqu’elle pleure de joie.

Cela serait dû au fait qu’ils ne s’appuient pas sur le contexte pour identifier les émotions sous-jacentes, selon une nouvelle étude qui a évalué si les enfants autistes sont en mesure d’identifier les situations où une émotion en dissimule une autre.

Cette analyse comparative a évalué dans quelle mesure 20 adolescents britanniques autistes étaient capables de distinguer, par exemple, des larmes de joie de larmes de tristesse. L’auteur principal de l’étude, Steven Stagg, a déclaré que les résultats soulignaient la complexité de l’expression humaine.

« Imaginez que l’un de vos collègues vient de se faire remonter les bretelles par le patron et que vous lui demandez s’il va bien. Il esquisse alors un léger sourire et vous répond : “Oui, ça va” », illustre M. Stagg, maître de conférences à l’Université Ruskin d’Anglia (Anglia Ruskin University) à Cambridge, en Angleterre.

« Si vous avez des difficultés à traiter le contexte, poursuit-il, votre réponse pourrait être : ‘Très bien ! Remets-toi au travail alors.’ [Cependant], si vous prenez en compte le contexte, votre réaction pourrait être la suivante : “Mon pauvre, allons prendre un café et en parler.” »

Comprendre ce qu’il se passe réellement nécessite d’être capable de « traiter une grande quantité d’informations secondaires », selon M. Stagg, car les gens essaient souvent de masquer leurs véritables sentiments. Il souligne d’ailleurs que « c’est précisément dans ce domaine que les adolescents autistes ont eu des difficultés ».

Cette étude a comparé 20 adolescents âgés de 13 à 15 ans recrutés dans une école britannique pour enfants atteints d’autisme à 20 adolescents ayant un développement ordinaire sans autisme.

Tout d’abord, on a montré des photos fixes de personnes exprimant différents types d’émotions statiques, notamment la peur, la colère, le bonheur, la tristesse, le dégoût et la surprise. Tous les adolescents, quel que soit le groupe, ont identifié correctement l’émotion sous-jacente.

Cependant, les perceptions divergeaient lorsque les participants étaient confrontés à des films dans lesquels les expressions faciales d’un personnage avaient un sens différent selon le contexte.

Au début, l’expression était logique dans le contexte de la scène qui se déroulait. Par exemple : Un homme exprime de la colère après que quelqu’un a renversé son café.

Ensuite, le même acteur jouait une deuxième scène, dans laquelle son expression faciale ne transmettait plus de manière évidente la même émotion, qui était cependant évidente grâce au contexte. L’homme présentait par exemple un « sourire forcé » après que la personne ayant renversé son café s’était excusée.

Dans cette situation, les adolescents autistes étaient incapables de déchiffrer qu’il s’agissait toujours de colère, car ils assimilaient à tort le sourire au fait d’être heureux.

Selon M. Stagg, l’étape suivante sera d’étudier pourquoi il peut être difficile pour les personnes autistes de prendre en compte le contexte lorsqu’elles essaient de comprendre ce que ressent une personne.

« Cela pourrait être dû à un problème d’attention, [de sorte que] la personne atteinte d’autisme s’attarde sur des aspects du contexte qui ne lui sont d’aucune aide », a-t-il expliqué. « D’un autre côté, il pourrait s’agir d’un problème de traitement de l’information : lorsque trop de choses se passent, cela provoque une surcharge. »

L’étude a été publiée récemment dans la revue Journal of Autism and Developmental Disorders.

Donna Murray, vice-présidente des programmes cliniques chez Autism Speaks et responsable du réseau Autism Care, a examiné les résultats.

Selon elle, ceux-ci n’étaient « pas surprenants », car les difficultés sociales sont une caractéristique centrale et un critère d’identification du trouble du spectre autistique (TSA).

« Il existe de nombreux processus intégrés qui doivent être bien coordonnés pour pouvoir comprendre le contexte, comme le fait de déchiffrer les indices verbaux et non verbaux, avec un regard et une attention variables », a déclaré Mme Murray. « La réussite d’une interaction dépend souvent de la bonne prise en compte de ces signaux. »

Cependant, selon elle de nombreux facteurs contribuent probablement à compliquer ce processus chez les enfants atteints de TSA, notamment « des difficultés de communication, des différences au niveau du regard, des difficultés de traitement de l’information et des différences au niveau de l’attention, entre autres ».

Mme Murray estime qu’il est parfois possible d’aider les enfants à améliorer leurs compétences de perception au fil du temps.

« Cela étant, dans la plupart des cas, l’intégration des signaux sociaux et la capacité à adapter l’interaction en fonction de ces signaux restent relativement difficiles pour les personnes qui se trouvent sur le spectre autistique », a-t-elle conclu.

Informations supplémentaires

Les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) disposent d’informations supplémentaires sur l’autisme.

SOURCES : Steven Stagg, PhD, maître de conférences, faculté de science et d’ingénierie, Anglia Ruskin University, Cambridge, Royaume-Uni ; Donna Murray, PhD, CCC-SLP, vice-présidente, programmes cliniques, Autism Speaks, chef du réseau Autism Care et maître de conférences adjointe, pédiatrie clinique, Hôpital pédiatrique de Cincinnati (Cincinnati Children’s Hospital), Ohio ; Journal of Autism and Developmental Disorders, en ligne, 7 octobre 2021

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