Pollakiurie

Examen complet: sept. 2024 ParGeetha Maddukuri, MD, Saint Louis University | Examen par des pairs réalisé parLeonard G. Gomella, MD, Sidney Kimmel Medical College at Thomas Jefferson University
Dernière mise à jour: févr. 2026
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La pollakiurie est le besoin d'uriner plusieurs fois pendant la journée et/ou la nuit (nycturie) mais avec un volume uriné normal ou inférieur à la normale. Une pollakiurie peut être accompagnée par une sensation d'un besoin urgent d'uriner (urgenturie). La pollakiurie se distingue de la polyurie qui correspond à une augmentation de la diurèse > 3 L/jour.

Physiopathologie de la pollakiurie

La pollakiurie provient habituellement des troubles des voies génito-urinaires inférieures. L'inflammation de la vessie et/ou de l'urètre provoque une sensation de besoin d'uriner. Cependant, cette sensation n'est pas soulagée par la vidange urinaire, ainsi une fois que la vessie est vidée, les patients continuent d'essayer d'uriner mais seules de petites quantités d'urine sont émises.

Étiologie de la pollakiurie

Il existe de nombreuses causes de pollakiurie (voir tableau ), mais les plus fréquentes comprennent

Tableau
Tableau

Évaluation de la pollakiurie

Anamnèse

L'anamnèse de la maladie actuelle doit en premier lieu demander les quantités de liquide absorbé et émis afin d'établir une distinction entre pollakiurie et une polyurie. Si une pollakiurie est présente, les patients sont interrogés sur la rapidité d'apparition, la présence ou l'absence de symptômes irritatifs (p. ex., irritation, urgenturie, dysurie), de symptômes obstructifs (p. ex., retenue mictionnelle, jet faible, sensation de miction incomplète, nycturie) et les contacts sexuels récents.

La revue des systèmes doit répertorier les symptômes évocateurs d’une étiologie, comprenant fièvre, douleur du flanc ou de l’aine, hématurie (infection); absence de règles, tuméfaction des seins et nausées matinales (grossesse); et arthrite et conjonctivite (arthrite réactionnelle).

Lors de la recherche des antécédents médicaux, on doit rechercher des causes connues, notamment une maladie prostatique, une irradiation pelvienne antérieure ou des interventions chirurgicales. Les médicaments (sur ordonnance et les drogues récréatives) et le régime sont revus à la recherche d'agents qui augmentent la diurèse (p. ex., diurétiques, alcool, boissons caféinées).

Examen clinique

L'examen se concentre sur le système génito-urinaire.

Tout écoulement urétral ou toutes lésions compatibles avec des infections sexuellement transmissibles sont notés. Le toucher rectal chez l'homme doit noter la taille et la consistance de la prostate et le tonus rectal; le toucher vaginal chez la femme doit noter la présence de toute cystocèle. On doit demander aux patients de tousser pendant que l'urètre est observé à la recherche de signes de fuites urinaires.

La fosse lombaire doit être palpée à la recherche d'une sensibilité, et l'examen abdominal doit rechercher la présence de toute masse ou sensibilité sus-pubienne.

L'examen neurologique doit rechercher une faiblesse des membres inférieurs et une perte de sensibilité.

Signes d'alarme

Les signes suivants sont particulièrement préoccupants:

  • Faiblesse des membres inférieurs ou signes de lésions de la moelle épinière (p. ex., perte de sensation à un niveau segmentaire, perte de tonus du sphincter anal et du réflexe anal).

  • Fièvre et douleur dorsale

Interprétation des signes

Une dysurie suggère que la pollakiurie est due à une infection des voies urinaires (IU) ou à des calculs. Une chirurgie pelvienne préalable évoque une incontinence. Un jet d'urine faible, une nycturie ou les deux suggèrent une hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). Une pollakiurie, chez un jeune patient en bonne santé, peut être due à la consommation excessive d'alcool ou de boissons caféinées. Une hématurie franche évoque une infection urinaire et des calculs chez les patients jeunes et un cancer génito-urinaire chez les patients âgés.

Examens complémentaires

Tous les patients doivent réaliser un ECBU, qui peut être facilement effectué et permettre de détecter une infection et une hématurie.

Une cystoscopie, une cystométrie et une urétrographie peuvent être effectuées pour diagnostiquer une cystite, une obstruction de l'évacuation vésicale et une cystocèle. Le dosage du PSA, une échographie et une biopsie de la prostate peuvent être nécessaires, en particulier chez l'homme âgé, pour différencier une hyperplasie bénigne de la prostate d'un cancer de la prostate.

Traitement de la pollakiurie

Le traitement dépend de la cause.

Bases de gériatrie: pollakiurie

Une pollakiurie chez l’homme âgé est souvent due à une obstruction du col vésical secondaire à une hypertrophie de la prostate ou à un cancer de la prostate. Ces patients doivent habituellement bénéficier d'une échographie vésicale pour déterminer le volume urinaire résiduel post-mictionnel. Une infection des voies urinaires ou la prise de diurétiques peuvent être une cause dans les deux sexes.

Points clés

  • L'infection urinaire est la cause la plus fréquente chez l'enfant et la femme.

  • Une maladie prostatique est une cause fréquente chez l'homme âgé de > 50 ans.

  • La consommation excessive de caféine peut provoquer une pollakiurie chez les sujets en bonne santé.

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