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Facteurs de risque de grossesse à risque

Par Raul Artal, MD, Professor and Chair, Department of Obstetrics, Gynecology and Women's Health, Saint Louis University School of Medicine

Certains facteurs de risque sont présents avant le début de la grossesse, d’autres peuvent se développer pendant celle-ci. Ces facteurs de risque comprennent :

D’autres problèmes augmentant le risque se développent durant le travail et l’accouchement.

Caractéristiques physiques

Les caractéristiques suivantes chez la femme affectent le risque durant la grossesse.

Âge

Les jeunes filles de moins de 15 ans présentent un risque accru de :

Les femmes de plus de 35 ans présentent un risque accru de :

Poids

Les femmes qui sont très minces (dont l’indice de masse corporelle est inférieur à 19,8, Détermination de l’indice de masse corporelle) ou qui pèsent moins de 50 kg avant le début de la grossesse ont plus de chances d’accoucher de

  • bébés de taille et poids insuffisants.

Les femmes obèses (dont l’indice de masse corporelle est supérieur à 29) ont plus de chances de présenter les problèmes suivants :

Taille

Les femmes de taille inférieure à 150 centimètres ont plus de chances d’avoir un petit bassin, ce qui peut rendre difficile le passage du fœtus par le bassin et le vagin (canal de l’accouchement) pendant le travail. L’épaule du fœtus, par exemple, a une plus grande probabilité de se bloquer au niveau de l’os pubien. Cette complication est appelée dystocie de l’épaule. De plus, les femmes de petite taille ont plus de chances d’accoucher prématurément et d’avoir un bébé de petite taille.

Anomalies des organes reproducteurs

Les anomalies structurelles de l’utérus ou du col de l’utérus augmentent le risque des problèmes suivants :

Ces anomalies comprennent un utérus double ou un col de l’utérus faible (incompétence ou insuffisance cervicale) qui s’ouvre (se dilate) avec la croissance du fœtus.

Spécificités sociales

Les femmes non mariées ou appartenant à des classes socio-économiques basses ont un risque accru de troubles au cours de la grossesse. Les raisons pour lesquelles ces caractéristiques augmentent les risques ne sont pas claires, mais elles sont probablement le fait d’autres facteurs qui sont plus fréquents chez ces femmes. Elles ont généralement tendance à fumer, à avoir un régime alimentaire non équilibré et à ne pas avoir de suivi médical approprié.

Problèmes survenus au cours d’une grossesse précédente

Une femme qui a eu un problème lors d’une grossesse a plus de chances de présenter un problème, souvent identique, au cours des grossesses ultérieures. Ces problèmes comprennent les suivants :

Certaines femmes peuvent présenter des maladies qui rendent récurrents les troubles rencontrés pendant la grossesse. Par exemple, les femmes atteintes de diabète ont davantage de chances d’avoir un enfant dont le poids à la naissance est supérieur à 5 kg.

Les femmes qui ont accouché d’un enfant porteur d’une maladie génétique ou d’une anomalie congénitale ont plus de chances de donner naissance à un enfant qui aura le même trouble. L’étude génétique du bébé, même s’il est mort-né, ainsi que des deux parents est souhaitable avant une nouvelle grossesse. En cas de grossesse, quelques examens tels que l’échographie à haute résolution, le prélèvement de villosités choriales ou l’amniocentèse, sont utiles pour déterminer l’éventuelle présence de maladies génétiques ou d’anomalies congénitales chez le fœtus. Ces femmes seront adressées à un spécialiste.

Avoir eu plus de cinq grossesses majore le risque de travail accéléré et de saignement excessif après l’accouchement. Avoir eu des jumeaux ou plus lors d’une grossesse majore le risque d’avoir une mauvaise implantation placentaire (placenta praevia).

Maladies présentes avant la grossesse

Certaines femmes peuvent souffrir de maladies qui augmentent le risque de troubles au cours d’une grossesse ( Généralités sur les maladies présentes durant la grossesse). Ces maladies comprennent :

Les femmes qui souffrent de ces troubles doivent être prises en charge par un médecin de façon à ce que les conditions physiques soient les meilleures possible avant le début de la grossesse. Une fois enceintes, elles peuvent devoir bénéficier d’un suivi particulier, souvent par une équipe pluridisciplinaire. L’encadrement médical comprend un obstétricien (qui peut être un spécialiste de l’affection en question), un spécialiste de l’affection et d’autres spécialistes (tels que des nutritionnistes).

Maladies qui se développent pendant la grossesse

Certains troubles ou problèmes augmentant très nettement les risques liés à la grossesse peuvent apparaître.

Certains troubles sont directement liés à la grossesse (constituant des complications de celle-ci). D’autres n’ont pas de lien direct avec la grossesse ( Généralités sur les maladies présentes durant la grossesse). En raison des nombreuses variations que l’organisme d’une femme enceinte subit, certaines maladies sont plus fréquentes pendant la grossesse.

Les complications de la grossesse sont des troubles qui ne se manifestent que pendant la grossesse. Ils peuvent concerner la femme, le fœtus ou les deux, et survenir à différents moments de grossesse. Par exemple, les complications telles qu’un placenta mal positionné (placenta praevia) ou son décollement prématuré de l’utérus (décollement placentaire) peuvent provoquer une hémorragie par voie vaginale au cours de la grossesse. Les femmes qui présentent des saignements importants risquent de perdre leur enfant ou d’entrer en état de choc et, si elles ne sont pas traitées rapidement, de mourir au cours du travail et de l’accouchement.

Expositions pendant la grossesse

Certaines expositions pendant la grossesse peuvent augmenter le risque d’avoir un bébé présentant une malformation congénitale :

Ces substances et conditions sont appelées tératogènes.

Le risque de malformations congénitales est le plus élevé si la mère est exposée à un tératogène entre 3 et 8 semaines de grossesse (4 à 10 semaines après les dernières règles), parce que c’est à ce moment-là que se forment les organes du fœtus. Le risque de fausse couche est également plus élevé.

Les infections particulièrement dangereuses pendant la grossesse incluent :

Les substances pouvant augmenter le risque de malformations congénitales incluent :

Une trop grande consommation de mercure dans les fruits de mer peut léser le fœtus. Cependant, les fruits de mer contiennent des nutriments essentiels pour la croissance et le développement du fœtus et du nourrisson allaité. La Food and Drug Administration (FDA) a de ce fait émis les recommandations suivantes pour les femmes enceintes, susceptibles de débuter une grossesse ou allaitantes :

  • Ne pas consommer de Malacanthidae du Golfe du Mexique, de requin, d’espadon et de maquereau roi.

  • Limiter la quantité de thon albacore consommée chaque semaine à 170 grammes (un repas moyen).

  • Avant de consommer des poissons pêchés localement (dans les lacs, les cours d’eau ou près des côtes), consultez les avertissements locaux afin de vérifier s’ils sont propres à la consommation. Si le taux de mercure n’est pas connu pour être faible ou si aucune information n’est disponible, limitez la quantité consommée à 170 grammes (un repas moyen) par semaine, en prenant soin d’éviter de consommer d’autres aliments ayant une haute teneur en mercure cette semaine-là.

  • Chaque semaine, consommez entre 225 et 340 grammes (2 ou 3 repas moyens) de poissons et fruits de mer à faible teneur en mercure.

Les poissons et fruits de mer ayant une faible teneur en mercure incluent le flet, les crevettes, le thon pâle en conserve, le saumon, le colin, le tilapia, le cabillaud et le poisson-chat (voir Poissons : ce que les femmes enceintes et les parents doivent savoir). Certaines autorités (Consumer Reports : choisir les bons poissons pour réduire le risque d’exposition au mercure) déconseillent toute consommation de thon pendant la grossesse.