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Douleur oculaire

Par Kathryn Colby, MD, PhD

La douleur oculaire peut être sévère et sembler aiguë ou lancinante, ou la personne peut ressentir une légère irritation de la surface de l’œil ou avoir l’impression d’avoir un corps étranger dans l’œil (sensation de corps étranger). De nombreuses causes de douleur oculaire provoquent aussi des yeux rouges ( Rougeur des yeux). D’autres symptômes peuvent aussi se manifester en fonction de la cause de la douleur oculaire. Par exemple, la personne peut souffrir de vision floue ( Vision floue), d’une protrusion du globe oculaire ( Protrusion du globe oculaire) ou d’une douleur aggravée par une lumière vive.

La cornée (la couche transparente située devant l’iris et la pupille) est très sensible à la douleur. De nombreuses maladies de la cornée touchent également la chambre antérieure (espace rempli de liquide entre l’iris et la partie interne de la cornée) et provoquent un spasme du muscle qui commande l’iris (le muscle ciliaire). Lorsqu’un tel spasme agit, la lumière vive provoque une contraction musculaire, aggravant ainsi la douleur.

Causes

Les maladies provoquant des douleurs oculaires sont divisées en 1) troubles qui touchent avant tout la cornée, 2) troubles dans d’autres parties de l’œil et 3) troubles dans d’autres parties du corps et provoquant une douleur oculaire.

Causes courantes

Les maladies de la cornée sont les causes les plus courantes, en particulier :

  • Egratignures de la cornée (écorchures)

  • Corps étrangers

Cependant, la plupart des maladies de la cornée peuvent causer une douleur oculaire.

Une sensation de démangeaison ou de corps étranger dans l’œil peut être causée par un trouble de la conjonctive (fine membrane qui tapisse la paupière et couvre l’avant de l’œil) ou de la cornée.

Evaluation médicale

Une légère irritation des yeux ou une sensation de corps étranger est assez courante et n’est généralement pas grave. Cependant, une réelle douleur dans l’œil peut révéler une maladie grave pouvant conduire à la cécité. Les informations suivantes aident les personnes à déterminer si une consultation médicale est nécessaire et elles les y prépareront le cas échéant.

Signes avant-coureurs

Chez les personnes souffrant de douleur oculaire, certains symptômes et caractéristiques sont préoccupants. Ils comprennent :

  • Vomissements

  • Halos autour des lumières

  • Fièvre, frissons, grande fatigue ou douleurs musculaires

  • Baisse de la netteté de la vision (acuité visuelle)

  • Protrusion du globe oculaire (exophtalmie)

  • Incapacité à bouger l’œil dans toutes les directions (à droite, à gauche, en haut, en bas)

Quand consulter un médecin ?

L’apparition d'une douleur intense, de rougeur des yeux ou de signes avant-coureurs nécessite une consultation immédiate chez un médecin. Les personnes souffrant de douleur légère sans rougeur des yeux ou sans signe avant-coureur peuvent patienter un jour ou deux pour voir si la gêne disparaît d’elle-même.

Que fait le médecin ?

Le médecin pose tout d’abord des questions à la personne sur ses symptômes et ses antécédents médicaux. Le médecin fait ensuite un examen clinique. Ce que le médecin découvre d'après les antécédents médicaux et l’examen clinique de la personne suggère souvent une cause de la douleur oculaire et les examens à réaliser ( Certaines causes et caractéristiques d’une douleur oculaire).

Le médecin demande à la personne de lui décrire la douleur, quand celle-ci est apparue, si elle est intense et si regarder dans différentes directions ou cligner des yeux est douloureux. Il cherche à savoir si la personne a déjà ressenti une douleur oculaire, si ses yeux sont sensibles à la lumière, si elle a une vision floue ou une sensation de corps étranger dans l’œil.

Lors de l’examen clinique, le médecin vérifie si la personne a de la fièvre ou une rhinorrée. Il vérifie si le visage est sensible au toucher.

Le plus important reste l’examen des yeux, notamment la totalité de l’œil, les paupières et le contour de l’œil. Le médecin vérifie :

  • Si les yeux sont rouges ou enflés

  • La netteté de la vision de la personne à l’aide d’une échelle visuelle standard (acuité visuelle)

  • Si la personne peut voir avec un champ de vision complet (examen du champ visuel)

  • Comment réagissent les pupilles à la lumière

  • Si l'éclairage de l’œil non touché provoque une douleur dans l’œil touché lorsque celui-ci est fermé (ce que l'on appelle une vraie photophobie)

Si le médecin soupçonne la présence d’un corps étranger dans l’œil, mais ne le voit pas, il retournera la paupière pour le rechercher.

Le médecin fera alors un examen à l’aide d’une lampe à fente. La lampe à fente est un instrument qui permet au médecin d’examiner l’œil avec un fort grossissement. Le médecin met une goutte de colorant à la fluorescéine sur la cornée pour voir les égratignures ou certains types d’infection, notamment des ulcères. Le médecin effectue une tonométrie ( Examens ophtalmologiques : Tonométrie) pour mesurer la pression à l’intérieur de l’œil (pression intraoculaire). Il utilise un ophtalmoscope (une lampe munie d’une loupe qui éclaire l’arrière de l’œil) pour examiner le cristallin, l'humeur vitrée (la substance gélatineuse qui remplit le pôle postérieur du globe oculaire), la rétine (la structure de détection de la lumière située à l’arrière de l’œil), le nerf optique, les veines et les artères rétiniennes.

Parfois, les résultats sont utiles pour établir un diagnostic. Une observation particulière ou une association de symptômes peuvent indiquer des troubles particuliers.

Les conclusions du médecin suggèrent ou éliminent également certains types de troubles.

  • Les troubles de la cornée, entre autres troubles, ont tendance à provoquer une rougeur des yeux, un larmoiement et une douleur. Si ces symptômes ne se manifestent pas, un trouble de la cornée est très peu probable.

  • Une douleur à la surface de l’œil, une sensation de corps étranger et une douleur au clignement des yeux suggèrent la présence d’un corps étranger.

  • Les personnes qui portent des lentilles de contact peuvent souffrir d’une égratignure cornéenne, d’un ulcère cornéen ou d’une kératite due aux lentilles de contact.

  • La pression intraoculaire est mesurée après que le médecin a mis une goutte d’anesthésique dans l’œil. Si la douleur disparaît, la cause de la douleur est probablement un trouble de la cornée.

  • Une douleur profonde et lancinante indique souvent un trouble potentiellement grave comme un glaucome aigu à angle fermé, une uvéite antérieure, une sclérite, une endophtalmie (infection endoculaire), une cellulite orbitaire ou une pseudo-tumeur orbitaire. Si, en plus, il y a un gonflement des paupières, une protrusion du globe oculaire ou une incapacité à bouger l’œil dans toutes les directions, les maladies les plus probables sont la pseudo-tumeur orbitaire, la cellulite orbitaire ou une endophtalmie sévère.

Certaines causes et caractéristiques d’une douleur oculaire

Cause

Caractéristiques courantes*

Examens

Maladies touchant principalement la cornée

Kératite due aux lentilles de contact (inflammation de la cornée (couche transparente située devant l’iris et la pupille) due au port prolongé de lentilles de contact)

Touche généralement les deux yeux

Douleur oculaire et sensation de poussières dans l’œil

Rougeur des yeux, larmoiement et sensibilité à la lumière

Chez les personnes qui portent des lentilles de contact de façon prolongée

Examen médical

Egratignure de la cornée (écorchures)

Corps étranger

Symptômes apparaissant après une lésion à l’œil et difficilement détectables chez les nourrissons et les jeunes enfants

Douleur dans l’œil atteint lors du clignement et sensation de corps étranger

Rougeur des yeux, larmoiement et sensibilité à la lumière

Examen médical

Ulcère cornéen

Souvent une tache grisâtre sur la cornée qui se transforme ensuite en une plaie ouverte et douloureuse

Douleur oculaire et sensation de corps étranger

Rougeur des yeux, larmoiement et sensibilité à la lumière

Parfois chez les personnes ayant subi une lésion oculaire ou ayant dormi avec leurs lentilles de contact

Examen médical

Culture d’un échantillon prélevé sur l’ulcère et effectuée par un ophtalmologiste

Kératoconjonctivite épidémique (inflammation de la conjonctive (membrane qui tapisse les paupières et recouvre le devant de l’œil) et de la cornée provoquée par un adénovirus)

Touche généralement les deux yeux

Douleur oculaire et sensation de poussières dans l’œil

Rougeur des yeux, larmoiement et sensibilité à la lumière

Souvent un gonflement et une inflammation de la paupière, une sensibilité et un gonflement des ganglions lymphatiques situés devant les oreilles

Troubles de la vision sévères et rarement temporaires

Examen médical

Kératite herpétique (infection cornéenne causée par le virus herpès simplex)

Affecte en général un seul œil

Au début : Symptômes apparaissant suite à un épisode de conjonctivite

Cloques sur la paupière avec parfois des croûtes

Tardif ou récurrent : Rougeur des yeux et larmoiement, douleur oculaire, troubles de la vision et sensibilité à la lumière

Habituellement uniquement un examen clinique

Zona ophtalmique (touche le visage et les yeux, causé par le virus de varicelle-zona)

Affecte en général un seul œil

Au début : Eruption de cloques et/ou des croûtes sur un côté du visage, autour des yeux, sur le front et parfois sur le bout du nez

Tardif : Rougeur des yeux, larmoiement, habituellement sensibilité à la lumière et gonflement de la paupière

Habituellement uniquement un examen clinique

Kératite (ultraviolet) du soudeur (inflammation de la cornée provoquée par une exposition excessive à la lumière ultraviolette)

Touche généralement les deux yeux

Symptômes apparaissant quelques heures après une exposition excessive à la lumière ultraviolette (par exemple, au cours d'un soudage à l’arc, sous une lampe solaire ou avec le reflet du soleil sur la neige, en particulier à haute altitude)

Douleur oculaire et sensation de poussières dans l’œil

Rougeur des yeux, larmoiement et sensibilité à la lumière

Examen médical

Autres maladies des yeux

Glaucome à angle fermé

Douleur oculaire grave et rougeur des yeux

Céphalées, nausées, vomissements et sensibilité à la lumière

Troubles de la vue, comme des halos autour des lumières et/ou une diminution de la vision

Tonométrie

Examen des voies d’écoulement de l’œil effectué par un ophtalmologiste qui utilise une lentille spéciale (gonioscopie)

Uvéite antérieure (inflammation de la cavité antérieure, espace situé entre l’iris et la cornée et rempli de liquide)

Douleur des yeux et sensibilité à la lumière

Rougeur des yeux (en particulier autour de la cornée)

Vision floue ou perte de la vision

Souvent chez les personnes qui souffrent d’une maladie auto-immune ou qui ont récemment souffert d’une lésion oculaire

Examen médical

Endophtalmie (infection à l’intérieur de l’œil)

Touche un seul œil

Douleur oculaire, rougeur oculaire importante, sensibilité à la lumière et diminution sévère de la vision

Souvent chez les personnes ayant subi récemment une chirurgie oculaire ou souffrant d’une lésion oculaire grave

Examen médical

Culture d’un échantillon de liquide prélevé dans l’œil et effectué par un ophtalmologiste

Névrite optique (inflammation du nerf optique) qui peut être liée à la sclérose en plaques

Douleur généralement bénigne pouvant s’aggraver au mouvement des yeux

Perte complète ou partielle de la vision

Paupières et cornées visiblement normales

Souvent IRM avec un produit radio-opaque

Cellulite orbitaire (infection des tissus à l’intérieur de l’orbite)

Touche un seul œil

Protrusion du globe oculaire, rougeur des yeux, douleur profonde dans l’œil et douleurs autour de l’œil ou dans celui-ci

Paupières rouges et enflées

Incapacité à bouger l’œil dans toutes les directions

Troubles ou perte de la vision

Une fièvre

Parfois précédée de symptômes de sinusite (voir ci-dessous)

TDM ou IRM

Pseudo-tumeur orbitale (accumulation non cancéreuse de tissus inflammatoires et fibreux dans l'orbite)

Douleurs dans et autour de l’œil, pouvant être très graves

Souvent, protrusion du globe oculaire

Souvent, incapacité à bouger l’œil dans toutes les directions

Gonflement autour de l’œil

TDM ou IRM

Parfois, biopsie

Sclérite (inflammation du blanc de l’œil appelée la sclère)

Douleur très sévère, souvent décrite comme gênante, et sensibilité à la lumière

Larmoiements

Taches rouges ou violettes sur le blanc de l’œil

Souvent chez les personnes atteintes d’une maladie auto-immune

Habituellement uniquement un examen clinique

Autres troubles causant une douleur oculaire

Céphalée chronique ou migraines

Chez les personnes ayant eu de précédents épisodes de céphalées sévères

Céphalée chronique. Céphalées qui :

  • Surviennent de manière chronique

  • Surviennent à la même heure tous les jours

  • Causent une douleur sévère et pongitive, une rhinorrée et des larmoiements

Migraines. Céphalées qui :

  • Peuvent être précédées de troubles temporaires des sensations, de l’équilibre, de la coordination, de la parole ou de la vision (par exemple, voir des éclairs ou avoir des taches aveugles), et appelées migraines avec aura

  • Provoquent typiquement une douleur lancinante ou pulsative

  • Sont accompagnées de nausées, de vomissements et d’une sensibilité aux sons, à la lumière et aux odeurs

Examen médical

Sinusite

Parfois, gonflement autour de l’œil, mais sans aucun autre symptôme oculaire

Ecoulement nasal épais jaune ou vert (parfois avec un saignement), céphalées, ou douleur faciale ou oculaire variant selon la position de la tête

Fièvre, sensibilité au toucher du visage, parfois toux productive durant la nuit et mauvaise haleine

Parfois TDM

*Les caractéristiques incluent les symptômes et les résultats de l’examen par le médecin. Les caractéristiques mentionnées sont typiques mais ne se manifestent pas toujours. Ces troubles se produisent dans un seul œil, sauf indication contraire.

Le médecin effectue presque toujours un examen à l’aide d’une lampe à fente et d’un colorant à la fluorescéine et mesure la pression intraoculaire (tonométrie).

Ces causes sont rares.

TDM = tomodensitométrie ; IRM = imagerie par résonance magnétique.

Examens

La nécessité d'examens complémentaires repose sur les antécédents médicaux et l’examen clinique par le médecin. En général, un examen n’est pas nécessaire. Toutefois, si le médecin découvre une augmentation de la pression intraoculaire, il peut diriger la personne vers un ophtalmologiste (médecin spécialisé dans l’évaluation et le traitement (chirurgical ou non) des maladies des yeux) afin de faire pratiquer une gonioscopie. Un gonioscope est une lentille spéciale qui permet au médecin d’examiner les voies d'écoulement de l’œil.

Une protrusion du globe oculaire et une incapacité à déplacer l’œil dans toutes les directions sans bouger la tête peuvent révéler une cellulite orbitaire ou une pseudo-tumeur orbitaire. Une tomodensitométrie (TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) est alors effectuée pour vérifier ces maladies. Une tomodensitométrie (TDM) peut également être réalisée en cas de suspicion d'une sinusite mais lorsque le diagnostic n’est pas suffisamment clair ou en cas de suspicion de complications. Une IRM avec un produit radio-opaque peut être faite si une névrite optique est soupçonnée.

Le médecin envoie un échantillon de fluides de l’intérieur de l’œil (humeur vitrée ou aqueuse) au laboratoire si une endophtalmie semble probable. Il peut aussi envoyer un échantillon de la cornée ou d’une cloque lorsqu'une kératite à herpès simplex ou un zona ophtalmique semble probable, mais que le diagnostic n’est pas clair. Au laboratoire, les techniciens tentent de cultiver des bactéries ou des virus afin de confirmer la présence d’une infection et déterminer le germe responsable de celle-ci.

Traitement

La meilleure façon de soigner une douleur des yeux est d'en soigner la cause. La personne devra probablement prendre des antidouleurs (analgésiques) jusqu’à la disparition de la douleur. Si un analgésique en vente libre comme de l’acétaminophène ou un anti-inflammatoire non stéroïdien est inefficace, alors un opioïde peut être nécessaire. Parfois, la personne souffrant de douleurs provoquées par une uvéite antérieure ou de troubles de la cornée doit également utiliser un collyre qui empêche le spasme du muscle ciliaire en dilatant la pupille et réduit la douleur oculaire lors d’une exposition à la lumière. Par exemple, l’homatropine peut être utilisée.

Points-clés

  • En principe, le médecin peut déterminer la cause de la douleur oculaire lors de l’examen.

  • Les personnes souffrant de douleur sévère, de rougeur des yeux ou de signes avant-coureurs (vomissements, halos autour des lumières, fièvre, diminution de l'acuité visuelle, protrusion du globe oculaire et incapacité à bouger les yeux dans toutes les directions) doivent immédiatement consulter un médecin.

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