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La mucoviscidose

Par

Beryl J. Rosenstein

, MD, Johns Hopkins University School of Medicine

Dernière révision totale janv. 2019| Dernière modification du contenu janv. 2019
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Les faits en bref
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La mucoviscidose est une maladie héréditaire qui se caractérise par la production de sécrétions anormales par certaines glandes, ce qui entraîne des dommages au niveau des tissus et des organes, notamment les poumons et le tube digestif.

  • La mucoviscidose est causée par des mutations génétiques héréditaires qui font que des sécrétions épaisses et collantes obstruent les poumons et d’autres organes.

  • Les symptômes typiques incluent des ballonnements abdominaux, des selles molles et une prise de poids insuffisante, ainsi qu’une toux, un sifflement et de fréquentes infections respiratoires toute la vie durant.

  • Le diagnostic repose sur les résultats du test de la sueur et/ou de l’analyse génétique.

  • Aux États-Unis, la moitié des personnes atteintes de cette maladie sont des adultes.

  • Les traitements incluent des antibiotiques, des bronchodilatateurs, des médicaments visant à fluidifier les sécrétions pulmonaires, des traitements de désobstruction des voies respiratoires, des compléments d’enzymes pancréatiques et des vitamines pour les troubles de la digestion, ainsi que des médicaments conçus pour améliorer l’activité de la protéine de la mucoviscidose chez les personnes porteuses de certaines mutations.

  • Certaines personnes bénéficient d’une transplantation pulmonaire.

La mucoviscidose est la maladie héréditaire la plus fréquente conduisant à une réduction de l’espérance de vie parmi les Blancs. Aux États-Unis, elle touche environ 1 nourrisson blanc sur 3 300 et 1 nourrisson noir sur 15 300. Elle est rare dans la population asiatique. Grâce aux améliorations du traitement permettant une meilleure espérance de vie des personnes atteintes de mucoviscidose, environ 54 % de celles qui présentent cette maladie aux États-Unis atteignent l’âge adulte. La mucoviscidose touche pareillement les garçons et les filles.

La mucoviscidose : Plus qu’une maladie pulmonaire

La mucoviscidose affecte les poumons et également plusieurs autres organes.

Dans les poumons, d’épaisses sécrétions bronchiques bloquent les petites voies respiratoires, qui deviennent enflammées. À mesure que la maladie progresse, les parois bronchiques s’épaississent, les voies respiratoires se remplissent de sécrétions infectées, certaines régions du poumon se contractent et les ganglions lymphatiques grossissent.

À l’intérieur du foie, d’épaisses sécrétions bloquent les voies biliaires. Des calculs peuvent se développer dans la vésicule biliaire.

Dans le pancréas, d’épaisses sécrétions peuvent bloquer entièrement la glande, à tel point que les enzymes digestives ne peuvent plus atteindre l’intestin. Il se peut que le pancréas produise moins d’insuline, provoquant un diabète chez certaines personnes (généralement, à l’adolescence ou à l’âge adulte).

Dans l’intestin grêle, on peut observer un iléus méconial (type d’occlusion intestinale) qui peut résulter de la production de sécrétions épaisses et peut nécessiter une intervention chirurgicale chez le nouveau-né.

Les organes reproducteurs sont affectés de diverses manières par la mucoviscidose, entraînant généralement une stérilité chez l’homme.

Les glandes sudoripares de la peau sécrètent un liquide qui contient plus de sel que la normale.

La mucoviscidose : Plus qu’une maladie pulmonaire

Causes

Gènes anormaux

Une personne est atteinte de mucoviscidose lorsqu’elle hérite de deux copies (mutations) défectueuses d’un gène particulier, une de chaque parent. Ce gène est appelé gène régulateur transmembranaire de la conductance de la mucoviscidose (cystic fibrosis transmembrane conductance regulator, CFTR). Il contrôle la production d’une protéine qui régule le mouvement du chlorure et du sodium (sel) à travers les membranes cellulaires. Dans le monde, environ 3 personnes blanches sur 100 sont porteuses d’une copie défectueuse du gène CFTR. Les personnes qui présentent une copie défectueuse sont porteuses de la maladie, mais ne tombent pas elles-mêmes malades. Environ 3 personnes blanches sur 10 000 héritent des deux copies défectueuses du gène et développent une mucoviscidose. Chez ces personnes, le mouvement du chlorure et du sodium est perturbé, augmentant la viscosité des sécrétions dans l’ensemble du corps.

Sécrétions anormales

La mucoviscidose affecte de nombreux organes du corps et la quasi-totalité des glandes qui sécrètent des liquides dans un canal (glandes exocrines).

Les organes les plus fréquemment affectés sont les suivants :

  • Poumons

  • Pancréas

  • Intestins

  • Foie et vésicule biliaire

  • Organes reproductifs

Les poumons sont normaux à la naissance, mais les problèmes peuvent survenir à tout moment par la suite, quand d’épaisses sécrétions (autrement appelées bouchons de mucus) commencent à bloquer les petites voies respiratoires. Les bouchons entraînent des infections bactériennes chroniques et une inflammation qui endommage de manière irréversible les voies respiratoires (c’est ce qu’on appelle bronchiectasie). Ces problèmes rendent la respiration de plus en plus difficile et limitent la capacité des poumons à transférer l’oxygène au sang. De plus, les personnes peuvent développer de fréquentes infections respiratoires bactériennes qui affectent les sinus.

Dans le pancréas, le blocage des canaux empêche les enzymes digestives d’atteindre l’intestin. Le nombre insuffisant de ces enzymes conduit à une mauvaise absorption des graisses, des protéines et des vitamines (malabsorption). Cette mauvaise absorption, à son tour, peut entraîner des carences nutritionnelles et des retards de croissance. À terme, le pancréas peut devenir cicatriciel et ne plus produire suffisamment d’ insuline, provoquant un diabète chez certaines personnes. Cependant, environ 5 à 15 % des personnes atteintes de mucoviscidose ne développent pas de problèmes digestifs au niveau du pancréas.

Les intestins peuvent être obstrués par des sécrétions épaisses. Il est fréquent qu’une occlusion soit présente immédiatement après la naissance, car le contenu du système digestif du fœtus (méconium) est anormalement épais. Ce type d’occlusion intestinale est appelé iléus méconial. Les enfants plus âgés et les adultes peuvent également avoir des problèmes de constipation et d’obstruction intestinale (ce que l’on appelle syndrome d’occlusion intestinale).

Le foie et la vésicule biliaire peuvent être obstrués par des sécrétions épaisses qui peuvent entraîner à terme une cicatrisation du foie (fibrose). Il peut y avoir formation de calculs biliaires.

Les organes reproducteurs peuvent être obstrués par des sécrétions épaisses qui peuvent entraîner une stérilité. La quasi-totalité des hommes affectés sont stériles, mais la stérilité est beaucoup moins fréquente chez les femmes.

Les glandes sudoripares sécrètent du liquide contenant plus de sel que la normale, ce qui augmente le risque de déshydratation.

Symptômes

Les symptômes de la mucoviscidose varient avec l’âge.

Nouveau-nés et jeunes enfants

Environ 15 à 20 % des nouveau-nés atteints de mucoviscidose ont un iléus méconial, qui provoque des vomissements, des ballonnements (distension abdominale) et une absence de selles. L’iléus méconial est parfois compliqué par une perforation de l’intestin, affection dangereuse causant une péritonite (inflammation de la membrane qui enveloppe la cavité abdominale et les organes de l’abdomen) et qui, en l’absence de traitement, conduit à un choc et au décès de l’enfant. Certains nouveau-nés présentent une torsion de l’intestin sur lui-même (volvulus) ou un développement incomplet de l’intestin. Les nouveau-nés qui ont un iléus méconial développent presque toujours d’autres symptômes de mucoviscidose.

Un retard pour retrouver le poids à la naissance ou une faible prise de poids entre 4 et 6 semaines de vie constitue souvent le premier symptôme de mucoviscidose chez les nourrissons qui ne présentent pas d’iléus méconial. Cette faible prise de poids est due à la mauvaise absorption des nutriments liée aux quantités inadéquates d’enzymes pancréatiques. Le nourrisson a des selles fréquentes, compactes, malodorantes et huileuses, et peut présenter une distension abdominale. En l’absence de traitement, la prise de poids chez le nourrisson et l’enfant plus âgé est lente malgré un appétit robuste ou normal.

Enfants plus âgés et adultes

À moins que le diagnostic ne soit posé au moment du dépistage des nouveau-nés, environ la moitié des enfants atteints de mucoviscidose viennent d’abord consulter en raison d’une toux fréquente, d’un sifflement et d’infections respiratoires. La toux, symptôme le plus perceptible, s’accompagne souvent de haut-le-cœur, de vomissements et de troubles du sommeil. Les enfants peuvent avoir du mal à respirer, émettre un sifflement, ou les deux. À mesure que la maladie progresse, les enfants tolèrent de moins en moins bien l’activité physique, les infections pulmonaires ont tendance à gagner en fréquence, le thorax prend la forme d’un tonneau et le manque d’oxygène peut donner aux doigts une apparence de baguettes de tambour ( Hippocratisme) et faire bleuir le lit des ongles. Des polypes peuvent se former à l’intérieur du nez. Les sinus peuvent se remplir d’épaisses sécrétions, entraînant des sinusites chroniques ou récidivantes.

Les enfants plus âgés et les adultes peuvent avoir des problèmes de constipation ou développer une occlusion intestinale récurrente et parfois chronique. Les symptômes comprennent une modification de l’aspect des selles, des crampes abdominales douloureuses, une diminution de l’appétit, et parfois des vomissements. Le reflux gastro-œsophagien est relativement fréquent chez les enfants et les adultes.

Lorsqu’un enfant ou un adulte atteint de mucoviscidose transpire de façon excessive par temps chaud ou en raison d’une fièvre, il peut s’ensuivre une déshydratation liée à la perte plus importante de sel et d’eau. Les parents pourront alors remarquer la formation de cristaux de sel, voire reconnaître un goût salé sur la peau de l’enfant.

Les adolescents présentent souvent un retard de croissance et une puberté tardive. À mesure que la maladie évolue, l’infection pulmonaire devient un problème majeur. Les bronchites et pneumonies à répétition détruisent progressivement les poumons.

Complications

La mucoviscidose entraîne de nombreuses complications.

L’absorption inadéquate des vitamines liposolubles (A, D, E et K) peut aboutir à une cécité nocturne, une ostéopénie (perte de densité osseuse), une ostéoporose, une anémie et des troubles de la coagulation. Chez environ 20 % des nourrissons et tout-petits qui ne sont pas traités, la paroi du rectum ressort par l’anus, affection appelée prolapsus rectal. Dans de rares cas, les nourrissons atteints de mucoviscidose à qui l’on a donné une préparation à base de soja ou une formule hypoallergénique peuvent développer une anémie et un gonflement des extrémités, car ils n’absorbent pas suffisamment de protéines.

Les complications de la mucoviscidose chez l’adolescent et l’adulte incluent la rupture des petits sacs d’air des poumons (alvéoles) dans la cavité pleurale (espace entre le poumon et la paroi thoracique). Cette rupture peut laisser passer l’air dans la cavité pleurale (c’est ce que l’on appelle pneumothorax), ce qui affaisse le poumon. Les autres complications incluent l’insuffisance cardiaque et l’hémorragie massive ou récurrente dans les voies respiratoires.

Environ 2 % des enfants, 20 % des adolescents et 40 % des adultes atteints de mucoviscidose développent un diabète insulinodépendant lié au pancréas endommagé qui ne peut plus produire suffisamment d’ insuline.

L’obstruction des voies biliaires par d’épaisses sécrétions peut entraîner une inflammation du foie, voire la formation de tissus cicatriciels dans le foie (cirrhose) chez 2 à 3 % environ des personnes atteintes de mucoviscidose. La cirrhose peut augmenter la tension à l’intérieur des veines qui arrivent dans le foie (hypertension portale), entraînant une dilatation et une fragilité des veines à l’extrémité inférieure de l’œsophage (varices œsophagiennes), qui peuvent se rompre et saigner à profusion.

Chez presque toutes les personnes atteintes de mucoviscidose, la vésicule biliaire est petite et remplie de bile épaisse, et présente un mauvais fonctionnement. Environ 10 % des personnes développent des calculs biliaires, mais seul un faible pourcentage développe des symptômes. L’ablation chirurgicale de la vésicule biliaire est rarement nécessaire.

Les personnes atteintes de mucoviscidose présentent souvent une altération de la fonction reproductive. La quasi-totalité des hommes ont un faible nombre de spermatozoïdes (ce qui les rend stériles), car l’un des canaux des testicules (canal déférent) s’est développé anormalement et bloque le passage du sperme. Chez la femme, les sécrétions cervicales sont trop épaisses, ce qui diminue quelque peu la fertilité. Toutefois, de nombreuses femmes atteintes de mucoviscidose ont mené des grossesses à terme. L’issue de la grossesse pour la mère et le nouveau-né est liée à l’état de santé de la mère pendant la grossesse. Quant à la fonction sexuelle, elle n’est altérée ni chez l’homme ni chez la femme.

Les autres complications peuvent inclure arthrite, douleur chronique, apnée obstructive du sommeil, calculs rénaux, maladie rénale, dépression et anxiété, ainsi que risque accru de cancer des voies biliaires, du pancréas et des intestins.

Diagnostic

  • Examen de dépistage néonatal

  • Test de la sueur

  • Analyse génétique

  • Examen des porteurs

  • Autres tests

Dépistage néonatal

Aux États-Unis, des tests de dépistage de la mucoviscidose sont effectués sur tous les nouveau-nés. Une goutte de sang est prélevée sur un morceau de papier filtre et l’on mesure le taux de trypsine (enzyme digestive produite par le pancréas). Si le taux de trypsine dans le sang est élevé, les nouveau-nés subissent un test de confirmation. Les tests de confirmation comprennent une analyse génétique et/ou un test de la sueur. La plupart des cas de mucoviscidose sont désormais identifiés par les tests de dépistage néonatal.

S’il n’y a pas de dépistage de la mucoviscidose chez le nouveau-né, le diagnostic est généralement confirmé dans les premiers mois de vie ou à un stade précoce de l’enfance, mais la mucoviscidose reste non détectée jusqu’à l’adolescence ou le début de l’âge adulte chez environ 10 % des personnes touchées par la maladie.

Test de la sueur

Un test de la sueur est effectué chez les nouveau-nés positifs au test de dépistage, ainsi que chez les nourrissons, les enfants et les personnes plus âgées qui présentent des symptômes évocateurs d’une mucoviscidose. Ce test, que l’on réalise en ambulatoire, mesure la quantité de sel dans la sueur. On place de la pilocarpine sur la peau pour stimuler la transpiration et l’on positionne du papier filtre ou un tube très fin contre la peau pour collecter la sueur. La concentration de sel dans la sueur est alors mesurée. Une concentration de sel supérieure à la normale confirme le diagnostic de mucoviscidose chez les personnes qui présentent des symptômes de mucoviscidose ou qui ont un frère ou une sœur souffrant de la maladie. Bien que les résultats de ce test soient à tout moment valides à compter des 2 premiers jours de vie du nouveau-né, il peut être difficile de recueillir un échantillon de sueur suffisamment important chez un nouveau-né âgé de 2 semaines ou moins.

Analyse génétique

L’analyse génétique à la recherche du gène CFTR anormal peut permettre de diagnostiquer la mucoviscidose chez un nouveau-né qui présente un résultat de dépistage néonatal positif, chez une personne qui affiche un ou plusieurs symptômes caractéristiques ou chez une personne qui a un frère ou une sœur atteint(e) de la mucoviscidose. La détection de deux gènes de mucoviscidose anormaux (mutations) tend à confirmer le diagnostic de mucoviscidose. Cependant, un test de la sueur positif reste nécessaire pour confirmer définitivement le diagnostic. En outre, étant donné que l’analyse génétique type ne recherche pas la totalité des plus de 1 900 mutations différentes de la mucoviscidose, la non-détection de deux mutations ne garantit pas l’absence de mucoviscidose chez la personne (bien que la probabilité d’être atteint de la mucoviscidose soit très faible). La maladie peut être diagnostiquée avant la naissance en réalisant sur le fœtus une analyse génétique reposant sur un prélèvement de villosités choriales ou sur une amniocentèse.

Certains nourrissons dont le test de dépistage néonatal est positif peuvent être difficiles à classifier définitivement, même après un test de la sueur et des analyses génétiques. Chez certains nourrissons qui ne présentent aucun symptôme apparenté à la mucoviscidose, les résultats du test de la sueur peuvent n’être ni positifs ni négatifs, et aucune ou une seule mutation génétique de la mucoviscidose peut être présente. Dans ces cas-là, les médecins parlent de syndrome métabolique lié à CFTR (SMLC). Bien que la majorité de ces nourrissons restent en bonne santé, il est possible qu’ils développent certains symptômes de la mucoviscidose plus tard et que le diagnostic soit alors confirmé. C’est pourquoi ces enfants doivent tous être suivis régulièrement dans un centre spécialisé dans le traitement de la mucoviscidose.

Certaines personnes, généralement des adultes, développent des symptômes qui n’affectent qu’un seul organe, souvent avec un résultat intermédiaire du test de la sueur et sans les deux mutations qui provoquent la mucoviscidose. Par exemple, les symptômes peuvent n’affecter que le pancréas (entraînant une pancréatite), les poumons (entraînant une bronchiectasie) ou les organes reproducteurs masculins (entraînant une stérilité). Le diagnostic est alors un trouble lié à CFTR.

Test de dépistage des porteurs

Un test de dépistage des porteurs peut être réalisé pour les personnes souhaitant devenir parents ou qui sont à la recherche de soins prénataux. En particulier, les proches d’une personne atteinte de mucoviscidose souhaiteront savoir s’ils présentent un risque accru d’avoir des enfants atteints par la maladie et on doit pouvoir leur proposer une analyse génétique ainsi que des conseils. Un échantillon de sang est prélevé pour déterminer si la personne a un gène défectueux de mucoviscidose (mutation).

À moins que les deux parents potentiels aient au moins une mutation de ce type, leurs enfants n’auront pas la mucoviscidose. Si les deux parents sont porteurs d’un gène défectueux de mucoviscidose, chaque grossesse est associée à un risque de 25 % d’avoir un enfant atteint de mucoviscidose, à un risque de 50 % d’avoir un enfant porteur de la maladie et à une probabilité de 25 % d’avoir un enfant qui n’est pas porteur de gènes défectueux de mucoviscidose.

Autres tests

La mucoviscidose pouvant toucher plusieurs organes, d’autres tests peuvent être utiles. Les taux d’enzymes pancréatiques sont généralement réduits, et l’analyse des selles de la personne peut mettre en évidence des taux peu élevés ou indétectables d’élastase (enzyme digestive sécrétée par le pancréas) et des taux élevés de graisse.

Des analyses de sang sont réalisées pour déterminer si la sécrétion d’ insuline est réduite et si les taux de glycémie sont élevés. Des examens sont également réalisés pour évaluer la fonction hépatique et les taux de vitamines liposolubles.

Les médecins prélèvent régulièrement des échantillons dans la gorge ou issus d’expectorations des poumons pour les mettre en culture et identifier les bactéries présentes dans les voies respiratoires. Cela permet de déterminer quels antibiotiques sont nécessaires.

Les tests de la fonction pulmonaire peuvent montrer une altération de la respiration et sont de bons indicateurs de la façon dont les poumons fonctionnent.

Des radiographies du thorax et une tomodensitométrie (TDM) thoracique peuvent s’avérer utiles pour documenter une infection pulmonaire et l’étendue des lésions. Une TDM des sinus est réalisée pour les personnes présentant des symptômes graves des sinus, tout particulièrement si elles ont des polypes nasaux ou si une chirurgie des sinus est envisagée.

Pronostic

La sévérité de la mucoviscidose varie grandement d’une personne à l’autre, quel que soit l’âge. La sévérité est en grande partie déterminée par le degré d’altération pulmonaire. Aux États-Unis, les personnes nées en 2017 devraient vivre jusqu’à 46 ans environ. Les perspectives de survie prolongée se sont régulièrement améliorées ces 50 dernières années, principalement grâce aux traitements qui peuvent désormais retarder certains des changements qui se produisent dans les poumons. La survie à long terme s’est nettement améliorée chez les personnes qui ne développent pas de problèmes pancréatiques.

En revanche, une détérioration est inévitable, entraînant une perte de la fonction pulmonaire, et à terme le décès. Les personnes atteintes de mucoviscidose succombent généralement à une insuffisance respiratoire après de nombreuses années de détérioration de la fonction pulmonaire. Un faible nombre, toutefois, succombe à une insuffisance cardiaque, à une maladie hépatique, à une hémorragie dans les voies respiratoires ou à des complications suite à une intervention chirurgicale. Malgré leurs nombreux problèmes, les personnes atteintes de mucoviscidose sont souvent scolarisées ou travaillent jusqu’à peu de temps avant leur mort.

Traitement

  • Vaccins de routine

  • Antibiotiques, médicaments inhalés pour fluidifier les sécrétions dans les voies respiratoires et techniques de désobstruction des voies respiratoires

  • Médicaments empêchant les voies respiratoires de devenir trop étroites (bronchodilatateurs) et parfois corticoïdes

  • Compléments d’enzymes pancréatiques et de vitamines

  • Régime riche en calories

  • En cas de mutations spécifiques, ivacaftor ou association ivacaftor/lumacaftor ou ivacaftor/tezacaftor

Les personnes atteintes de mucoviscidose doivent suivre un programme thérapeutique complet dirigé par un médecin qualifié dans le traitement de cette maladie (généralement un pédiatre ou un interne) et par une équipe composée d’autres médecins, de personnel infirmier, d’un(e) diététicien(ne), d’un(e) thérapeute respiratoire et idéalement d’un assistant social, d’un conseiller en génétique, d’un pharmacien, d’un psychologue et d’un kinésithérapeute. Les objectifs de la thérapie incluent la prévention et le traitement à long terme des troubles pulmonaires et digestifs et autres complications, le maintien d’une bonne alimentation et l’encouragement à de l’activité physique.

Les enfants atteints de mucoviscidose ont besoin d’un soutien psychologique et social, car ils peuvent être dans l’impossibilité de participer aux activités normales de l’enfance et se sentir isolés. Une grande partie des contraintes liées au traitement d’un enfant atteint de mucoviscidose incombe aux parents, qui doivent recevoir des informations, une formation et un soutien adéquats pour bien comprendre la maladie et le bien-fondé des traitements.

Les adolescents ont besoin de conseils et d’informations lorsqu’ils deviennent indépendants et commencent à assumer la responsabilité de leurs propres soins.

Les adultes ont besoin de soutien pour faire face aux problèmes liés à l’emploi, aux relations, à l’assurance-maladie et à la dégradation de leur état de santé.

Traitements pour les poumons

Le traitement des problèmes pulmonaires cible les éléments suivants :

  • Prévention des obstructions des voies respiratoires

  • Contrôle de l’infection

La personne doit recevoir tous les vaccins prévus au calendrier vaccinal, notamment contre les pathogènes responsables des infections respiratoires, tels que Haemophilus influenzae, la grippe, la rougeole, la coqueluche, le pneumocoque et la varicelle.

Les techniques de désobstruction des voies respiratoires, qui incluent le drainage postural, la percussion thoracique, la vibration des mains sur la paroi thoracique et l’encouragement à tousser ( Kinésithérapie du thorax), sont initiées lorsque le diagnostic de mucoviscidose est posé. Les parents d’un jeune enfant peuvent apprendre ces techniques et les pratiquer tous les jours à domicile. Les enfants plus âgés et les adultes peuvent se charger eux-mêmes des techniques de désobstruction des voies respiratoires, à l’aide de dispositifs respiratoires spécifiques, d’un oscillateur pulmonaire haute fréquence (veste gonflable qui vibre à haute fréquence) ou de techniques respiratoires spéciales. Pratiqué régulièrement, l’exercice physique en aérobie peut également aider à désencombrer les voies respiratoires.

Souvent, des bronchodilatateurs sont prescrits pour aider à prévenir le rétrécissement des voies respiratoires. Les bronchodilatateurs sont généralement inhalés. Les personnes qui présentent de graves troubles pulmonaires et qui ont un faible taux d’oxygène dans le sang peuvent avoir besoin d’une supplémentation en oxygène. En général, les personnes atteintes d’une insuffisance respiratoire chronique ne bénéficient pas d’un respirateur (machine à respirer). En revanche, de brefs épisodes ponctuels de ventilation mécanique en milieu hospitalier peuvent aider au cours d’une infection aiguë, après une intervention chirurgicale ou en attendant une transplantation pulmonaire.

On utilise fréquemment des médicaments conditionnés en aérosol (nébulisés), tels que la dornase alfa (désoxyribonucléase I humaine recombinante) ou une solution très concentrée en sel (hypertonique), chez les personnes de plus de 6 ans, pour aider à fluidifier le mucus épais dans les voies respiratoires. Ce type de médicaments facilite l’expectoration, améliore la fonction pulmonaire et peut également diminuer la fréquence des graves infections respiratoires.

Les corticoïdes par voie orale, tels que la prednisone ou la dexaméthasone, peuvent soulager les symptômes chez les nourrissons atteints d’une inflammation bronchique sévère, chez les personnes dont les voies respiratoires sont resserrées et chez qui les bronchodilatateurs ne suffisent pas, et chez les personnes présentant une réaction allergique pulmonaire à un certain type de champignon (aspergillose bronchopulmonaire allergique). L’aspergillose bronchopulmonaire allergique est également traitée avec un antifongique administré par voie orale ou intraveineuse.

On utilise parfois de l’ibuprofène, anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), pour ralentir la détérioration de la fonction pulmonaire.

Les infections respiratoires doivent être traitées dès que possible par antibiotiques. Au premier signe d’infection respiratoire, on prélève et on analyse un échantillon d’expectoration ou d’un prélèvement réalisé au fond de la gorge et au niveau des amygdales, pour que l’organisme infectieux puisse être identifié et que le médecin puisse sélectionner les médicaments les plus à même de le contrôler. On retrouve fréquemment Staphylococcus aureus, dont les souches résistantes à la méticilline et les espèces Pseudomonas. Il existe de nombreux antibiotiques par voie orale permettant de traiter les infections staphylococciques. En cas d’infection à Pseudonomas, un antibiotique comme la fluoroquinolone peut souvent être administré par voie orale, ou un antibiotique comme la tobramycine ou l’aztréonam peut être administré via un aérosol.

Toutefois, si l’infection est sévère, une administration intraveineuse d’antibiotiques pourra être nécessaire. Pour ce traitement, la tobramycine ou un autre antibiotique de la classe des aminosides est associé à un autre antibiotique qui cible spécifiquement Pseudomonas. Ces antibiotiques incluent également les céphalosporines, les pénicillines et les monobactames. Ce traitement nécessite souvent une hospitalisation, mais peut également se faire en partie à domicile. La prise de tobramycine ou d’aztréonam en aérosol pendant une longue période, généralement tous les deux mois, et la prise continue de l’antibiotique azithromycine par voie orale trois fois par semaine peuvent permettre de contrôler l’infection à Pseudomonas et ralentir le déclin de la fonction pulmonaire.

L’ivacaftor est un médicament qui améliore la fonction de la protéine qui régule le mouvement du chlorure et du sodium (sel) à travers les membranes cellulaires. Il est recommandé chez les personnes de plus de 2 ans qui possèdent une ou deux copies des mutations spécifiques de la mucoviscidose. Ces mutations ne sont présentes que chez une petite partie des personnes atteintes de mucoviscidose. Chez ces personnes, le médicament peut améliorer la fonction pulmonaire, augmenter le poids et réduire la fréquence des infections pulmonaires.

Le lumacaftor et le tezacaftor sont des médicaments qui peuvent être administrés aux personnes possédant une mutation spécifique de la mucoviscidose, F508del. L’association du lumacaftor et de l’ivacaftor ou une association du tezacaftor et de l’ivacaftor est recommandée chez les personnes atteintes de mucoviscidose et qui possèdent deux copies de cette mutation.

Les médecins travaillent à développer des médicaments similaires à l’ivacaftor, au tezacaftor et au lumacaftor, qui aideront les personnes présentant d’autres mutations responsables de la mucoviscidose.

Des injections d’hormone de croissance humaine peuvent améliorer la fonction pulmonaire, augmenter la taille et le poids et réduire la fréquence des hospitalisations. Cependant, comme ce médicament est onéreux et peu pratique à administrer, les médecins ne le prescrivent que rarement.

Lavements et émollients fécaux

Les nouveau-nés présentant une occlusion intestinale peuvent recevoir des lavements de solutions spéciales, mais une intervention chirurgicale est souvent nécessaire.

Les enfants plus âgés et les adultes qui présentent une constipation ou une occlusion intestinale partielle peuvent être traités avec des émollients fécaux, des lavements et des solutions spéciales administrées par voie orale ou via un tube en plastique fin et flexible (sonde nasogastrique) inséré dans l’estomac par le nez ou la bouche.

Alimentation et compléments alimentaires

L’alimentation doit être suffisamment riche en calories et en protéines pour assurer une croissance normale. Étant donné que la digestion et l’absorption peuvent être anormales même lorsqu’on utilise des compléments d’enzymes pancréatiques, la plupart des enfants doivent consommer 30 à 50 % de calories en plus comparé à l’apport habituellement recommandé pour assurer une croissance adéquate. Le pourcentage de graisse doit être normal à élevé. Les compléments oraux riches en calories peuvent fournir aux enfants et aux adultes des calories supplémentaires.

Les personnes qui n’arrivent pas à absorber suffisamment de nutriments dans l’alimentation auront peut-être besoin d’une alimentation complémentaire administrée par un tube inséré dans l’estomac ou l’intestin grêle.

Les personnes atteintes de mucoviscidose doivent prendre le double de la dose journalière recommandée de vitamines liposolubles (A, D, E et K) dans une formulation spéciale plus facilement absorbée.

Des médicaments qui stimulent l’appétit peuvent être utiles. Lorsque les personnes font de l’exercice, ont de la fièvre ou sont exposées à un temps chaud, elles doivent augmenter leur apport en eau et en sel.

Supplémentation en enzymes pancréatiques

Les personnes dont le pancréas a été touché par la mucoviscidose doivent prendre des gélules de compléments d’enzymes pancréatiques à chaque repas et à chaque collation. Chez les nourrissons, les parents ouvrent les gélules et en mélangent le contenu avec des aliments acides, comme de la compote de pommes, afin que l’enrobage spécial du complément d’enzymes pancréatiques ne se dissolve pas avant d’arriver dans les intestins. Chez certaines personnes, des médicaments qui réduisent l’acide gastrique, comme un antihistaminique H2 ou un inhibiteur de la pompe à protons, peuvent améliorer l’efficacité des enzymes pancréatiques. Des laits artificiels spécifiques contenant des protéines et des graisses faciles à digérer peuvent aider les nourrissons qui souffrent de problèmes pancréatiques et d’un retard de croissance.

Insuline

Les diabétiques atteints de mucoviscidose doivent prendre des injections d’insuline. Les médicaments oraux pour le diabète ne sont pas une option thérapeutique adéquate.

En plus de l’ insuline, la prise en charge inclut des conseils nutritionnels, un programme d’autogestion du diabète et la surveillance d’éventuelles complications oculaires et rénales. Les personnes ont également besoin de conseils nutritionnels spécifiques, car les recommandations nutritionnelles standard pour les personnes souffrant uniquement de diabète ou de mucoviscidose ne sont pas adaptées.

Chirurgie

Il faut parfois opérer pour traiter un pneumothorax, une sinusite chronique, une infection chronique grave confinée à une zone du poumon, une hémorragie des vaisseaux sanguins de l’œsophage, une maladie de la vésicule biliaire ou une occlusion intestinale. On peut traiter l’hémorragie massive ou récurrente dans le poumon par une procédure appelée embolisation, qui consiste à obturer l’artère hémorragique.

La transplantation du foie est pratiquée avec succès chez les personnes présentant de graves lésions hépatiques.

La transplantation des deux poumons en cas de grave affection pulmonaire devient plus fréquente et connaît un plus grand succès grâce à l’expérience et aux techniques améliorées. Pour les adultes atteints de mucoviscidose, la survie moyenne après une double transplantation pulmonaire est d’environ 9 ans.

Autres traitements

Les personnes présentant une insuffisance cardiaque reçoivent des médicaments (diurétiques) qui limitent la rétention de liquides. Les diurétiques permettent d’augmenter le volume d’eau évacué de l’organisme par les reins. Les personnes concernées doivent également limiter leurs apports en sel.

Certaines personnes dont le taux d’oxygène dans le sang est bas peuvent nécessiter un apport supplémentaire en oxygène, généralement grâce à deux tubulures nasales (canules). Certaines personnes sont traitées au moyen d’un masque hermétique placé sur le nez ou sur le nez et la bouche. Un mélange comprimé d’oxygène et d’air est administré par le biais du masque. Cette technique, appelée pression aérienne positive à double niveau ou pression aérienne positive continue, peut aider les personnes à maintenir un taux d’oxygène normal pendant leur sommeil.

Problèmes de la phase terminale

Les personnes atteintes de mucoviscidose et leurs proches doivent aborder avec le médecin et l’équipe de soins la question du pronostic vital et des traitements qu’elles souhaitent recevoir. Ces discussions sont particulièrement importantes pour les personnes dont la fonction pulmonaire se dégrade. Il est essentiel d’être préparé(e) à l’avenir et de savoir quels traitements peuvent être envisagés pour prolonger la vie. En cas de mucoviscidose avancée, les personnes et leur famille doivent discuter des bénéfices et des charges potentiels d’une transplantation pulmonaire.

Les médecins doivent fournir aux personnes atteintes de la mucoviscidose les informations nécessaires pour prendre les décisions relatives à leur traitement et doivent les aider à savoir quand et comment accepter la perspective du décès, ainsi qu’à aborder le sujet du décès. La majorité des personnes en phase terminale de mucoviscidose sont des adolescents presque adultes ou des adultes responsables et généralement capables de prendre leurs propres décisions.

Lorsque les traitements agressifs ne sont plus efficaces, les médecins peuvent commencer à administrer des traitements qui ne visent qu’à soulager les symptômes (soins palliatifs). Il est généralement préférable de prendre ces décisions concernant les soins de fin de vie bien avant que cela soit nécessaire. Ces discussions précoces sont très importantes ; en effet, à un stade très avancé la maladie empêche souvent la personne d’exprimer ses souhaits. Ce processus de prise de décisions anticipée pour les soins de fin de vie s’appelle la planification préalable des soins. Le processus de planification doit inclure les dispositions légales appropriées afin de refléter au mieux les souhaits de la personne concernant les soins de fin de vie.

Informations supplémentaires

Médicaments mentionnés dans cet article

Nom générique Sélectionner les dénominations commerciales
PULMOZYME
ISOPTO CARPINE, PILOPINE HS, SALAGEN
RAYOS
Tezacaftor
KALYDECO
REMARQUE : Il s’agit de la version grand public. MÉDECINS : Cliquez ici pour la version professionnelle
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