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Gastrite érosive

Par Michael C. DiMarino, MD, Clinical Assistant Professor, Sidney Kimmel Medical College at Thomas Jefferson University

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La gastrite érosive est une érosion de la muqueuse gastrique due à une altération des défenses de la muqueuse. Elle est généralement aiguë, se révélant par une hémorragie, mais peut être subaiguë ou chronique avec peu ou pas de symptômes. Le diagnostic repose sur l'endoscopie. Le traitement est un traitement de support, associé à la suppression de la cause déclenchante. Certains patients en USI (p. ex., sous ventilateur, traumatisés crâniens, grands brûlés, polytraumatisés) tirent bénéfice d'une prophylaxie par antisécrétoires acides.

Les causes fréquentes de gastrite érosive comprennent

  • AINS

  • Alcool

  • Stress

Les causes moins fréquentes comprennent

  • Irradiation

  • Infections virales (p. ex., cytomégalovirus)

  • Lésion vasculaire

  • Traumatisme direct (p. ex., sonde nasogastrique)

Des érosions superficielles et des lésions muqueuses punctiformes apparaissent. Celles-ci peuvent se développer dès 12 h après l'agression initiale. Des érosions profondes, des ulcères et, parfois, des perforations peuvent survenir dans des cas sévères ou non traités. Les lésions apparaissent généralement sur le corps, mais l'antre peut également être atteint.

La gastrite aiguë de stress, une forme de gastrite érosive, est observée chez près de 5% des patients en phase critique. L'incidence augmente avec la durée de séjour en USI et la durée pendant laquelle le patient ne reçoit pas une alimentation entérale. La pathogénie implique probablement l'hypoperfusion de la muqueuse digestive, entraînant l'altération de ses défenses. Le patient qui présente une blessure de la tête ou des brûlures peut également augmenter sa sécrétion acide.

Symptomatologie

Les patients qui présentent une gastrite érosive légère sont souvent asymptomatiques, bien que certains se plaignent de dyspepsie, de nausées ou de vomissements. Souvent le premier signe est une hématémèse, un méléna ou la présence de sang dans le liquide d'aspiration gastrique, la plupart du temps dans les 2 à 5 jours suivant l'événement initial. L'hémorragie est habituellement légère à modérée, bien qu'elle puisse être importante si une ulcération profonde est présente, en particulier dans la gastrite aiguë de stress.

Diagnostic

Les gastrites érosives aiguës et chroniques sont diagnostiquées par endoscopie.

Traitement

  • En cas de saignement: hémostase endoscopique

  • Pour la suppression acide: un inhibiteur de la pompe à protons ou à un anti-H2

Dans les formes sévères de gastrite, l'hémorragie est traitée par des solutés IV et avec une transfusion sanguine selon les besoins. L'hémostase endoscopique doit être tentée, avec la chirurgie (gastrectomie totale) comme technique de secours. Il est peu probable que l'angiographie interventionnelle arrête une hémorragie gastrique grave du fait de l'abondante circulation collatérale. L'inhibition de la sécrétion acide doit être commencée si le patient ne la reçoit pas déjà.

Pour les gastrites plus bénignes, la suppression des facteurs responsables et l'utilisation des médicaments afin de réduire l'acidité gastrique ( Traitement médicamenteux de l'acidité gastrique) sont souvent suffisantes.

Prévention

L'administration prophylactique d'antiacides peut réduire l'incidence de la gastrite aiguë de stress. Cependant, elle est principalement utile à certains patients d'USI à haut risque, dont ceux qui présentent des brûlures sévères, un traumatisme du SNC, une coagulopathie, un sepsis, un choc, des traumatismes multiples, une ventilation mécanique pendant > 48 h, une insuffisance hépatique ou rénale, une défaillance multiviscérale et des antécédents d'ulcère gastroduodénal ou d'hémorragie gastro-intestinale.

La prophylaxie consiste en une injection IV d'anti-H2, d'inhibiteurs de la pompe à protons, d'antiacides oraux pour élever le pH intragastrique > 4,0. La mesure répétée du pH et la titration des doses ne sont pas nécessaires. La reprise précoce d'une alimentation entérale peut également diminuer l'incidence des hémorragies.

L'inhibition de la sécrétion acide n'est pas recommandée chez le patient prenant uniquement des AINS, à moins qu'il ait un antécédent d'ulcère.