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Les personnes qui pratiquent une activité physique intense présentent-elles un risque plus élevé de SLA ?

Nouvelles
10/27/21 By Alan Mozes HealthDay Reporter
Les personnes qui pratiquent une activité physique intense présentent-elles un risque plus élevé de SLA ?

MERCREDI 27 octobre 2021 (HealthDay News) – Une nouvelle étude pourrait apaiser les inquiétudes concernant une augmentation du risque de développer une sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurologique incurable, en cas d’activité physique intense.

Aucune preuve suggérant une augmentation du risque de SLA n’a été observée chez des adultes qui fournissent des efforts intenses en pratiquant des sports d’équipe ou en salle de sport. Les activités de loisirs moins intenses, telles que la course à pied, le vélo ou la marche, n’étaient pas non plus associées à une augmentation du risque de SLA.

Cependant, les investigateurs ont observé qu’une activité physique intense au travail était associée à une augmentation du risque de SLA.

« Une activité physique intense au travail était associée à un risque deux fois plus important de développer une SLA », a déclaré l’auteure principale de l’étude, la Dre Angela Rosenbohm. Elle est responsable de la rééducation neurologique à l’Hôpital universitaire d’Ulm, en Allemagne.

L’équipe a souligné que ses recherches ne prouvaient pas qu’un travail intense provoquait une SLA. Ils ont noté que d’autres facteurs pourraient entrer en jeu, notamment l’exposition à des produits chimiques nocifs et à la pollution au travail, ou bien l’impact à long terme des mouvements répétitifs qui caractérisent certaines professions.

La SLA est souvent appelée maladie de Charcot en référence au neurologue français qui l’a décrite pour la première fois en 1865. La durée de vie moyenne après le diagnostic est de deux à cinq ans, et les personnes atteintes de cette maladie rare perdent la capacité à initier et à contrôler les mouvements de manière normale.

Dans le cadre de cette étude, des questionnaires concernant l’activité physique ont été remplis par près de 400 patients atteints de SLA nouvellement diagnostiquée et par près de 800 pairs en bonne santé. Tous ont décrit de manière détaillée le type et le volume d’activité physique pratiqués de manière régulière entre 20 et 60 ans.

Les activités de loisirs étaient évaluées comme d’intensité légère ou forte (qui fait transpirer).

Les activités sur le lieu de travail étaient évaluées comme d’intensité légère, par exemple dans le cadre d’un emploi de bureau et/ou impliquant la conduite, d’intensité modérée, par exemple dans le cas des commerciaux ou des mécaniciens, ou d’intensité forte, comme souvent chez les maçons, les agriculteurs et les travailleurs du bâtiment.

Aucun risque accru de SLA n’a été observé chez les personnes dont l’emploi impliquait une activité physique d’intensité légère. Par ailleurs, aucun type ni volume d’activité physique, que ce soit au travail ou en dehors, n’était associé à un risque accru de SLA jusqu’à cinq ans avant le diagnostic de SLA.

Cependant, l’équipe a constaté qu’environ 22 % des patients atteints de SLA nouvellement diagnostiquée avaient exercé un emploi physiquement très exigeant au cours des 5 années précédant le diagnostic. (Seuls 13 % des participants sans SLA exerçaient un emploi aussi exigeant sur le plan physique.)

« Les patients atteints de SLA présentaient une forte diminution de leur activité physique globale environ 5 à 10 ans avant l’apparition de la maladie », a ajouté la Dre Rosenbohm.

Des recherches antérieures menées par la même équipe ont identifié une forte diminution de l’indice de masse corporelle (une mesure standard du poids) à une période similaire, à partir d’environ neuf ans avant l’apparition des symptômes de SLA.

La Dre Rosenbohm estime donc que ce faisceau de données indique que « la maladie commence manifestement plusieurs années avant que les premiers symptômes puissent être reconnus ».

L’étude est arrivée à une autre conclusion surprenante : après le diagnostic, une activité physique intense régulière, que ce soit au travail ou en dehors, était associée à des taux de survie moins favorables qu’une activité physique d’intensité plus légère.

Par exemple, les patients auparavant sédentaires ont obtenu une survie moyenne après le diagnostic d’un peu plus de 15 mois, contre 19 mois chez les patients pratiquant une activité physique intense. Cependant, la survie était de près de 30 mois chez ceux qui pratiquaient auparavant une activité physique d’intensité modérée, par exemple environ deux heures de vélo ou de marche par semaine.

« Nous pensons donc que le niveau d’activité physique est un facteur modifiant la maladie, à la fois avant et après le diagnostic », a déclaré la Dre Rosenbohm.

Selon elle, les patients pourraient « commencer par essayer de se surpasser pour surmonter la maladie », ce qui pourrait leur faire perdre des muscles et de la force plus rapidement que les sportifs moins avides.

Néanmoins, un expert ayant examiné les résultats invite à la prudence.

« Je ne suis pas convaincue qu’il soit possible de tirer des conclusions de ces observations », a déclaré la Dre Carlayne Jackson, professeure de neurologie et d’otolaryngologie au Centre des sciences de la santé de l’Université du Texas (University of Texas Health Science Center) à San Antonio.

D’une part, « la cause de la SLA n’est toujours pas connue et est très probablement multifactorielle », estime la Dre Jackson, qui est membre de l’Académie américaine de neurologie (American Academy of Neurology).

D’autre part, elle ajoute que « seuls 22 % des patients atteints de SLA exerçaient un emploi impliquant une activité physique intense, donc quel est le déclencheur de la maladie chez les 78 % restants ? »

Pour sa part, après le diagnostic, elle « recommande généralement aux patients [atteints de SLA] de pratiquer une activité physique à faible impact qui n’entraîne ni douleur musculaire ni fatigue excessive. Cependant, il est évident que des études supplémentaires doivent être menées afin de mieux comprendre le rôle de l’activité physique dans la prise en charge de la SLA. »

Les résultats ont été publiés en ligne le 20 octobre dans la revue Neurology.

Informations supplémentaires

L’Institut national américain des troubles neurologiques et des AVC (National Institute of Neurological Disorders and Stroke) dispose d’informations supplémentaires sur la SLA.

SOURCES : Dre Angela Rosenbohm, directrice, rééducation neurologique et médecin principal, Département de psychiatrie, Hôpital universitaire d’Ulm, Ulm, Allemagne ; Dre Carlayne E. Jackson, FAAN, professeure de neurologie et d’otolaryngologie, University of Texas Health Science Center à San Antonio, et membre de l’American Academy of Neurology ; Neurology, 20 octobre 2021, en ligne.