Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Dermatite de contact

Par Karen McKoy, MD, MPH, Assistant Clinical Professor, Dermatology;Senior Staff, Harvard Medical School;Lahey Clinic Dermatology

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

La dermatite de contact est une inflammation cutanée aiguë provoquée par des agents irritants ou des allergènes. Le 1er symptôme est un prurit. Les lésions cutanées vont de l'érythème aux phlyctènes et à l'ulcération, souvent sur ou à proximité des mains, mais peuvent être observées sur toute surface cutanée exposée. Le diagnostic repose sur l'anamnèse des expositions, l'examen clinique et parfois des examens complémentaires cutanés (patch tests [tests épicutanés]). Le traitement comprend des antiprurigineux, des corticostéroïdes locaux, l'évitement des causes.

Physiopathologie

La dermatite de contact est provoquée par des agents irritants ou des allergènes.

Dermatite irritative de contact

La dermatite irritative de contact représente 80% des cas de dermatite de contact. Il s’agit d’une réaction inflammatoire non spécifique à des substances en contact avec la peau; le système immunitaire n'est pas activé. De nombreuses substances sont impliquées, dont les

  • Produits chimiques (p. ex., acides, alcalins, solvants, sels métalliques)

  • Savons (p. ex., abrasifs, détergents)

  • Plantes (p. ex., poinsettias, poivrons)

  • Liquides corporels (p. ex., urine, salive)

Les caractéristiques de l'agent irritant (p. ex., pH extrême, solubilité à travers la couche lipidique de la peau), l'environnement (p. ex., hygrométrie faible, température élevée, frottement important) et le patient (p. ex., très jeune ou âgé) influencent le risque de développer une dermatite irritative de contact. La dermatite irritative de contact est plus fréquente chez les patients atopiques, chez lesquels elle peut également être à l'origine d'une sensibilisation immunologique et par conséquent prédisposer à des dermatites de contact allergiques.

La dermatite phototoxique ( Photosensibilité chimique) est une variante dans laquelle des agents topiques (p. ex., parfums, goudron de houille) ou ingérés (p. ex., psoralènes) génèrent des radicaux libres et des médiateurs inflammatoires nocifs qu'après absorption de lumière ultraviolette.

Dermatite allergique de contact

La dermatite allergique de contact est une réaction d'hypersensibilité à médiation cellulaire de type IV comportant 2 phases:

  • Sensibilisation à un Ag

  • Réaction allergique après réexposition

Dans la phase de sensibilisation, les allergènes sont captés par les cellules de Langerhans (cellules épidermiques dendritiques), qui migrent vers les ganglions lymphatiques périphériques où ils procèdent à la présentation de l'Ag aux lymphocytes T. Ce processus peut être bref (6 à 10 jours pour les agents sensibilisants puissants tels que le sumac vénéneux [herbe à puce]) ou prolongé (jusqu'à plusieurs années pour les agents sensibilisants faibles, tels qu'écrans solaires, parfums, glucocorticoïdes). Les lymphocytes T sensibilisés retournent ensuite dans l'épiderme et s'activent en cas de réexposition à l'allergène, libérant des cytokines, induisant des cellules inflammatoires, qui aboutissent à la symptomatologie caractéristique de la dermatite allergique de contact.

Dans l'auto-eczématisation, les lymphocytes T épidermiques activés par l'allergène migrent localement ou via la circulation et déclenchent une dermatite dans des sites éloignés du foyer initial. Cependant, un contact avec le liquide provenant des vésicules ou des phlyctènes ne peut pas déclencher une dermatite au niveau d'un autre site chez le même patient ou chez un autre sujet.

De nombreux allergènes entraînent des dermatites allergiques de contact ( Causes de dermatite de contact allergique) et une sensibilisation croisée entre les agents est fréquente (p. ex., entre la benzocaïne et la paraphénylène diamine). La sensibilisation croisée signifie que l'exposition à une substance peut entraîner une réaction allergique après exposition à une autre substance apparentée. Toxicodendron sp (p. ex., sumac vénéneux, sumac vinaigrier) est responsable d'un important pourcentage de dermatites allergiques de contact, avec des cas modérés et sévères. L'allergène est l'urushiol.

Causes de dermatite de contact allergique

Cause

Exemples

Substances aéroportées

Pollen d'ambroisie, pulvérisation d'insecticides

Produits chimiques utilisés dans la fabrication de chaussures ou de vêtements

En particulier, les agents utilisés pour le cuir et le caoutchouc, les agents de tannage pour les chaussures, les accélérateurs de vulcanisation et les antioxydants pour les vêtements comprenant du caoutchouc (p. ex., gants, chaussures, slip), le formaldéhyde dans les agents de finition

Cosmétiques

Dépilatoires, dissolvants, déodorant

Colorants

Paraphénylènes-diamines (teintures pour les cheveux et le textile)

Parfums

Diverses substances

Ubiquitaires dans les articles de toilette, les savons et les produits ménagers parfumés

Agents industriels

De nombreux composés, y compris des monomères acryliques, des composés époxy, des colorants de cuve, les accélérateurs de vulcanisation et le formaldéhyde (dans les plastiques et les adhésifs)

Ingrédients dans les médicaments topiques

Antibiotiques (p. ex., bacitracine, néomycine)

Antihistaminiques (p. ex., diphénhydramine)

Anesthésiques (p. ex., benzocaïne)

Antiseptiques (p. ex., thimérosal, hexachlorophène)

Stabilisateurs (p. ex., éthylène-diamine et dérivés)

Latex

Gants en latex, préservatifs, cathéters, ballons

Composés métalliques

Chromates

Cobalt

Mercure

Nickel

Nombreuses expositions professionnelles

Articles personnels (p. ex., boucles de ceinture, boucles de montres, bijoux)

Plantes

Sumac vénéneux (herbe à puce), chêne et sumac vernis; ambroisie; primevère; coquilles de noix de cajou; pelure de mangue

Les variantes de la dermatite allergique de contact comprennent la dermatite de contact photoallergique et la dermatite allergique de contact systémique induite. Dans la dermatite de contact photoallergique ( Photosensibilité chimique), une substance ne devient sensibilisante qu'après avoir subi des modifications structurelles déclenchées par la lumière ultraviolette. Les causes classiques comprennent les lotions après-rasage, les écrans solaires et les sulfamides topiques. Les réactions peuvent s'étendre aux régions de la peau non–exposées au soleil. Dans la dermatite allergique de contact systémique induite, l'ingestion d'un allergène après une sensibilisation topique entraîne une dermatite diffuse (p. ex., diphénhydramine orale après sensibilisation avec des diphénhydramines topiques).

Symptomatologie

Dermatite irritative de contact

La dermatite irritative de contact est plus douloureuse que prurigineuse. Les symptômes vont d'un léger érythème à une hémorragie, des croûtes, une érosion, des pustules, des bulles et un œdème.

Dermatite allergique de contact

Dans la dermatite allergique de contact, le 1er symptôme est un prurit intense; la douleur est généralement le résultat d’excoriation ou d'une infection. Les lésions cutanées vont d'un érythème transitoire au niveau de la vésicule à une tuméfaction importante accompagnée de bulles et/ou d'ulcération. Les lésions ont souvent un aspect et/ou une distribution qui suggère une exposition spécifique, comme des striures linéaires sur un bras ou une jambe (p. ex., en contact avec un sumac vénéneux [herbe à puce]) ou un érythème circonférentiel (sous une montre ou une ceinture). Des stries linéaires sont presque toujours le signe d'un allergène ou d'un irritant externe. Toutes les parties du corps peuvent être touchées, mais les mains sont plus fréquemment atteintes, car elles manipulent et touchent des allergènes potentiels. Les régions non couvertes par les vêtements sont atteintes de façon préférentielle par l'exposition aux aérosols (p. ex., parfums d'intérieur). L'eczéma est habituellement limité à la zone de contact, mais il peut s'étendre ensuite du fait du grattage et de l'auto-eczématisation. Dans la dermatite allergique de contact d'origine systémique induite, les lésions cutanées peuvent être réparties sur tout le corps. L'éruption commence habituellement dans les 24 à 48 h de l'exposition à l'allergène.

Pièges à éviter

  • La forme ou les motifs de la lésion (les stries linéaires sont presque toujours le signe d'un allergène ou d'un irritant externe) peuvent permettre de différencier une dermatite de contact des autres formes de dermatite.

Diagnostic

  • Bilan clinique

  • Parfois, patch tests (tests épicutanés)

La dermatite de contact est souvent diagnostiquée grâce aux lésions cutanées et aux antécédents d'exposition. La profession du patient, ses passe-temps favoris, ses activités à la maison, ses vacances, ses habitudes vestimentaires, les médicaments locaux, les cosmétiques qu'il utilise, les activités du conjoint doivent être systématiquement passés en revue. Le test " d’utilisation ", qui consiste à appliquer un agent suspecté loin de la région d’origine de l’eczéma, habituellement sur la face de flexion de l’avant-bras, est utile lorsque des parfums, des shampooings ou d'autres substances du foyer sont suspectés.

Des patchs tests (tests épicutanés) sont indiqués lorsqu'une dermatite allergique de contact est suspectée et n'est pas sensible au traitement. Les patchs tests consistent à appliquer des allergènes de contact standard sur la partie supérieure du dos en utilisant des bandelettes adhésives contenant d'infimes quantités d'allergène ou des pastilles en plastique (de Finn) contenant des allergènes maintenus en place par du ruban adhésif poreux. Les patchs tests (tests épicutanés) en couche mince rapides (TRUE, thin-layer rapid use epicutaneous) impliquent l'utilisation de 2 bandes adhésives qui peuvent être appliquées et interprétées par tout professionnel de santé. La peau sous les bandes est évaluée 48 et 96 h après l'application. Des faux positifs sont observés lorsque les concentrations sont responsables d'une réaction irritante plutôt qu'allergique, lorsque la réaction à un Ag déclenche une réaction non spécifique aux autres Ag ou une réaction croisée à d'autres Ag. Des faux négatifs sont observés lorsque les allergènes du patch ne comprennent pas l'agent antigénique causal. Un diagnostic de certitude nécessite de retrouver un antécédent d'exposition au produit testé au niveau de la zone où s'est développée initialement la dermatite.

Allergènes souvent utilisés dans les patchs tests (tests épicutanés)

Agent

Sources

Baume du Pérou (myroxylon)

Un aromatisant pour les boissons et le tabac, ainsi qu'un fixateur et une fragrance dans les parfums; se trouve également dans de nombreux médicaments topiques, dentaire agents et d'autres produits

Allergènes principaux: esters d'acide cinnamique et benzoïque, vanilline

Réactions croisées avec la colophane (colophane) et le baume de Tolu, les cinnamates, les benzoates, le styrax et la teinture de benzoïne (benjoin)

Probablement également une certaine phototoxicité

Mélange de caoutchouc noir

Présent dans le caoutchouc

Réaction croisée avec les teintures capillaires

Mélange Caine

Contient 3 anesthésiques topiques: benzocaïne, dibucaïne chlorhydrate et chlorhydrate de tétracaïne

Fréquemment utilisé en dentisterie mais également largement trouvé et utilisé dans les préparations topiques afin de réduire les prurits, la douleur et les picotements et largement utilisé dans les préparations hémorroïdaires et les sirops contre la toux

Mélange Carba

Utilisé comme accélérateur dans le caoutchouc, les colles caoutchouc, le vinyle et certains pesticides

Cl + Me- isothiazolinone et méthylisothiazolinone

Présent dans les cosmétiques et produits de soins cutanés, certains médicaments, des produits de nettoyage et certains liquides et graisses industriels

Dichlorure de cobalt

Présent dans certaines peintures, ciment, métaux et objets plaqués en métal

Coactivité avec du nickel (ce qui n'est pas une sensibilité croisée)

Colophane (rosine)

Utilisé par les joueurs d'instruments à cordes (les violonistes sont en particulier sujets aux allergies au colophane), les joueurs de baseball et quilleurs

Provenant de plusieurs espèces de conifères

Présent dans les cosmétiques, les adhésifs, les laques, les vernis, les flux de brasage, le papier et de nombreux autres produits industriels

Résine époxy

Époxy de faible poids moléculaire (340) à base de bisphénol A et d'épichlorhydrine

N'est un sensibilisateur que lorsque non durci ou incomplètement durci

Ethylènediamine

Utilisé comme émulsifiant et stabilisant dans certains médicaments topiques, gouttes oculaires, certains solvants industriels, agents de durcissement de certaines matières plastiques, agents anticorrosion

Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde

Libéré par le quaternium-15, un agent germicide et parfois par l'imidazolidinylurée

Largement utilisé dans la formulation de plastiques, de résines pour vêtements, colles et adhésifs

Mélanges parfumés

Peut contenir de l'alcool alpha amyl cinnamique, de l'aldéhyde cinnamique, de l'alcool cinnamique, de la mousse de chêne absolue, de l'hydroxycitronellal, de l'eugénol, de l'isoeugénol, du géraniol, du citral, du citronellol, de la coumarine, du farnesol, de l'hexyl cinnamal, de l'hydroxyisohexyl-3-cyclo-hexène et du carboxaldéhyde

Présent dans de nombreux produits de toilette, savons, lotions après rasage, shampooings et produits ménagers odorants et dans plusieurs produits industriels (p. ex., les huiles de coupe)

Mercaptobenzothiazole

Est présent dans le caoutchouc, les adhésifs et les réfrigérants

Mercapto mix

Est présent dans les caoutchoucs, colles, réfrigérants et d'autres produits industriels

Sulfate de néomycine

Est présent dans les antibiotiques topiques, les crèmes de premiers soins, les gouttes auriculaires et nasales; possible retard (environ 4 ou 5 jours) dans la réaction aux tests par patch (la lecture doit donc se faire à 7 jours lorsque cela est possible)

Sulfate de nickel

Présent dans les bijoux, dentiers, ciseaux, rasoirs, montures de lunettes, argenterie et les aliments (p. ex., les aliments en conserve, aliments cuisinés dans des ustensiles de nickel, hareng, huîtres, asperges, les haricots, les champignons, les oignons)

Mélange de Paraben

Cinq parabènes: les parahydroxybenzoates méthyliques, éthylique, propylique, butylique et benzylique, qui sont les conservateurs les plus couramment utilisés dans le monde et sont présents dans de nombreuses crèmes et cosmétiques et dans certaines huiles, graisses et colles industrielles

Dichromate de K

Présent dans le ciment (en petites quantités), dans les solutions de tannage pour les cuirs et dans les allumettes de sécurité

Utilisé en photographie, dans les solutions de galvanoplastie, dans de nombreux anticorrosifs, peintures, colles, pigments et certains détergents

p-Phénylènediamine (tuberculine)

Présent dans les teintures capillaires, certaines encres, produits de développement photographiques, colorants textiles

Résine p-tert formaldéhyde butylphénol

Une résine formée par la condensation entre le p-tert-butylphénol et le formaldéhyde

Présent dans les cuirs (en particulier les chaussures), le papier, les tissus, le rockwood, les meubles et certaines colles

Quaternium

Conservateur fréquemment présent dans les cosmétiques et dans certains produits ménagers et produit à polir

Mélange de quinolones

Contient du clioquinol et du chlorquinaldol

Antimicrobiens présents dans certaines crèmes et pommades médicamenteuses, pansements médicamenteux et produits vétérinaires

Thimérosal

Conservateur des solutions pour lentilles de contact, certains cosmétiques, gouttes nasales et auriculaires et médicaments injectables

Source souvent non identifiée

Mélange de Thiuram

Allergène fréquent du caoutchouc

Également présent dans les adhésifs, certains pesticides et médicaments (p. ex., disulfirame [Antabuse])

Pronostic

La guérison peut nécessiter jusqu'à 3 semaines. La sensibilisation/réactivité persiste habituellement toute la vie. Le patient atteint de dermatite de contact photoallergique peut avoir des poussées pendant des années lors d'une exposition au soleil (réaction à la lumière persistante).

Traitement

  • Évitement des agents cause de lésion

  • Soins de support (p. ex., compresses fraîches, pansements, antihistaminiques)

  • Corticostéroïdes (le plus souvent topiques mais parfois par voies orales)

La dermatite de contact est empêchée en évitant le facteur déclenchant; le patient atteint de dermatite de contact photosensible doit éviter l'exposition au soleil.

Le traitement local comprend des compresses froides (de sérum physiologique ou de solution de Burow) et des corticostéroïdes; on administre aux patients qui ont une dermatite allergique de contact légère ou modérée des corticostéroïdes topiques de puissance moyenne (p. ex., triamcinolone pommade à 0,1% ou valérate de bêtaméthasone crème à 0,1%). Les corticostéroïdes oraux (p. ex., prednisone 60 mg 1 fois/jour pendant 7 à 14 jours) peuvent être utilisés en cas de phlyctènes graves ou de dermatite étendue. Les antihistaminiques systémiques (p. ex., hydroxyzine, diphénhydramine) améliorent le prurit; les antihistaminiques anticholinergiques de faible puissance, comme les anti-H1 peu sédatifs, sont moins efficaces. Les pansements humides à secs peuvent soulager les phlyctènes suintants, assécher la peau et favoriser la guérison.

Points clés

  • La dermatite de contact peut être causée par des irritants (p. ex., des plantes, des savons, des produits chimiques, des liquides corporels, comprenant 80% des cas) ou des allergènes (comprenant 20% des cas).

  • Les symptômes peuvent comprendre principalement la douleur (pour la dermatite de contact irritante) ou le prurit (pour la dermatite de contact allergique).

  • Le diagnostic est habituellement clinique.

  • Effectuer des patchs tests en cas de suspicion de dermatite allergique de contact et d'inefficacité du traitement.

  • Les traitements comprennent généralement des compresses froides, des corticostéroïdes topiques et des antihistaminiques systémiques si nécessaire pour que le prurit.

Ressources dans cet article