Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Bejel, Pinta et Pian

Par Larry M. Bush, MD, University of Miami-Miller School of Medicine ; Maria T. Perez, MD, Wellington Regional Medical Center, West Palm Beach

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

1 iOS Android

Le bejel, la pinta et le pian (tréponématoses endémiques) sont des infections à spirochètes chroniques, tropicales et non vénériennes, transmises par contact corporel. Les symptômes du bejel sont des lésions muqueuses et des lésions cutanées, suivies de gommes osseuses et cutanées. Le pian entraîne des périostites et des lésions dermiques. Les lésions de la pinta sont confinées au derme. Le diagnostic est clinique et épidémiologique. Le traitement repose sur la pénicilline.

Les agents en cause, Treponema pallidum subsp endemicum (bejel), T. pallidum subsp pertenue (pian), et T. carateum (pinta), sont morphologiquement et sérologiquement indissociables de l'agent de la syphilis, T. pallidum subsp pallidum. Comme la syphilis ( Syphilis), l'évolution classique des symptômes est une lésion initiale cutanéomuqueuse suivie de lésions secondaires diffuses, puis d'une période de latence et enfin d'une maladie destructrice tardive.

La transmission se fait par contact cutané étroit, sexuel ou non, principalement entre enfants vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène. Le bejel (syphilis endémique) est observé essentiellement dans les pays arides de Méditerranée orientale, d'Asie du sud-est et d'Afrique du nord (Sahel). La transmission se fait par contact oral ou par partage de la vaisselle. Le pian (framboesia ou frambesia) est la tréponématose endémique la plus répandue et se développe dans les régions équatoriales humides, où sa transmission est favorisée par le port de vêtements légers et les plaies cutanées. La pinta, qui a une distribution géographique plus limitée, apparaît chez les indigènes du Mexique, d'Amérique centrale et du Sud et n'est pas très contagieuse. La transmission nécessite probablement un contact avec la peau lésée. Contrairement à T. pallidum, d'autres sous-espèces tréponémiques humaines ne sont pas transmises par le sang ou par voie transplacentaire.

Symptomatologie

Le bejel débute dans l’enfance par une plaque localisée (habituellement sur la muqueuse buccale) qui peut passer inaperçue ou comme une stomatite des angles de la bouche. Ces lésions indolores peuvent disparaître spontanément, mais sont généralement suivies de lésions papulosquameuses et papuleuses érosives du tronc et des membres qui sont semblables au pian. La périostite des jambes est fréquente. Plus tard, se développent des lésions gommeuses du nez et du voile du palais.

Le pian, après une période d'incubation de plusieurs semaines, se manifeste par une papule rouge au niveau du site d'inoculation qui augmente de volume, s'érode et forme un ulcère (pian primaire). La surface ressemble à une fraise et l'exsudat est riche en spirochètes. Les ganglions lymphatiques régionaux peuvent être augmentés de volume et sensibles à la palpation. La lésion guérit mais est suivie, après des mois à un an par des éruptions successives généralisées qui ressemblent à la lésion primitive (pian secondaire). Ces lésions se développent souvent dans les zones humides de l’aisselle, les plis cutanés et les muqueuses; ils guérissent lentement et peuvent réapparaître. Des lésions kératosiques peuvent se développer sur la plante des pieds et être à l'origine d'ulcérations douloureuses (pian crabe). Cinq à 10 ans plus tard, des lésions destructrices (pian tertiaire) peuvent se produire; telles qu’une périostite (en particulier du tibia), des exostoses prolifératives de la partie nasale de l’os maxillaire (goundou), des nodosités juxta-articulaires, des gommes cutanées et finalement des ulcères faciaux mutilants, particulièrement autour du nez (gangosa).

Les lésions de la pinta sont confinées au derme. Elles débutent au point d’inoculation par de petites papules qui augmentent de volume et deviennent hyperkératosiques; elles se développent surtout sur les membres, le visage et le cou. Après 3 à 9 mois, d'autres lésions épaissies et plates (pintids) apparaissent sur tout le corps et sur les proéminences osseuses. Plus tard, certaines lésions deviennent gris-bleues, se dépigmentent, rappelant le vitiligo. Les lésions de la pinta persistent généralement en l'absence de traitement.

Diagnostic

  • Bilan clinique

Le diagnostic repose sur l'aspect caractéristique des lésions chez les patients venant de zones d'endémie. Les tests sérologiques de la syphilis (test du VDRL [Venereal Disease Research Laboratory] et les tests d’immunofluorescence absorbée) sont positifs; le diagnostic différentiel avec la syphilis vénérienne est donc clinique. L'examen des lésions précoces au microscope à fond noir montre souvent des spirochètes qui ne peuvent être différenciés de T. pallidum subsp pallidum.

Traitement

  • Pénicilline

La maladie active doit être traitée par 1 dose de pénicilline benzathine 1,2 million d'unités IM. Les enfants de < 45 kg doivent recevoir 600 000 unités IM. Une seule dose d'azithromycine 30 mg/kg po (maximum 2 g) ou la doxycycline 100 mg po bid pendant 14 j, est une alternative pour les adultes allergiques à la pénicilline.

Le contrôle de la santé publique comprend le dépistage actif des cas et le traitement de la famille et des contacts étroits par la benzathine pénicilline ou la doxycycline pour prévenir le développement de l'infection.

Points clés

  • Les Treponema, cause du bejel, de la pinta et du pian, sont morphologiquement et sérologiquement impossibles à distinguer de l'agent de la syphilis, T. pallidum subsp pallidum.

  • La transmission de la maladie se fait par contact étroit, en général entre enfants vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène.

  • Comme la syphilis, l'évolution classique des symptômes est une lésion initiale cutanéomuqueuse suivie de lésions secondaires diffuses, puis d'une période de latence et enfin d'une maladie destructrice tardive.

  • Les tests sérologiques de la syphilis (dont les tests d’immunofluorescence absorbée tréponémiques) sont positifs; la différenciation avec la syphilis vénérienne est clinique.

  • Administrer une dose de benzathine pénicilline IM ou, pour les adultes allergiques à la pénicilline, 2 semaines de doxycycline, 100 mg po bid.

  • Traiter les contacts étroits par des antibiotiques.

Ressources dans cet article