Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Rectocolite hémorragique

Par Aaron E. Walfish, MD, Clinical Assistant Professor, Mount Sinai Medical Center ; Rafael Antonio Ching Companioni, MD, Icahn School of Medicine, Elmhurst Hospital Center

La rectocolite hémorragique est une maladie inflammatoire de l’intestin chronique dans laquelle le gros intestin (côlon) devient enflammé et ulcéré (grêlé ou érodé), entraînant des poussées (crises ou attaques) de diarrhée sanglante, crampes abdominales et fièvre. Le risque à long terme de cancer du côlon est accru.

  • La cause exacte de cette maladie n’est pas connue.

  • Les symptômes typiques pendant une poussée incluent des crampes abdominales, un besoin impérieux d’évacuer et des diarrhées (généralement sanglantes).

  • Le diagnostic repose sur une sigmoïdoscopie ou parfois, une coloscopie.

  • Les personnes atteintes de rectocolite hémorragique depuis longtemps peuvent développer un cancer du côlon.

  • Le traitement vise à contrôler l’inflammation, réduire les symptômes et juguler les pertes liquidiennes et nutritives.

La rectocolite hémorragique peut débuter à n’importe quel âge, mais survient généralement avant l’âge de 30 ans, en général entre 14 et 24 ans. Un petit groupe de personnes ont leur première attaque entre 50 et 70 ans.

La rectocolite hémorragique démarre généralement dans le rectum (rectite ulcéreuse). Elle peut rester confinée au rectum ou avec le temps, s’étendre à l’ensemble du côlon. Chez certaines personnes, l’ensemble du cadre colique peut être d’emblée touché.

La rectocolite hémorragique n’affecte généralement pas toute l’épaisseur de la paroi digestive colique et touche rarement l’intestin grêle. Les parties affectées de l’intestin présentent des ulcérations (plaies) superficielles. Contrairement à la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique ne provoque pas de fistule ou d’abcès.

La cause de la rectocolite hémorragique n’a pas été identifiée de manière certaine, mais des facteurs héréditaires et une réponse immune exagérée de l’intestin peuvent jouer un rôle. Le tabagisme, qui contribuerait au développement et aux poussées périodiques de la maladie de Crohn, semble faire baisser le risque de rectocolite hémorragique. Néanmoins, les nombreux autres risques connus liés au tabac ne doivent pas encourager le patient à fumer.

Symptômes

Les symptômes de la rectocolite hémorragique surviennent par poussées. Une poussée peut être soudaine et sévère, avec une violente diarrhée qui contient en général du mucus et du sang, une fièvre élevée, des douleurs abdominales et une péritonite (inflammation de la séreuse de la cavité abdominale). Pendant ces poussées, le patient est sérieusement malade. Le plus souvent, la crise évolue progressivement avec un besoin d’aller à la selle et des douleurs abdominales modérées sous forme de crampes accompagnées de la présence de sang et de mucus dans les selles. Une poussée peut durer quelques jours ou quelques semaines et récidiver à n’importe quel moment.

Lorsque la maladie se limite au rectum et au côlon sigmoïde, les selles peuvent être normales ou dures et sèches. Toutefois, du mucus contenant des quantités importantes de globules rouges et blancs s’écoule du rectum pendant ou entre l’évacuation des selles. Les patients peuvent ou non afficher des symptômes plus généraux comme de la fièvre.

Si la maladie s’étend plus haut dans le côlon, les selles sont plus molles et répétées jusqu’à 10 fois par jour. Souvent, de violentes crampes abdominales et des spasmes douloureux accompagnent le besoin de déféquer. Aucune amélioration ne se produit la nuit. Les selles peuvent être aqueuses ou contenir du mucus. Le sang et le pus constituent fréquemment l’essentiel de leur composition. Peuvent s’y associer de la fièvre, une diminution de l’appétit et une perte de poids.

Complications

Les principales complications de la rectocolite hémorragique comprennent

  • Saignement :

  • Colite fulminante

  • Cancer du côlon

Les saignements, complication la plus fréquente, sont souvent cause d’une anémie ferriprive.

La colite fulminante est une complication particulièrement sévère. Chez près de 10 % des patients atteints de rectocolite hémorragique, une première poussée rapidement progressive devient très sévère, avec hémorragie massive, rupture (perforation) du côlon ou infection diffuse. Les lésions neurologiques et musculaires sur la muqueuse intestinale induisent un iléus (affection dans laquelle les mouvements contractiles normaux de la paroi intestinale sont stoppés temporairement) qui empêche donc le transit normal du contenu intestinal. Une dilatation (distension) abdominale se produit alors.

Avec l’aggravation de la colite fulminante, le gros intestin perd son tonus musculaire et, en quelques jours, voire quelques heures, il commence à se dilater (affection parfois dénommée mégacôlon toxique). Cette complication peut provoquer une forte fièvre et des douleurs abdominales. On observe parfois une perforation du gros intestin et le patient développe une péritonite. Des radiographies de l’abdomen peuvent montrer une dilatation intestinale et la présence de gaz à l’intérieur de la paroi des sections paralysées de l’intestin.

Le cancer du côlon commence à devenir plus fréquent à compter de la septième année suivant la survenue de la maladie chez les patients dont la colite est étendue. Le risque de cancer du côlon est maximal lorsque la totalité du côlon est affectée, et il augmente avec l’ancienneté de la rectocolite hémorragique. Après 20 ans de la maladie, environ 7 à 10 % des patients auront développé un cancer, et après 35 ans, jusqu’à 30 % des patients auront développé un cancer. Par la suite, un cancer est découvert chaque année chez environ 1 personne sur 100 à 200 après 8 à 10 années de maladie chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique étendue. Cependant, les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire de l’intestin et d’une inflammation des voies biliaires (cholangite sclérosante primaire) présentent un risque accru de cancer du côlon à partir du moment où la colite est diagnostiquée.

La coloscopie (examen du gros intestin au moyen d’une sonde souple à fibres optiques) est préconisée tous les 1 à 2 ans chez les patients qui souffrent de rectocolite hémorragique depuis au moins 8 à 10 ans ou qui sont atteints de cholangite sclérosante primaire. Pendant la coloscopie, des échantillons de tissu sont prélevés dans plusieurs zones de l’ensemble du gros intestin en vue d’un examen microscopique visant à détecter les signes avant-coureurs précoces d’un cancer (dysplasie). Cette ablation et cet examen des tissus sont appelés une biopsie. Durant un type de coloscopie plus récent appelé chromoendoscopie, des colorants sont insérés dans le côlon pendant la coloscopie afin de mettre en évidence des zones cancéreuses (malignes) et précancéreuses et pourrait aider les médecins à identifier les zones pour la biopsie.

D'autres complications peuvent se produire, comme dans la maladie de Crohn. Lorsque la rectocolite hémorragique provoque une poussée de symptômes gastro-intestinaux, le patient pourrait également présenter les pathologies suivantes :

Lorsque la rectocolite hémorragique ne provoque pas de poussée des symptômes gastro-intestinaux, le patient peut tout de même être atteint de pyoderma gangrenosum, alors qu’il est possible d’observer une inflammation rachidienne (spondylarthrite ankylosante), une inflammation des articulations pelviennes (sacro-iliite) et une inflammation de l’intérieur de l’œil (uvéite) sans rapport aucun avec la maladie intestinale.

Bien que les personnes atteintes de rectocolite hémorragique présentent fréquemment un léger dysfonctionnement hépatique, seuls 1 à 3 % ont des symptômes d'atteinte hépatique légère à sévère. Une atteinte hépatique sévère peut se traduire par une inflammation du foie (hépatite chronique active), une inflammation des canaux biliaires (cholangite sclérosante primitive) qui diminue, puis finit par disparaître, et le remplacement du tissu hépatique fonctionnel par du tissu cicatriciel (cirrhose). L’inflammation des canaux biliaires peut apparaître bien des années avant la survenue de quelconque symptôme intestinal de rectocolite hémorragique. L’inflammation augmente considérablement le risque de cancer des canaux biliaires et semble également être associée à une forte augmentation du risque de cancer du côlon.

Diagnostic

  • Analyse des selles

  • Sigmoïdoscopie

  • Analyses de sang

  • Examens d’imagerie

Les médecins suspectent une rectocolite hémorragique chez les patients qui présentent des diarrhées sanglantes récurrentes s’accompagnant de crampes et d’un besoin impérieux de déféquer, notamment en présence d’autres complications comme une arthrite ou des problèmes hépatiques, de même que des antécédents d’attaques similaires.

Les médecins examinent les selles pour rechercher des parasites et exclure une infection bactérienne.

La sigmoïdoscopie (un examen du côlon sigmoïde à l’aide d’une sonde d’observation souple) confirme le diagnostic de rectocolite hémorragique. Cette procédure permet au médecin d’observer directement la sévérité de l’inflammation, de prélever des échantillons de mucus ou de selles en vue d’une culture, et de retirer des échantillons de tissus des zones affectées pour un examen microscopique (procédure appelée biopsie). Même pendant les périodes de rémission clinique, l’aspect de l’intestin est rarement complètement normal, et l’examen microscopique des échantillons de tissus montre généralement une inflammation chronique. En général, il n’est pas nécessaire de pratiquer une coloscopie, mais les médecins peuvent y recourir si l’inflammation siège hors de portée du sigmoïdoscope.

Les analyses de sang ne confirment pas le diagnostic mais peuvent mettre en évidence une anémie, une augmentation du nombre de globules blancs (survenant avec l’inflammation), un faible taux d’albumine, une protéine, et une vitesse de sédimentation (VS) érythrocytaire élevée ou un taux de protéine C réactive élevé témoignant d’une inflammation active. Le médecin peut également réaliser des analyses pour déterminer le fonctionnement du foie.

Les radiographies de l’abdomen avec lavement baryté (appelé lavement au baryum) peuvent indiquer la gravité et l’étendue de la maladie, mais ne sont pas réalisées en cas de maladie active, comme lors d’une poussée, en raison du risque de perforation. D’autres radiographies de l’abdomen peuvent également être prises.

Symptômes récidivants ou sévères de rectocolite hémorragique

Les médecins examinent le patient au retour des symptômes caractéristiques, mais ne réalisent pas toujours d’examens complémentaires. Si les symptômes sont plus fréquents ou durables que d’habitude, les médecins peuvent effectuer une sigmoïdoscopie ou une coloscopie, et un hémogramme. Le médecin peut réaliser d’autres examens visant à rechercher une infection ou la présence de parasites.

Lorsque les symptômes sont sévères, les patients sont hospitalisés. Les médecins réalisent des radiographies pour rechercher une dilatation ou une perforation intestinale.

Pronostic

La rectocolite hémorragique est généralement chronique, évoluant par poussées et rémissions (périodes sans symptômes) répétées. Une poussée initiale rapidement progressive conduit à de graves complications chez environ 10 % des patients. On observe une récupération complète après une attaque simple dans encore 10 % des cas. Les patients restants ont une maladie plus ou moins récurrente.

Les patients atteints de rectite ulcéreuse ont le meilleur pronostic. Les complications graves sont rares, mais la maladie peut s’étendre à tout le côlon (évoluant ainsi en rectocolite hémorragique) dans 20 à 30 % des cas. Chez les patients dont la rectite ne s’est pas étendue, une intervention chirurgicale est rarement nécessaire, les taux de cancer ne sont pas augmentés et l’espérance de vie est normale.

Cancer du côlon

Le taux de survie à long terme des personnes atteintes d’un cancer du côlon consécutif à une rectocolite hémorragique est d’environ 50 %. Une majorité survit si le diagnostic est posé aux stades précoces de la maladie et si le côlon est retiré à temps.

Traitement

  • Prise en charge alimentaire et lopéramide

  • Aminosalicylés

  • Corticoïdes

  • Médicaments immunosuppresseurs

  • Agents biologiques

  • Parfois, chirurgie

Le traitement de la rectocolite hémorragique vise à contrôler l’inflammation, réduire les symptômes et juguler les pertes liquidiennes et nutritives.

Le traitement spécifique dépend de la gravité des symptômes du patient.

Prise en charge générale de la rectocolite hémorragique

La supplémentation en fer peut corriger l’anémie induite par la perte de sang dans les selles.

Généralement, si le gros intestin est gonflé, il faut éviter les aliments tels que les noix, les enveloppes de maïs, les fruits crus et les légumes afin de réduire les lésions de la muqueuse enflammée du gros intestin.

Un régime exempt de produits laitiers peut diminuer les symptômes, et il peut être intéressant d’en faire un, mais il ne doit être poursuivi qu’en cas d’efficacité.

Tous les patients atteints de rectocolite hémorragique doivent prendre des suppléments de calcium et de vitamine D.

De faibles doses de lopéramide sont prises pour les diarrhées relativement légères. Pour les diarrhées plus intenses, de fortes doses de lopéramide peuvent être nécessaires. Toutefois, dans les cas sévères, le médecin doit surveiller attentivement le patient sous antidiarrhéiques en raison du risque de colite fulminante.

Aminosalicylés

Les aminosalicylés sont des médicaments utilisés pour traiter l’inflammation provoquée par la maladie intestinale chronique de l’intestin. Les médicaments tels que sulfasalazine, olsalazine, mésalamine et balsalazide sont des types d’aminosalicylés employés pour réduire l’inflammation de la rectocolite hémorragique et prévenir les poussées des symptômes. Ces médicaments sont habituellement pris par voie orale, mais la mésalamine peut aussi être administrée sous forme de lavement ou de suppositoire (par voie rectale). Qu’ils soient administrés par voie orale ou rectale, ces médicaments disposent au mieux d’une efficacité modérée pour traiter une maladie légère ou modérément active, mais ils sont plus efficaces pour prévenir la réapparition des symptômes (maintenir une rémission).

Corticoïdes

Les patients qui présentent une forme modérément sévère et qui ne sont pas hospitalisés prennent généralement des corticostéroïdes par voie orale comme la prednisone. La prednisone prescrite à forte dose entraîne une rémission spectaculaire. Une fois l’inflammation de la rectocolite hémorragique contrôlée par la prednisone, la sulfasalazine, l’olsalazine ou la mésalamine, un immunomodulateur ou un agent biologique sont souvent administrés pour maintenir l’amélioration. Les posologies de prednisone sont progressivement réduites jusqu’à l’arrêt du traitement.

Le budésonide est un autre corticoïde qui peut être utilisé. Il a moins d’effets secondaires que la prednisone, mais ne fonctionne pas aussi rapidement, et il est généralement administré aux patients dont la maladie est moins sévère.

Un traitement prolongé par corticostéroïdes entraîne presque toujours des effets secondaires ( Les corticostéroïdes : Utilisations et effets secondaires).

En cas de rectocolite hémorragique légère ou modérée qui se limite au côlon gauche (côlon descendant) et au rectum, des lavements ou des suppositoires de corticostéroïdes ou de mésalamine peuvent être proposés. Le traitement par corticostéroïdes est réduit et progressivement arrêté sur plusieurs semaines.

Une forme sévère de la maladie impose l’hospitalisation, une perfusion d’eau et d’électrolytes ainsi qu’une corticothérapie par voie intraveineuse. Il est possible d’administrer de la mésalamine aux patients. Une hémorragie rectale importante motive une transfusion sanguine.

Médicaments immunosuppresseurs

Les médicaments immunomodulateurs modifient l’action du système immunitaire de l’organisme, ce qui diminue son activité. Des médicaments tels que l’azathioprine et la mercaptopurine ont été utilisés pour maintenir la rémission chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique qui auraient sinon nécessité un traitement à long terme par corticostéroïdes. Ces médicaments inhibent la fonction des lymphocytes T, cellules importantes du système immunitaire. Cependant, ces médicaments ont un délai d’action lent, et les bénéfices attendus ne sont observés qu’au bout de 1 à 3 mois. Ils exposent également à des effets secondaires graves et nécessitent une étroite surveillance médicale.

En cas de poussée sévère et d’absence de réponse à la corticothérapie, la ciclosporine peut être utilisée. Si la ciclosporine a initialement donné de bons résultats dans la plupart des cas, certains patients ont par la suite nécessité une intervention chirurgicale.

Le tacrolimus est administré par voie orale. Ce médicament a été administré comme traitement à court terme aux patients dont la rectocolite hémorragique est difficile à gérer lorsqu’ils commencent le traitement par azathioprine et mercaptopurine. Le tacrolimus peut contribuer à maintenir la rémission.

Agents biologiques

L'infliximab, un dérivé d'anticorps monoclonaux du facteur de nécrose tumorale (appelé un inhibiteur du facteur de nécrose tumorale ou un inhibiteur du TNF) administré par voie intraveineuse, bénéficie à certains patients atteints de rectocolite hémorragique. Ce médicament peut être administré aux patients qui ne répondent pas aux corticostéroïdes ou qui développent des symptômes dès que la dose de corticostéroïdes est diminuée, malgré l’utilisation optimale d’autres médicaments immunosuppresseurs. L’infliximab, l’adalimumab et le golimumab bénéficient aux patients dont la rectocolite hémorragique est difficile à traiter ou à ceux qui ont développé une dépendance aux corticostéroïdes.

Les effets secondaires pouvant survenir avec l’infliximab incluent l’aggravation d’une infection bactérienne non contrôlée existante, la réactivation de la tuberculose ou de l’hépatite B, et une augmentation du risque de certains types de cancer. Certains patients développent des réactions comme une fièvre, des frissons, des nausées, des céphalées, des démangeaisons ou une éruption cutanée pendant la perfusion (appelées réactions à la perfusion). Avant de commencer un traitement par infliximab ou par d’autres inhibiteurs du TNF tels que l’adalimumab et le golimumab, les patients doivent être testés pour la tuberculose et les infections de l’hépatite B.

Le védolizumab est un médicament destiné aux patients atteints de rectocolite ulcérative modérée à sévère qui n’ont pas répondu aux inhibiteurs de TNF ou à d’autres médicaments immunomodulateurs ou qui sont incapables de tolérer ces médicaments. L’effet secondaire le plus grave qu’il provoque est une susceptibilité accrue à l’infection. Le védolizumab comprend un risque théorique d’infection du cerveau grave appelée leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) parce que cette infection a été rapportée avec l’utilisation d’un médicament apparenté appelé natalizumab.

Médicaments qui réduisent l’inflammation intestinale causée par la rectocolite hémorragique

Médicament

Quelques effets secondaires

Commentaires

Aminosalicylés

  • Sulfasalazine

Courants : Nausées, céphalées, étourdissements, fatigue, fièvre, éruption cutanée et, chez l’homme, stérilité réversible

Peu courants : Inflammation du foie (hépatite), du pancréas (pancréatite) ou des poumons (pneumonie) et anémie hémolytique

Les douleurs abdominales, les étourdissements et la fatigue sont liés à la dose.

L’hépatite et la pancréatite sont sans lien avec la dose.

  • Balsalazide

  • Mésalamine

  • Olsalazine

Courants : Fièvre et éruption cutanée

Peu courants : Pancréatite, inflammation du péricarde (péricardite) et pneumonie

Pour l’olsalazine : Diarrhées aqueuses

La plupart des effets secondaires observés avec la sulfasalazine peuvent survenir avec n’importe quel autre aminosalicylé, mais à une fréquence bien inférieure.

Corticostéroïdes

Prednisone

Diabète sucré, hypertension artérielle, cataracte, ostéoporose (baisse de la densité osseuse), amincissement de la peau, troubles mentaux, psychoses aiguës, sautes d’humeur, infections, acné, pilosité excessive (hirsutisme), cycles menstruels irréguliers, gastrite et ulcère gastroduodénal

Le diabète et l’hypertension artérielle sont plus fréquents chez les sujets qui présentent d’autres facteurs de risque.

Budésonide

Diabète sucré, hypertension artérielle, cataracte et ostéoporose

Le budésonide provoque les mêmes effets secondaires que la prednisone, mais à un degré moindre.

Hydrocortisone (lavement ou mousse)

Une partie du médicament est absorbée par l’organisme, mais même avec un usage prolongé, peu de patients présentent des effets secondaires graves (contrairement aux corticostéroïdes comme la prednisone).

L’hydrocortisone en lavement ou en mousse convient principalement aux rectocolites hémorragiques qui affectent le rectum ou la partie du côlon proche du rectum.

Immunosuppresseurs

  • Azathioprine

  • Mercaptopurine

Anorexie, nausées, vomissements, sensation générale de malaise, infections, cancer, réactions allergiques, pancréatite, faible numération des globules blancs, dépression médullaire et dysfonctionnement hépatique

Les effets secondaires généralement liés à la dose incluent la dépression médullaire et le dysfonctionnement hépatique.

Une surveillance régulière des valeurs sanguines est nécessaire.

Ciclosporine

Hypertension artérielle, nausées, vomissements, diarrhées, insuffisance rénale, tremblements, infections, crises convulsives, neuropathie et développement de lymphomes (cancers du système lymphatique)

Les effets secondaires deviennent plus probables avec un usage prolongé.

Tacrolimus

Similaire à la ciclosporine

Ce médicament est très proche de la ciclosporine et partage un certain nombre de ses effets secondaires.

Agents biologiques

Infliximab

Réactions à la perfusion, infections, cancer, douleurs abdominales, dysfonctionnement hépatique et faible numération des globules blancs

Les réactions à la perfusion sont des effets secondaires potentiellement immédiats qui surviennent pendant la perfusion (comme fièvre, frissons, nausées, céphalées, démangeaisons, éruption cutanée, urticaire, baisse de la tension artérielle ou difficulté respiratoire).

Les patients doivent subir un dépistage de la tuberculose et de l’hépatite B avant d’initier le traitement.

Adalimumab

Douleur ou démangeaisons au point d’injection, céphalées, infections, cancer et réactions d’hypersensibilité

Les effets secondaires sont similaires à l’infliximab, si ce n’est que l’adalimumab est administré sous la peau (voie sous-cutanée) et ne provoque donc pas de réactions à la perfusion.

Les réactions d’hypersensibilité qui surviennent au point d’injection incluent douleur, éruption cutanée, démangeaisons et urticaire. Des réactions d’hypersensibilité plus graves sont possibles.

Golimumab

Lors de l’administration sous-cutanée, douleur ou démangeaisons au site d’injection, et cancer

Les effets secondaires sont similaires à ceux de l’infliximab. Lors de l’administration sous-cutanée, ce médicament ne provoque pas de réactions à la perfusion. Les réactions d’hypersensibilité qui surviennent au point d’injection incluent douleur, éruption cutanée, démangeaisons et urticaire. Des réactions d’hypersensibilité plus graves sont possibles.

Védolizumab

Infections, réactions d’hypersensibilité, rhumes

Ce médicament comprend un risque théorique de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP).

Gravité des symptômes

Les patients qui présentent une rectite ou une maladie n’affectant qu’une partie du côlon à proximité du rectum sont traités par lavements de mésalamine. Les patients qui ne répondent pas ou sont intolérants à la mésalamine sont traités par corticostéroïdes et lavements de budésonide.

Les patients dont la maladie est modérée ou étendue sont traités par mésalamine par voie orale en plus de lavements de mésalamine. Les patients dont les symptômes sont sévères et ceux qui affichent toujours des symptômes sous mésalamine prennent généralement des corticostéroïdes par voie orale, comme la prednisone. La prednisone prescrite à forte dose entraîne une rémission spectaculaire. Une fois l’inflammation contrôlée par la prednisone, la sulfasalazine, l’olsalazine ou la mésalamine sont souvent préconisées pour maintenir l’amélioration. La dose de prednisone est progressivement diminuée et le traitement est finalement arrêté, car l’utilisation prolongée de corticostéroïdes entraîne presque toujours des effets secondaires.

Les patients dont les symptômes réapparaissent lorsque la prednisone est diminuée sont parfois traités par un médicament immunomodulateur (azathioprine ou mercaptopurine). Par ailleurs, certains patients bénéficient d’un traitement par infliximab, adalimumab ou golimumab. Les médecins peuvent prescrire ces médicaments aux patients dont les symptômes ne sont pas contrôlés par azathioprine, mercaptopurine ou corticostéroïdes, ou aux patients qui sont corticodépendants.

Les patients atteints de colite sévère sont hospitalisés, et une corticothérapie à forte dose ainsi que des liquides sont administrés par voie intraveineuse. Les médecins peuvent continuer à donner de la mésalamine. Une hémorragie rectale importante motive une transfusion sanguine. Les patients qui ne répondent pas à ces traitements dans un délai de 3 à 7 jours peuvent être traités par ciclosporine ou infliximab par voie intraveineuse ou être opérés au besoin.

Colite fulminante

Les patients dont la maladie survient brusquement, rapidement et s'accompagne de douleurs intenses ou susceptibles d'avoir développé un mégacôlon toxique sont hospitalisés. Tous les antidiarrhéiques sont arrêtés, aucun aliment ni médicament n’est administré par voie orale, et les médecins introduisent une sonde par le nez et dans l’estomac ou l’intestin grêle pour en retirer le contenu. Les patients reçoivent des liquides intraveineux et des électrolytes, ainsi qu’un traitement intraveineux à forte dose par corticostéroïdes ou ciclosporine. Les médecins prescrivent également des antibiotiques. Les patients sont étroitement surveillés pour détecter des signes d’infection ou de perforation. Les patients dont l’état ne s’améliore pas dans un délai de 24 à 48 heures doivent être opérés en urgence pour retirer l’ensemble ou la plupart du gros intestin.

Régimes d’entretien

Afin de prévenir la récidive des symptômes (c’est-à-dire de maintenir la rémission), les patients continuent de prendre indéfiniment de la mésalamine par voie orale ou sous forme de lavement, car l’arrêt de ce régime d’entretien est souvent synonyme de récidive de la maladie (rechute). Les études suggèrent que la prise simultanée de mésalamine par voie orale et rectale est nettement plus efficace que l’une ou l’autre de ces thérapies.

Les patients qui ne peuvent pas prendre de corticoïdes reçoivent des médicaments immunomodulateurs (azathioprine ou mercaptopurine), des inhibiteurs de TNF (infliximab, adalimumab ou golimumab) ou une association. Les patients dont la maladie est difficile à gérer peuvent recevoir du védolizumab.

Chirurgie

Environ 30 % des patients qui présentent une rectocolite hémorragique étendue ont besoin d’être opérés. Une chirurgie en urgence peut être nécessaire en cas de poussée aiguë potentiellement mortelle avec saignement massif, perforation ou colite fulminante.

Parfois une chirurgie est nécessaire, même en l’absence d’une raison urgente. Ces situations incluent la colite chronique qui est invalidante ou qui nécessite constamment des doses élevées de corticoïdes, les cancers et le rétrécissement du gros intestin ou le retard de croissance chez l’enfant.

La résection complète du gros intestin, du rectum et de l’anus (proctocolectomie totale) guérit de manière définitive la rectocolite hémorragique, restaure l’espérance de vie à la normale, et élimine le risque de cancer du côlon. Cependant, parce que le rectum et l’anus sont retirés, les patients doivent faire l’objet d’une iléostomie permanente. Dans une iléostomie, le chirurgien ramène l’extrémité de la portion inférieure de l’intestin grêle (iléon) à l’extérieur à travers une ouverture réalisée dans la paroi abdominale (stomie). Les patients ayant eu une iléostomie doivent porter en permanence une poche plastique (poche d’iléostomie) sur l’ouverture afin de collecter l’écoulement de selles. L’iléostomie était auparavant le passage obligé pour la guérison.

Actuellement, des mesures alternatives sont possibles, la plus fréquente étant la proctolectomie avec anastomose iléo-anale (AIA). Dans cette procédure, le gros intestin et la plupart du rectum sont retirés, et un petit réservoir est créé à partir de la fin de l’intestin grêle venant s’anastomoser au résidu rectal près de l’anus. Les muscles de l’anus (sphincter anal) n’étant pas retirés, cette procédure permet aux patients de garder le contrôle de leur intestin (continence). Cependant, étant donné qu’il peut persister une faible quantité de tissu du rectum, le risque de cancer est diminué de façon significative, mais pas éliminé. Une complication fréquente de l’AIA est l’inflammation du réservoir (appelée pochite). Les médecins prescrivent des antibiotiques pour traiter les pochites. La plupart des cas de pochite peuvent être contrôlés avec des médicaments, mais un faible pourcentage ne peut pas l’être. Pour ces cas, le médecin crée une iléostomie afin de corriger le problème.

En cas de rectite ulcéreuse, le recours à la chirurgie est rare, et l’espérance de vie n’est pas modifiée. Chez certaines personnes, cependant, les symptômes peuvent être très difficiles à traiter.

Informations supplémentaires

Ressources dans cet article