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Troubles du comportement chez les adolescents

Par

Sharon Levy

, MD, MPH, Harvard Medical School

Dernière révision totale févr. 2019| Dernière modification du contenu févr. 2019
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Les faits en bref
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L’adolescence est une période de développement de l’indépendance. Les adolescents exercent en général leur autonomie en contestant les règles parentales, et parfois en les transgressant. Parents et médecins doivent différencier les erreurs d’appréciation occasionnelles, d’un comportement inadapté qui requiert une intervention professionnelle. L’importance et la fréquence des infractions sont des éléments évocateurs. Par exemple, la consommation régulière d’alcool, le recours fréquent à la violence, l’absentéisme scolaire et le vol sont beaucoup plus significatifs que des épisodes isolés de ces mêmes faits. D’autres signes avant-coureurs sont le déclin des performances scolaires et la fugue du domicile. Particulièrement inquiétants sont les adolescents qui, lors d’une altercation, provoquent de graves blessures ou utilisent une arme.

Les adolescents étant bien plus indépendants et mobiles que les enfants, ils sont souvent hors de la surveillance directe des adultes. Sous ces circonstances, les attitudes des adolescents sont dictées par leurs propres codes moraux et comportementaux. Les parents guident plutôt qu’ils ne contrôlent directement leurs actes. Les adolescents qui peuvent compter sur l’affection et le soutien de leurs parents sont moins enclins à avoir des conduites à risque. Ceci est également vrai lorsque les attentes parentales vis-à-vis du comportement de leur enfant sont claires et que les limites comme l’encadrement sont établies de façon cohérente. Des pratiques parentales empreintes d’autorité mais éclairées avec une participation de l’enfant à la définition des attentes et règles familiales, en opposition à des pratiques tyranniques (lorsque les parents prennent des décisions avec peu ou pas de participation de l’enfant) ou permissives (lorsque les parents ne posent pratiquement aucune limites), sont plus à même de favoriser des conduites matures.

Les parents autoritaires utilisent habituellement un système de privilèges gradués, par lequel des petites responsabilités et certaines libertés sont attribuées à l’adolescent (comme prendre soin d’un animal, effectuer des tâches domestiques, acheter ses propres vêtements, décorer sa propre chambre ou gérer son argent de poche). Si l’adolescent s’acquitte correctement de ses obligations pendant un certain temps, davantage de responsabilités et de privilèges (comme les sorties avec des amis sans les parents et la conduite d’un véhicule) lui sont accordés. À l’inverse, un manque de discernement et de responsabilité entraîne la perte de certains privilèges. Chaque étape de gain d’autonomie nécessite la plus grande attention de la part des parents, qui s’assurent que l’adolescent respecte les règles définies.

Certains parents et leurs adolescents entrent en conflit quasiment sur chaque sujet. Dans ces situations, le problème principal est en réalité, le contrôle : Les adolescents veulent avoir le contrôle de leur vie et leurs parents tiennent à ce qu’ils sachent que ce sont toujours eux qui établissent les règles. Dans ce cas, il peut être profitable à tout le monde que les parents s’attachent à choisir leurs combats et concentrent leurs efforts sur ses actes (par exemple la fréquentation de l’école et la participation aux tâches domestiques), plutôt que sur la façon dont il s’exprime (habillage, coiffure, divertissements favoris).

Les adolescents dont la conduite reste dangereuse ou simplement inacceptable, en dépit des efforts manifestes de leurs parents, peuvent bénéficier de l’intervention d’un professionnel. L’usage de substances est souvent un élément déclencheur entraînant des problèmes comportementaux, et les troubles liés à l’usage de substances nécessitent un traitement adapté. Les problèmes comportementaux peuvent également être des symptômes de troubles de l’apprentissage, d’une dépression ou d’autres troubles mentaux. Ces troubles requièrent en général un accompagnement et les troubles mentaux requièrent également souvent un traitement médicamenteux. Si les parents n’arrivent pas à empêcher un comportement à risque chez un adolescent, ils peuvent demander une intervention légale et l’aide d’un contrôleur judiciaire qui pourra obliger l’adolescent à respecter certaines règles.

Troubles du comportement spécifiques

Les troubles du comportement perturbateurs sont fréquents à l’adolescence.

Le trouble déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est le trouble mental le plus fréquent chez les enfants, et il se poursuit souvent à l’adolescence et à l’âge adulte. Cependant, les adolescents qui ont du mal à se concentrer peuvent présenter un autre trouble, tel qu’une dépression ou des difficultés d’apprentissage. Bien que le TDAH soit souvent traité à l’aide de médicaments stimulants (tels que des amphétamines ou du méthylphénidate), dont l’abus est fréquent, il semble que ces traitements n’augmentent pas le risque de développer un trouble lié à l’usage de substances lorsque le diagnostic de TDAH est correct. Cependant, il arrive que des adolescents se plaignent de difficultés de concentration afin d’obtenir une ordonnance pour des stimulants, soit pour faciliter leur apprentissage, soit pour un usage récréatif.

Les autres troubles du comportement perturbateurs de l’enfant incluent le trouble oppositionnel avec provocation et les troubles de la conduite.

Violence et appartenance à un gang

Les enfants recherchent occasionnellement l’affrontement physique. À l’adolescence cependant, la fréquence et la sévérité des altercations violentes augmentent. Bien que les épisodes de violence à l’école soient fortement médiatisés, les adolescents ont beaucoup plus de risques d’être impliqués dans des actes violents (ou plus souvent des menaces de violence) au domicile et en dehors de l’école. De nombreux facteurs contribuent à accroître le risque de violence chez les adolescents, dont :

  • l’appartenance à un gang,

  • Accès à des armes à feu

  • la consommation de certaines substances,

  • Pauvreté

Peu de données suggèrent une relation entre la violence et des anomalies génétiques ou chromosomiques.

L’appartenance à un gang a été associée à des comportements violents. Les gangs de jeunes sont des associations spontanées d’au moins 3 membres âgés classiquement entre 13 et 24 ans. Ils se dotent le plus souvent d’un nom et de marques d’appartenance, telles qu’un style vestimentaire particulier, certains gestes de la main ou des graffiti. Certains gangs demandent aux aspirants membres d’effectuer des actes de violence aléatoires avant de leur permettre de devenir membres à part entière.

L’augmentation de la violence due aux gangs de jeunes est attribuée au moins en partie à leur rôle dans la vente de drogues et leur consommation, notamment l’héroïne. L’utilisation d’armes à feu et d’autres armes caractérise également la violence commise par les gangs. En 2015 aux États-Unis, près de 25 % des garçons scolarisés au lycée ont avoué avoir porté une arme au moins une fois dans le mois précédant la participation à une étude sur les comportements à risque chez les jeunes. Un pourcentage beaucoup plus faible (4 %) a indiqué avoir apporté une arme à feu à l’école pendant cette même période.

La prévention de la violence débute dans la petite enfance par la pratique d’une discipline sans violence. Une limitation de l’exposition à la violence diffusée par les médias et les jeux vidéo peut également aider parce qu’il a été démontré que l’exposition à ces images violentes contribue à désensibiliser les enfants à la violence et à leur faire accepter qu’elle fait partie intégrante de leur vie. L’environnement scolaire des enfants doit représenter pour eux un environnement sûr. Les enfants plus âgés et les adolescents ne doivent pas pouvoir accéder à des armes. Ils doivent également apprendre à éviter des situations à risque élevé (comme les endroits ou les situations où d’autres détiennent des armes ou consomment de l’alcool ou des drogues) et comment essayer de désamorcer des situations tendues.

Toutes les victimes de violences commises par des gangs doivent être encouragées à en parler à leurs parents, professeurs, voire leur médecin.

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