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Infections par le virus Ebola et le virus de Marburg

Par

Thomas M. Yuill

, PhD, University of Wisconsin-Madison

Dernière révision totale juil. 2018| Dernière modification du contenu juil. 2018
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Les infections par le virus Ebola et le virus de Marburg provoquent des hémorragies et une défaillance organique. Ces infections sont souvent mortelles.

  • Les infections par les virus de Marburg et Ebola se transmettent en manipulant des animaux infectés morts ou vivants ou par contact avec la peau ou les liquides biologiques d’une personne infectée présentant les symptômes ou décédée.

  • Les symptômes commencent par une fièvre, des douleurs musculaires et des courbatures, des céphalées, une toux, et un mal de gorge, suivis de vomissements et de la diarrhée ainsi que des saignements au niveau de la bouche, du nez ou d’organes internes.

  • Pour confirmer le diagnostic, le médecin fait des analyses de sang et d’urine.

  • L’isolement strict et l’usage de précautions sanitaires (et, pour le personnel soignant, l’utilisation de vêtements de protection) sont nécessaires pour prévenir la propagation de l’infection.

  • Le traitement consiste à donner des solutés par voie intraveineuse et d’autres traitements pour maintenir les fonctions de l’organisme.

Les infections par les virus de Marburg et Ebola sont des fièvres hémorragiques, caractérisées par des saignements. Les virus responsables sont des filovirus. (D’autres virus peuvent provoquer des fièvres hémorragiques.)

Des épidémies d’infections aux virus de Marburg et Ebola se sont déclenchées en Afrique centrale et occidentale, probablement parce que les infections sont fréquentes chez les animaux sauvages de ces régions. De telles épidémies sont rares et, auparavant, leur propagation était limitée parce qu’elles se produisaient généralement dans des zones rurales isolées. Cependant, les voyageurs provenant de ces régions transportent parfois l’infection jusqu’aux régions avoisinantes, ou, plus rarement, hors d’Afrique.

En décembre 2013, une importante épidémie d’infection à virus Ebola a fait son apparition dans une zone rurale de la Guinée (Afrique de l’Ouest), puis s’est étendue aux régions urbaines densément peuplées de la Guinée, jusqu’aux pays voisins, le Liberia et la Sierra Leone. Elle a été reconnue pour la première fois en mars 2014. Les épidémies d’Ebola ont touché des milliers de personnes, et environ 59 % des personnes infectées sont décédées. Un nombre très restreint de voyageurs infectés (y compris des professionnels de la santé de retour chez eux) a transporté le virus Ebola jusqu’à l’Europe et l’Amérique du Nord. Quelques professionnels de la santé qui ont aidé à traiter les personnes infectées en Europe et en Amérique du Nord ont aussi contracté l’infection. La Sierra Leone, la Guinée et le Liberia ont été déclarés débarrassés d’Ebola en 2016.

Une épidémie d’Ebola est également apparue en République démocratique du Congo en 2017, mais elle a été rapidement contenue. Cependant, une autre épidémie a été confirmée dans ce pays en mai 2018 et est toujours d’actualité.

Transmission des virus de Marburg et Ebola

Les virus de Marburg et Ebola sont très contagieux.

D’ordinaire, ils infectent les animaux et se transmettent seulement occasionnellement à l’homme. Comme la source initiale animale de virus n’a pas encore été identifiée précisément, les médecins ne savent pas clairement comment le virus infecte la première personne d’une épidémie. Les experts pensent, toutefois, que la première personne contracte l’infection en manipulant ou en mangeant un animal infecté, comme une chauve-souris frugivore ou un primate (singes). Les infections par le virus de Marburg ont été signalées chez des personnes exposées aux chauves-souris (par exemple, dans des mines ou des grottes).

Lorsqu’une personne a été infectée, l’infection peut alors se propager d’une personne à une autre par contact direct avec la peau ou les liquides biologiques (salives, sang, vomissements, urine, excréments, sueurs, lait maternel, ou sperme) d’une personne infectée. Les données montrent que la personne infectée ne peut pas transmettre l’infection tant que les symptômes ne sont pas apparus. Néanmoins, les liquides biologiques des personnes décédées transmettent souvent l’infection, en particulier aux personnes qui transportent et préparent les dépouilles pour l’enterrement, mais le simple fait de toucher un corps est suffisant pour contracter l’infection.

On pense que le virus Ebola ne se propage pas dans l’air (par exemple, par les gouttelettes en suspension produites lorsqu’une personne tousse ou éternue). Si ce mode de transmission se produit, il est probablement très rare.

L’organisme de certaines personnes qui guérissent finit par se débarrasser complètement du virus Ebola, et elles ne sont donc plus contagieuses. Chez d’autres personnes, le virus reste un certain temps dans des régions de l’organisme qui sont protégées contre toute attaque par le système immunitaire (comme les yeux ou le sperme). Le matériel génétique du virus Ebola peut demeurer dans le sperme pendant un an ou plus après disparition des symptômes. Cependant, la présence de matériel génétique viral ne signifie pas que le virus Ebola vivant, qui peut provoquer une infection, est présent.

Le virus de Marburg peut demeurer dans le sperme jusqu’à 7 semaines après disparition des symptômes.

Symptômes

Les premiers symptômes apparaissent 2 à 20 jours après l’exposition au virus. Initialement, les symptômes ressemblent à ceux d’autres infections virales moins dangereuses. La personne infectée a des douleurs musculaires, des céphalées, un mal de gorge, et une toux. La personne peut aussi devenir sensible à la lumière, et le blanc des yeux peut devenir rouge.

En quelques jours, des symptômes plus graves se développent, tels que :

  • Douleur abdominale

  • Ictère (jaunisse)

  • Vomissements et diarrhées sévères

  • Une tendance à saigner

  • Confusion, délires et coma

Les vomissements et la diarrhée entraînent une déshydratation, qui si elle n’est pas traitée provoque une hypotension (choc), des troubles du rythme cardiaque et le décès.

Les saignements apparaissent dès les quelques premiers jours. On peut voir apparaître des hémorragies au niveau de la peau sous forme de points ou de taches violacées (ecchymoses), ainsi qu’au niveau des gencives, du nez, du rectum ou des organes internes comme des plaies par perforation (dues aux prélèvements sanguins ou à la pose d’une intraveineuse).

Après environ 5 jours, une éruption cutanée apparaît principalement sur le tronc.

Au cours de la deuxième semaine de symptômes, la fièvre s’atténue et soit la personne commence à récupérer, soit ses organes se mettent à dysfonctionner (défaillance organique). 25 à 90 % des patients infectés meurent. L’infection par le virus Ebola, provoquant en moyenne 59 % de décès, est plus susceptible d’entraîner la mort que l’infection par le virus de Marburg. La récupération peut être très longue.

Diagnostic

  • Analyses de sang et d’urine

Il est difficile d’identifier Ebola chez les personnes qui ne sont infectées que depuis quelques jours, car les premiers symptômes, la fièvre par exemple, peuvent être la conséquence d’infections plus courantes. Cependant, si une personne présentant ces symptômes a voyagé dans les régions où sévit Ebola, le médecin suspecte un cas d’Ebola. Les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) ont fourni des directives pour le personnel soignant leur permettant d’évaluer les voyageurs en provenance de ces régions.

Si les médecins suspectent un cas d’Ebola, ils prélèvent des échantillons de sang et d’urine de la personne et les analyses pour confirmer l’infection.

Une méthode comparable peut être utilisée en cas de suspicion d’un cas d’infection au virus de Marburg.

Les responsables de la santé publique sont avertis dès qu’une infection par le virus Ebola ou de Marburg est diagnostiquée.

Prévention

Plusieurs vaccins et médicaments antiviraux sont en cours de développement. Un vaccin expérimental contre le virus Ebola est actuellement testé dans le cadre de l’épidémie actuelle au Congo (été 2019). Ce vaccin a été utilisé avec succès à une échelle limitée à la fin de l’épidémie d’Ebola survenue en 2016 en Afrique de l’Ouest.

Un isolement strict est nécessaire pour prévenir la diffusion de l’infection. L’isolement des personnes présentant des symptômes d’une possible infection par le virus de Marburg ou Ebola dans des installations utilisées uniquement à cette fin peut aider. Ces installations peuvent prendre en charge en toute sécurité les liquides biologiques infectés.

Le personnel soignant s’occupant des personnes atteintes d’Ebola doit être complètement couvert de vêtements protecteurs, y compris une protection pour la tête équipée d’un respirateur. Même si l’on pense que les infections ne se transmettent pas par l’air, des précautions sont prises contre ce mode de transmission. D’autres membres du personnel doivent être disponibles pour aider ceux qui portent les vêtements de protection à les enlever.

Il est essentiel de nettoyer et de désinfecter avec soin les surfaces et l’équipement qui peuvent être contaminés, tout comme il est fondamental de s’assurer que les liquides biologiques (comme le sang, la sueur, les vomissements, les excréments et l’urine) sont manipulés en prenant toutes les précautions nécessaires.

Il est recommandé ce qui suit aux personnes qui ont voyagé ou qui se trouvent dans une zone affectée par une épidémie d’Ebola :

  • Utiliser une hygiène appropriée, par exemple se laver les mains au savon et à l’eau ou un désinfectant à base d’alcool et éviter tout contact avec le sang ou les liquides biologiques d’autrui.

  • Ne pas manipuler d’objets susceptibles d’avoir été touchés par le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée (par exemple, des vêtements, du linge, des aiguilles, ou du matériel médical)

  • Ne pas participer à des funérailles ou à des rites funéraires qui nécessitent de toucher la dépouille d’une personne morte d’Ebola

  • Éviter tout contact avec les chauves-souris et les primates (avec les singes petits ou grands) et ne manger aucune viande crue ou mal cuite préparée à partir de ces animaux

  • Éviter les installations d’Afrique de l’Ouest où des patients atteints d’Ebola ont été traités

  • Après le retour, surveiller son état de santé pendant 21 jours et consulter immédiatement un médecin si des symptômes évocateurs d’Ebola se développent.

Bien qu’aucune infection contractée par rapport sexuel ou par le lait maternel n’ait été signalée, le nombre de personnes étudiées est faible. De ce fait, il n’existe pas de directives fermes concernant la durée pendant laquelle les personnes doivent s’abstenir de rapports sexuels, d’allaitement ou de contact personnel étroit. Toutefois, à titre de précautions, les médecins de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandent aux hommes de s’abstenir de tous rapports sexuels pendant au moins 7 semaines après la guérison. En cas de rapports sexuels avant 7 semaines, les hommes doivent utiliser un préservatif.

Traitement

  • Soins d’accompagnement

  • Traitement médicamenteux

Traitement d’accompagnement :

  • Administration de solutés par voie intraveineuse (IV) pour maintenir la tension artérielle et l’équilibre des électrolytes (comme le sodium, le potassium et le calcium)

  • Transfusion de facteurs de coagulation pour ralentir l’hémorragie ou y mettre fin

  • Traitement des symptômes, notamment en donnant des analgésiques

Des médicaments sont actuellement testés dans le cadre de l’épidémie d’Ebola en cours dans l’est du Congo (été 2019). Deux anticorps monoclonaux sont très efficaces, guérissant environ 90 % des personnes lorsque le médicament est administré dans les premiers jours suivant l’infection. Comme ces médicaments sont très efficaces, ils sont désormais administrés à toutes les personnes infectées dans l’est du Congo.

Ces nouveaux médicaments n’ont pas été testés chez les personnes atteintes d’une infection par le virus de Marburg. Ainsi, il n’existe toujours pas de traitement efficace pour l’infection par ce virus.

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