Revue générale de la dénutrition

ParShilpa N Bhupathiraju, PhD, Harvard Medical School and Brigham and Women's Hospital;
Frank Hu, MD, MPH, PhD, Harvard T.H. Chan School of Public Health
Reviewed ByGlenn D. Braunstein, MD, Cedars-Sinai Medical Center
Vérifié/Révisé déc. 2025 | Modifié janv. 2026
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La dénutrition est une forme de malnutrition. (La malnutrition comprend également la suralimentation). La dénutrition peut être due à un apport inadéquat de nutriments, à une malabsorption, à une altération du métabolisme, à une perte de nutriments par diarrhée, ou à des besoins nutritionnels accrus (comme cela se produit au cours des périodes de croissance rapide et d'augmentation des besoins nutritionnels ou dans certains troubles [p. ex., cancer, infection]). La dénutrition chronique se produit lorsqu'une carence à long terme de l'apport en calories et en nutriments essentiels est insuffisante pour répondre aux besoins nutritionnels d'un individu. La dénutrition progresse par étapes; elle peut se développer lentement quand elle est due à une anorexie ou très rapidement, comme cela survient parfois quand elle est due à une cachexie liée à un cancer à progression rapide. D'abord, les niveaux des nutriments dans le sang et les tissus se modifient, suivis par des changements intracellulaires des fonctions biochimiques et structurales. Enfin, apparaît la symptomatologie clinique. Le diagnostic repose sur l'anamnèse médicale, l'examen clinique, l'analyse de la composition corporelle et certains examens biologiques (p. ex., albumine).

La dénutrition est un problème mondial (1). L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a rapporté qu'en 2022, près de 735 millions de personnes, soit 9,2% de la population mondiale, étaient confrontées à la faim, mesurée par la prévalence de la sous-alimentation. Cela représentait 122 millions de personnes de plus qu'en 2019, avant la pandémie de COVID-19. L'impact de la pandémie a varié à travers le monde, tout comme les taux de croissance économique et de reprise qui ont suivi, ce qui a affecté les taux de sous-alimentation dans différentes régions du monde. Par exemple, la prévalence de la dénutrition en Afrique a augmenté de 19,4% en 2021 à 19,7% en 2022, une augmentation de 11 millions de personnes. En revanche, en Asie, la prévalence de la dénutrition a diminué de 8,8% en 2021 à 8,5% en 2022, soit une diminution de plus de 12 millions de personnes.

Référence générale

  1. 1. Food and Agriculture Organization of the United Nations. Food Security and Nutrition Around the World. Accessed September 15, 2025.

Facteurs de risque de la dénutrition

La dénutrition est provoquée par des facteurs sociaux, culturels et politiques. La pauvreté reste la principale cause de dénutrition dans les pays à faible, moyen et haut revenu. La guerre, les troubles civils, la surpopulation, les conditions de logement non sures, les maladies infectieuses, les pandémies et l'urbanisation peuvent toutes contribuer à la dénutrition.

La dénutrition est particulièrement préoccupante à certains moments de la vie (c'est-à-dire, pendant la petite enfance, l'adolescence, la grossesse, l'allaitement et la vieillesse) parce que ces périodes impliquent une croissance rapide et/ou augmentent les besoins en nutriments.

Petite enfance et enfance

Les nourrissons et les enfants sont particulièrement sensibles à la dénutrition du fait de leurs besoins élevés en énergie et en nutriments essentiels. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2022, on estimait que 149 millions d'enfants de < 5 ans avaient un retard de croissance (taille trop petite pour l'âge) et 45 millions étaient émaciés (trop maigres pour la taille [1]). La dénutrition protéino-énergétique (DPE—auparavant appelée malnutrition protéino-énergétique) est une cause importante de décès chez les nouveau-nés et les enfants âgés de 1 à 4 ans (2). Les nourrissons et enfants mal nourris dans le monde entier courent également un risque de carence en fer, iode, folates (acide folique), vitamine A et zinc (3).

Les nourrissons exclusivement allaités doivent recevoir une supplémentation en vitamine D car le lait maternel ne contient généralement pas des niveaux suffisants de vitamine D (4); ils peuvent également développer une carence en vitamine B12 si la mère suit un régime végétalien (5).

Pendant l'adolescence, les besoins nutritionnels augmentent du fait de l'accélération de la vitesse de croissance. L'anorexie mentale peut toucher les jeunes adolescentes, en particulier.

Grossesse et allaitement

Les besoins nutritionnels augmentent pendant la grossesse (pour répondre aux besoins métaboliques de la grossesse et de la croissance fœtale) et l'allaitement maternels. Des comportements alimentaires aberrants, dont le pica (consommation de substances de nature non alimentaire, telles que l'argile et le charbon), peuvent survenir pendant la grossesse. L'anémie ferriprive est la cause d'anémie la plus fréquente pendant la grossesse (6). L'anémie due à une carence en folate est également fréquente chez les femmes qui ont pris des contraceptifs oraux (7). La carence en vitamine D est fréquente en fin de grossesse, prédisposant l'enfant à une diminution de sa masse osseuse (8). Chez les femmes enceintes ou qui allaitent, les médecins peuvent devoir recommander des régimes ou des compléments alimentaires, en particulier si l'état nutritionnel est dégradé.

Personnes âgées

Les personnes âgées sont à risque élevé de dénutrition car leurs besoins nutritionnels augmentent mais les besoins énergétiques diminuent généralement. Cette disparité nécessite la consommation d'aliments à haute densité nutritionnelle.

Avec le vieillissement, même en l'absence de toute maladie ou carence alimentaire, on observe une sarcopénie (diminution progressive de la masse maigre), qui débute après 40 ans. La dénutrition contribue à la sarcopénie (9).

Les causes de la sarcopénie incluent les suivantes:

  • Diminution de l'activité physique

  • Diminution de l'apport alimentaire

  • Augmentation des taux de cytokines (en particulier de l'interleukine-6)

  • Diminution du taux d'hormone de croissance et de facteur de croissance (insulin-like-growth factor-3)

  • Chez l'homme, une diminution des taux d'androgènes

Le métabolisme basal augmente généralement chez les nouveau-nés jusqu'à environ 1 an avant de diminuer puis de se stabiliser à l'âge adulte (20 à 60 ans) (10). Après 60 ans, le métabolisme basal diminue (principalement en raison de la diminution de la masse maigre).

La sous-alimentation des personnes âgées est fréquemment causée par une diminution de l'apport alimentaire résultant d'un large éventail de facteurs, notamment les suivants (11, 12):

  • La réduction de la relaxation réceptive du fundus de l'estomac

  • L'augmentation de la libération et de l'activité de la cholécystokinine (qui produit le rassasiement)

  • L'augmentation de leptine (une hormone anorexigène produite par les cellules adipeuses)

  • L'altération du goût et de l'odorat, qui peuvent diminuer le plaisir de manger mais ne réduisent que légèrement l'apport alimentaire

  • Dépression (une cause fréquente) et autres troubles de l'humeur

  • Démence

  • Effets indésirables des médicaments

Parfois, une anorexie mentale (parfois appelée anorexie tardive chez la personne âgée) perturbe l'alimentation (11). Les problèmes dentaires limitent la capacité à mastiquer et donc à digérer les aliments. Les troubles de la déglutition (p. ex., du fait d'accidents vasculaires cérébraux, de candidoses œsophagiennes, ou de xérostomie) sont fréquents. L'insécurité alimentaire due à la pauvreté peut également limiter l'accès aux nutriments.

Les patients âgés institutionnalisés sont aussi à risque de dénutrition protéino-énergétique (13). Elles peuvent être confuses et peuvent ne pas être en mesure d'exprimer leur faim ou leurs préférences alimentaires. Elles peuvent être dans l'incapacité physique de se nourrir. La mastication ou la déglutition sont parfois très lentes, ce qui rend difficile à d'autres personnes de les alimenter suffisamment.

Troubles et procédures médicales

Le diabète peut diminuer la vidange gastrique et réduire l'absorption (14).

La résection intestinale et certaines autres interventions chirurgicales gastro-intestinales (p. ex., les procédures de dérivation gastro-intestinale) peuvent également altérer l'absorption des vitamines liposolubles, de la vitamine B12, du calcium et du fer (15).

L'entéropathie au gluten, l'insuffisance pancréatique ou d'autres pathologies peuvent induire une malabsorption. La baisse de l'absorption peut contribuer à une carence martiale et à l'ostéoporose.

Certaines maladies chroniques (p. ex., cancer, infection VIH avancée) peuvent causer une anorexie.

Les infections, les traumatismes, l'hyperthyroïdie, les brûlures étendues et la fièvre prolongée augmentent les besoins métaboliques. Toute condition qui augmente les cytokines peut être accompagnée d'une perte musculaire, d'une lipolyse, d'un taux d'albumine abaissé, et d'une anorexie.

Régimes végétariens et végétaliens

Les personnes qui ont un régime végétarien ou végétalien peuvent développer des carences en vitamine B12, vitamine B2, niacine, iode, zinc, calcium, potassium et sélénium (16).

Régimes excentriques

De nombreux régimes à la mode entraînent des carences en vitamines, minéraux et protéines lorsque certains aliments ou groupes d'aliments ne sont pas consommés (17).

Médicaments et suppléments nutritionnels

De nombreux médicaments (p. ex., coupe-faim, digoxine, agonistes des récepteurs du glucagon-like peptide-1 [GLP-1]) diminuent l'appétit; d'autres altèrent l'absorption ou le métabolisme des nutriments. Certains médicaments et d'autres substances (p. ex., les stimulants) ont des effets cataboliques. Certains médicaments peuvent diminuer l'absorption de nombreux nutriments; p. ex., les anticonvulsivants peuvent altérer l'absorption des vitamines.

Dépendance à l'alcool ou à une substance

Les patients présentant une dépendance à l'alcool ou aux substances peuvent négliger leurs besoins nutritionnels (18). L'absorption et le métabolisme des nutriments peuvent également être altérés. L'alcoolisme peut entraîner des carences en magnésium, zinc et en certaines vitamines, dont la thiamine.

Références pour les facteurs de risque

  1. 1. World Health Organization (WHO). Infant and young child feeding, 2021. December 20, 2023. Accessed September 15, 2025.

  2. 2. Global Burden of Disease Child and Adolescent Health Collaboration, Kassebaum N, Kyu HH, et al. Child and Adolescent Health From 1990 to 2015: Findings From the Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors 2015 Study. JAMA Pediatr. 2017;171(6):573-592. doi:10.1001/jamapediatrics.2017.0250

  3. 3. Bailey RL, West Jr KP, Black RE. The epidemiology of global micronutrient deficiencies. Ann Nutr Metab. 2015;66(Suppl 2):22-23.

  4. 4. Tan ML, Abrams SA, Osborn DA. Vitamin D supplementation for term breastfed infants to prevent vitamin D deficiency and improve bone health. Cochrane Database Syst Rev. 2020;12(12):CD013046. Published 2020 Dec 11. doi:10.1002/14651858.CD013046.pub2

  5. 5. Wirthensohn M, Wehrli S, Ljungblad UW, Huemer M. Biochemical, Nutritional, and Clinical Parameters of Vitamin B12 Deficiency in Infants: A Systematic Review and Analysis of 292 Cases Published between 1962 and 2022. Nutrients. 2023;15(23):4960. Published 2023 Nov 29. doi:10.3390/nu15234960

  6. 6. James AH. Iron Deficiency Anemia in Pregnancy. Obstet Gynecol. 2021;138(4):663-674. doi:10.1097/AOG.0000000000004559

  7. 7. Shere M, Bapat P, Nickel C, et al. Association Between Use of Oral Contraceptives and Folate Status: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Obstetric Gynaecol Canada. 2015;37(5):430-438. https://doi.org/10.1002/jbmr.2138

  8. 8. Zhu K, Whitehouse A, Hart P, et al. Maternal vitamin D status during pregnancy and bone mass offspring at 20 years of age: A prospective cohort study. J Bone Mineral Res. 2014;29(5):1088-1095. https://doi.org/10.1002/jbmr.2138

  9. 9. Beaudart C, Sanchez-Rodriguez D, Locquet M, et al. Malnutrition as a Strong Predictor of the Onset of Sarcopenia. Nutrients. 2019, 11(12), 2883; https://doi.org/10.3390/nu11122883

  10. 10. Pontzer H, Yamada Y, Sagayama H, et al. Daily energy expenditure through the human life course. Science. 2021;373(6556):808-812. DOI: 10.1126/science.abe5017 

  11. 11. Cruz-Jentoft AJ, Volkert D. Malnutrition in Older Adults. N Engl J Med. 2025;392(22):2244-2255. doi:10.1056/NEJMra2412275

  12. 12. Morley JE. Decreased food intake with aging. J Gerontol: Series A. 2001;56:81-88. https://doi.org/10.1093/gerona/56.suppl_2.81

  13. 13. Volkert D, Beck AM, Cederholm T, et al. ESPEN guideline on clinical nutrition and hydration in geriatrics. Clin Nutr. 2019;38(1):10-47. doi:10.1016/j.clnu.2018.05.024

  14. 14. Goyal RK. Gastric Emptying Abnormalities in Diabetes Mellitus. N Engl J Med. 2021;384(18):1742-1751. doi:10.1056/NEJMra2020927

  15. 15. Utrilla Fornals A, Costas-Batlle C, Medlin S, et al. Metabolic and Nutritional Issues after Lower Digestive Tract Surgery: The Important Role of the Dietitian in a Multidisciplinary Setting. Nutrients. 2024;16(2):246. Published 2024 Jan 12. doi:10.3390/nu16020246

  16. 16. Yannakoulia M, Scarmeas N. Diets. N Engl J Med. 2024;390(22):2098-2106. doi:10.1056/NEJMra2211889

  17. 17. Anderson K. Popular fad diets: An evidence-based perspective. Prog Cardiovasc Dis. 2023;77:78-85. doi:10.1016/j.pcad.2023.02.001

  18. 18. Jeynes KD, Gibson EL. The importance of nutrition in aiding recovery from substance use disorders: A review. Drug Alcohol Depend. 2017;179:229-239. doi:10.1016/j.drugalcdep.2017.07.006

Symptomatologie de la dénutrition

Les symptômes varient selon la cause et le type de dénutrition (p. ex., dénutrition protéino-energétique, déficit vitaminique).

Bilan dans la dénutrition

Le diagnostic de dénutrition repose sur l'anamnèse médicale et des habitudes alimentaires, l'examen clinique, l'analyse de la composition corporelle et certains examens de laboratoire. Des critères de consensus explicites ont été proposés mais ne sont pas encore universellement adoptés (1).

Anamnèse

L'anamnèse doit comprendre des questions sur

  • Apport alimentaire: voir Mini Nutritional Assessment (MNA), un outil de dépistage et d'évaluation nutritionnel qui peut identifier les patients âgés de ≥ 65 ans dénutris ou à risque de dénutrition (2)

  • Maladie chronique: voir le Global Diet Quality Score (GDQS), une méthode rapide pour évaluer le risque de dénutrition et de maladie chronique chez les femmes en âge de procréer non enceintes et n'allaitant pas (3)

  • Variations récentes du poids

  • Facteurs de risque de dénutrition, dont la prise de médicaments/drogues et d'alcool

Une perte involontaire de 10% du poids corporel habituel pendant une période de 3 mois indique une forte probabilité de dénutrition (1, 4). L'anamnèse sociale doit comprendre des questions sur la sécurité alimentaire et la capacité du patient à faire ses courses et à cuisiner.

La revue des systèmes doit se concentrer sur les symptômes de déficits nutritionnels (voir tableau ). Par exemple, une diminution de la vision nocturne peut indiquer une carence en vitamine A.

Tableau
Tableau

Examen clinique

L'examen clinique doit comprendre

  • Mesure de la taille et du poids

  • Inspection de la répartition de la masse graisseuse

  • Mesures anthropométriques de la masse corporelle maigre

L'indice de masse corporelle (IMC = poids[kg]/taille[m]2) ajuste le poids en fonction de la taille. Si l'IMC est < 18,5, une sous-alimentation doit être suspectée (5). Bien que ces éléments soient utiles au diagnostic de dénutrition et aient une bonne sensibilité, ils ne sont pas spécifiques.

Calculateur clinique 

La surface musculaire médiobrachiale permet d'estimer la masse maigre. Cette surface est déduite de l'épaisseur du pli cutané tricipital et de la circonférence du bras au même niveau. Tous deux sont mesurés au même endroit, sur le bras droit en position détendue. La circonférence médiobrachiale moyenne est d'environ 34,1 cm chez l'homme et de 31,9 cm chez la femme (6). La formule pour calculer la surface musculaire médiobrachiale moyenne en cm2 est comme suit:

equation

Cette formule corrige l'aire du bras en fonction de la graisse et de l'os. Les valeurs moyennes de la surface musculaire médiobrachiale moyenne sont de 54 ± 11 cm2 chez l'homme et de 30 ± 7 cm2 chez la femme. Une valeur < 75% de cette norme (en fonction de l'âge) indique une déplétion de la masse maigre (voir tableau ). Cette mesure peut être affectée par une activité physique, des facteurs génétiques et la fonte musculaire liée à l'âge.

Tableau
Tableau

L'examen clinique doit se concentrer sur les signes spécifiques de carences nutritionnelles. Les signes de la malnutrition protéino-énergétique (p. ex., œdèmes, fonte musculaire, altérations cutanées) doivent être recherchés. L'examen doit également se concentrer sur les signes d'affections qui pourraient prédisposer à des déficits nutritionnels, tels que des problèmes dentaires. L'état mental doit être évalué, car la dépression et les déficits cognitifs peuvent entraîner une perte de poids.

Les outils d'évaluation suivants peuvent être utiles:

  • Le Malnutrition Screening Tool (MST) est un outil de dépistage à 2 questions conçu pour identifier la malnutrition chez les patients âgés hospitalisés. Un score de 2 ou plus indique un risque de malnutrition tandis qu'un score de 0 à 1 indique une absence de risque (7).

  • Le Malnutrition Universal Screening Tool (MUST) a été conçu par la British Association for Parenteral and Enteral Nutrition. Il classe les patients comme présentant un risque faible, moyen ou élevé de malnutrition en fonction de leur IMC, de leurs antécédents de perte de poids involontaire et de la probabilité de perte de poids future due à une maladie aiguë (4).

  • L'Évaluation Globale Subjective largement utilisée (Subjective Global Assessment, SGA) utilise les informations sur les antécédents du patient (p. ex., perte de poids, changements dans les apports, symptômes digestifs), les résultats de l'examen clinique (p. ex., fonte des muscles et de la graisse sous-cutanée, œdèmes, ascite) et le jugement du médecin sur l'état nutritionnel du patient.

  • The Mini Nutritional Assessment (MNA®) has been validated and is widely used, especially in older patients. Le Mini Nutritional Assessment (MNA®) se compose de 18 questions notées qui sont divisées en quatre sections: les mesures anthropométriques, l'évaluation complète, l'histoire alimentaire et le stress métabolique. Le score total possible est de 30; des scores ≥ 24 indiquent un état nutritionnel normal, des scores entre 17 et 23,5 indiquent un risque de dénutrition et des scores < 17 points indiquent une dénutrition (8–10). La MNA Short Form (MNA-SF) (MNA-Short Form) comprend seulement six éléments et est donc plus rapide et plus facile à utiliser. Un score ≤ 11 points (sur un total de 14) indique un risque de dénutrition et des évaluations supplémentaires doivent être effectuées pour confirmer le diagnostic de dénutrition (11).

  • Le questionnaire d'évaluation nutritionnelle simplifiée (QENS [Simplified Nutrition Assessment Questionnaire]), une méthode simple et validée de prédiction de la perte de poids future chez les personnes âgées vivant à domicile, peut être utilisé (12).

Questionnaire d'évaluation nutritionnelle simplifiée (QENS)

Examens complémentaires

L'étendue des examens complémentaires utiles est incertaine et dépend de l'état du patient. Si la cause est évidente et corrigible (p. ex., une situation de survie dans un environnement sauvage), les examens complémentaires seront probablement de peu d'utilité. D'autres patients peuvent demander une évaluation plus détaillée.

Le dosage de l'albumine sérique est un examen de laboratoire fréquemment utilisé, même s'il n'a pas été démontré qu'il soit un indicateur fiable de l'état nutritionnel (13). Une diminution de l'albumine et autres protéines (p. ex., préalbumine [transthyrétine], transferrine, retinol-binding protein) peut être le signe d'une carence en protéines ou d'une malnutrition protéino-énergétique. À mesure que la sous-alimentation progresse, l'albumine diminue lentement; la préalbumine, la transferrine et la retinol-binding protein diminuent rapidement. La mesure de l'albumine ne coûte pas cher et prédit la morbidité et la mortalité de manière plus fiable que la mesure des autres protéines. Cependant, la corrélation de l'albumine avec la morbidité et la mortalité peut être due à des facteurs non nutritionnels aussi bien que nutritionnels. L'inflammation produit des cytokines qui entraînent l'extravasation de l'albumine et d'autres marqueurs protéiques nutritionnels, diminuant ainsi leur concentration plasmatique. La préalbumine, la transferrine et la retinol-binding protein diminuent plus rapidement que l'albumine pendant le jeûne, leurs mesures sont parfois utilisées afin de diagnostiquer ou d'évaluer la gravité d'une carence d'apport récente. Cependant, savoir si elles sont plus sensibles ou spécifiques que l'albumine n'est toujours pas clair.

La créatinine urinaire est liée à la masse musculaire. L'excrétion urinaire de créatinine sur une période de 24 heures peut être utilisée pour calculer l'index de masse musculaire (ou index créatininurie/taille, creatinine height index, CHI [%]), qui est un reflet de la masse musculaire maigre. L'index de masse musculaire est calculé comme suit: (créatinine urinaire de 24 heures x 100)/excrétion idéale de créatinine pour la taille (d'après les tableaux standards). L'index de masse musculaire indique l'importance de la déplétion musculaire comme suit: > 30% est sévère, 15 à 30% modéré et 5 à 15% modéré (9).

D'autres examens de laboratoire, tels que la mesure de taux de vitamines et de minéraux, sont utilisés de façon sélective dans le diagnostic des carences spécifiques.

Références pour l'évaluation

  1. 1. Cederholm T, Jensen GL, Correia MITD, et al. GLIM (Global Leadership Initiative on Malnutrition) criteria for the diagnosis of malnutrition: a consensus report from the global clinical nutrition community. Clin Nutr. 38(1):1–9, 2019. doi: 10.1016/j.clnu.2018.08.002

  2. 2. Guigoz Y, Vellas B. Nutritional assessment in older adults: MNA® 25 years of a screening tool and a reference standard for care and research; What next? J Nutr Health Aging. 25(4):528–583, 2021. doi: 10.1007/s12603-021-1601-y

  3. 3. Bromage S, Batis C, Bhupathiraju SN, et al. Development and validation of a novel food-based Global Diet Quality Score (GDQS). J Nutr. 151(12 Suppl 2):75S–92S, 2021. doi: 10.1093/jn/nxab244

  4. 4. Stratton RJ, Hackston A, Longmore D, et al. Malnutrition in hospital outpatients and inpatients: prevalence, concurrent validity and ease of use of the 'malnutrition universal screening tool' ('MUST') for adults. Br J Nutr. 2004;92(5):799-808. doi:10.1079/bjn20041258

  5. 5. Jensen GL, Cederholm T, Correia ITD, et al. GLIM criteria for the diagnosis of malnutrition: A consensus report from the global clinical nutrition community. J Parenteral Enteral Nutr. 2018; Accessed September 16, 2025.

  6. 6. Fryar CD, Gu Q, Ogden CL, Flegal KM. Anthropometric reference data for children and adults: United States, 2011–2014. National Center for Health Statistics. Vital Health Stat. 3(39), 2016.

  7. 7. Thanh XLT, Thi PD, Thi HL, et al. Validity of NRS-2002, MUST, MST, and MNA-SF as first-step screening tools for malnutrition based on GLIM criteria in older adults. Clin Nutr Open Sci. 2025;63:99-112. doi.org/10.1016/j.nutos.2025.07.008

  8. 8. Laporte M, Keller HH, Payette H. et al. Validity and reliability of the new Canadian Nutrition Screening Tool in the ‘real-world’ hospital setting. Eur J Clin Nutr. 69(5):558–564, 2015. doi: 10.1038/ejcn.2014.270 Epub 2014 Dec 17.

  9. 9. Kaiser MJ, Bauer JM, Rämsch C, et al. Frequency of malnutrition in older adults: A multinational perspective using the mini nutritional assessment. J Am Geriatr Soc. 58(9):1734–1738, 2010. doi: 10.1111/j.1532-5415.2010.03016.x

  10. 10. Guigoz Y. The Mini Nutritional Assessment (MNA) review of the literature—What does it tell us? J Nutr Health Aging. 10(6):466–485; discussion 485–487, 2006.

  11. 11. Soysal P, Veronese N, Arik F, et al. Mini Nutritional Assessment Scale-Short Form can be useful for frailty screening in older adults. Clin Interv Aging. 14:693–699, 2019. doi: 10.2147/CIA.S196770 eCollection 2019.

  12. 12. Lau S, Pek K, Chew J, et al. The Simplified Nutritional Appetite Questionnaire (SNAQ) as a Screening Tool for Risk of Malnutrition: Optimal Cutoff, Factor Structure, and Validation in Healthy Community-Dwelling Older Adults. Nutrients. 2020;12(9):2885. Published 2020 Sep 21. doi:10.3390/nu12092885

  13. 13. Evans DC, Corkins MR, Malone A, et al. The Use of Visceral Proteins as Nutrition Markers: An ASPEN Position Paper. Nutr Clin Pract. 2021;36(1):22-28. doi:10.1002/ncp.10588

  14. 14. Hamada Y. Objective data assessment (ODA) methods as nutritional assessment tools. J Med Invest. 62(3–4):119–122, 2015. doi: 10.2152/jmi.62.119

Plus d'information

La source d'information suivante en anglais peut être utile. Veuillez noter que LE MANUEL n'est pas responsable du contenu de cette ressource.

  1. The State of Food Security and Nutrition in the World 2023

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