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Troubles du rythme circadien du sommeil

Par Karl Doghramji, MD, Professor of Psychiatry, Neurology, and Medicine and Medical Director, Jefferson Sleep Disorders Center, Thomas Jefferson University

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Les troubles du rythme circadien du sommeil sont une désynchronisation entre les rythmes de veille-sommeil internes et le cycle lumière-obscurité. Les patients ont généralement des insomnies, une somnolence diurne excessive ou les deux et tout ceci s'amende généralement quand l'horloge interne se réaligne par elle-même. Le diagnostic est clinique. Le traitement est celui de la cause.

Dans les troubles du rythme circadien, les rythmes endogènes veille-sommeil (horloge biologique) et le cycle externe lumière-obscurité sont désalignés (désynchronisés). La cause peut être interne (p. ex., le syndrome d'avance ou de retard de p hase) ou externe (p. ex., décalage horaire, travail posté).

Si la cause est externe, les autres rythmes circadiens, dont la température et la sécrétion hormonale, peuvent également ne plus être synchronisés avec le cycle environnemental lumière-obscurité (désynchronisation externe) ou l'un avec l'autre (désynchronisation interne); outre l’insomnie et à la somnolence excessive, ces altérations peuvent causer des nausées, une sensation de malaise, une irritabilité et une dépression. Le risque de troubles cardiovasculaires et métaboliques peut également être augmenté.

Il est particulièrement difficile de s'adapter aux changements circadiens répétés (p. ex., dus à de fréquents voyages à longue distance ou à un travail posté avec rotation), en particulier lorsque le changement d'horaires intervient dans un sens anti-horaire. Un décalage anti-horaire modifie le plus l'heure du lever et du coucher (p. ex., quand on prend l'avion vers l'Est ou qu'on subit un décalage du jour vers la nuit). Les symptômes disparaissent au bout de plusieurs jours ou, chez certains patients (p. ex., les personnes âgées), en quelques semaines ou mois, quand les rythmes se rééquilibrent. La lumière étant le principal facteur synchronisateur du rythme circadien, l'exposition à une lumière intense (le soleil ou une lumière artificielle d'une intensité de 5000 à 10 000 lux) au moment voulu du réveil et l'utilisation de lunettes de soleil pour diminuer l'exposition à la lumière avant l'heure du coucher accélèrent la resynchronisation. La mélatonine administrée avant le coucher peut être utile ( Autres sédatifs).

Les malades qui présentent des troubles du rythme circadien ont souvent une consommation inappropriée d'alcool, d'hypnotiques et de stimulants.

Les troubles du rythme circadien sont les suivants:

  • Troubles du rythme circadien, décalage horaire type jet lag

  • Troubles du rythme circadien, type travail posté (trouble du travail posté)

  • Troubles du rythme circadien du sommeil, altération des phases du sommeil

Troubles du rythme circadien, décalage horaire type jet lag

Ce syndrome est provoqué par un voyage rapide à travers > 2 fuseaux horaires. Les voyages vers l'est (avançant le cycle du sommeil) provoquent des symptômes plus importants que les voyages vers l'Ouest (retardant le sommeil).

Si possible, les voyageurs doivent décaler progressivement leurs horaires de veille-sommeil avant le voyage afin de se rapprocher de ceux de leur destination et, une fois arrivés dans la nouvelle localité, maximiser leur exposition à la lumière du jour (en particulier le matin) pendant la journée et à l'obscurité avant le coucher. Les hypnotiques à courte durée d'action et/ou les médicaments favorisant l'éveil type (p. ex., modafinil) peuvent être utilisés pendant des périodes courtes dès l'arrivée.

Troubles du rythme circadien, type travail posté (trouble du travail posté)

La gravité des symptômes est proportionnelle à

  • La fréquence des changements de travail posté

  • L'importance de chaque changement

  • Au nombre de nuits consécutives travaillées

  • A la durée des postes

  • A la fréquence des changements antihoraires (qui avancent le sommeil)

Le travail posté fixe (c'est-à-dire, plein-temps de nuit ou du soir) est préférable; le travail posté tournant doit aller dans le sens horaire (c'est-à-dire, du jour au soir, à la nuit). Cependant, même les travailleurs avec horaires postés fixes rencontrent des difficultés, car le bruit et la lumière de la journée perturbent le sommeil et les travailleurs doivent souvent raccourcir leur temps de sommeil pour participer aux événements sociaux ou familiaux.

Les travailleurs postés doivent maximiser leur exposition à une lumière intense (le soleil ou, pour les travailleurs de nuit, la lumière artificielle intense) aux moments où ils doivent être en éveil et s'assurer que la chambre est aussi obscure et tranquille que possible pendant le sommeil. Le port de lunettes de soleil lors du trajet travail-maison la matin, en prévision du sommeil, est également utile. Les masques de sommeil et les dispositifs antibruit sont utiles. La mélatonine avant le coucher peut aussi être utile. Si les symptômes persistent et deviennent gênants fonctionnellement, l'utilisation judicieuse d'hypnotiques à demi-vie courte et de médicaments favorisant l'éveil est indiquée.

Troubles du rythme circadien du sommeil, altération des phases du sommeil

Dans ces syndromes, les patients ont une qualité et une durée de sommeil normales avec un cycle de rythme circadien de 24 h, mais le cycle est désynchronisé en fonction des périodes d'éveil désirées ou nécessaires. Plus rarement, le cycle n'est pas de 24 h et les patients se réveillent et s'endorment plus tôt ou plus tard chaque jour. S'ils peuvent suivre leur cycle naturel, les patients n'ont pas de symptômes.

  • Syndrome de retard de phase du sommeil: les malades vont quotidiennement se coucher tard le soir et se réveiller tard le matin (p. ex., 3 h du matin et 10 h du matin). Ce type d'insomnie est plus fréquent à l'adolescence. S’il est nécessaire de se réveiller plus tôt pour le travail ou l’école, il en résulte une somnolence diurne excessive; les patients consultent souvent pour des problèmes de rendement scolaire ou parce qu’ils ratent les cours du matin. Ils doivent être différenciés des personnes qui se couchent tard le soir par choix, car ils ne peuvent pas s'endormir plus tôt même s'ils essayent. Un syndrome de retard de phase léger (< 3 h) est traité par un lever de plus en plus tôt associé à une photothérapie le matin, avec éventuellement un traitement par la mélatonine 4 à 5 h avant le moment désiré du coucher. Une méthode alternative consiste à progressivement retarder l'heure du coucher et le réveil par 1 à 3 h/jour jusqu'à ce que le sommeil et l'heure de réveil désiré soient obtenus.

  • Syndrome d'avance de phase du sommeil: le syndrome d'avance de phase du sommeil (coucher tôt et lever tôt) est plus fréquent chez les personnes âgées et répond à un traitement par une lumière intense le soir et port de lunettes noires le matin.

  • Non–24 h sleep-wake syndrome ou syndrome hypernycthéméral: bien que plus rare, ce syndrome est caractérisé par un rythme veille-sommeil variable. Le cycle veille-sommeil demeure généralement constant en durée mais est > 24 h, ce qui entraîne un retard du temps de sommeil et d'éveil de 1 à 2 h chaque jour. Ce trouble est plus fréquent chez les sujets aveugles. Le tasimeltéon, un agoniste des récepteurs de la mélatonine, peut augmenter la durée du sommeil nocturne et diminuer la durée du sommeil diurne chez des patients totalement aveugles qui souffrent de ce trouble. La dose est de 20 mg 1 fois/jour avant le coucher, à la même heure chaque nuit.