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Larmoiement des yeux

(Larmoiement excessif)

Par Kathryn Colby, MD, PhD

Un larmoiement excessif peut provoquer une sensation d’yeux larmoyants ou provoquer une coulée de larmes sur la joue. D’autres symptômes comme une irritation ou une douleur oculaire peuvent se manifester en fonction de la cause.

La plupart des larmes sont sécrétées par les glandes lacrymales situées au-dessus de la partie externe de la paupière supérieure. Les larmes coulent dans l’œil et ressortent par de petits orifices dans les coins internes des paupières près du nez (les points lacrymaux supérieur et inférieur) et se dirigent vers un petit conduit (le canalicule). Ensuite, elles atteignent le sac lacrymal et passent par le canal naso-lacrymal jusqu'au nez. Une obstruction à n’importe quel niveau de la voie d’écoulement des larmes peut entraîner un larmoiement. Une obstruction peut aussi conduire à une infection du sac lacrymal (dacryocystite). Cette infection peut parfois se propager aux tissus situés autour de l’œil (cellulite périorbitaire).

D’où viennent les larmes ?

Causes

Une production accrue de larmes ou une obstruction des voies d’écoulement des larmes peuvent provoquer le larmoiement des yeux ( Certaines causes et caractéristiques du larmoiement).

Les causes courantes du larmoiement sont

  • Infection des voies respiratoires supérieures

  • Allergies touchant le nez (rhinite allergique), les yeux (conjonctivite allergique) ou les deux

D'autres causes sont

  • Sécheresse oculaire (la surface sèche de l’œil s’irrite et ainsi, de manière surprenante, provoque des larmoiements)

  • Cils retournés vers l’intérieur qui frottent contre le globe oculaire (trichiasis)

  • Paupière retournée vers l’extérieur (ectropion) qui déplace le point lacrymal de sa position normale vers le côté du globe oculaire de sorte que les larmes ne peuvent pas s’écouler

  • Rétrécissement des canaux lacrymaux lié à l’âge

  • Infections chroniques dans le sac lacrymal

Tout trouble causant une irritation de la cornée (couche transparente située devant l’iris et la pupille) augmente la production de larmes. Cependant, la plupart des personnes atteintes de troubles de la cornée causant des yeux larmoyants (comme une égratignure de la cornée ou une plaie, un corps étranger dans l’œil ou une inflammation de la cornée) souffrent de douleurs importantes, de rougeurs et/ou d’une sensibilité à la lumière, raisons pour lesquelles ces personnes consultent un médecin.

Evaluation médicale

Tous les cas de larmoiement ne requièrent pas un examen médical. Les informations suivantes aident les personnes à déterminer si un examen médical est nécessaire et elles les y prépareront le cas échéant.

Signes avant-coureurs

Chez les personnes souffrant de larmoiement, certains symptômes et caractéristiques sont préoccupants. Ils comprennent :

  • Episodes répétés et inexpliqués d’yeux rouges et larmoyants

  • Masse dure dans ou près du canal lacrymal

Quand consulter un médecin ?

Les personnes présentant des signes avant-coureurs doivent consulter un médecin dans la semaine suivant leur apparition. Les autres personnes gênées par un larmoiement doivent consulter un médecin dès que possible, mais en général, un délai de plusieurs semaines ne met pas leur vie en danger.

Que fait le médecin ?

Le médecin pose tout d’abord des questions à la personne sur ses symptômes et ses antécédents médicaux. Le médecin fait ensuite un examen clinique. Ce que le médecin découvre d'après les antécédents médicaux et l’examen clinique de la personne suggère souvent une cause du larmoiement et les examens à réaliser ( Certaines causes et caractéristiques du larmoiement).

Le médecin demande à la personne si elle souffre de

  • Démangeaisons, rhinorrée ou crises d’éternuements (surtout après exposition à un allergène potentiel)

  • Irritation, rougeur ou douleur des yeux

  • Douleur ou gêne due à un gonflement ou à une rougeur près du coin interne de l’œil

  • Autres symptômes (par exemple, céphalées, essoufflement, toux, fièvre ou éruption cutanée)

  • Si la personne est atteinte d’une infection, a subi des blessures, des brûlures, une radiothérapie ou des interventions chirurgicales aux yeux, au nez ou aux sinus

  • Si la personne prend un médicament pouvant provoquer des larmoiements (comme des médicaments de chimiothérapie ou des collyres contenant de l’échothiophate, de l’épinéphrine ou de la pilocarpine)

Le médecin fait ensuite un examen clinique. L’examen clinique est axé sur le visage, en particulier les yeux et le nez. Le médecin recherche des traces de larmes sur les joues. Il examine les paupières, les points lacrymaux et la zone des coins internes des yeux. Il examine également la surface de l’œil avec une lampe à fente (instrument à fort grossissement). Le nez est examiné pour y déceler une congestion, une obstruction, du pus, un écoulement et un saignement.

Certaines causes et caractéristiques du larmoiement

Cause

Caractéristiques courantes*

Troubles qui provoquent une production excessive de larmes

Sécheresse oculaire

Larmoiement accentué par une exposition au froid, au vent, à la fumée de cigarette ou à la chaleur sèche

Sensation de corps étranger dans l'œil qui apparaît et disparaît, surtout vers la fin de la journée

Irritation de la surface de l’œil due à

  • Conjonctivite (inflammation de la membrane qui tapisse le fond de la paupière et recouvre le devant de l’œil) provoquée par des allergies, des produits chimiques ou une infection

  • Blépharite (inflammation du bord de la paupière)

  • Paupière retournée vers l’intérieur

Souvent, sensation de sable sous les paupières ou sensation de corps étranger dans l’œil

Rougeur des yeux

Chez les personnes atteintes de conjonctivite allergique, démangeaisons

Irritation nasale causée par des allergies ou une infection des voies respiratoires supérieures

Rhinorrée, éternuements et congestion nasale

Troubles bloquant l'écoulement lacrymal

Obstruction congénitale du canal lacrymal

Symptômes apparaissant quelques semaines après la naissance

Rétrécissement des canaux lacrymaux lié à l’âge

Larmoiement s'empirant progressivement avec l’âge

Paupière retournée vers l’intérieur

Habituellement constaté lors de l’examen

Dacryocystite (infection du sac lacrymal)

Douleur ou gêne dans le coin de l’œil et le long du nez

Souvent gonflement, rougeur, sensibilité et chaleur constatés dans cette même zone

Paupière retournée vers l’extérieur

Habituellement constaté lors de l’examen

Tumeurs

Souvent chez les personnes âgées

Parfois, masse dure près du sac lacrymal

Autres causes (comme les blessures ou les médicaments)

En général chez les personnes reconnaissant présenter ces causes

*Les caractéristiques incluent les symptômes et les résultats de l’examen par le médecin. Les caractéristiques mentionnées sont typiques mais ne se manifestent pas toujours.

Examens

Le médecin détermine habituellement la cause en se fondant sur les antécédents médicaux et les résultats de l’examen clinique. En général, des examens ne sont pas nécessaires. Toutefois, si des examens sont nécessaires, le médecin peut diriger la personne vers un ophtalmologiste (médecin spécialisé dans l’évaluation et le traitement (chirurgical ou non) des maladies des yeux).

Certains examens sont effectués dans le bureau de l’ophtalmologiste. Le médecin peut insérer une petite sonde dans le point lacrymal et parfois dans le canalicule pour tenter de détecter une obstruction. Il peut aussi introduire délicatement du fluide de rinçage dans le canalicule pour voir s'il s’écoule dans le nez comme il se doit.

Des examens d’imagerie sont parfois pratiqués (imagerie des canaux lacrymaux, tomodensitométrie (TDM) ou endoscopie nasale (examen de l’intérieur du nez effectué avec un tube de visualisation souple)).

Traitement

Les troubles sous-jacents sont traités. Par exemple, le médecin prescrit un corticostéroïde nasal si la rhinite allergique est la cause du larmoiement.

Le médecin recommande parfois l’utilisation de larmes artificielles afin de diminuer le larmoiement lorsqu’une sécheresse oculaire ou une surface oculaire irritée est responsable du larmoiement.

Chez les nourrissons souffrant d’une obstruction des conduits lacrymaux, celle-ci se résout souvent spontanément avec l’âge. Jusqu’au 1 an du bébé environ, le médecin suggère souvent aux parents de compresser manuellement le sac lacrymal 4 ou 5 fois par jour afin d’aider à réduire l'obstruction. Si l’obstruction est toujours présente lorsque l’enfant atteint 1 an, le médecin peut procéder à une ouverture des conduits. Le médecin insère une petite sonde dans le canal lacrymal de l’enfant placé sous anesthésie générale, afin de dégager toute obstruction dans le canal.

Chez les enfants présentant une obstruction du canal lacrymal, le médecin essaie d’abord de sonder le canal lacrymal. Si l’obstruction persiste, le médecin doit placer une petite sonde en plastique dans le canal lacrymal pendant quelques mois, afin de maintenir la voie d’écoulement bien ouverte.

Chez les adultes présentant une obstruction du canal lacrymal, le médecin essaie d’abord différentes méthodes de traitement du trouble sous-jacent. Si ces méthodes ne fonctionnent pas, le médecin doit effectuer une intervention chirurgicale afin de créer une voie d’écoulement pour les larmes.

Informations importantes pour les personnes âgées

Avec l'âge, les canaux lacrymaux ont tendance à s'amincir. Cette réduction est une cause fréquente d’un larmoiement inexpliqué chez les personnes âgées. Cependant, une obstruction complète du canal lacrymal est également possible. Une tumeur du sac lacrymal en est rarement la cause.

Points-clés

  • Les causes courantes de larmoiement comprennent les allergies, la sécheresse oculaire, un retournement vers l’intérieur ou vers l’extérieur des paupières, une infection, un rétrécissement ou une obstruction des voies lacrymales.

  • Si des examens sont nécessaires, ils peuvent être effectués dans le bureau de l’ophtalmologiste.

  • D’autres examens comme une dacryoscintigraphie ou une dacryocystographie (tests d’imagerie des canaux lacrymaux) ou une tomodensitométrie sont nécessaires lorsque les tests effectués chez le médecin ne révèlent pas la cause du trouble ou que le médecin soupçonne la présence d’une tumeur.

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