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Dépression

Par William Coryell, MD, George Winokur Professor of Psychiatry, University of Iowa

Le trouble de la dépression consiste en un sentiment de tristesse suffisamment intense pour perturber le fonctionnement d’une personne et/ou pour éprouver un intérêt ou un plaisir moindre pour les activités habituelles. Elle peut succéder à une perte récente ou à un autre événement triste, mais elle est disproportionnée par rapport à l’événement et persiste au-delà d’une période raisonnable.

  • L’hérédité, les effets secondaires de certains médicaments, des événements entraînant une souffrance émotionnelle, des changements de taux d’hormones ou d’autres substances de l’organisme, ainsi que d’autres facteurs sont susceptibles de contribuer à une dépression.

  • Une personne atteinte de dépression peut être triste et apathique et/ou perdre tout intérêt et plaisir dans les activités qu’elle aimait pratiquer.

  • Le diagnostic est basé sur les symptômes.

  • Les antidépresseurs, la psychothérapie et parfois la sismothérapie peuvent s’avérer utiles.

On utilise souvent le terme de dépression pour décrire l’humeur triste ou le découragement qui résultent d’évènements émotionnellement perturbants tels qu’une catastrophe naturelle, une maladie grave ou le décès d’une personne aimée. Les personnes peuvent également indiquer qu’elles se sentent déprimées à certains moments de l’année, par exemple pendant les fêtes de fin d’année (blues des fêtes de fin d’année) ou le jour anniversaire du décès d’une personne aimée. Toutefois, ces sentiments ne constituent généralement pas une affection. Généralement, ces sentiments sont temporaires, durant quelques jours plutôt que quelques semaines ou mois, et surviennent par vagues qui ont tendance à être liées à des pensées ou des remémorations de l’évènement stressant. De même, ces sensations n’interfèrent pas substantiellement avec le fonctionnement d’une personne pendant une durée de temps quelconque.

Après l’anxiété, la dépression représente le trouble mental le plus fréquent. Environ 30 % des personnes qui consultent un médecin généraliste présentent des symptômes de dépression, mais moins de 10 % d’entre elles souffrent de dépression sévère.

Les troubles dépressifs se développent habituellement au milieu de l’adolescence, dans la vingtaine ou la trentaine, bien qu’une dépression puisse commencer à presque tout âge, y compris pendant l’enfance ( Dépression chez l'enfant).

Un épisode de dépression non traité dure en général environ 6 mois, mais persiste parfois deux ans voire plus. Les épisodes ont tendance à se reproduire plusieurs fois au cours d’une vie.

Causes

La cause exacte de la dépression n’est pas claire, mais un certain nombre de facteurs peuvent la favoriser. Ces facteurs de risque comprennent :

  • une tendance familiale (hérédité)

  • des événements entraînant une souffrance émotionnelle, en particulier les décès

  • le sexe féminin, impliquant la possibilité d’un changement des taux d’hormone

  • certains troubles physiques

  • effets secondaires de certains médicaments

La dépression n’est pas signe de faiblesse de caractère et ne reflète pas toujours un trouble de la personnalité, un traumatisme de l’enfance ou un défaut d’éducation. Le statut social, l’origine ethnique et la culture ne semblent pas avoir d’influence sur le risque de souffrir de dépression. Elle peut survenir ou s’aggraver indépendamment de tout stress apparent ou significatif dans la vie.

Des anomalies génétiques peuvent y contribuer. Elles peuvent affecter le fonctionnement des substances qui aident les cellules nerveuses à communiquer (neurotransmetteurs). La sérotonine, la dopamine et la norépinéphrine sont des neurotransmetteurs pouvant jouer un rôle dans la dépression.

Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de souffrir de dépression, bien que les raisons de cette fréquence accrue ne soient pas totalement claires. Parmi les facteurs physiques, ce sont les hormones qui sont les plus impliquées. Les variations des taux hormonaux, susceptibles d’induire des modifications de l’humeur peu avant les règles ( Syndrome prémenstruel) et après l’accouchement, pourraient jouer un rôle dans la dépression de la femme. Durant les 4 premières semaines qui suivent une naissance, certaines femmes souffrent de dépression (baby blues ou, si la dépression est plus grave, dépression du post-partum, Dépression du post-partum) Une anomalie de la fonction thyroïdienne, affection assez fréquente chez les femmes, peut également être facteur de dépression.

La dépression peut être associée à de nombreux troubles physiques et facteurs ou en être la cause. Les troubles physiques peuvent provoquer une dépression, soit directement (comme lorsqu’un trouble thyroïdien affecte les taux d’hormones) soit indirectement (comme lorsqu’une polyarthrite rhumatoïde entraîne des douleurs et une invalidité). Un trouble physique induit souvent directement et indirectement une dépression. Par exemple, le SIDA peut provoquer directement une dépression si le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), à l’origine du SIDA, endommage le cerveau. Le SIDA peut causer indirectement une dépression du fait de son effet globalement négatif sur la vie de la personne. De nombreuses personnes disent se sentir plus tristes à la fin de l’automne et en hiver, et mettent cela sur le compte des journées plus courtes et des températures plus froides. Cependant, chez certaines personnes, cette tristesse est suffisamment grave pour être considérée comme un type de dépression.

La prise de certains médicaments sur ordonnance, tels que certains bêta-bloquants (utilisés pour traiter l’hypertension artérielle) peut entraîner une dépression. Pour des raisons inconnues, les corticostéroïdes entraînent souvent une dépression s’ils sont produits en grande quantité par l’organisme (comme dans le syndrome de Cushing) mais, administrés comme médicaments, ils tendent à provoquer une hypomanie (une forme moins grave de manie) ou, rarement, une manie ( Trouble bipolaire). L’arrêt d’un médicament peut parfois causer une dépression temporaire.

Un certain nombre de troubles mentaux peuvent prédisposer une personne à la dépression. Il s’agit de certains troubles anxieux, de l’alcoolisme, de troubles liés à la consommation excessive d’autres substances ou de la schizophrénie. Une personne ayant déjà souffert de dépression a plus de chances d’en souffrir à nouveau.

Les événements entraînant une souffrance émotionnelle, tels que la perte d’une personne aimée peuvent parfois déclencher une dépression, en particulier chez les personnes prédisposées à la dépression, par exemple les personnes dont un ou plusieurs membres de la famille ont souffert de dépression.

Quelques causes de dépression

Maladie

Exemples

Troubles cérébraux et neurologiques

Tumeurs cérébrales

Démence (aux stades précoces)

Blessure à la tête

Sclérose en plaques

Maladie de Parkinson

Apnée du sommeil

Accident vasculaire cérébral

Convulsions affectant le lobe temporal (crises partielles complexes)

Cancers

Diffusion du cancer dans tout l’organisme (métastases)

Cancer du pancréas

Maladies du tissu conjonctif

Lupus érythémateux disséminé (lupus)

Troubles hormonaux

Maladie d’Addison

Syndrome de Cushing

Diabète

Taux élevés de parathormone (hyperparathyroïdie)

Taux élevés d’hormone thyroïdienne (hyperthyroïdie) ou faibles taux d’hormone thyroïdienne (hypothyroïdie)

Faibles taux d’hormones hypophysaires (hypopituitarisme)

Faibles taux de testostérone (hypogonadisme)

Infections

SIDA

Grippe

Mononucléose

Syphilis (stade tardif)

Tuberculose

Hépatite virale

Pneumonie virale

Troubles alimentaires

Pellagre (déficit en vitamine B6)

Anémie pernicieuse (une forme de déficit en vitamine B12)

Médicaments

Alcool

Sevrage des amphétamines

Amphotéricine B

Médicaments antipsychotiques

Bêta-bloquants (certains)

Cimétidine

Contraceptifs (oraux)

Corticoïdes

Cyclosérine

Traitement hormonal (œstrogènes)

Interféron

Mercure

Méthyldopa

Métoclopramide

Réserpine

Thallium

Vinblastine

Vincristine

Symptômes

Les symptômes apparaissent en général progressivement sur plusieurs jours ou plusieurs semaines et sont très variables. Par exemple, une personne qui devient dépressive peut paraître apathique et triste ou irritable et anxieuse.

De nombreuses personnes dépressives ne ressentent pas les émotions, telles que la douleur, la joie et le plaisir, de façon normale. Le monde semble être devenu sans couleur et sans vie. Elles perdent l’intérêt et le plaisir à effectuer des activités précédemment appréciées

Les personnes déprimées peuvent se sentir préoccupées par des sentiments intenses de culpabilité et d’auto-dénigrement et peuvent ne pas être capables de se concentrer. Elles peuvent éprouver des sentiments de désespoir, de solitude et d’inutilité. Elles sont souvent indécises et en retrait, se sentent de plus en plus impuissantes et sans espoir et pensent à la mort et au suicide.

La plupart des personnes dépressives ont du mal à s’endormir et se réveillent plusieurs fois, notamment aux premières heures du matin. Un faible appétit et une perte de poids peuvent induire une émaciation et, chez les femmes, les règles peuvent même s’arrêter. Cependant, de gros excès alimentaires et une prise de poids sont fréquents dans les dépressions modérées.

Certaines personnes déprimées négligent leur hygiène personnelle, voire leurs enfants, leurs proches, ou leurs animaux domestiques. Elles peuvent se plaindre d’une maladie physique, accompagnée de douleurs variées.

Le terme dépression est utilisé pour décrire plusieurs troubles reliés entre eux :

  • le trouble dépressif majeur

  • le trouble dépressif persistant

  • le trouble dysphorique prémenstruel

le trouble dépressif majeur

La personne est déprimée la plupart des jours pendant au moins 2 semaines. Les personnes souffrant de trouble dépressif majeur semblent parfois misérables. Leurs yeux peuvent être larmoyants, elles froncent les sourcils et les commissures de leurs lèvres sont tournées vers le bas. Elles peuvent paraître effondrées et éviter tout contact visuel. Elles se déplacent parfois à peine, ne montrant que peu d’expression sur leur visage, et parlent d’un ton monocorde.

Le saviez-vous ?

  • La dépression signifie plus que se sentir triste en permanence : La personne peut se sentir bonne à rien et coupable, perdre tout intérêt pour ses plaisirs habituels, présenter des troubles du sommeil, perdre ou prendre du poids.

Trouble dépressif persistant

La personne se sent déprimée la plupart du temps pendant 2 ans ou plus.

Les symptômes apparaissent progressivement, souvent au cours de l’adolescence, et ils peuvent durer des années voire des décennies. Le nombre de symptômes présents simultanément à un moment donné varie ; parfois les symptômes sont moins graves que ceux de la dépression majeure.

Une personne souffrant de ce trouble peut être sombre, pessimiste, sceptique, sans humour ou incapable de s’amuser. Certaines sont passives, manquent d’énergie et restent en retrait. Certaines se plaignent constamment et sont promptes à critiquer les autres et à se faire des reproches. Elles peuvent être tourmentées par l’inadéquation, l’échec et les événements négatifs, parfois au point de jouir de façon morbide de leurs propres échecs.

Trouble dysphorique prémenstruel

Des symptômes graves apparaissent avant la plupart des règles et disparaissent une fois qu’elles sont terminées. Les symptômes sont à l’origine d’une souffrance considérable et/ou perturbent grandement le fonctionnement de la personne. Bien que les symptômes soient similaires à ceux du syndrome prémenstruel ( Syndrome prémenstruel), ils sont plus graves, provoquant une grande souffrance et perturbant le fonctionnement de la personne au travail et dans ses relations sociales.

Ce trouble peut se manifester pour la première fois à tout moment après les premières règles d’une jeune fille. Il peut s’aggraver lorsque les femmes approchent le moment de la ménopause, et prend fin après la ménopause. Il affecte près de 2 à 6 % des femmes réglées.

Les femmes atteintes ont des sautes d’humeur, deviennent soudain tristes et larmoyantes. Elles sont facilement irritables et colériques. Elles se sentent très déprimées, désespérées, anxieuses, et stressées. Elles peuvent se sentir dépassées ou n’ayant aucun contrôle. Elles se rabaissent souvent.

Comme dans le cas des autres types de dépression, les femmes atteintes de ce trouble peuvent perdre tout intérêt pour les activités de la vie quotidienne, avoir des difficultés à se concentrer, et se sentir fatiguées et sans énergie. Elles mangent parfois trop et ont des envies compulsives de certains aliments. Elles peuvent dormir trop ou trop peu.

Comme beaucoup de femmes juste avant que leurs règles ne commencent, les femmes atteintes de ce trouble ont les seins sensibles et gonflés et/ou les muscles et les articulations douloureux. Elles peuvent se sentir ballonnées et prendre du poids.

Spécificateurs

Les médecins utilisent certains termes pour décrire les symptômes spécifiques des personnes atteintes de dépression. Ces termes comprennent :

  • Tension anxieuse : la personne est tendue et inhabituellement agitée. Elle éprouve des difficultés à se concentrer parce qu’elle s’inquiète ou craint qu’un événement horrible ne survienne ou qu’elle ne perde le contrôle d’elle-même.

  • Mixte : la personne présente au moins trois symptômes de manie. La personne peut se sentir exubérante et trop confiante. Elle peut parler plus que d’habitude et dormir peu. Ses pensées peuvent défiler.

  • Mélancolique : la personne ne prend plus plaisir à effectuer les activités qu’elle aimait. Elle semble apathique, triste, et découragée. Elle parle peu, arrête de manger et perd du poids. Elle peut ressentir un sentiment de culpabilité excessif ou inapproprié. Elle se réveille souvent trop tôt le matin et ne peut plus se rendormir.

  • Atypique : l’humeur de la personne peut s’améliorer temporairement en réponse à un événement heureux, tel que la visite de ses enfants. La personne a davantage d’appétit, et par conséquent prend du poids. Elle peut dormir pendant de longues périodes. Elle est extrêmement sensible à ce qu’elle perçoit comme étant une critique ou un rejet. Elle peut se sentir lourde, comme si elle pouvait à peine bouger les jambes.

  • Psychotique : la personne se fait des idées erronées (délires), pense souvent avoir commis des péchés ou des crimes impardonnables, souffrir de troubles incurables ou honteux ou bien être épiée ou persécutée. La personne peut souffrir d’hallucinations, généralement sous la forme de voix l’accusant de divers méfaits ou la condamnant à mourir.

  • Catatonique : la personne est très en retrait. Sa pensée, sa parole et son activité générale peuvent être ralenties au point d’empêcher toute activité volontaire. Certaines personnes imitent le discours (écholalie) ou les mouvements (échopraxie) d’autrui.

  • Saisonnière : les épisodes de dépression surviennent chaque année à un moment particulier de l’année, généralement à partir de l’automne ou de l’hiver et jusqu’au printemps. Ces épisodes sont plus fréquents sous les latitudes nord et sud extrêmes, où les hivers sont plus longs et rigoureux. La personne est apathique. Elle perd tout intérêt et reste en retrait des activités de la vie quotidienne. Elle peut aussi dormir et manger trop.

Suicide

Les idées de mort figurent parmi les symptômes les plus graves de la dépression. Nombre de personnes dépressives souhaitent mourir ou pensent être tellement sans valeur qu’elles doivent mourir. Parmi les personnes dépressives non traitées, 15 % mettent fin à leurs jours par le suicide. Une menace de suicide constitue un cas d’urgence ( Pour plus de renseignements). Lorsqu’une personne menace de se suicider, un médecin peut la faire hospitaliser pour qu’elle soit surveillée jusqu’à ce que le traitement réduise le risque de suicide. Le risque est particulièrement élevé dans les situations suivantes :

  • Lorsque la dépression n’est pas traitée ou ne l’est pas de façon adéquate

  • Au début d’un traitement (alors que la personne devient plus active mentalement et physiquement mais que son humeur est toujours noire)

  • Lorsqu’une personne continue de se sentir excessivement triste, même en reprenant ses activités normales

  • Lorsqu’une personne vit un anniversaire important

  • Lorsqu’une personne alterne entre dépression et manie (trouble bipolaire, Trouble bipolaire)

  • Lorsqu’une personne se sent très anxieuse

  • Lorsqu’une personne boit de l’alcool ou prend des drogues douces ou illicites

Toxicomanie

Une personne dépressive est plus susceptible de consommer une quantité excessive d’alcool ou d’autres drogues douces pour tenter de mieux dormir ou de se sentir moins anxieuse. Néanmoins, la dépression est moins source d’alcoolisme et de toxicomanie qu’on le pensait souvent auparavant. Les personnes sont également plus susceptibles de fumer beaucoup et de négliger leur santé. Ainsi, le risque de développer ou d’aggraver d’autres troubles, tels qu’une bronchopneumopathie chronique obstructive, est accru.

Diagnostic

Un médecin est généralement en mesure de diagnostiquer une dépression sur la base de ces symptômes. Des antécédents personnels ou familiaux de dépression l’aident à confirmer le diagnostic. L’inquiétude excessive, les attaques de panique ou les obsessions sont fréquentes dans la dépression et peuvent conduire le médecin à diagnostiquer à tort un trouble anxieux.

Chez les personnes âgées, la dépression peut être difficile à détecter, particulièrement chez celles qui ne travaillent pas ou qui n’ont que peu de contacts sociaux. Par ailleurs, la dépression peut être prise à tort pour de la démence parce qu’elle présente des symptômes similaires, par exemple la confusion et la difficulté à se concentrer et à penser clairement. Cependant, lorsque les symptômes sont dus à une dépression, ils disparaissent lorsque celle-ci est traitée. Lorsque la démence est la cause des symptômes, ils ne disparaissent pas.

On se sert de questionnaires standardisés pour faciliter l’identification de la dépression et déterminer son degré de sévérité, toutefois ces questionnaires ne peuvent pas être utilisés seuls pour diagnostiquer une dépression. Deux de ces questionnaires sont l’échelle d’évaluation de la dépression d’Hamilton, effectué oralement par un examinateur, et l’inventaire de dépression de Beck, questionnaire d’auto-évaluation. Le médecin demande également à la personne si elle pense à se faire du mal ou prévoit de le faire. Ce genre de pensées indique que la dépression est sévère.

Aucun test ne peut confirmer une dépression. Les examens de laboratoire peuvent parfois aider à établir si la dépression est provoquée par un trouble endocrinien ou organique. Des analyses de sang, par exemple, sont généralement réalisées afin de mettre en évidence une maladie thyroïdienne ou une carence en vitamine. Chez les personnes jeunes, des analyses peuvent être effectuées afin de détecter une éventuelle consommation de drogue. Un examen neurologique approfondi est pratiqué afin de rechercher une éventuelle maladie de Parkinson, à l’origine de certains symptômes identiques. Les personnes souffrant de troubles sévères du sommeil peuvent avoir besoin de passer un test particulier (polysomnographie, Tests) afin de distinguer les troubles du sommeil d’une dépression.

Traitement

La plupart des personnes dépressives n’ont pas besoin d’être hospitalisées. Dans certains cas cependant, l’hospitalisation est nécessaire, notamment en cas de pensées suicidaires ou de tentatives de suicide, de fragilité suite à une perte de poids ou de risque de problèmes cardiaques dus à une agitation sévère.

Le traitement dépend de la gravité et du type de dépression :

  • Dépression légère : soutien (comprenant des visites fréquentes chez le médecin et de la formation) et psychothérapie

  • Dépression modérée à sévère : médicaments, psychothérapie, ou les deux et parfois sismothérapie

  • Dépression saisonnière : photothérapie

Le traitement de la dépression est généralement un succès. Si une cause (telle qu’un médicament ou un autre trouble) peut être identifiée, on commence par la corriger, mais l’administration de médicaments visant à traiter la dépression peut également s’avérer nécessaire.

Soutien

Le médecin peut prévoir des visites ou des appels téléphoniques toutes les semaines ou une semaine sur deux pour les personnes souffrant de dépression. Le médecin explique à la personne, ainsi qu’aux membres de sa famille, que la dépression a des causes physiques et qu’elle nécessite un traitement particulier qui est généralement efficace. Le médecin les rassure en leur disant que la dépression ne reflète pas un défaut de caractère, qu’il ne s’agit pas d’une faiblesse.

Se familiariser avec la dépression peut aider les personnes à mieux comprendre et gérer le trouble. Par exemple, les personnes apprennent que le chemin de la guérison est souvent chaotique et que les épisodes de tristesse et d’idées noires peuvent revenir, mais qu’ils s’arrêteront. Cela permet de relativiser les éventuelles régressions et les personnes affectées sont ainsi plus susceptibles de poursuivre leur traitement et de ne pas abandonner.

Devenir plus actif, se promener et faire régulièrement de l’exercice physique peut aider, de même qu’échanger plus avec d’autres personnes.

Les groupes de soutien (tels que la Depression and Bipolar Support Alliance, DBSA) peuvent être utiles en ce qu’ils offrent une tribune où partager des expériences et des sentiments communs.

Psychothérapie

La psychothérapie seule peut être aussi efficace qu’un traitement pharmacologique dans la dépression légère. Associée à des médicaments, elle peut s’avérer utile dans la dépression sévère.

La psychothérapie individuelle ou de groupe peut aider les personnes dépressives à reprendre progressivement leurs responsabilités et à s’adapter aux pressions normales de la vie. La thérapie interpersonnelle se concentre sur les rôles sociaux passés et présents de la personne, identifie les problèmes d’échange de la personne avec les autres, et fournit des recommandations à mesure que la personne s’adapte aux changements de rôles dans sa vie. Le traitement cognitif comportemental peut contribuer à faire évoluer le désespoir et les pensées négatives.

Traitement pharmacologique

Plusieurs types d’antidépresseurs sont disponibles, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les antidépresseurs hétérocycliques, les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) et plusieurs types nouveaux, ainsi que des psychostimulants. La plupart d’entre eux doivent être pris régulièrement pendant au moins plusieurs semaines avant que leur effet ne commence à se manifester. La plupart des personnes atteintes doivent prendre des antidépresseurs pendant 6 à 12 mois pour éviter les rechutes. Les personnes de plus de 50 ans peuvent devoir les prendre pendant une période pouvant aller jusqu’à 2 ans.

Les effets secondaires varient selon chaque type de médicament. Parfois, lorsque le traitement par un seul médicament ne permet pas de soulager la dépression, on prescrit un type (une classe) différent ou une association d’antidépresseurs.

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) représentent actuellement la classe d’antidépresseurs la plus utilisée. Ils sont efficaces dans le traitement de la dépression ainsi que dans d’autres troubles mentaux qui coexistent souvent avec la dépression. Bien que les ISRS puissent provoquer des nausées, des diarrhées, des tremblements, une perte de poids et des céphalées, ces effets secondaires sont en général modérés ou disparaissent lors de la poursuite du traitement. La plupart des personnes tolèrent les effets secondaires des ISRS mieux que ceux des antidépresseurs hétérocycliques. Les ISRS sont moins susceptibles d’induire un effet négatif sur le cœur que les antidépresseurs hétérocycliques. Certaines personnes, toutefois, peuvent paraître plus agitées, dépressives et anxieuses durant la semaine qui suit l’instauration des ISRS ou l’augmentation de la dose. Ces personnes, notamment les jeunes enfants et les adolescents, peuvent présenter un comportement de plus en plus suicidaire si ces symptômes ne sont pas détectés et rapidement traités. Les personnes qui prennent des ISRS ainsi que leurs proches doivent être avertis de cette possibilité et recevoir l’instruction d’appeler leur médecin si leurs symptômes s’aggravent avec le traitement. Cependant, étant donné que les personnes dépressives non traitées en viennent parfois également au suicide, les personnes et leur médecin doivent évaluer ce risque par rapport à celui du traitement médicamenteux. De plus, en cas d’administration au long cours, les ISRS peuvent entraîner des effets secondaires supplémentaires, tels qu’une prise de poids ou un dysfonctionnement sexuel (chez un tiers des personnes). L’arrêt soudain de certains ISRS peut provoquer un syndrome de sevrage avec vertiges, anxiété, irritabilité, nausées et symptômes grippaux.

Les antidépresseurs récents sont aussi efficaces et sûrs que les ISRS et présentent des effets secondaires similaires. Ces médicaments incluent :

  • Inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline-dopamine (bupropion)

  • Modulateurs de la sérotonine (par exemple la mirtazapine et la trazodone)

  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (tels que la venlafaxine et la duloxétine)

Comme cela peut se produire avec les ISRS, le risque de suicide peut être temporairement augmenté lors de l’instauration de ces traitements et un arrêt brutal des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline peut induire un syndrome de sevrage.

Les antidépresseurs hétérocycliques (dont les tricycliques), autrefois à la base du traitement, sont désormais peu utilisés, car ils induisent plus d’effets secondaires que les autres antidépresseurs. Ils entraînent souvent une somnolence ainsi qu’une prise de poids. Ils peuvent également provoquer une accélération du rythme cardiaque et une baisse de la tension artérielle en position debout (appelée hypotension orthostatique, Étourdissements ou sensation de vertige en se levant). D’autres effets secondaires, appelés effets anticholinergiques, comprennent un flou visuel, une sécheresse buccale, une confusion, une constipation et une difficulté à déclencher la miction. Ces effets anticholinergiques sont souvent plus sévères chez les personnes âgées ( Anticholinergique : définition). L’arrêt brutal des antidépresseurs hétérocycliques, comme pour les ISRS, peut entraîner un syndrome de sevrage.

Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) sont très efficaces mais sont rarement prescrits, à moins que d’autres antidépresseurs n’aient pas fonctionné. Les personnes qui utilisent des IMAO doivent respecter un certain nombre de restrictions alimentaires et prendre des précautions particulières pour éviter une réaction grave consistant en une augmentation soudaine et sévère de la tension artérielle avec céphalées pulsatiles sévères (crise hypertensive). Cette crise peut entraîner un AVC. Les précautions sont les suivantes :

  • Ne pas consommer d’aliment ou de boissons contenant de la tyramine, telles que la bière pression, le vin rouge (y compris le xérès), les liqueurs, les aliments trop mûrs, le salami, les fromages bien faits, les fèves, les extraits de levure (Marmite), les figues en boîte, le raisin sec, le yaourt, le fromage, la crème aigre, les rollmops, le caviar, le foie, les viandes très attendries ou la sauce soja

  • Ne pas prendre de pseudoéphédrine, contenue dans de nombreux médicaments en vente libre contre la toux et le rhume

  • Ne pas prendre de dextrométorphane (antitussif) de réserpine (antihypertenseur) ou de mépéridine (antalgique)

  • Porter à tout moment sur soi un antidote, tel que des comprimés de chlorpromazine et, en cas de céphalées pulsatiles sévères, le prendre immédiatement et se rendre au service des urgences le plus proche

Les personnes qui utilisent des IMAO doivent également éviter de prendre d’autres types d’antidépresseurs, notamment des antidépresseurs hétérocyliques, des ISRS, du bupropion, des modulateurs de la sérotonine ou des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline. Associer un IMAO à un autre antidépresseur peut entraîner une augmentation dangereuse de la température corporelle, une détérioration des muscles, une insuffisance rénale ainsi que des convulsions. Ces effets, désignés sous le nom de syndrome malin des neuroleptiques, peuvent être mortels.

Les psychostimulants, tels que la dextroamphétamine et le méthylphénidate, ainsi que d’autres médicaments, sont parfois administrés, souvent en association avec des antidépresseurs.

Le millepertuis, complément alimentaire phytothérapique, est parfois utilisé pour soulager la dépression légère, bien que son efficacité ne soit pas prouvée. En raison des interactions potentiellement nocives entre le millepertuis et nombre de médicaments sur ordonnance, les personnes qui désirent prendre ce complément à base de plante doivent discuter avec leur médecin des éventuelles interactions médicamenteuses ( Millepertuis (herbe de Saint Jean)).

Médicaments utilisés pour traiter la dépression

Médicament

Quelques effets secondaires

Commentaires

Antidépresseurs hétérocycliques (dont les tricycliques)

  • Amitriptyline

  • Amoxapine

  • Clomipramine

  • Désipramine

  • Doxépine

  • Imipramine

  • Maprotiline

  • Nortriptyline

  • Protriptyline

  • Trimipramine

Somnolence, prise de poids, accélération du rythme cardiaque, baisse de la tension artérielle en position debout (hypotension orthostatique), sécheresse buccale, confusion, flou visuel, constipation, difficulté à déclencher la miction et orgasme retardé

Avec la clomipramine et la maprotiline, convulsions

Ces médicaments ne sont généralement pas prescrits aux personnes âgées en raison des effets secondaires en général plus prononcés chez elles.

Un surdosage peut induire une toxicité sévère, potentiellement mortelle.

Inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS)

  • Citalopram

  • Escitalopram

  • Fluoxétine

  • Fluvoxamine

  • Paroxétine

  • Sertraline

Dysfonctionnement sexuel(principalement, orgasme retardé mais également perte du désir et dysfonction érectile chez certaines personnes), nausées, diarrhée, céphalées, perte de poids (à court terme), prise de poids (à long terme), syndrome de sevrage*, perte de mémoire, émoussement des émotions, facilité à former des hématomes.

Les ISRS représentent la classe d’antidépresseurs la plus fréquemment utilisée. Ils sont également efficaces dans le trouble anxieux généralisé, le trouble obsessionnel compulsif, le trouble panique, le trouble phobique, le syndrome de stress post-traumatique, le trouble dysphorique prémenstruel ainsi que la boulimie.

La toxicité due au surdosage est moins grave que celle des autres antidépresseurs.

Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO)

  • Isocarboxazide

  • Phénelzine

  • Sélégiline

  • Tranylcypromine

Insomnie, nausées, prise de poids, dysfonction sexuelle (perte du désir, orgasme retardé et dysfonction érectile), sensation de picotements, étourdissements, baisse de la tension artérielle (notamment en position debout)

Les personnes prenant ces médicaments doivent respecter des restrictions alimentaires et éviter certains médicaments pour prévenir une réaction grave consistant en une augmentation soudaine et sévère de la tension artérielle accompagnée de céphalées pulsatiles sévères (crise hypertensive).

La sélégiline est disponible sous forme de patch. Avec le patch, il n’est pas nécessaire de se soumettre à des restrictions alimentaires, sauf s’il contient une dose élevée.

Psychostimulants

  • Dextroamphétamine

  • Méthylphénidate

Nervosité, tremblements, insomnie et sécheresse buccale

Ces médicaments sont généralement associés aux antidépresseurs. Administrés seuls, ils sont généralement inefficaces en tant qu’antidépresseurs.

Modulateurs de la sérotonine (antagonistes des récepteurs 5-HT2)

Mirtazapine

Somnolence et prise de poids

La mirtazapine ne cause ni nausées, ni dysfonctionnement sexuel.

Trazodone

Somnolence prolongée, érection douloureuse et persistante (priapisme) et baisse excessive de la tension artérielle en position debout

La trazodone est généralement administrée au coucher aux personnes qui souffrent de dépression et d’insomnie.

Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline

Duloxétine

Venlafaxine

Nausées, sécheresse buccale, syndrome de sevrage* et, en cas d’administration de doses élevées, augmentation de la tension artérielle

La plupart des effets secondaires peuvent être évités ou minimisés par l’utilisation de petites doses et des modifications de doses effectuées de manière progressive.

Inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline-dopamine

Bupropion

Céphalées, agitation, syndrome de sevrage*, hypertension artérielle chez quelques personnes et, rarement, convulsions

Le bupropion est utile chez les personnes dépressives présentant également un déficit d’attention/trouble hyperactif ou une dépendance à la cocaïne et chez celles qui essaient d’arrêter de fumer. Le bupropion n’entraîne aucun dysfonctionnement sexuel.

* Le syndrome de sevrage consiste en des vertiges, une anxiété, une irritabilité, des nausées et des symptômes grippaux, se produisant lorsqu’un médicament est arrêté brutalement.

Sismothérapie

La sismothérapie est parfois utilisée pour traiter les personnes souffrant de dépression sévère, notamment celles qui sont psychotiques, menacent de se suicider ou refusent de manger. On s’en sert également pour traiter la dépression pendant la grossesse, lorsque les médicaments sont inefficaces. Ce type de traitement est généralement très efficace et peut soulager rapidement la dépression, à la différence de la plupart des antidépresseurs qui demandent plusieurs semaines. Sa rapidité d’action peut sauver des vies. Une fois la sismothérapie terminée, les épisodes de dépression peuvent réapparaître. Pour empêcher leur réapparition, le médecin prescrit souvent des antidépresseurs.

Dans la sismothérapie, des électrodes sont positionnées sur la tête et un courant électrique est appliqué en vue d’induire une convulsion dans le cerveau. Pour des raisons qu’on ne comprend pas, la convulsion soulage la dépression. On effectue en général au moins cinq à sept traitements, un jour sur deux. Le courant électrique pouvant entraîner des contractions musculaires et des douleurs, les traitements nécessitent une anesthésie générale. La sismothérapie peut entraîner des pertes de mémoire temporaires ou, rarement, définitives.

Photothérapie

La photothérapie est le traitement de la dépression saisonnière le plus efficace, mais elle peut être utile pour d’autres types de troubles dépressifs. La photothérapie consiste à s’asseoir à une distance spécifique d’une lampe qui fournit de la lumière à l’intensité requise. La personne traitée ne doit pas regarder la lumière directement et doit rester en face de la lumière pendant au moins 30 minutes. Le moment de la journée propice à la pratique de la photothérapie dépend généralement de l’heure de coucher et de lever de la personne traitée.

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