Le Manuel Merck

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Médicaments et drogues chez la femme enceinte

Par

Ravindu Gunatilake

, MD, Valley Perinatal Services;


Avinash S. Patil

, MD, Center for Personalized Obstetric Medicine, Valley Perinatal Services, Phoenix

Dernière révision totale nov. 2018| Dernière modification du contenu nov. 2018
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Les faits en bref
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Plus de 50 % des femmes prennent des médicaments avec ou sans prescription médicale (produits en vente libre) ou consomment du tabac, de l’alcool ou des drogues illicites au cours de leur grossesse et l’utilisation de médicaments durant la grossesse est en augmentation. De façon générale, aucun médicament, à moins d’être nécessaire, ne doit être pris au cours de la grossesse, car bon nombre d’entre eux sont néfastes pour le fœtus. Près de 2 à 3 % des malformations congénitales sont dues à la prise de médicaments pour traiter une maladie ou un symptôme.

Les médicaments sont parfois essentiels pour la santé de la femme enceinte et du fœtus. Dans de tels cas, la femme doit interroger son médecin traitant ou un autre professionnel de santé sur les bénéfices et les risques liés à la prise de ces médicaments. Avant de prendre un médicament (y compris les médicaments en vente libre) ou un supplément alimentaire (y compris les plantes médicinales), la femme enceinte doit donc consulter son médecin traitant. Ce dernier peut recommander la prise de certaines vitamines et certains minéraux au cours de la grossesse.

Les médicaments pris pendant la grossesse sont transportés jusqu’au fœtus principalement après passage de la barrière placentaire, comme le font l’oxygène et les substances nutritives qui sont nécessaires à la croissance et au développement du fœtus. Les médicaments pris par la femme enceinte peuvent affecter le fœtus de différentes façons :

  • Par une action directe sur le fœtus qui induit une anomalie fœtale, une malformation du développement (provoquant une malformation congénitale) ou la mort du fœtus.

  • Par une altération de la fonction placentaire, habituellement en provoquant une constriction des vaisseaux (vasoconstriction) et en réduisant l’apport en oxygène et en substances nutritives de la mère et du fœtus. Cela se traduit parfois par la naissance d’un bébé avec un retard de poids et de croissance.

  • Ils peuvent provoquer des contractions du muscle utérin (myomètre) qui affectent indirectement le fœtus en entraînant une diminution de l’apport sanguin au fœtus ou qui déclenchent un travail prématuré et l’accouchement.

  • Ils peuvent également avoir une action indirecte sur le fœtus. Par exemple, les médicaments qui diminuent la tension artérielle de la mère peuvent réduire le flux sanguin vers le placenta et réduire ainsi l’apport en oxygène et en substances nutritives du fœtus.

Comment les médicaments traversent le placenta

Une partie des vaisseaux sanguins du fœtus est contenue dans de fines projections filiformes (villosités) du placenta qui se prolongent dans la paroi de l’utérus. Le sang de la mère traverse l’espace qui entoure les villosités (espace intervilleux). Seule une fine membrane (barrière placentaire) sépare le sang de la mère dans l’espace intervilleux du sang fœtal dans les villosités. Les médicaments présents dans le sang maternel peuvent traverser cette membrane, parvenir aux vaisseaux sanguins dans les villosités et ainsi atteindre le fœtus à travers le cordon ombilical.

Comment les médicaments traversent le placenta

La manière dont un médicament affecte le fœtus dépend de plusieurs facteurs :

  • Le stade de développement du fœtus

  • La formulation et la posologie du médicament

  • Les caractéristiques génétiques de la mère, qui ont un impact sur la quantité de médicament active et disponible

  • D’autres facteurs liés à la mère (par exemple, en cas de vomissements, la mère peut ne pas absorber la même quantité de médicament, et le fœtus est donc moins exposé au médicament)

Tableau
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Effets des médicaments tout au long de la grossesse

Moment de la grossesse

Effets possibles des médicaments*

État du fœtus

Dans les 20 jours après la fécondation

Un effet « tout ou rien » (décès du fœtus ou aucun effet)

Le fœtus est très résistant aux anomalies congénitales.

3 à 8 semaines après la fécondation

Il est possible qu’il n’y ait aucun effet

Une anomalie congénitale visible

Une anomalie permanente, mais légère, qui ne sera remarquée que plus tard dans la vie

Un risque accru de cancer de l’enfant, comme en cas d’administration d’iode radioactif (pour traiter un cancer de la thyroïde) ou d’exposition à une substance radioactive lors d’un test d’imagerie (comme en cas de scintigraphie radio-isotopique)

Les organes du fœtus se développent, ce qui le rend particulièrement vulnérable par rapport aux malformations congénitales.

2e et 3e trimestres

Des modifications au niveau de la croissance et de la fonction d’organes et de tissus normalement formés

Des malformations congénitales évidentes sont peu probables

Effets à long terme inconnus

Le développement des organes est terminé

* Seuls certains médicaments sont susceptibles d’avoir des effets nocifs.

Encore récemment, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA) classait les médicaments dans cinq catégories en fonction du degré de risque fœtal auquel ils sont associés lorsqu’ils sont pris au cours de la grossesse (ndt : il existe un système de classement similaire en Europe). Les médicaments étaient classés des moins risqués aux plus toxiques, qui ne doivent jamais être administrés à des femmes enceintes, car ils entraînent des malformations congénitales graves. Par exemple, le thalidomide est un médicament hautement toxique. Ce médicament provoque de graves retards de croissance des membres supérieurs et inférieurs (phocomélie) ainsi que des malformations intestinales, cardiaques et vasculaires chez les enfants nés de femmes qui en prennent pendant leur grossesse.

Le système de classification utilisé par la FDA reposait principalement sur des études menées chez l’animal, qui ne s’appliquent que rarement aux humains. Par exemple, certains médicaments (comme la méclozine) provoquent des malformations congénitales chez les animaux, mais elles n’ont pas été observées chez l’homme. Prendre de la méclozine pour soulager les nausées et les vomissements pendant la grossesse ne semble pas augmenter le risque de malformation congénitale chez le bébé. Le système de classification ne se basait que rarement sur des études bien conçues menées auprès de femmes enceintes, car très peu d’études ce type ont été réalisées. Il était donc très difficile d’appliquer ce système de classification à des situations spécifiques.

C’est pourquoi la FDA a pris la décision de supprimer ces cinq catégories de risque. À la place, la FDA exige désormais que des informations plus précises soient indiquées sur la notice de chaque médicament, y compris :

  • Les risques associés à la prise dudit médicament pendant la grossesse et l’allaitement

  • Les données probantes ayant permis d’identifier ces risques

  • Des informations visant à aider les professionnels de santé à décider si l’utilisation d’un médicament est adaptée pendant la grossesse et à expliquer les risques et bénéfices dudit médicament aux femmes enceintes

En général, les professionnels de santé procèdent comme suit :

  • Ils envisagent d’administrer un médicament à une femme enceinte uniquement si les bénéfices potentiels sont plus importants que les risques connus.

Il est souvent possible de substituer un autre médicament plus sûr à un médicament potentiellement néfaste pendant la grossesse. Pour la prophylaxie antithrombotique (contre la formation de caillots de sang), l’héparine est préférée à la warfarine comme anticoagulant. Plusieurs antibiotiques sûrs, tels que la pénicilline, sont disponibles pour traiter les infections.

Certains médicaments peuvent avoir des effets après leur arrêt. Par exemple, l’isotrétinoïne, utilisée pour traiter certains troubles cutanés, s’accumule dans le tissu adipeux sous-cutané et est éliminée lentement. L’isotrétinoïne peut causer des malformations congénitales si la grossesse débute 2 semaines après l’arrêt du médicament. C’est pourquoi il est conseillé aux femmes d’attendre au moins 3 ou 4 semaines après l’arrêt du médicament avant de débuter une grossesse.

Tableau
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Médicaments qui peuvent poser des problèmes pendant la grossesse *

Exemples

Problèmes possibles

Médicaments anxiolytiques

Benzodiazépines (telles que diazépam, alprazolam ou lorazépam)

Quand le médicament est pris en fin de grossesse, respiration très lente ou syndrome de sevrage (entraînant irritabilité, tremblements et réflexes exagérés) chez le nouveau-né

Antibiotiques

Aminosides (tels que l’amikacine, la gentamicine, la néomycine, la streptomycine et la tobramycine)

Lésions de l’oreille fœtale (ototoxicité) entraînant une surdité

Rupture (hémolyse) des globules rouges chez les femmes ou fœtus porteurs d’un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD)

Potentiellement, syndrome du bébé gris (une pathologie grave et souvent fatale)

Fluoroquinolones (tels que ciprofloxacine, ofloxacine, lévothyroxine et norfloxacine)

Possibilité de malformations articulaires et osseuses (observées seulement chez les animaux)

Rupture (hémolyse) des globules rouges chez les femmes ou fœtus porteurs d’un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD)

Rupture (hémolyse) des globules rouges chez les femmes ou fœtus porteurs d’un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD)

Sulfonamides (tels que sulfasalazine et triméthoprime-sulfaméthoxazole)

Lorsque les médicaments sont donnés tardivement dans la grossesse, ictère et, en l’absence de traitement, atteintes cérébrales (ictère nucléaire) chez le nouveau-né

Risque de problèmes beaucoup moins probable avec la sulfasalazine

Rupture (hémolyse) des globules rouges chez les femmes ou fœtus porteurs d’un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD)

Ralentissement de la croissance osseuse, jaunissement permanent des dents et augmentation du risque de caries chez l’enfant

Parfois, insuffisance hépatique chez la femme enceinte

Malformations du cerveau et de la moelle épinière (malformations du tube neural), telles que le spina-bifida

Inhibiteurs du facteur Xa, tels que le rivaroxaban, l’apixaban ou l’édoxaban

Risque possible de saignements chez la femme enceinte ou le fœtus

Héparine

Thrombocytopénie (réduction du nombre de plaquettes qui participent à la coagulation) chez la femme enceinte, entraînant parfois un saignement excessif

Warfarine

Malformations congénitales, déficit intellectuel, cataractes et autres problèmes oculaires chez le fœtus

Problèmes hémorragiques chez le fœtus et la femme enceinte

Antidépresseurs

Bupropion

Effets néfastes observés chez les animaux, mais preuves contradictoires concernant le risque de malformations congénitales chez le nouveau-né

Citalopram

Lorsque le citalopram est administré au cours du premier trimestre, risque accru de malformations congénitales (notamment cardiaques)

Lorsque le citalopram est administré au cours du troisième trimestre, syndrome de sevrage (qui comprend vertiges, anxiété, irritabilité, fatigue, nausées, frissons, et douleurs musculaires) et hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né (les artères pulmonaires restent rétrécies après l’accouchement, ce qui limite le flux sanguin vers les poumons et donc la quantité d’oxygène dans le sang)

Escitalopram

Lorsque l’escitalopram est administré au cours du troisième trimestre, syndrome de sevrage et hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né

Fluoxétine

Lorsque la fluoxétine est administrée au cours du troisième trimestre, syndrome de sevrage et hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né

Paroxétine

Lorsque la paroxétine est administrée au cours du premier trimestre, risque accru de malformations congénitales, notamment cardiaques

Lorsque le médicament est administré au cours du troisième trimestre, syndrome de sevrage et hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né

Sertraline

Lorsque la sertraline est administrée au cours du troisième trimestre, syndrome de sevrage et hypertension artérielle pulmonaire persistante du nouveau-né

Venlafaxine

Lorsque la venlafaxine est administrée au cours du troisième trimestre, syndrome de sevrage

Antiémétiques (utilisés pour soulager les nausées)

Doxylamine et pyridoxine (vitamine B6)

Pas de risque accru de malformations congénitales

Méclozine

Malformations congénitales observées uniquement chez l’animal

Ondansétron

Aucune preuve de malformations congénitales chez l’animal

Lorsque l’ondansétron est administré au cours du premier trimestre, risque possible de cardiopathie congénitale

Prométhazine

Aucune preuve de malformations congénitales chez l’animal

Risque possible de saignements chez le nouveau-né

Antifongiques

Amphotéricine B

Pas de risque accru de malformations congénitales, mais aucune étude bien conçue n’a été menée chez la femme enceinte

Fluconazole

Pas de risque accru de malformations congénitales après une dose unique faible

Lorsque de fortes doses sont administrées pendant une grande partie ou l’intégralité du premier trimestre, risque accru de malformations congénitales, telles que des anomalies cardiaques, faciales, des côtes ou des membres

Miconazole

Aucune augmentation du risque de malformations congénitales lorsqu’il est appliqué sur la peau

Terconazole

Pas de risque accru de malformations congénitales

Antihypertenseurs

Antagonistes de l’aldostérone (médicaments qui bloquent l’action de l’hormone aldostérone), tels que la spironolactone et l’éplérénone

Avec la spironolactone, développement possible de caractéristiques féminines chez les fœtus de sexe masculin

Avec l’éplérénone, pas de risque accru de malformations congénitales chez l’animal, mais aucune étude bien conçue n’a été menée chez la femme enceinte

Si les médicaments sont administrés à la phase tardive de la grossesse, insuffisance rénale chez le fœtus, diminution de la quantité de liquide autour du fœtus en phase de développement (liquide amniotique) et malformations du visage, des membres et des poumons

Lorsque certains bêtabloquants sont administrés durant la grossesse, ralentissement de la fréquence cardiaque, faible taux de sucre dans le sang et, parfois, croissance insuffisante du fœtus (retard de croissance) et naissance prématurée

Tension artérielle basse chez la mère

Lorsque des inhibiteurs calciques sont administrés au cours du premier trimestre, malformations congénitales des doigts et/ou des orteils

Lorsque les médicaments sont administrés plus tard au cours de la grossesse, croissance insuffisante du fœtus

Diminution du taux d’oxygène, de sodium et de potassium, et du nombre de plaquettes dans le sang du fœtus

Croissance insuffisante du fœtus

Médicaments antipsychotiques

Halopéridol

Effets néfastes observés chez les animaux

Lorsque l’halopéridol est administré au cours du premier trimestre, possibles malformations congénitales des membres

Lorsque l’halopéridol est administré au cours du troisième trimestre, augmentation du risque des pathologies suivantes :

  • Mouvements répétitifs involontaires (symptômes extrapyramidaux)

  • Agitation, irritabilité, tremblements, difficultés respiratoires et troubles alimentaires (symptômes de sevrage médicamenteux) chez le nouveau-né en raison de l’interruption du passage du médicament dans le placenta

Lurasidone

Aucune preuve d’effets nocifs chez les animaux

Lorsque la lurasidone est administrée au cours du troisième trimestre, augmentation du risque des pathologies suivantes :

  • Mouvements répétitifs involontaires

  • Agitation, irritabilité, tremblements, difficultés respiratoires et troubles alimentaires (symptômes de sevrage médicamenteux) chez le nouveau-né en raison de l’interruption du passage du médicament dans le placenta

Olanzapine

Lorsque l’olanpazine est administrée au cours du troisième trimestre, augmentation du risque des pathologies suivantes :

  • Agitation, irritabilité, tremblements, difficultés respiratoires et troubles alimentaires (symptômes de sevrage médicamenteux) chez le nouveau-né en raison de l’interruption du passage du médicament dans le placenta

Rispéridone

Aucune preuve de risque accru de malformations congénitales, mais aucune étude bien conçue n’a été menée chez la femme enceinte

Lorsque la rispéridone est administrée au cours du troisième trimestre, augmentation du risque des pathologies suivantes :

  • Mouvements répétitifs involontaires

  • Agitation, irritabilité, tremblements, difficultés respiratoires et troubles alimentaires (symptômes de sevrage médicamenteux) chez le nouveau-né en raison de l’interruption du passage du médicament dans le placenta

Carbamazépine

Certains risques d’anomalies congénitales, notamment des malformations du tube neural (comme le spina-bifida)

Problèmes hémorragiques chez le nouveau-né (maladie hémorragique du nouveau-né), qui peuvent être prévenus par la prise quotidienne de vitamine K orale, un mois avant l’accouchement ou si on injecte de la vitamine K au nouveau-né, peu après la naissance

Lamotrigine

Pas de risque accru de malformations congénitales

Lévétiracétam

Anomalies osseuses mineures observées chez l’animal

Aucune étude menée chez la femme enceinte

Phénobarbital

Identiques à ceux de la carbamazépine

Phénytoïne

Risque accru de malformations congénitales (telles que fente labiale ou malformations cardiaques)

Troubles hémorragiques chez le nouveau-né

Triméthadione

Risque élevé de malformations congénitales (telles que fente palatine et malformations cardiaques, crâniennes, faciales, abdominales et des mains)

Risque de fausse couche

Valproate

Un certain risque d’anomalies congénitales, notamment de fente palatine, de malformations du tube neural (comme le myéloméningocèle), et malformations du cœur, du visage, du crâne, de la colonne vertébrale et des membres

Médicaments de chimiothérapie

Actinomycine

Possibilité de malformations congénitales (observées uniquement chez l’animal)

Busulfan

Anomalies congénitales comme un développement insuffisant de la mandibule, une fente palatine, une anomalie de développement des os du crâne, des anomalies de la colonne vertébrale, de l’oreille et un pied bot

Croissance insuffisante du fœtus (retard de croissance)

Chlorambucil

Identiques à ceux du busulfan

Colchicine

Possibilité de malformations congénitales (observées chez l’animal)

Anomalies des spermatozoïdes chez les garçons

Cyclophosphamide

Identiques à ceux du busulfan

Doxorubicine

Problèmes cardiaques, en fonction de la dose prise

Anomalies congénitales

Mercaptopurine

Identiques à ceux du busulfan

Méthotrexate

Identiques à ceux du busulfan

Vinblastine

Possibilité de malformations congénitales (observées uniquement chez l’animal)

Vincristine

Possibilité de malformations congénitales (observées uniquement chez l’animal)

Médicaments stabilisateurs de l’humeur

Lorsque le lithium est administré au cours du premier trimestre, augmentation du risque de malformations congénitales (principalement du cœur)

Lorsque le lithium est administré plus tard au cours de la grossesse, somnolence, baisse du tonus musculaire, perte de l’appétit, baisse d’activité de la thyroïde et diabète insipide néphrogénique chez le nouveau-né

Aspirine et autres salicylés

Ibuprofène

Naproxène

Si de fortes doses sont administrées, fausses couches possibles au cours du premier trimestre, retard du début du travail, fermeture précoce du canal qui relie l’aorte et l’artère pulmonaire (canal artériel), jaunisse, entérocolite nécrosante (lésion de la paroi de l’intestin) et, parfois, atteinte cérébrale chez le fœtus (ictère nucléaire) et signes hémorragiques chez la femme pendant et après l’accouchement et/ou chez le nouveau-né

Si les médicaments sont administrés en fin de grossesse, diminution de la quantité de liquide qui entoure le fœtus

Lorsque de faibles doses d’aspirine sont administrées, aucun risque significatif de malformations congénitales

Buprénorphine

Aucune preuve de risque accru de malformations congénitales, mais pourrait avoir d’autres effets néfastes sur le fœtus ou le nouveau-né

Agitation, irritabilité, tremblements, difficultés respiratoires et troubles alimentaires (symptômes de sevrage médicamenteux) chez le nouveau-né en raison de l’interruption du passage du médicament dans le placenta

Codéine

Hydrocodone

Hydromorphone

Mépéridine

Morphine

Agitation, irritabilité, tremblements, difficultés respiratoires et troubles alimentaires (symptômes de sevrage médicamenteux) chez le nouveau-né

Si des doses élevées sont administrées dans l’heure précédant l’accouchement, possible somnolence et bradycardie chez le nouveau-né

Méthadone

Agitation, irritabilité, tremblements, difficultés respiratoires et troubles alimentaires (symptômes de sevrage médicamenteux) chez le nouveau-né

Chlorpropamide

Glyburide

Metformine

Tolbutamide

Glycémie très basse chez le nouveau-né

Insuline à privilégier

Stéroïdes sexuels

Danazol

Si ce médicament est pris très précocement dans la grossesse, masculinisation des organes génitaux d’un fœtus de sexe féminin qui, parfois, nécessitent une correction chirurgicale

Progestatifs synthétiques (mais pas les petites doses utilisées dans les contraceptifs oraux)

Identiques à ceux du danazol

Traitement dermatologique

Isotrétinoïne

Malformations congénitales telles que malformations cardiaques, petites oreilles et hydrocéphalie

Déficit intellectuel

Risque de fausse couche

Médicaments pour la thyroïde

Méthimazole

Glande thyroïde augmentée de volume et déficitaire chez le fœtus

Anomalies du cuir chevelu chez le nouveau-né

Propylthiouracile

Glande thyroïde augmentée de volume et déficitaire chez le fœtus

Lésions hépatiques chez la mère

Iode radioactif

Destruction de la glande thyroïde chez le fœtus

Si le médicament est administré à la fin du premier trimestre, glande thyroïde hyperactive et augmentée de volume chez le fœtus

Risque accru de cancers de l’enfant

Triiodothyronine

Glande thyroïde augmentée de volume et hyperactive chez le fœtus

Vaccins

Infections possibles placentaires et du fœtus

Risques potentiels, mais inconnus

Autres médicaments

Corticoïdes

Fente labiale possible si ces médicaments sont pris au cours du premier trimestre

Hydroxychloroquine

Pas de risque accru aux doses généralement administrées

Isoniazide

Possibilité d’effets néfastes sur le foie ou de lésions des nerfs périphériques (provoquant des sensations anormales et/ou une faiblesse)

Loratadine

Chez les garçons, malformation congénitale possible de l’urètre, dans laquelle l’ouverture de l’urètre est mal placée (hypospadias)

Pseudoéphédrine (décongestionnant)

Rétrécissement des vaisseaux sanguins dans le placenta susceptible de réduire la quantité d’oxygène et de substances nutritives reçue par le fœtus et donc d’entraîner une croissance inappropriée avant la naissance

Risque possible de malformation de la paroi abdominale laissant les intestins saillir à l’extérieur du corps (appelée gastroschisis)

Vitamine K

Chez les femmes ou les fœtus qui présentent un déficit en G6PD, destruction des globules rouges (hémolyse)

* À moins qu’ils ne soient absolument nécessaires, les médicaments doivent être évités pendant la grossesse. Cependant, les médicaments sont parfois essentiels pour la santé de la femme enceinte et du fœtus. Dans ces cas, la patiente doit discuter avec son médecin des risques et bénéfices liés à la prise des médicaments avant d’arrêter de les prendre. Elle ne doit pas arrêter de les prendre d’elle-même.

 Les opioïdes sont utilisés pour soulager la douleur. Cependant, ils peuvent aussi entraîner une sensation exagérée de bien-être et, en cas d’utilisation excessive, entraîner dépendance et toxicomanie.

G6PD = glucose-6-phosphate déshydrogénase.

Vaccins pendant la grossesse

La vaccination est aussi efficace chez les femmes enceintes que chez celles qui ne le sont pas.

Les vaccins fabriqués à partir de virus vivants (tels que le vaccin contre la rubéole et le vaccin contre la varicelle) ne sont pas administrés aux femmes enceintes ou susceptibles de l’être.

D’autres vaccins (tels que le vaccin contre le choléra, l’hépatite A, l’hépatite B, la peste, la rage et le typhus) ne sont administrés aux femmes enceintes qu’en cas de risque réel d’une infection particulière.

Cependant, toutes les femmes enceintes qui atteignent le deuxième ou troisième trimestre de leur grossesse durant la saison de la grippe doivent recevoir le vaccin contre la grippe. Le vaccin contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos (dcaT) doit être administré à toutes les femmes enceintes entre la 27e et la 36e semaine de chaque grossesse. Ce vaccin protège de la coqueluche.

Médicaments utilisés pour traiter les troubles cardiaques et vasculaires pendant la grossesse

Il peut être nécessaire de prescrire des médicaments destinés à faire baisser la tension artérielle (antihypertenseurs) aux femmes enceintes qui ont des antécédents d’hypertension ou qui développent une hypertension artérielle au cours de la grossesse. Tous les types d’hypertension artérielle augmentent le risque de problèmes chez la femme (tels que la pré-éclampsie) et le fœtus (voir Hypertension artérielle pendant la grossesse). Cependant, les antihypertenseurs peuvent diminuer significativement le flux sanguin placentaire lorsqu’ils induisent une diminution trop rapide de la tension artérielle chez la femme enceinte. Les femmes enceintes devant prendre ces médicaments sont donc étroitement surveillées.

Plusieurs types d’antihypertenseurs, tels que les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA) et les diurétiques thiazidiques, ne sont généralement pas administrés aux femmes enceintes. Ces médicaments peuvent entraîner des problèmes graves chez le fœtus, tels que des lésions rénales, une croissance insuffisante avant la naissance (retard de croissance) et des malformations congénitales. La spironolactone n’est pas non plus administrée aux femmes enceintes. Ce médicament peut entraîner le développement de caractéristiques féminines (féminisation) chez les fœtus masculins.

L’administration de diurétiques thiazidiques pendant la grossesse est controversée. D’autres antihypertenseurs sont utilisés en priorité.

La digoxine, utilisée dans le traitement de l’insuffisance cardiaque et de certains troubles du rythme cardiaque, franchit facilement le placenta. Cependant, aux doses habituelles, la digoxine n’a que très peu d’effets sur l’enfant avant ou après sa naissance.

Antidépresseurs pendant la grossesse

Les antidépresseurs, en particulier les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) tels que la paroxétine, sont couramment utilisés durant la grossesse. Son usage est fréquent, car environ 7 à 23 % des femmes enceintes souffrent de dépression. Pour les femmes enceintes, les avantages du traitement de la dépression sont plus importants que les risques.

La paroxétine semble augmenter le risque de malformations cardiaques congénitales. Par conséquent, si une femme enceinte prend de la paroxétine, une échocardiographie devra être réalisée afin d’évaluer le cœur du fœtus. Cependant, les autres ISRS n’augmentent pas ce risque.

Si une femme enceinte prend des antidépresseurs, le nouveau-né pourra présenter des symptômes de sevrage médicamenteux (tels qu’une irritabilité et des tremblements) après la naissance. Pour prévenir ces symptômes, le médecin pourra réduire progressivement la dose de l’antidépresseur au cours du 3e trimestre et arrêter le médicament avant la naissance. Cependant, si la femme présente des signes de dépression significatifs ou si les symptômes s’aggravent lorsque la dose est réduite, les antidépresseurs devront être continués. La dépression au cours de la grossesse peut déboucher sur une dépression du post-partum, qui implique une modification grave de l’humeur et nécessite un traitement.

Substances récréatives pendant la grossesse

Tabagisme pendant la grossesse

Bien que le tabagisme soit nocif pour la mère et pour le fœtus, seuls 20 % environ des femmes qui fument cessent de fumer pendant leur grossesse.

L’effet le plus constant du tabac sur le fœtus est

Plus la femme fume pendant sa grossesse, moins le poids de l’enfant sera élevé. Le poids moyen à la naissance des enfants nés de femmes qui ont fumé pendant leur grossesse est de 180 grammes inférieur à celui des enfants nés de femmes non fumeuses.

Les lésions congénitales cardiaques, cérébrales et de la face sont plus fréquentes chez les nouveau-nés de femmes qui fument que chez les nouveau-nés de femmes qui ne fument pas.

Le risque des maladies suivantes peut augmenter :

De plus, les enfants nés de femmes fumeuses présentent une insuffisance légère (mais quantifiable) de croissance et de développement intellectuel et comportemental. On estime que ces effets sont liés au monoxyde de carbone et à la nicotine. Le monoxyde de carbone peut réduire l’apport des tissus en oxygène. La nicotine stimule la libération d’hormones provoquant une constriction des vaisseaux (vasoconstriction) qui irriguent l’utérus et le placenta, en réduisant ainsi l’apport en oxygène et en nutriments du fœtus.

En raison des effets nocifs potentiels du tabagisme durant la grossesse, les femmes enceintes doivent s’efforcer au maximum de ne pas fumer pendant leur grossesse, notamment discuter des stratégies possibles avec leur médecin.

La femme enceinte doit éviter toute exposition au tabagisme passif qui peut également être néfaste pour le fœtus.

Alcool pendant la grossesse

La consommation d’alcool au cours de la grossesse est la principale cause connue de malformations congénitales. La quantité d’alcool à l’origine du syndrome d’alcoolisme fœtal (SAF) étant inconnue, il est conseillé aux femmes enceintes de s’abstenir de boire de l’alcool, que ce soit de façon régulière ou occasionnelle. Il est encore plus sûr d’éviter l’alcool sous toutes ses formes.

Le saviez-vous ?

  • La principale cause connue de malformations congénitales est la consommation d’alcool au cours de la grossesse.

Le risque de fausse couche est presque deux fois plus important chez les consommatrices d’alcool sous toute forme au cours de la grossesse, notamment lorsqu’elles en consomment de grandes quantités.

Souvent, le poids de naissance des enfants nés de femmes qui consomment de l’alcool de façon régulière pendant la grossesse est significativement inférieur à la normale. Le poids moyen à la naissance des nouveau-nés exposés pendant la grossesse à de grandes quantités d’alcool est estimé à environ 2 kg, à comparer au poids moyen de 3,5 kg de l’ensemble des nouveau-nés. Les enfants nés de mères qui ont consommé de l’alcool au cours de leur grossesse ne tètent pas correctement et ont plus de risque de mourir rapidement après la naissance.

Le syndrome d’alcoolisme fœtal est l’une des complications les plus graves de l’alcoolisme pendant la grossesse. Ne boire que trois verres par jour de façon occasionnelle peut causer ce syndrome. Il est observé chez près de 2 nouveau-nés sur 1 000. Ce syndrome provoque les symptômes suivants :

Les bébés ou les enfants de femmes qui ont consommé de l’alcool pendant la grossesse peuvent présenter des troubles comportementaux graves, comme un comportement antisocial et un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. Ces troubles peuvent également être observés chez l’enfant qui ne présente pas de malformations congénitales évidentes.

Caféine pendant la grossesse

On ignore si la consommation de caféine au cours de la grossesse a des effets néfastes sur le fœtus. Les données semblent suggérer qu’une consommation modérée de caféine pendant la grossesse (par exemple, une tasse de café par jour) est associée à un risque faible, voire nul pour le fœtus.

La caféine, contenue dans le café, le thé, certains sodas, le chocolat et certains médicaments, est une substance stimulante qui passe rapidement du placenta vers le fœtus.

Certaines données suggèrent que le fait de consommer plus de sept tasses de café par jour pourrait augmenter le risque de mortinatalité, d’accouchement prématuré, de naissance d’un bébé de faible poids ou de fausse couche.

Certains spécialistes invitent les femmes enceintes à réduire leur consommation de café et, si possible, à prendre des boissons décaféinées.

Aspartame pendant la grossesse

L’aspartame, un édulcorant artificiel, ne semble pas néfaste pendant la grossesse lorsqu’il est consommé en faibles quantités, dans les aliments et dans les boissons édulcorés. Par exemple, les femmes enceintes ne doivent pas consommer plus d’un litre de soda « light » par jour.

Les femmes enceintes atteintes de phénylcétonurie, un trouble rare, ne devraient pas consommer d’aspartame.

Drogues illicites pendant la grossesse

La consommation de drogues illicites chez la femme enceinte (notamment d’opiacés) peut être à l’origine de complications obstétricales et de troubles graves du développement chez le fœtus et le nouveau-né. Pour les femmes enceintes, l’injection de drogues illicites accroît le risque d’infections pouvant affecter le fœtus directement ou après transmission maternelle. Parmi ces infections, citons les hépatites et les maladies sexuellement transmissibles (comme le SIDA). Le risque de croissance fœtale insuffisante et d’accouchement prématuré est plus élevé lorsque la femme enceinte consomme des drogues illicites.

Amphétamines pendant la grossesse

La consommation d’amphétamines pendant la grossesse peut entraîner des malformations congénitales, notamment cardiaques, et éventuellement une croissance inappropriée avant la naissance.

Sels de bain pendant la grossesse

L’appellation « sels de bain » désigne un groupe de drogues de synthèse fabriquées à partir de diverses substances ressemblant à l’amphétamine. Les femmes enceintes sont de plus en plus nombreuses à utiliser ces drogues.

Ces drogues peuvent être à l’origine d’un rétrécissement des vaisseaux sanguins du fœtus, réduisant ainsi la quantité d’oxygène reçue par le fœtus.

Ces drogues augmentent également les risques de :

Cocaïne pendant la grossesse

La consommation de cocaïne pendant la grossesse peut avoir un effet vasoconstricteur sur les vaisseaux qui transportent le sang vers l’utérus et le placenta. Ainsi, le fœtus reçoit moins d’oxygène et de nutriments.

En cas de consommation régulière de cocaïne pendant la grossesse, les risques suivants sont accrus :

Cependant, il n’est pas évident que la cocaïne soit la cause de ces problèmes. Par exemple, la cause pourrait être liée à d’autres facteurs de risque qui sont fréquents chez les femmes consommant de la cocaïne. Ces facteurs comprennent le tabagisme, la consommation d’autres drogues illicites, le manque de soins prénataux et la pauvreté.

Hallucinogènes pendant la grossesse

Les hallucinogènes peuvent, selon la substance consommée, augmenter les risques suivants :

Les substances hallucinogènes comprennent la méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA ou ecstasy), le rohypnol, la kétamine, la méthamphétamine et le LSD (diéthylamide de l’acide lysergique).

Marijuana pendant la grossesse

On ignore si la consommation de marijuana par la femme enceinte peut avoir des effets néfastes sur le fœtus. Le principe actif principal de la marijuana, le tétrahydrocannabinol, peut traverser la barrière placentaire et ainsi affecter le fœtus. Cependant, la consommation de faibles quantités de marijuana ne semble pas accroître le risque de malformations congénitales ni ralentir la croissance du fœtus.

La marijuana ne cause pas de troubles comportementaux chez le nouveau-né, à moins d’une consommation en quantités élevées au cours de la grossesse.

Opioïdes pendant la grossesse

Les opioïdes sont utilisés pour soulager la douleur, mais ils peuvent aussi entraîner une sensation exagérée de bien-être et, en cas d’utilisation excessive, ils peuvent entraîner une dépendance et une toxicomanie.

Les opioïdes, comme l’héroïne, la méthadone et la morphine, traversent facilement la barrière placentaire. Par conséquent, le fœtus peut devenir dépendant ou présenter des symptômes de sevrage 6 heures à 8 jours après la naissance. Cependant, la consommation d’opiacés est rarement la cause de malformations congénitales.

La consommation ou l’utilisation d’opioïdes au cours de la grossesse augmente le risque de complications pendant la grossesse, telles que

Les enfants de femmes héroïnomanes présentent un risque plus élevé d’être de petite taille.

Médicaments utilisés pendant le travail et l’accouchement

Les médicaments utilisés pour soulager la douleur pendant le travail (tels que des anesthésiques locaux et des opioïdes) peuvent traverser le placenta et affecter le nouveau-né. Ils peuvent par exemple être à l’origine d’une dépression respiratoire. S’il est nécessaire de les utiliser pendant l’accouchement, ils devront donc être administrés à la dose minimale efficace.

Médicaments mentionnés dans cet article

Nom générique Sélectionner les dénominations commerciales
PLAQUENIL
CYTOXAN (LYOPHILIZED)
PURINETHOL
DIABINESE
ALDACTONE
AZULFIDINE
DILAUDID
LEUKERAN
LEXAPRO
MARQIBO KIT
THALOMID
No US brand name
TERAZOL 3
EFFEXOR XR
LAMICTAL
XARELTO
DIFLUCAN
ZOLOFT
XANAX
MONISTAT 3
CELEXA
LATUDA
ZYPREXA
COLCRYS
UNISOM
ALAVERT, CLARITIN
WELLBUTRIN, ZYBAN
DIABETA, GLYNASE
DURAMORPH PF, MS CONTIN
ELIQUIS
COMMIT, NICORETTE, NICOTROL
MYLERAN
LITHOBID
REMARQUE : Il s’agit de la version grand public. MÉDECINS : Cliquez ici pour la version professionnelle
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