Le Manuel Merck

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Cancer du col de l’utérus

Par

Pedro T. Ramirez

, MD, The University of Texas MD Anderson Cancer Center;


Gloria Salvo

, MD, MD Anderson Cancer Center

Dernière révision totale sept. 2020| Dernière modification du contenu sept. 2020
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Les faits en bref
Ressources liées au sujet

Le cancer du col de l’utérus se développe dans le col (partie inférieure de l’utérus).

  • Le cancer du col de l’utérus résulte généralement d’une infection par le virus du papillome humain (VPH) qui se transmet par les rapports sexuels.

  • Les premiers symptômes sont généralement des saignements vaginaux irréguliers, généralement après les rapports sexuels, mais les symptômes peuvent n’apparaître qu’une fois que la tumeur est volumineuse ou s’est propagée.

  • Les tests de Papanicolaou (frottis) peuvent généralement détecter les anomalies, qui font ensuite l’objet d’une biopsie.

  • Des frottis réguliers et la vaccination contre le VPH peuvent prévenir le cancer du col de l’utérus.

  • Le traitement implique généralement une chirurgie pour retirer la tumeur et souvent les tissus environnants et, si la tumeur est grosse, une radiothérapie et une chimiothérapie.

Aux États-Unis, le cancer du col de l’utérus occupe la troisième place parmi les cancers gynécologiques par sa fréquence chez les femmes (quel que soit leur âge), et il est très courant chez les femmes jeunes. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 50 ans, mais il peut aussi être observé chez des femmes de 20 ans.

Le col est la partie la plus basse de l’utérus qui s’étend jusqu’au vagin.

Localisation des organes reproducteurs féminins internes

Localisation des organes reproducteurs féminins

Environ 80 à 85 % des cancers du col sont des carcinomes épidermoïdes Carcinome épidermoïde Le carcinome épidermoïde est une tumeur maligne qui naît dans les cellules squameuses de la peau. Des excroissances épaisses et squameuses apparaissent sur la peau et ne guérissent pas. Pour... en apprendre davantage Carcinome épidermoïde , qui se développent à partir des cellules épithéliales plates (identiques à celles que l’on retrouve au niveau de la peau) qui revêtent le col de l’utérus. La plupart des autres cancers du col de l’utérus sont des adénocarcinomes, qui ont pour origine des cellules glandulaires.

Ce cancer se manifeste par une modification lente et progressive des cellules normales de la muqueuse cervicale que l’on appelle dysplasie ou néoplasie intraépithéliale cervicale (NIC), et qui est considérée comme précancéreuse. Non traitées, les cellules dysplasiques peuvent alors se transformer en cellules tumorales, et ce, parfois, après des années. Une NIC peut être classée comme légère (NIC 1), modérée (NIC 2) ou sévère (NIC 3).

Le cancer du col se développe à partir des cellules superficielles du col de l’utérus et peut pénétrer en profondeur. Le cancer du col de l’utérus peut se propager de plusieurs manières :

  • En se propageant directement aux tissus environnants, y compris vers le vagin

  • En pénétrant dans le riche réseau de petits vaisseaux lymphatiques des tissus du col de l’utérus, puis en se propageant à d’autres parties de l’organisme

  • Rarement, en se diffusant par la circulation sanguine

Causes du cancer du col de l’utérus

Le cancer du col de l’utérus est le plus souvent provoqué par le virus du papillome humain (VPH), qui se transmet par les rapports sexuels. Ce virus peut également être à l’origine de condylomes acuminés Infection par le papillomavirus humain (VPH) Le papillomavirus humain (VPH) entraîne la formation de verrues. Certains types de VPH provoquent des verrues cutanées, et d’autres types de verrues génitales (excroissances dans ou autour du... en apprendre davantage Infection par le papillomavirus humain (VPH) .

Les facteurs de risque de cancer du col de l’utérus comprennent :

  • Premier rapport sexuel précoce

  • Partenaires sexuels multiples

  • Tabagisme

  • Système immunitaire affaibli (à cause d’une maladie telle qu’un cancer ou le SIDA ou en raison d’un traitement tel que la chimiothérapie ou des corticoïdes)

Plus la femme était jeune lors de son premier rapport sexuel, plus elle a eu de partenaires sexuels et plus le risque de cancer du col de l’utérus est élevé.

Symptômes du cancer du col de l’utérus

Les modifications précancéreuses ne sont généralement associées à aucun symptôme. Aux stades précoces, le cancer du col de l’utérus est en général asymptomatique.

Le premier symptôme du cancer du col de l’utérus correspond généralement à des saignements anormaux du vagin, le plus souvent après des rapports sexuels. De petits saignements intermenstruels ou des saignements intermenstruels plus abondants peuvent survenir, ou les menstruations peuvent être inhabituellement abondantes. Les tumeurs cancéreuses volumineuses sont plus susceptibles de provoquer des saignements et peuvent causer des pertes vaginales nauséabondes du vagin, ainsi que des douleurs dans la région pelvienne.

Si le cancer est étendu, il peut provoquer des douleurs lombaires et un œdème des membres inférieurs. Une obstruction des voies urinaires peut également être observée et, sans traitement, elle peut entraîner une insuffisance rénale dont l’évolution peut être fatale.

Diagnostic du cancer du col de l’utérus

  • Tests de Papanicolaou (frottis)

  • Biopsie

Les frottis Dépistage du cancer du col de l’utérus Il arrive parfois que les médecins recommandent des tests de dépistage ; ce sont des tests effectués afin de rechercher des troubles chez des personnes qui ne présentent pas de symptômes. Si... en apprendre davantage Dépistage du cancer du col de l’utérus systématiques, ou d’autres examens similaires, permettent de dépister un cancer du col de l’utérus au stade initial. Le frottis permet de détecter précisément jusqu’à environ 80 % des cancers du col de l’utérus avant même l’apparition des symptômes. Les frottis permettent également de détecter une dysplasie. Les femmes qui présentent une dysplasie sont recontrôlées 3 à 4 mois plus tard. La dysplasie peut être traitée, ce qui permet de prévenir l’apparition d’un cancer.

Biopsie

Une biopsie est réalisée lorsque, à l’examen pelvien, un nodule/bourgeon, une ulcération ou une autre zone suspecte sont observés, ou lorsque le frottis révèle une dysplasie ou un cancer. Souvent, le médecin utilise une loupe binoculaire (colposcope Colposcopie Il arrive parfois que les médecins recommandent des tests de dépistage ; ce sont des tests effectués afin de rechercher des troubles chez des personnes qui ne présentent pas de symptômes. Si... en apprendre davantage Colposcopie ), inséré dans le vagin, pour examiner le col de l’utérus et pour choisir le meilleur site pour la biopsie.

Deux types d’examens sont réalisés :

  • Biopsie traditionnelle : le médecin excise un petit fragment de tissu du col de l’utérus, sélectionné au colposcope.

  • Curetage endocervical : la pièce de tissu qui ne peut pas être visualisée au préalable est excisée à l’intérieur du col de l’utérus.

Ces examens provoquent une légère douleur et un léger saignement. Les deux techniques associées fournissent en général un échantillon de tissu suffisant à l’anatomopathologiste pour poser le diagnostic.

Lorsque le diagnostic reste incertain, il est possible de réaliser une conisation qui consiste à prélever un fragment de tissu en forme de cône. Habituellement, le médecin utilise un mince fil métallique en forme d’anse traversé par un courant électrique. Cette technique est appelée technique d’exérèse électrochirurgicale à anse. Il est aussi possible d’utiliser le laser (utilisant un faisceau de lumière hautement focalisé). Ces deux procédures ne nécessitent qu’une anesthésie locale et peuvent être effectuées en cabinet. Parfois, le médecin utilise un bistouri (non électrique), mais cette procédure nécessite une salle d’opération et une anesthésie générale.

Définition du stade du cancer du col de l’utérus

Lorsqu’un cancer du col de l’utérus est diagnostiqué, sa taille et sa localisation sont déterminées avec précision (c’est-à-dire son stade). La définition du stade commence par un examen clinique du pelvis et une radiographie du thorax. Généralement, on effectue une tomodensitométrie (TDM), une imagerie par résonance magnétique (IRM), ou une combinaison de TDM et tomographie par émission de positons (TEP) afin de déterminer si le cancer s’est propagé aux tissus adjacents ou à distance. Faute d’accès à de telles procédures, les médecins peuvent pratiquer d’autres examens pour vérifier des organes spécifiques telles qu’une cystoscopie (vessie), une sigmoïdoscopie (côlon) ou une urographie IV (voies urinaires).

Les médecins vérifient généralement qu’il n’y a pas de propagation aux ganglions lymphatiques en réalisant des examens d’imagerie ou une biopsie. Le fait de savoir si le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques et, le cas échéant, combien de ganglions lymphatiques sont touchés aide les médecins à prédire les résultats de la personne et à planifier le traitement.

Les stades du cancer du col de l’utérus vont de I (le plus précoce) à IV (avancé). Les stades correspondent au degré de diffusion du cancer :

  • Stade I : le cancer est confiné au col de l’utérus.

  • Stade II : le cancer s’est propagé en dehors de l’utérus, dans les deux tiers supérieurs du vagin ou dans des tissus en dehors de l’utérus, mais il est toujours confiné au pelvis (qui contient les organes reproducteurs, la vessie et le rectum).

  • Stade III : le cancer s’est propagé dans l’ensemble du pelvis et/ou dans le tiers inférieur du vagin et/ou obstrue les uretères et/ou provoque un dysfonctionnement rénal et/ou s’est propagé aux ganglions lymphatiques situés à proximité de l’aorte (l’artère la plus importante de l’organisme).

  • Stade IV : le cancer s’est propagé en dehors du pelvis et/ou à la vessie ou au rectum, ou à des organes distants.

Pronostic du cancer du col de l’utérus

Le pronostic dépend du stade du cancer du col de l’utérus. Les pourcentages de femmes qui survivent au-delà de 5 ans après le diagnostic et le traitement sont :

  • Stade I : 80 à 90 % des femmes

  • Stade II : 60 à 75 %

  • Stade III : 30 à 40 %

  • Stade IV : 15 % ou moins

Si le cancer doit récidiver, il le fait généralement dans les 2 ans.

Le saviez-vous ?

  • Les frottis ont permis de réduire le nombre de décès liés au cancer du col de l’utérus de plus de 50 %.

  • Si toutes les femmes effectuaient ce test régulièrement, on pourrait pratiquement éliminer les décès liés à ce cancer.

  • La vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) permet de prévenir le cancer du col de l’utérus.

Prévention du cancer du col de l’utérus

Tests de dépistage

Deux types de tests sont utilisés pour dépister le cancer du col de l’utérus :

  • Frottis : Les cellules du col de l’utérus sont examinées au microscope pour déterminer si certaines sont cancéreuses ou anormales. Non traitées, les cellules anormales peuvent se transformer en cancer (cellules précancéreuses).

  • Dépistage du VPH : un échantillon du col de l’utérus est analysé pour déterminer si le VPH est présent.

Depuis leur introduction, le nombre de décès liés au cancer du col de l’utérus a diminué de plus de 50 %.

La fréquence de ce test de dépistage dépend principalement de l’âge de la femme et des résultats des tests précédents. Chez les femmes qui ne présentent aucun facteur de risque de cancer du col de l’utérus et qui n’ont jamais obtenu de résultats anormaux lors des examens antérieurs, le dépistage peut se faire à la fréquence suivante :

  • Le dépistage commence à 25 ans.

  • Si disponible, le dépistage primaire du VPH doit commencer à l’âge de 25 ans et être réalisé tous les 5 ans. Le terme « primaire » indique que les tests de dépistage du VPH sont autorisés par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA) pour le dépistage primaire. Un frottis n’est pas nécessaire.

  • Si un dépistage primaire du VPH n’est pas disponible, un frottis peut être pratiqué tous les 3 ans, ou un frottis et un dépistage du VPH (codépistage) peuvent être réalisés tous les 5 ans. Les frottis et le codépistage par frottis et dépistage du VPH sont interrompus lorsqu’un dépistage primaire du VPH devient disponible.

  • Chez les femmes de plus de 65 ans, le dépistage est interrompu si les résultats des tests ont été normaux au cours des 10 années précédentes. Le dépistage doit être poursuivi si les résultats des tests n’ont pas été normaux au cours des 10 années précédentes.

Si une femme n’a eu aucun résultat anormal à un frottis et qu’elle a fait l’objet d’une hystérectomie pour des raisons autres qu’un cancer, les frottis et les dépistages du VPH ne sont pas nécessaires.

Si toutes les femmes réalisaient des frottis conformément aux recommandations, on pourrait pratiquement éliminer les décès liés à ce cancer. Toutefois, aux États-Unis, de nombreuses femmes n’effectuent pas régulièrement de tests. En outre, de nombreuses femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus n’avaient pas effectué de frottis depuis au moins 10 ans.

Vaccin contre le VPH

Le vaccin contre le VPH Vaccin contre le papillomavirus humain (VPH) Le vaccin contre le papillomavirus humain (VPH) protège contre l’infection par les souches du VPH qui sont les plus susceptibles de causer : Cancer du col de l’utérus, cancer du vagin et cancer... en apprendre davantage cible les types de VPH qui sont à l’origine de la plupart des cancers du col de l’utérus (et les condylomes acuminés et autres cancers, y compris ceux de l’anus, du vagin, du pénis, de la gorge et de l’œsophage). Le vaccin peut aider à prévenir le cancer du col de l’utérus et d’autres cancers, mais ne les traite pas.

Les médecins recommandent de vacciner les filles et les garçons à l’âge de 11 ou 12 ans, mais les enfants peuvent être vaccinés dès l’âge de 9 ans.

Il est préférable d’être vacciné avant de devenir sexuellement actif ; toutefois, même si les filles ou les garçons sont déjà sexuellement actifs, ils doivent se faire vacciner.

Chez les adolescents de moins de 15 ans, le vaccin est administré en deux doses espacées de 6 à 12 mois.

Chez les personnes de 15 à 26 ans, le vaccin est administré en trois doses. La première dose est suivie d’une autre 2 mois plus tard. La dernière dose est administrée 6 mois après la première.

Préservatifs

L’utilisation correcte de préservatifs Préservatifs Les barrières contraceptives bloquent physiquement l’accès des spermatozoïdes à l’utérus : il s’agit du préservatif, du diaphragme, de la cape cervicale, de l’éponge contraceptive et du spermicide... en apprendre davantage Préservatifs pendant les rapports sexuels peut permettre de prévenir la transmission du VPH. Cependant, les préservatifs ne couvrent pas toutes les zones susceptibles d’être infectées et ne protègent donc pas totalement contre le VPH.

Traitement du cancer du col de l’utérus

  • Chirurgie, radiothérapie et/ou chimiothérapie, selon le stade du cancer

Le traitement du cancer du col de l’utérus dépend du stade du cancer. Il peut comprendre une intervention chirurgicale, une radiothérapie et une chimiothérapie.

Lésions précancéreuses et cancer du col de l’utérus de stade I précoce

Les cellules cervicales précancéreuses (néoplasie intraépithéliale cervicale, NIC) et le cancer du col de l’utérus qui ne touche que la surface du col de l’utérus (stade I précoce) sont traités de la même manière. Souvent, les médecins peuvent retirer l’intégralité de la tumeur en réalisant une ablation d’une partie du col de l’utérus lors d’une conisation (biopsie conique). Les médecins peuvent utiliser la technique de l’exérèse électrochirurgicale à anse (LEEP Excision électrochirurgicale Il arrive parfois que les médecins recommandent des tests de dépistage ; ce sont des tests effectués afin de rechercher des troubles chez des personnes qui ne présentent pas de symptômes. Si... en apprendre davantage Excision électrochirurgicale ), le laser ou le bistouri. Ces traitements préservent la fertilité de la femme.

Le cancer étant susceptible de récidiver, une visite médicale et un frottis tous les 3 mois au cours de la première année qui suit l’exérèse, puis tous les 6 mois les années suivantes, sont recommandés.

Une ablation de l’utérus (hystérectomie Hystérectomie Le cancer de l’utérus se développe dans la muqueuse utérine (endomètre) et est donc également appelé cancer de l’endomètre. Ce cancer touche habituellement la femme ménopausée. Il provoque parfois... en apprendre davantage Hystérectomie ) peut être réalisée si la femme ne souhaite pas préserver sa fertilité. Si une partie de la tumeur subsiste après la conisation, une hystérectomie ou une autre conisation sont possibles.

Si un cancer de stade précoce s’est propagé profondément au niveau du col de l’utérus ou dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques, il est nécessaire de procéder à une hystérectomie radicale modifiée et à l’ablation des ganglions lymphatiques environnants. (Une hystérectomie radicale modifiée consiste à retirer le col de l’utérus et les tissus adjacents, appelés paramètre.) Cependant, contrairement à une hystérectomie radicale standard, l’hystérectomie radicale modifiée consiste à ne retirer que la moitié du paramètre. Une cartographie des ganglions lymphatiques sentinelles Dissection des ganglions sentinelles Le cancer du col de l’utérus se développe dans le col (partie inférieure de l’utérus). Le cancer du col de l’utérus résulte généralement d’une infection par le virus du papillome humain (VPH)... en apprendre davantage Dissection des ganglions sentinelles peut être réalisée. Une autre option thérapeutique consiste à administrer une radiothérapie associée à des implants radioactifs placés dans le col de l’utérus pour détruire la tumeur (un type de radiothérapie interne appelé curiethérapie).

Cancer du col de l’utérus de stade I tardif et de stade II précoce

Lorsqu’un cancer précoce ne se limite pas à la surface du col de l’utérus, mais qu’il reste de taille relativement modeste, le traitement est généralement le suivant :

  • Une hystérectomie et une exérèse des tissus environnants (y compris la partie supérieure du vagin), des ligaments (hystérectomie radicale) et des ganglions lymphatiques

Une hystérectomie est réalisée en pratiquant une grande incision dans l’abdomen (chirurgie ouverte) ou en utilisant une sonde optique fine (laparoscope) et des instruments chirurgicaux spécialisés insérés par le biais de petites incisions juste en dessous du nombril. Les données probantes suggèrent que lorsqu’une chirurgie ouverte est réalisée, le cancer est moins susceptible de récidiver et les femmes sont plus susceptibles de vivre plus longtemps que lorsqu’une chirurgie laparoscopique est réalisée.

Une autre option thérapeutique consiste à administrer une radiothérapie externe associée à des implants radioactifs placés dans le col de l’utérus pour détruire la tumeur (curiethérapie).

Si le cancer s’est développé ou a commencé à se propager dans le pelvis, le traitement se compose généralement des éléments suivants :

  • Radiothérapie et chimiothérapie (le plus souvent)

Les deux traitements permettent la guérison d’environ 85 % à 90 % des femmes. Une ablation des ovaires n’est généralement pas réalisée, car le cancer du col de l’utérus est peu susceptible de se propager (métastaser) aux ovaires.

Si les médecins découvrent pendant l’intervention chirurgicale que le cancer s’est propagé au-delà du col de l’utérus, l’hystérectomie est annulée et une radiothérapie associée à une chimiothérapie est recommandée.

Cancer du col de l’utérus de stade II tardif à stade IV précoce

Lorsque le cancer du col de l’utérus s’est propagé plus largement dans le pelvis ou à d’autres organes, le traitement privilégié est le suivant :

  • Radiothérapie et chimiothérapie, par exemple à base de cisplatine

Le médecin peut utiliser un laparoscope ou procéder à une chirurgie pour déterminer si les ganglions sont impliqués et ainsi déterminer l’orientation des rayons. La radiothérapie externe (application au niveau du pelvis depuis l’extérieur) est utilisée pour réduire le cancer et traiter un cancer qui peut s’être propagé aux ganglions lymphatiques voisins. Ensuite, des implants radioactifs sont placés dans le col de l’utérus pour détruire le cancer (type de radiothérapie interne appelée curiethérapie).

La chimiothérapie est généralement administrée en même temps que la radiothérapie, notamment pour favoriser la destruction de la tumeur par la radiothérapie.

Si le cancer est confiné dans le pelvis après la radiothérapie, le médecin peut recommander une chirurgie pour enlever une partie ou l’ensemble des organes pelviens (appelée exentération pelvienne). Ces organes comprennent les organes reproducteurs (vagin, utérus, trompes de Fallope et ovaires), la vessie, l’urètre, le rectum et l’anus. De nombreux facteurs déterminent les organes à retirer et l’étendue de l’ablation, comme l’emplacement du cancer, l’anatomie de la femme et ses envies après la chirurgie. Des ouvertures permanentes, pour l’urine (urostomie) et pour les selles (colostomie Comprendre la colostomie Les antécédents familiaux et certains facteurs alimentaires (alimentation pauvre en fibres et riche en graisses) augmentent le risque de cancer colorectal. Les symptômes typiques incluent des... en apprendre davantage Comprendre la colostomie ), sont pratiquées dans l’abdomen, afin que ces déchets puissent être évacués et recueillis dans des poches. Après la procédure, la femme présente généralement des saignements, des pertes, ainsi qu’une tension et des douleurs importantes pendant quelques jours. Généralement, l’hospitalisation dure de 3 à 5 jours. Des complications, telles que des infections ou l’ouverture d’une incision chirurgicale, des occlusions intestinales et la formation de connexions anormales entre les organes (fistules), peuvent se produire. Cette procédure permet de guérir jusqu’à 40 % des femmes.

Propagation étendue ou récidive du cancer du col de l’utérus

En cas de propagation étendue ou de récidive du cancer du col de l’utérus, le traitement principal est le suivant :

  • Chimiothérapie, généralement à base de paclitaxel et de cisplatine ou de topotécan

Cependant, cette chimiothérapie diminue la taille du cancer et contrôle sa propagation chez près de la moitié des femmes traitées, et le bénéfice observé est généralement uniquement transitoire. L’ajout d’un autre médicament (le bévacizumab, un anticorps monoclonal utilisé dans le traitement de plusieurs types de cancers) permet parfois de prolonger la survie de quelques mois.

Dissection des ganglions sentinelles

Un ganglion lymphatique sentinelle Qu’est-ce qu’un ganglion sentinelle ? Un cancer du sein se développe lorsque des cellules du sein deviennent anormales et se divisent de façon incontrôlable. Le cancer du sein commence généralement dans les glandes qui produisent... en apprendre davantage Qu’est-ce qu’un ganglion sentinelle ? est le premier ganglion susceptible d’être envahi par les cellules cancéreuses. Il peut y avoir plusieurs ganglions sentinelles. Ces ganglions sont appelés ganglions sentinelles, car ils sont les premiers à avertir que le cancer s’est disséminé.

La dissection des ganglions sentinelles comprend les étapes suivantes :

  • Identification du ou des ganglions sentinelles (cartographie)

  • Ablation

  • Examen pour déterminer si des cellules cancéreuses sont présentes

Afin d’identifier les ganglions sentinelles, le médecin injecte un colorant bleu ou vert et/ou une substance radioactive dans le col de l’utérus, à côté de la tumeur. Ces substances indiquent le trajet entre le col de l’utérus et le ou les premiers ganglions lymphatiques pelviens. Au cours de l’intervention, le médecin vérifie donc les ganglions lymphatiques qui apparaissent en bleu ou en vert, ou ceux qui émettent un signal radioactif (détecté à l’aide d’un dispositif portatif). Le médecin excise ce ou ces ganglions et les envoie à un laboratoire pour déterminer s’ils renferment des cellules cancéreuses. Si le ou les ganglions sentinelles ne renferment pas de cellules cancéreuses, aucun autre ganglion lymphatique n’est excisé (sauf en cas d’aspect anormal).

Chez les femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus de stade précoce, la dissection des ganglions lymphatiques sentinelles constitue une alternative à l’ablation des ganglions lymphatiques du pelvis. Le cancer du col de l’utérus se propage aux ganglions lymphatiques chez seulement 15 à 20 % des femmes atteintes d’un cancer de stade précoce. Ce procédé peut permettre aux médecins de limiter le nombre de ganglions lymphatiques à retirer, et parfois de n’en enlever qu’un seul. L’ablation des ganglions lymphatiques entraîne fréquemment des problèmes, tels qu’une accumulation de liquide dans les tissus qui aboutit à un gonflement permanent (lymphœdème), et des lésions nerveuses.

Grossesse et cancer du col de l’utérus

Les traitements par hystérectomie radicale, chimiothérapie et/ou radiothérapie empêchent généralement les femmes de débuter une grossesse ou de la mener à terme. Cependant, les progrès réalisés dans les techniques de procréation médicalement assistée Techniques de procréation médicalement assistée Les techniques de procréation médicalement assistée impliquent de manipuler du sperme et des ovules ou des embryons dans un laboratoire (in vitro), avec pour objectif de produire une grossesse... en apprendre davantage Techniques de procréation médicalement assistée pourraient permettre aux femmes d’avoir un enfant après ces procédures. S’il est important pour elles d’avoir un enfant, les femmes doivent en discuter avec leur médecin pour connaître les risques et les contraintes liés à ces procédures, ainsi que la possibilité de débuter une grossesse et d’avoir un enfant après celles-ci.

Si les femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus de stade précoce souhaitent que leur fertilité soit préservée, un autre traitement appelé trachélectomie radicale (traitement de préservation de la fertilité) peut être pratiqué. Le médecin retire le col de l’utérus, les tissus adjacents, la partie supérieure du vagin et les ganglions lymphatiques du pelvis. Afin de retirer ces tissus, les médecins peuvent :

  • Réaliser une chirurgie ouverte

  • Insérer un laparoscope par une petite incision juste au-dessous du nombril, puis passer des instruments chirurgicaux par le laparoscope, parfois avec une assistance robotique (chirurgie laparoscopique)

  • Retirer les tissus par le vagin (chirurgie vaginale)

L’utérus est ensuite relié à la partie inférieure du vagin. Ainsi, les femmes ont toujours la possibilité d’être enceintes. Toutefois, l’accouchement devra se faire par césarienne. Environ 50 à 70 % des femmes qui bénéficient de cette procédure parviennent à concevoir.

La trachélectomie semble aussi efficace que l’hystérectomie radicale pour de nombreuses femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus de stade précoce. Ce cancer récidive chez environ 5 à 10 % des femmes.

Complications liées à la radiothérapie

La radiothérapie Rayonnements et cancer Les lésions par irradiation sont des lésions des tissus provoquées par l’exposition aux rayonnements ionisants. De fortes doses de rayonnements ionisants peuvent causer une maladie aiguë en... en apprendre davantage peut irriter la vessie ou le rectum. Il peut en résulter ultérieurement une occlusion intestinale et une atteinte de la vessie et du rectum. De plus, toute activité fonctionnelle ovarienne cesse habituellement après une radiothérapie, et le vagin peut rétrécir.

Informations supplémentaires

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