Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées pour les professionnels de santé.

Pneumopathie aiguë à éosinophiles

Par Harold R. Collard, MD, University of California San Francisco

Cliquez ici pour
l’éducation des patients

La pneumonie aiguë à éosinophiles est caractérisée par une infiltration rapide des éosinophiles au niveau de l'interstitium pulmonaire ( Revue générale des pneumopathies à éosinophiles).

Contrairement à la pneumonie chronique à éosinophiles, la pneumonie aiguë à éosinophiles est une maladie aiguë qui, généralement, ne récidive pas. L'étiologie et la physiopathologie sont inconnues. La pneumopathie aiguë à éosinophiles peut être observée à n'importe quel âge, mais touche le plus souvent les patients entre 20 et 40 ans, avec un rapport homme:femme de 21:1. La cause en est inconnue, mais la pneumopathie aiguë à éosinophiles peut être une réaction d'hypersensibilité aiguë à un Ag inhalé non identifié chez un patient par ailleurs en bonne santé. La cigarette ou d'autres formes d'exposition à la fumée pourraient être impliquées.

Symptomatologie

La pneumopathie aiguë à éosinophiles comporte un épisode fébrile aigu de courte durée (habituellement < 7 j). Les symptômes sont une toux non productive, une dyspnée, un malaise, des myalgies, des sueurs nocturnes et des douleurs pleurales. Les symptômes comprennent une tachypnée, une fièvre (souvent > 38,5° C), des râles crépitants inspiratoires des bases, et parfois des râles bronchiques en expiration forcée. La pneumopathie aiguë à éosinophiles se présente fréquemment comme une défaillance respiratoire aiguë qui nécessite une ventilation mécanique. Rarement, un choc (hyperdynamique) peut survenir.

Diagnostic

  • TDM à haute résolution

  • Habituellement, NFS, analyse du liquide pleural et épreuves fonctionnelles respiratoires

  • Bronchoscopie pour un lavage bronchoalvéolaire et, parfois, biopsies.

Le diagnostic est suspecté devant des symptômes de pneumonie aiguë qui évoluent vers l'insuffisance respiratoire et ne répondent pas aux antibiotiques. Le diagnostic repose sur la clinique et les résultats des examens complémentaires standards et est confirmé par la bronchoscopie. La pneumopathie aiguë à éosinophiles est un diagnostic d'exclusion et exige l'absence de causes connues de pneumonie à éosinophiles (p. ex., médicaments et toxines, helminthiase et infections fongiques, granulomatose éosinophile avec polyangéite (anciennement appelée syndrome de Churg-Strauss), syndrome hyperéosinophilique idiopathique, tumeurs). Souvent la NFS ne parvient pas à montrer un taux d'éosinophiles très élevé, contrairement à la pneumopathie chronique à éosinophiles. La VS et le taux d'IgE sont élevés, mais ne sont pas spécifiques.

La rx thorax peut ne révéler initialement que des opacités réticulaires minimes ou en verre dépoli, souvent avec des stries de Kerley B. Des opacités alvéolaires isolées (dans environ 25% des cas) ou réticulaires (dans environ 25% des cas) peuvent également être observées sur ces rx. Contrairement à la pneumonie chronique à éosinophiles, dans la pneumonie aiguë à éosinophiles, les opacités pulmonaires ne sont pas localisées en périphérie du poumon. Des petits épanchements pleuraux sont observés chez 2/3 des patients et sont fréquemment bilatéraux.

La TDM à haute résolution est toujours anormale et associée à des opacités bilatérales, aléatoires, irrégulières en verre dépoli ou réticulaires.

L'examen du liquide pleural montre une éosinophilie importante avec un pH élevé. Les épreuves fonctionnelles respiratoires révèlent souvent un trouble restrictif associé à une capacité de diffusion réduite du monoxyde de carbone (DLco).

Une bronchoscopie doit être réalisée pour un lavage bronchoalvéolaire et, parfois, pour des biopsies. Le liquide de lavage bronchoalvéolaire révèle souvent un nombre et un pourcentage élevés (> 25%) d'éosinophiles. Les caractéristiques histopathologiques les plus fréquentes aux biopsies transbronchiques comprennent une infiltration éosinophilique associée à des lésions alvéolaires diffuses, organisées et aiguës, mais une biopsie pulmonaire n'est réalisée que dans peu de cas.

Traitement

  • Corticostéroïdes systémiques

Certains patients s'améliorent spontanément. La plupart des patients sont traités par la prednisone 40 à 60 mg po 1 fois/j. En cas de défaillance respiratoire, la méthylprednisolone 60 à 125 mg IV q 6 h est préférable. Le pronostic est généralement bon; la réponse aux corticostéroïdes et une guérison complète sont fréquentes. Les épanchements pleuraux s'amendent plus lentement que les opacités parenchymateuses.