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Maladie de Crohn

(maladie de Crohn ; entérite régionale ; iléite granulomateuse ; iléo-colite granulomateuse)

Par Aaron E. Walfish, MD, Clinical Assistant Professor, Mount Sinai Medical Center ; Rafael Antonio Ching Companioni, MD, Icahn School of Medicine, Elmhurst Hospital Center

La maladie de Crohn est une inflammation chronique de l’intestin qui comprend habituellement la partie inférieure de l’intestin grêle, la partie supérieure du gros intestin ou les deux, mais peut affecter toute partie du tube digestif.

  • Bien qu’on ne connaisse pas la cause exacte, un dysfonctionnement du système immunitaire pourrait expliquer la maladie de Crohn.

  • Les symptômes typiques incluent une diarrhée chronique (parfois sanglante), une douleur abdominale à type de crampes, de la fièvre, une perte d’appétit et une perte de poids.

  • Le diagnostic repose sur une coloscopie, une endoscopie par vidéocapsule et des examens d’imagerie comme des radiographies barytées, une tomodensitométrie ou une imagerie par résonance magnétique.

  • On ne peut pas guérir de la maladie de Crohn.

  • Le traitement vise à soulager les symptômes et à réduire l’inflammation, mais certains patients nécessitent une intervention chirurgicale.

Au cours des dernières décennies, la maladie de Crohn s’est développée sur la planète. Toutefois, elle est plus fréquente chez les personnes originaires d’Europe du Nord et les Anglo-Saxons. Elle touche autant les hommes que les femmes, est volontiers observée chez plusieurs membres d’une même famille et semble être plus fréquente chez les juifs ashkénazes. La plupart des patients développent la maladie avant 30 ans, en général entre 14 et 24 ans.

Le plus souvent, la maladie de Crohn touche la dernière partie de l’intestin grêle (iléon) et le côlon, mais peut se manifester sur l’ensemble du tube digestif, depuis la bouche jusqu’à l’anus, y compris la peau située autour de l’anus. Lorsque la maladie de Crohn touche le côlon, on l’appelle colite de Crohn. La maladie de Crohn touche

  • L’intestin grêle uniquement (35 % des personnes)

  • Le gros intestin uniquement (20 % des personnes)

  • La dernière partie de l’intestin grêle et le gros intestin (45 % des personnes)

Le rectum est rarement affecté, ce qui n’est pas le cas avec la rectocolite hémorragique, qui touche systématiquement le rectum. En revanche, les infections et autres complications autour de l’anus ne sont pas rares. La maladie peut toucher quelques segments de l’intestin en laissant des intervalles de muqueuses digestives saines. Là où la maladie de Crohn est active, toute l’épaisseur de la paroi intestinale est enflammée.

La cause de la maladie de Crohn n’a pas été déterminée avec certitude, mais de nombreux chercheurs pensent qu’un dysfonctionnement du système immunitaire provoquerait une réaction excessive de l’intestin à un agent environnemental, alimentaire ou infectieux. Certains sujets auraient une prédisposition héréditaire à cette anomalie immunologique. Le tabagisme semble jouer un rôle dans le déclenchement, puis dans la survenue des poussées de la maladie de Crohn. Les contraceptifs oraux peuvent accroître le risque de développer une maladie de Crohn.

Pour des raisons incertaines, les personnes de statut socio-économoique plus élevé peuvent présenter un risque accru de maladie de Crohn.

Plusieurs rapports suggèrent que les personnes qui ont été allaitées peuvent être protégées de la survenue de la maladie inflammatoire intestinale.

Symptômes

Les symptômes les plus fréquents de la maladie de Crohn sont

  • Douleur abdominale à type de crampe

  • Diarrhée chronique (parfois sanglante lorsque le gros intestin est sévèrement touché)

  • Fièvre

  • Perte d’appétit

  • Perte de poids

Les symptômes de la maladie de Crohn peuvent perdurer plusieurs jours ou plusieurs semaines, puis disparaître sans traitement. La guérison complète après une poussée unique est rare. La maladie de Crohn évolue presque toujours par poussées survenant à intervalles irréguliers tout au long de la vie. Les poussées peuvent être modérées ou sévères dans leur intensité, courtes ou prolongées dans le temps. Les poussées sévères peuvent entraîner des douleurs intenses, constantes, de la fièvre et une déshydratation.

On ne connaît pas les raisons de la répétition ou de la gravité des poussées ni leurs facteurs déclenchants. L’inflammation a tendance à récidiver dans la même zone des intestins, mais peut également atteindre une région digestive adjacente après excision chirurgicale du premier segment concerné.

Chez les enfants, les douleurs abdominales et la diarrhée ne constituent pas les principaux symptômes et peuvent même être absentes. En revanche, un retard de croissance, une inflammation des articulations (arthrite), une fièvre et une asthénie due à l’anémie peuvent constituer les principaux symptômes de la maladie de Crohn.

Complications

Les complications de la maladie de Crohn incluent

  • Occlusion (obstruction) intestinale

  • Perforation (rupture) des intestins

  • Abcès (poches de pus infectées) dans l’abdomen

  • Fistules (canaux de communication anormaux entre l’intestin et la peau ou d’autres organes)

  • Fissures anales (déchirures de la peau de l’anus) et abcès de l’anus

  • Cancer du côlon (cancer du gros intestin)

Le mégacôlon toxique est une complication rare qui peut survenir lorsque la maladie de Crohn touche le gros intestin (côlon). Le gros intestin arrête ses contractions normales et se dilate, ce qui entraîne parfois une péritonite. Une chirurgie est parfois nécessaire.

La formation de tissu cicatriciel due à l’inflammation chronique peut provoquer une occlusion intestinale. Les ulcères profonds qui traversent la muqueuse intestinale peuvent créer des abcès, des fistules ouvertes ou des perforations. Les fistules peuvent faire communiquer anormalement deux parties éloignées de l’intestin. Les fistules peuvent aussi faire communiquer l’intestin et la vessie, ou l’intestin et la peau, en particulier dans la région périanale. Bien que les fistules au niveau de l’intestin grêle soient fréquentes, les perforations sont rares. Les fissures dans la peau de l’anus sont fréquentes.

Lorsque le gros intestin est gravement touché par la maladie de Crohn, on observe fréquemment un saignement rectal. Après de nombreuses années, le risque de cancer du côlon (cancer du gros intestin) est nettement accru chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn. Environ un tiers des sujets qui souffrent de maladie de Crohn ont des lésions dans la région périanale, notamment des fistules et des fissures de la muqueuse.

Elle peut également entraîner des complications affectant d’autres parties du corps. Ces complications comprennent

Lorsque la maladie de Crohn provoque une poussée de symptômes gastro-intestinaux, la personne peut également présenter les symptômes suivants :

Même lorsque la maladie de Crohn ne provoque pas une poussée de symptômes gastro-intestinaux, il est toujours possible que la personne présente les symptômes suivants sans lien avec la maladie intestinale :

Diagnostic

  • Analyses de sang et de selles

  • Examens d’imagerie

  • Coloscopie

La maladie de Crohn est suspectée devant des douleurs abdominales récidivantes sous forme de crampes associées à une diarrhée, en particulier s’il existe des cas familiaux de cette affection ou des antécédents de lésions périanales. D’autres arguments facilitent le diagnostic, notamment une inflammation articulaire, oculaire ou cutanée ou, chez l’enfant, un retard de croissance. Une palpation abdominale peut mettre en évidence une masse ou une défense dans la partie basse de l’abdomen, le plus souvent à droite.

Analyses de sang et de selles

Aucun test biologique n’identifie spécifiquement une maladie de Crohn, mais les prélèvements sanguins peuvent révéler une anémie, une élévation du nombre de globules blancs, un faible taux d’albumine et d’autres anomalies témoignant d’une inflammation, comme une augmentation de la vitesse de sédimentation des érythrocytes ou du taux de protéine C réactive. Le médecin peut également réaliser des analyses pour déterminer le fonctionnement du foie.

En présence d’une diarrhée, le médecin peut prélever des échantillons de selles afin d’écarter certaines infections.

Examens d’imagerie

Une tomodensitométrie (TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) de l’abdomen est souvent prescrite aux personnes qui présentent une douleur abdominale intense et une sensibilité au toucher. La TDM ou l’IRM peut révéler une occlusion, des abcès ou des fistules, et d’autres causes possibles d’inflammation abdominale (comme une appendicite).

Les personnes dont les symptômes reviennent après un certain temps peuvent faire l’objet de radiographies de l’estomac ou de l’intestin grêle après avoir avalé du baryum liquide (procédure appelée série gastro-intestinale [GI] haute) ou de radiographies après avoir reçu un lavement (procédure appelée lavement au baryum). Des approches plus récentes incluent l’entérographie par TDM ou l’entérographie par résonance magnétique. La capsule endoscopique sans fil est un autre moyen d’explorer l’intestin grêle.

Coloscopie

Les patients qui ont peu de douleurs et présentent avant tout des diarrhées passent une coloscopie (examen du côlon au moyen d'une sonde souple à fibres optiques) et une biopsie (prélèvement d'un échantillon de tissu pour analyse au microscope). Si la maladie de Crohn se limite à l’intestin grêle, la coloscopie ne détectera l’affection que si le coloscope est introduit sur toute la longueur du côlon jusqu’à la dernière partie de l’intestin grêle, où réside le plus souvent l’inflammation.

Pronostic

La maladie de Crohn est à ce jour incurable et se caractérise par des poussées symptomatiques intermittentes. Les poussées peuvent être d’intensité légère à sévère, rares ou fréquentes. Avec un traitement adapté, la plupart des personnes continuent à mener des vies productives. Cependant, la maladie de Crohn et ses complications sont invalidantes chez environ 10 % des personnes sont.

Traitement

  • Médicaments antidiarrhéiques

  • Aminosalicylés

  • Corticoïdes

  • Médicaments immunosuppresseurs

  • Agents biologiques

  • Antibiotiques

  • Régimes alimentaires

  • Parfois, chirurgie

De nombreux traitements de la maladie de Crohn contribuent à réduire l’inflammation et à soulager les symptômes.

Prise en charge générale

Les crampes et les diarrhées peuvent être soulagées par la prise de lopéramide ou de médicaments qui stoppent les contractures abdominales (idéalement, avant le repas). La méthylcellulose ou les préparations de psyllium permettent parfois de prévenir les irritations anales en rendant les selles plus dures. Pendant les poussées ou en cas d’occlusion intestinale, il faut éviter de manger des fibres.

Médicaments antidiarrhéiques

Ces médicaments, qui peuvent soulager les crampes et la diarrhée, comprennent notamment le diphénoxylate, le lopéramide, la teinture d’opium désodorisée et la codéine. Ils sont pris par voie orale, de préférence avant les repas.

Aminosalicylés

Les aminosalicylés sont des médicaments utilisés pour traiter l’inflammation provoquée par la maladie inflammatoire de l’intestin. La sulfasalazine et les médicaments apparentés comme la mésalamine, l’olsalazine et la balsalazide sont des types d’aminosalicylés. Ces médicaments peuvent contrôler les symptômes et réduire l’inflammation, en particulier au niveau du côlon. Ces médicaments sont en général absorbés par voie orale. La mésalamine est également disponible sous forme de suppositoires ou de lavement. Les aminosalicylés ne sont pas aussi efficaces pour soulager les poussées sévères.

Corticoïdes

Les corticostéroïdes, dont la prednisone ou la prednisolone administrée par voie orale, peuvent être particulièrement efficaces contre la fièvre et la diarrhée, peuvent soulager les douleurs et sensibilités abdominales et améliorer l’appétit et la sensation de bien-être. Une prise prolongée de corticostéroïdes entraîne cependant de nombreux effets secondaires ( Les corticostéroïdes : Utilisations et effets secondaires). Habituellement, on commence par administrer de fortes doses pour soulager l’inflammation majeure et les principaux symptômes provoqués par des poussées soudaines. La dose est alors réduite et le médicament est arrêté dans les meilleurs délais.

Un nouveau corticostéroïde, le budésonide, produit moins d’effets secondaires que la prednisone, mais son efficacité peut être plus tardive et il ne semble pas prévenir les récidives au-delà de 6 mois. Le budésonide peut être administré par voie orale ou sous forme de lavement.

Comme avec les corticostéroïdes par voie orale, la dose de corticostéroïdes prise sous forme de lavement ou de mousse (comme l’hydrocortisone) est réduite et progressivement stoppée.

En cas de poussée sévère de la maladie, les corticostéroïdes sont administrés par voie intraveineuse en hospitalisation.

Les médecins administrent de la vitamine D et des suppléments de calcium à toutes les personnes prenant des corticostéroïdes.

Médicaments immunosuppresseurs

L’azathioprine et la mercaptopurine sont des médicaments qui diminuent les actions du système immunitaire. Ils sont efficaces chez les patients qui souffrent d’une maladie de Crohn non contrôlée par d’autres médicaments, et sont particulièrement efficaces pour maintenir des périodes de rémission prolongées (périodes sans symptômes). Ils améliorent l’état général des patients, permettent de diminuer les corticostéroïdes et favorisent souvent la guérison des fistules. Cependant, ces médicaments ne sont en général efficaces qu’au bout de 1 à 3 mois et peuvent entraîner des effets secondaires potentiellement graves.

Les effets secondaires les plus fréquents de l’azathioprine et de la mercaptopurine sont les nausées, les vomissements et une sensation générale de malaise. Le médecin doit surveiller étroitement d’autres effets secondaires tels que les allergies, la suppression de la moelle osseuse (surveillée en mesurant régulièrement le nombre de globules blancs), l’inflammation du pancréas (pancréatite) et parfois les problèmes hépatiques. Les personnes qui prennent ces médicaments présentent un risque accru de développer un lymphome, un cancer des globules blancs, et certains types de cancer de la peau (surveillés par des examens de la peau de routine).

Les analyses de sang qui détectent les variations dans l’une des enzymes qui métabolisent l’azathioprine et la mercaptopurine et qui mesurent directement les taux de métabolites peuvent parfois aider le médecin à sélectionner une posologie sûre et efficace.

En cas d’intolérance ou de non-réponse aux corticostéroïdes, à l’azathioprine ou à la mercaptopurine, le méthotrexate en injection ou par voie orale une fois par semaine constitue une solution thérapeutique souvent bénéfique. Les effets secondaires incluent les nausées, les vomissements, les problèmes hépatiques, l’insuffisance rénale et, dans de rares cas, les problèmes pulmonaires. Le nombre de globules blancs peut également diminuer, ce qui rend les personnes prenant du méthotrextae susceptibles aux infections. Le méthotrexate est tératogène (dangereux pour le fœtus) et n’est donc pas utilisé en cas de grossesse.

La ciclosporine est administrée par injection à fortes doses. Ce médicament peut aider à soulager les fistules provoquées par la maladie de Crohn, mais il ne peut pas être utilisé à long terme en toute sécurité en raison des effets secondaires tels que problèmes rénaux, infections et crises convulsives.

Le tacrolimus est administré par voie orale. Ce médicament peut aider à soulager les fistules provoquées par la maladie de Crohn. Les effets secondaires sont similaires à ceux de la ciclosporine.

Agents biologiques

L’infliximab, un dérivé d’anticorps monoclonaux contre le facteur de nécrose tumorale (appelé inhibiteur du facteur de nécrose tumorale ou inhibiteur du TNF), est un autre agent modificateur des actions du système immunitaire. L’infliximab est administré par perfusions en série dans une veine. Ce médicament peut être administré pour traiter la maladie de Crohn modérée à sévère n’ayant pas répondu aux autres médicaments, pour traiter les patients présentant des fistules et pour maintenir une réponse lorsque la maladie est difficile à contrôler.

Les effets secondaires pouvant survenir avec l’infliximab incluent l’aggravation d’une infection bactérienne non contrôlée existante, la réactivation de la tuberculose ou de l’hépatite B, et une augmentation du risque de certains types de cancer. Certains patients développent des réactions comme une fièvre, des frissons, des nausées, des céphalées, des démangeaisons ou une éruption cutanée pendant la perfusion (appelées réactions liées à la perfusion). Avant de commencer un traitement par infliximab (ou d’autres inhibiteurs du TNF comme l’adalimumab et le certolizumab), il faut tester la personne pour détecter une tuberculose ou une infection par l’hépatite B.

L'adalimumab est un médicament apparenté à l'infliximab, qui vise également à réguler le système immunitaire. L’adalimumab est administré par une série d’injections sous la peau (injections sous-cutanées) et il ne provoque donc pas les réactions de perfusion possibles d’un médicament administré dans une veine comme l’infliximab. L’adalimumab est particulièrement utile chez les patients intolérants ou ne répondant plus à l’infliximab. Les patients peuvent présenter une douleur et des démangeaisons au point d’injection.

Le certolizumab est administré sous forme d'injections sous-cutanées mensuelles. Ce médicament fonctionne de la même manière et provoque des effets secondaires similaires à ceux de l’infliximab et de l’adalimumab.

Le védolizumab et le natalizumab sont des médicaments pour les personnes atteintes d’une maladie de Crohn modérée à sévère qui n’ont pas répondu aux inhibiteurs du TNF ou à d’autres médicaments immunomodulateur ou qui sont incapables de tolérer ces médicaments. L’effet secondaire le plus grave qu’ils provoquent est une infection. Le natalizumab est actuellement disponible uniquement dans le cadre d’un programme à usage restreint parce qu’il augmente le risque d’une infection du cerveau fatale appelée leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP). Le védolizumab comporte un risque théorique de LEMP parce qu’il appartient à la même classe de médicaments que le natalizumab.

Médicaments qui réduisent l’inflammation intestinale causée par la maladie de Crohn

Médicament

Quelques effets secondaires

Commentaires

Aminosalicylés

  • Sulfasalazine

Courants : Nausées, céphalées, étourdissements, fatigue, fièvre, éruption cutanée et, chez l’homme, stérilité réversible

Peu courants : Inflammation du foie (hépatite), du pancréas (pancréatite) ou des poumons (pneumonie) et anémie hémolytique

Les douleurs abdominales, les étourdissements et la fatigue sont liés à la dose.

L’hépatite et la pancréatite sont sans lien avec la dose.

  • Balsalazide

  • Mésalamine

  • Olsalazine

Courants : Fièvre et éruption cutanée

Peu courants : Pancréatite, inflammation du péricarde (péricardite) et pneumonie

Pour l’olsalazine : Diarrhées aqueuses

La plupart des effets secondaires provoqués par la sulfasalazine peuvent survenir avec n’importe quel autre aminosalicylé, mais à une fréquence bien inférieure.

Corticoïdes

Prednisone

Diabète sucré, hypertension artérielle, cataracte, ostéoporose (baisse de la densité osseuse), amincissement de la peau, troubles mentaux, psychoses aiguës, sautes d’humeur, infections, acné, pilosité excessive (hirsutisme), cycles menstruels irréguliers, gastrite et ulcère gastroduodénal

Le diabète et l’hypertension artérielle sont plus fréquents chez les sujets qui présentent d’autres facteurs de risque.

Budésonide

Diabète sucré, hypertension artérielle, cataracte et ostéoporose

Le budésonide provoque les mêmes effets secondaires que la prednisone, mais à un degré moindre.

Immunosuppresseurs

  • Azathioprine

  • Mercaptopurine

Anorexie, nausées, vomissements, sensation générale de malaise, infections, cancer, réactions allergiques, pancréatite, faible numération des globules blancs, dépression médullaire, dysfonctionnement hépatique et risque accru de lymphome.

Les effets secondaires généralement liés à la dose incluent la dépression médullaire et le dysfonctionnement hépatique.

Une surveillance régulière des valeurs sanguines est nécessaire.

Méthotrexate

Nausées, vomissements, détresse abdominale, céphalées, éruption cutanée, plaies dans la bouche, fatigue, cicatrisation du foie (cirrhose), faible numération des globules blancs et infections

La toxicité hépatique est probablement liée à la dose et à la durée du traitement.

Le méthotrexate entraîne également des fausses couches et des malformations congénitales pendant la grossesse et il n’est donc pas prescrit chez les femmes enceintes ou chez les femmes susceptibles de tomber enceintes.

Ciclosporine

Hypertension artérielle, nausées, vomissements, diarrhées, insuffisance rénale, tremblements, infections, crises convulsives, neuropathie et développement de lymphomes (cancers du système lymphatique), céphalées, crampes au niveau des jambes et sensations de fourmillement

Ce médicament est principalement destiné aux patients qui ont des fistules.

Les effets secondaires deviennent plus probables avec un usage prolongé.

Tacrolimus

Similaire à la ciclosporine

Ce médicament est très proche de la ciclosporine et partage un certain nombre de ses effets secondaires.

Agents biologiques

Infliximab

Réactions à la perfusion, infections, cancer, douleurs abdominales, dysfonctionnement hépatique et faible numération des globules blancs

Les réactions à la perfusion sont des effets secondaires potentiellement immédiats qui surviennent pendant la perfusion (comme fièvre, frissons, nausées, céphalées, démangeaisons, éruption cutanée, urticaire, baisse de la tension artérielle ou difficulté respiratoire).

Les patients doivent subir un dépistage de la tuberculose et de l’hépatite B avant d’initier le traitement.

Adalimumab

Douleur ou démangeaisons au point d’injection (réactions d’hypersensibilité), céphalées, infections et cancer

Les effets secondaires sont similaires à ceux de l’infliximab, si ce n’est que l’adalimumab est administré sous la peau (voie sous-cutanée) et ne provoque donc pas de réactions à la perfusion.

Les réactions d’hypersensibilité qui surviennent au point d’injection incluent douleur, éruption cutanée, démangeaisons et urticaire. Des réactions d’hypersensibilité plus graves sont possibles.

Certolizumab

Similaire à l’infliximab et à l’adalimumab

Le certolizumab fonctionne de la même manière et provoque des effets secondaires similaires à ceux de l’infliximab et de l’adalimumab. Il est administré par voie sous-cutanée.

Certains médecins privilégient ce médicament par rapport à l’infliximab et à l’adalimumab chez les femmes enceintes et allaitantes.

Natalizumab

Infections et réactions d’hypersensibilité

L’utilisation de ce médicament est restreinte en raison d’un risque connu de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP).

Védolizumab

Infections, réactions d’hypersensibilité et rhumes.

Ce médicament comporte un risque théorique de LEMP.

Antibiotiques et probiotiques à large spectre

Les antibiotiques actifs sur un grand nombre de bactéries sont souvent prescrits. Le métronidazole est l’antibiotique de choix pour traiter les abcès et les fistules périanales. Le métronidazole peut également diminuer les symptômes non infectieux de la maladie de Crohn, comme la diarrhée et les crampes abdominales. Cependant, en utilisation prolongée, le métronidazole peut léser les fibres nerveuses et provoquer des fourmillements au niveau des quatre membres. Cet effet secondaire disparaît généralement à l’arrêt du traitement, qui augmente néanmoins le risque de rechute de la maladie de Crohn.

Les personnes doivent éviter de consommer des boissons ou des produits alcoolisés contenant du propylène glycol pendant la prise de métronidazole et doivent continuer à éviter ces substances pendant au moins 3 jours, après la fin du traitement par métronidazole.

D’autres antibiotiques, comme la ciprofloxacine ou la lévofloxacine, peuvent être utilisés seuls ou en association avec le métronidazole. Parfois, la rifaximine, antibiotique non absorbable, est également utilisée pour traiter une maladie de Crohn active.

Certaines bactéries sont naturellement présentes dans l’organisme et favorisent la croissance des bonnes bactéries (probiotiques). La prise quotidienne de probiotiques, notamment de lactobacilles (que l’on trouve généralement dans le yaourt) peut être efficace pour prévenir la pochite (inflammation d’un réservoir créé pendant le retrait chirurgical du gros intestin et du rectum).

Régimes alimentaires

Bien que certaines personnes affirment que certains régimes alimentaires les ont aidées à améliorer leur MICI, ceux-ci n’ont pas montré leur efficacité dans des essais cliniques. Une thérapie nutritionnelle peut également aider les enfants à grandir plus que sans la thérapie, notamment lorsqu’elle est administrée par sonde au moment du coucher. Une nutrition parentérale (par voie veineuse) est parfois nécessaire en cas de malabsorption des aliments observée dans la maladie de Crohn.

Chirurgie

La plupart des personnes qui ont la maladie de Crohn devront être opérées à un moment ou à un autre de leur maladie. Le recours à la chirurgie est nécessaire en cas d’occlusion intestinale, d’abcès ou de fistules persistantes. L’ablation chirurgicale des parties malades de l’intestin peut durablement améliorer la symptomatologie, mais ne guérit pas la maladie. La maladie de Crohn peut récidiver au niveau des zones de raccordement chirurgical, en dépit du maintien d’un traitement médical.

Une deuxième intervention est alors nécessaire chez environ la moitié des patients. Aussi, la chirurgie n’est réalisée que si elle devient nécessaire en cas de complications spécifiques ou d’échec du traitement médical. Toutefois, la plupart des patients opérés considèrent leur qualité de vie meilleure après la chirurgie.

Étant donné que le tabagisme augmente le risque de récidive, notamment chez la femme, les médecins incitent les patients à arrêter de fumer.

Prise en charge générale

Les personnes atteintes de maladies graves peuvent être hospitalisées et recevoir des liquides par voie intraveineuse pour restaurer et maintenir les liquides corporels (hydratation). Dans certains cas d’hémorragie rectale importante, une transfusion sanguine peut être requise. Les patients qui souffrent d’anémie plus chronique auront peut-être besoin de suppléments en fer administrés par voie orale ou intraveineuse.

Gravité des symptômes

Chez les patients qui présentent des symptômes légers à modérés, la mésalamine est généralement le médicament de premier choix. Certains médecins administrent des antibiotiques plutôt que de la mésalamine ou prescrivent des antibiotiques aux patients qui ne bénéficient pas de la mésalamine.

Chez les patients qui présentent des symptômes modérés à sévères, des corticostéroïdes (comme la prednisone ou le budésonide) sont administrés par voie orale ou intraveineuse.

Les patients qui ne sont pas soulagés par les corticostéroïdes se voient prescrire d’autres médicaments comme l’azathioprine, la mercaptopurine, le méthotrexate, l’adalimumab ou le certolizumab. Une association de ces médicaments peut être administrée. Ces médicaments aident la plupart des patients. Si ces médicaments ne sont pas efficaces, le védolizumab peut être administré.

Si les patients ont une occlusion, les médecins réalisent une aspiration nasogastrique et administrent des liquides par voie intraveineuse. Dans le cadre d’une aspiration gastrique par voie nasale, une sonde est introduite par le nez dans l’estomac ou l’intestin grêle, pour en évacuer son contenu par aspiration et ainsi soulager le gonflement abdominal (distension).

Chez les patients dont les symptômes se sont développés subitement ou qui ont un abcès, des liquides et des antibiotiques sont administrés par voie intraveineuse à l’hôpital. Les médecins drainent l’abcès par voie chirurgicale ou en insérant une aiguille sous la peau et en prélevant le liquide. Une intervention chirurgicale est généralement nécessaire chez les patients qui ne sont pas soulagés par les corticostéroïdes et les antibiotiques dans un délai de 5 à 7 jours.

Fistules

Les patients qui ont des fistules autour de l’anus (fistules périanales) sont traités par métronidazole et ciprofloxacine. Si ces médicaments n’aident pas les patients en 3 à 4 semaines, les médecins peuvent administrer de l’azathioprine, de la mercaptopurine, ou des agents biologiques. La ciclosporine est une alternative, mais les fistules récidivent souvent après traitement. Le tacrolimus peut aider à soulager les fistules causées par la maladie de Crohn. Les patients peuvent avoir besoin d’une intervention définitive pour prévenir les récidives de fistules.

Régimes d’entretien

Afin d’empêcher la récidive des symptômes (c’est-à-dire pour maintenir la rémission), les patients qui nécessitent uniquement un aminosalicylé ou un antibiotique pour obtenir une rémission peuvent continuer à prendre ces médicaments. Les patients qui étaient traités avec une association d’azathioprine, de mercaptopurine, de méthotrexate, ou d’infliximab ou d’adalimumab ou de certolizumab doivent continuer à prendre ces médicaments pour maintenir la rémission. Chez les patients traités avec des corticostéroïdes, la dose doit être progressivement réduite. Pour maintenir la rémission, ils peuvent avoir besoin d’une association des médicaments mentionnés ici.

Pendant la rémission, les médecins surveillent les symptômes du patient et procèdent à des analyses de sang. Il n’est pas nécessaire de réaliser des radiographies ou une coloscopie systématiques (sauf chez les patients qui sont atteints d’une maladie de Crohn depuis 7 ou 8 ans, ou depuis plus longtemps).

Chirurgie

La plupart des personnes qui sont atteints de la maladie de Crohn devront être opérées à un moment ou à un autre de leur maladie. Le recours à la chirurgie est nécessaire en cas d’occlusion intestinale, ou en cas d’abcès ou de fistules persistantes. L’ablation chirurgicale des parties malades de l’intestin peut durablement améliorer la symptomatologie, mais ne guérit pas la maladie. La maladie de Crohn peut récidiver au niveau des zones de raccordement chirurgical, mais plusieurs traitements médicamenteux débutés après la chirurgie semblent réduire cette tendance.

Une deuxième intervention est alors nécessaire chez environ la moitié des patients ayant fait l’objet d’une chirurgie. Par conséquent, une chirurgie est réalisée uniquement en cas de complications spécifiques ou si le traitement médicamenteux ne fonctionne pas. Toutefois, la plupart des patients opérés considèrent leur qualité de vie meilleure après la chirurgie.

Étant donné que le tabagisme augmente le risque de récidive, notamment chez la femme, les médecins incitent les patients à arrêter de fumer.

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