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COVID-19 : Ce que nous savons sur les coronavirus

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Par Matthew E. Levison, docteur en médecine, professeur adjoint en médecine, Faculté de médecine de l’Université Drexel (Drexel University College of Medicine)

26/02/2020

Matthew Levison, docteur en médecine

Les coronavirus sont des virus très répandus et doivent leur nom à la présence de protubérances protéiques à leur surface qui rappellent la couronne solaire. La plupart provoquent des maladies respiratoires, gastro-intestinales, hépatiques et neurologiques chez l’animal.

Infection au coronavirus humain (HCoV)

Seuls 7 coronavirus provoquent une maladie chez l’homme (HCoV).

Quatre des 7 virus provoquent de légères infections des voies respiratoires supérieures autolimitatives, telles que le rhume, mais peuvent provoquer des infections graves des voies respiratoires inférieures, telles que la pneumonie, chez les nourrissons, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire ne fonctionne pas bien. Ces infections au HCoV sont saisonnières : la plupart des cas surviennent pendant les mois d’hiver dans les pays dont le climat est tempéré.

Trois des 7 HCoV (SARS-CoV, MERS-CoV et SARS-CoV-2) ont provoqué des épidémies majeures de pneumonie mortelle au XXIe siècle.

SARS-CoV

La première de ces épidémies, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), est apparue en novembre 2002 dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, et a provoqué une épidémie qui s’est étendue en quelques mois à 29 pays sur 6 continents. Elle a touché plus de 8 000 personnes et près de 800 personnes sont décédées dans le monde entier. La majorité des cas sont survenus en Chine continentale et à Hong Kong. Aux États-Unis, seules 8 personnes ont présenté un SRAS confirmé par des analyses biologiques ; les 8 s’étaient rendues dans des régions où la transmission du SARS-CoV était en cours.

MERS-CoV

Le deuxième HCoV à provoquer une infection mortelle était le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), apparu dans la péninsule arabique en septembre 2012. Le MERS-CoV a provoqué des épidémies récurrentes qui ont touché plus de 2 500 personnes, et environ un tiers des personnes infectées sont décédées. La plupart des personnes infectées résidaient ou s’étaient récemment rendues dans la péninsule arabique ; 85 % des cas ont été rapportés en Arabie saoudite. La plus grande épidémie de MERS rapportée en dehors de la péninsule arabique est survenue en Corée du Sud en 2015 ; elle est associée à un voyageur qui revenait de la péninsule arabique.

SARS-CoV-2 (COVID-19)

Le septième HCoV à avoir été découvert est le SARS-CoV-2, qui a provoqué une épidémie appelée COVID-19, qui se propage actuellement dans le monde entier. L’épidémie a débuté à Wuhan, dans le centre de la Chine. (Wuhan abrite l’Institut de virologie de Wuhan, un centre de recherche sur les coronavirus de pointe, mais aucun lien n’est suspecté entre les recherches menées et l’épidémie actuelle.) On pense que l’infection est née chez les chauves-souris et a été transmise aux humains à l’occasion d’un marché de fruits de mer et d’animaux vivants de Wuhan, par le biais d’un animal infecté vendu comme aliment exotique sur le marché. Les patients ultérieurs ont probablement contracté l’infection à partir d’autres cas humains. La période d’incubation rapportée est inférieure à 14 jours, ce qui appuie une période de quarantaine de 14 jours.

Après 9 semaines de transmission soutenue, au 25 février, la province du Hubei rapporte 64 084 cas confirmés et 2 346 décès. Le nombre réel de cas est susceptible d’être beaucoup plus élevé, puisqu’il est probable que seuls les cas les plus graves soient inclus dans les rapports en raison de la pénurie des kits de dépistage. Jusqu’à présent, le taux de létalité semble inférieur à celui du SRAS et du MERS, mais plus élevé que celui de la grippe épidémique saisonnière. La présence de nombreuses infections bénignes non diagnostiquées limite probablement l’impact des efforts visant à contrôler la propagation supplémentaire de l’infection.

Les autorités chinoises ont réagi le 23 janvier 2020 en plaçant en quarantaine des millions de personnes résidant dans la province du Hubei. Ces restrictions ont été annoncées la veille du Nouvel An lunaire, l’une des dates les plus importantes du calendrier chinois, pour laquelle de nombreuses personnes retournent dans leur région d’origine. De fait, on estime que cinq millions de personnes ont quitté Wuhan avant le début du confinement, et le nombre de cas a augmenté de manière correspondante dans les provinces chinoises avoisinantes, et des cas ayant voyagé vers ou depuis Wuhan ont commencé à apparaître en dehors de la Chine, notamment à Hong Kong et à Singapour.

Un homme d’affaires britannique a contracté le SARS-CoV-2 lors d’une conférence à Singapour, entre le 20 et le 22 janvier 2020, à laquelle participaient 109 personnes venues de nombreux pays différents, dont au moins une du Hubei, avant de se rendre en France, où il a transmis la maladie à 11 autres vacanciers séjournant dans le même chalet, dans une station de ski des Alpes françaises. Il est ensuite rentré au Royaume-Uni en passant par la Suisse. Au cours de ses voyages dans plusieurs pays, il serait entré en contact avec de nombreuses personnes avant de découvrir qu’il était porteur du SARS-CoV-2.

Transmission du SARS-CoV-2

On pense que le SARS-CoV-2 se transmet principalement par :

  • Inhalation de gouttelettes respiratoires transmises lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue ;

Le fait de toucher une surface contaminée puis de se toucher les yeux ou la bouche peut également propager le virus.

Pourrait-il s’agir d’une pandémie ?

Une pandémie implique une transmission soutenue sur plusieurs générations de l’agent infectieux dans de nombreux pays à l’échelle mondiale. Jusqu’à présent, près de 98 % des cas sont survenus en Chine. En dehors de la Chine, l’infection a principalement touché des voyageurs ayant contracté l’infection en Chine. Une transmission soutenue du SARS-CoV-2 en dehors de la Chine n’est survenue que dans quelques pays, mais ce schéma évolue manifestement très rapidement. 

Il y a une semaine, les éléments indiquant une possible épidémie de COVID-19 aux États-Unis semblaient faibles. Cependant, cela évolue également rapidement. En 48 heures, du 21 février au 23 février, le nombre de cas de COVID-19 aux États-Unis est passé de 15 à 35, dont 13 cas associés à des voyages, 18 survenus chez des citoyens américains rapatriés du bateau de croisière Diamond Princess mis en quarantaine au Japon et 3 cas rapportés chez des citoyens américains ayant évacué Wuhan. Un résident californien, qui ne s’était pas rendu dans des pays où le virus SARS-CoV-2 circule et qui n’avait été exposé à aucune personne présentant une infection à coronavirus connue, pourrait être le premier cas aux États-Unis de « propagation autochtone », comme l’ont indiqué les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (US Centers for Disease Control and Prevention) le mercredi 26 février 2020. Le nombre de cas signalés aux États-Unis s’élève désormais à 60, ce qui inclut les 3 cas parmi les Américains rapatriés de Wuhan, 42 parmi les rapatriés du bateau de croisière Diamond Princess et 15 cas supplémentaires confirmés dans le pays.

Prévention

Pour l’instant, aucun vaccin ne permet d’empêcher le SARS-CoV-2 de continuer à se propager, et aucun médicament antiviral spécifique ne permet de traiter l’infection. Cependant, des chercheurs du monde entier se mobilisent pour évaluer rapidement des médicaments. De nombreuses organisations, notamment les Instituts nationaux américains de la santé (National Institutes of Health, NIH), le Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies (Chinese Center for Disease Control and Prevention), l’Université de Hong Kong (University of Hong Kong), l’Université du Queensland (University of Queensland), l’Université de la Saskatchewan (University of Saskatchewan) et plusieurs laboratoires pharmaceutiques travaillent au développement de vaccins potentiels contre le SARS-CoV-2. On espère qu’un développement rapide d’un vaccin et de médicaments permettrait de limiter l’évolution du COVID-19 en pandémie.

Les méthodes les plus efficaces pour prévenir cette infection sont principalement celles utilisées pour les autres infections :

  • Éviter tout contact avec des personnes infectées (en d’autres termes, les personnes malades doivent rester chez elles) ;
  • Éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche sans s’être lavé les mains ;
  • Se laver les mains souvent, avec du savon et de l’eau, pendant au moins 20 secondes, ou utiliser une solution hydroalcoolique contenant au moins 60 % d’alcool si du savon et de l’eau ne sont pas disponibles.

Les surfaces touchées par de nombreuses personnes (par ex., boutons d’ascenseur, poignées de porte, accessoires de salle de bains) doivent être nettoyées régulièrement à l’aide de lingettes jetables.

Le port d’un masque est probablement inutile pour la plupart des personnes. Cependant, le personnel médical et les personnes qui prennent soin des personnes infectées par le SARS-CoV-2 doivent porter des masques bien ajustés appelés N95. Les masques chirurgicaux simples et peu ajustés ne permettent pas vraiment aux personnes de ne pas inhaler les gouttelettes aériennes infectieuses. Cependant, les personnes infectées par le COVID-19 doivent porter des masques chirurgicaux (non-N95) lorsqu’elles se trouvent à proximité d’autres personnes exposées aux émissions respiratoires du porteur infecté. Étant donné que les masques N95 sont fermement ajustés sur le visage, leur utilisation peut rendre difficile la respiration du patient.

Les personnes très malades peuvent devoir être isolées à l’hôpital. Les personnes présentant une infection moins sévère peuvent être confinées chez elles. Les personnes qui se sentent bien, mais qui sont entrées en contact avec une personne infectée par le COVID-19, doivent être mises en quarantaine à domicile pendant 14 jours (période d’incubation).

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