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Syndrome de basse T3

Par Jerome M. Hershman, MD

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Le syndrome de basse T3 est caractérisé par des concentrations sériques faibles d'hormones thyroïdiennes chez des patients cliniquement euthyroïdiens atteints d'une pathologie systémique non thyroïdienne. Le diagnostic repose sur l'exclusion de l'hypothyroïdie. Le traitement est celui de la maladie sous-jacente; le traitement hormonal substitutif n'est pas indiqué.

Les patients atteints de divers troubles aigus ou chroniques non thyroïdiens peuvent présenter des résultats anormaux aux tests des fonctions thyroïdiennes. Ces troubles comprennent des maladies aiguës et chroniques, en particulier le jeûne, la sous-alimentation, la malnutrition protéinocalorique un traumatisme important, l'infarctus du myocarde, l'insuffisance rénale chronique, l'acidocétose diabétique, l'anorexie mentale, la cirrhose, une hypothermie, et un sepsis.

La diminution des concentrations de triiodothyronine (T3) est l'anomalie la plus courante. Les patients souffrant d'une maladie plus grave ou prolongée ont aussi une diminution des concentrations de thyroxine (T4). La reverse T3 (rT3) est augmentée. Les patients sont cliniquement euthyroïdiens et n'ont pas d'élévation de la TSH.

La physiopathologie est inconnue, mais pourrait correspondre à une diminution de la conversion périphérique de T4 en T3, une diminution de la clairance de la rT3 générée à partir de la T4, et une diminution de la liaison des hormones thyroïdiennes à la globuline liant la thyroxine (thyroxine-binding globulin, TBG). Des cytokines pro-inflammatoires (p. ex., TNFα, et IL-1) pourraient être responsables de certaines modifications.

L'interprétation de tests des fonctions thyroïdiennes anormaux chez ces patients est compliquée par les effets de divers médicaments, y compris les agents de contraste riches en iode et l'amiodarone, qui altère la conversion périphérique de T4 en T3, et par des médicaments comme la dopamine et les corticostéroïdes, qui diminuent la sécrétion hypophysaire de TSH, à l'origine de concentrations basses de TSH sérique entraînant une diminution de la sécrétion de T4.

Pièges à éviter

  • Les tests des fonctions thyroïdiennes ne sont pas recommandés chez les patients en USI, sauf si un dysfonctionnement de la thyroïde est fortement suspecté.

Diagnostic

  • TSH

  • Cortisol sérique

  • Bon sens clinique

Le dilemme diagnostique est de savoir si le patient est atteint d'une hypothyroïdie ou du syndrome de basse T3. Le meilleur test est la mesure de la TSH, qui, dans le syndrome de basse T3, est basse, normale ou légèrement élevée, mais n'allant jamais jusqu'à celle observée en cas d'hypothyroïdie. La rT3 est élevée, mais son dosage est rarement réalisé. Le cortisol sérique est souvent élevé dans le syndrome de basse T3 et bas ou à la limite basse de la normale dans l'hypothyroïdie d'origine centrale (hypophysaire-hypothalamique). Dans la mesure où les tests biologiques ne sont pas spécifiques, le bon sens clinique est nécessaire pour interpréter un test des fonctions thyroïdiennes anormal chez un patient atteint d'une pathologie aiguë ou chronique. À moins qu'une pathologie thyroïdienne ne soit fortement suspectée, les tests des fonctions thyroïdiennes ne sont pas recommandés chez les patients en USI.

Traitement

Le traitement par hormonothérapie substitutive n'est pas approprié. Lorsque le trouble sous-jacent est traité, le bilan thyroïdien se normalise.

Points clés

  • Beaucoup de patients gravement malades ont de faibles concentrations d'hormones thyroïdiennes, mais ne sont pas cliniquement hypothyroïdiens et ne demandent pas de supplémentation en hormones thyroïdiennes.

  • Les patients qui ont un syndrome de basse T3 ont des concentrations faibles, normales ou légèrement élevées de TSH, à la différence des élévations marquées de TSH dans l'hypothyroïdie vraie.

Ressources dans cet article