Diverticulite

ParJoel A. Baum, MD, Icahn School of Medicine at Mount Sinai;
Rafael Antonio Ching Companioni, MD, HCA Florida Gulf Coast Hospital
Revue/Révision complète nov. 2022
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Les faits en bref

La diverticulite est une inflammation d’un ou plusieurs sacs (diverticules). Il n’y a pas toujours d’infection.

  • La diverticulite touche généralement le gros intestin (côlon).

  • Une douleur abdominale et une sensibilité dans le quadrant inférieur gauche ainsi qu’une fièvre sont les symptômes typiques.

  • Le diagnostic repose sur les résultats d’un examen en tomodensitométrie (TDM) et une coloscopie est effectuée lorsque l’épisode de diverticulite est terminé.

  • On préconise parfois aux personnes qui présentent des symptômes légers de diverticulite du repos, alors que les patients dont les symptômes sont sévères sont hospitalisés pour être traités par antibiotique intraveineux et parfois avec une intervention chirurgicale.

Les diverticules du gros intestin résultent du développement d’un défaut dans la couche médiane épaisse et musculaire de l’intestin. Les couches internes fines de l’intestin font saillie vers l’extérieur à travers le défaut et créent un petit sac. Les sacs portent le nom de diverticules.

(Voir aussi Définition de la maladie diverticulaire.)

La diverticulite est plus fréquente chez les personnes de plus de 40 ans. Elle peut être grave à tout âge, mais surtout chez les personnes âgées, en particulier si elles prennent des corticoïdes ou d’autres médicaments immunosuppresseurs et augmentent ainsi le risque infectieux, y compris l’infection du côlon. Les personnes infectées par le VIH et celles traitées par chimiothérapie présentent un risque accru de développer une diverticulite. Chez les personnes de plus de 50 ans, la diverticulite est plus fréquente chez les femmes. Chez les personnes de moins de 50 ans, la diverticulite est plus fréquente chez les hommes.

Causes de la diverticulite

Une diverticulite survient chez les personnes atteintes de diverticulose lorsqu’un petit trou (parfois microscopique) se forme sur un diverticule, laissant sortir les bactéries de l’intestin. Certains médecins pensent que l’inflammation d’un diverticule est possible même il ne s’est pas formé de trou. Elle touche le plus souvent le côlon sigmoïde, dernière partie du gros intestin avant le rectum.

Les médecins pensent qu’il pourrait y avoir un lien entre la diverticulite et la quantité de viande rouge consommée chaque semaine par une personne, si elles fument et si elles souffrent d’obésité. L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (dont l’aspirine), de paracétamol, de corticoïdes et d’opioïdes augmente également le risque de diverticulose et de diverticulite.

La diverticulite n’est pas causée par l’ingestion de noix, de graines, de maïs ou de pop-corn.

Symptômes de la diverticulite

Les symptômes de la diverticulite comprennent généralement des douleurs et/ou de la sensibilité (en général situées dans le quadrant inférieur gauche de l’abdomen), de la fièvre, et parfois des nausées et des vomissements. La diverticulite ne provoque généralement pas d’hémorragies gastro-intestinales.

Complications de la diverticulite

Les complications de la diverticulite comprennent

  • Fistules

  • Abcès

  • Péritonite

  • Rétrécissement (sténose)

Une fistule est une communication anormale entre un organe et un autre ou avec la peau. L’inflammation intestinale due à la diverticulite peut conduire au développement de fistules qui relient le gros intestin à d’autres organes.

Les fistules se forment en général lorsqu’un diverticule enflammé dans le gros intestin adhère à un autre organe, comme la vessie. L’inflammation qui s’ensuit, associée à la présence de bactéries du gros intestin, gagne lentement l’organe adjacent et produit une fistule.

La plupart des fistules se forment entre le côlon sigmoïde et la vessie. Si elles sont plus fréquentes chez l’homme que chez la femme, les femmes qui ont fait l’objet d’une hystérectomie (ablation de l’utérus) présentent un risque plus important de fistules que les autres, dans la mesure où le gros intestin et la vessie ne sont plus séparés par l’utérus. Lorsque des fistules se forment entre le gros intestin et la vessie, le contenu intestinal, y compris les bactéries normales, pénètrent dans la vessie et provoquent des infections des voies urinaires.

Plus rarement, une fistule peut se développer entre le gros intestin et l’intestin grêle, l’utérus, le vagin, la paroi abdominale, voire la cuisse.

Un abcès est une poche de pus. Un abcès abdominal peut se former autour d’un diverticule enflammé, provoquant une aggravation de la douleur et de la fièvre.

La est l’infection de la cavité abdominale qui peut survenir lorsque la paroi d’un diverticule se rompt.

Les autres complications possibles de la diverticulite comprennent l’inflammation des organes voisins (l’utérus, la vessie, ou les autres régions du tube digestif). Des épisodes répétés de diverticulite peuvent provoquer un rétrécissement (sténose) du côlon dans la mesure où la cicatrisation et l’épaississement de la couche musculaire qui en résultent peuvent diminuer le diamètre du gros intestin et empêcher l’évacuation des selles solides.

Complications de la diverticulite

Au cours de la diverticulose, un diverticule peut saigner dans l’intestin. Si un diverticule se rompt, le contenu de l’intestin, y compris du sang et des bactéries, passe dans la cavité abdominale, entraînant une infection. Une communication anormale (fistule) se forme parfois entre le gros intestin et un autre organe, généralement lorsqu’un diverticule qui touche un autre organe se rompt.

Diagnostic de la diverticulite

  • Tomodensitométrie (TDM) de l’abdomen ou du bassin

  • Coloscopie une fois l’épisode terminé

Lorsque le médecin est informé de la diverticulose du patient, la seule symptomatologie clinique permet presque toujours de poser le diagnostic de diverticulite. Toutefois, bien d’autres affections touchant le gros intestin et d’autres organes abdominaux et pelviens peuvent provoquer des symptômes similaires à la diverticulite, notamment l’appendicite, le cancer du côlon ou le cancer de l’ovaire, un abcès non lié à une diverticulite, ou des tumeurs non cancéreuses (bénignes) de la paroi utérine (fibromes utérins).

Une TDM de l’abdomen et du bassin peut être utile pour déterminer si le problème est une diverticulite, et non une appendicite ou un autre diagnostic. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est un examen alternatif pour les femmes enceintes ou les personnes plus jeunes.

Après le traitement de l’inflammation ou de l’infection, le médecin peut réaliser une coloscopie (examen du gros intestin au moyen d’une sonde d’observation souple) pour exclure un diagnostic de cancer du côlon. La coloscopie peut être réalisée si la personne présente des complications (telles qu’une perforation ou un abcès) ou si elle présente des facteurs de risque de cancer (tels qu’un rétrécissement des selles, des saignements, une anémie, une perte de poids ou des antécédents familiaux de cancer du côlon). La coloscopie est souvent réalisée 1 à 3 mois après le traitement afin d’éviter tout risque de lésion ou de perforation intestinale. Une chirurgie exploratrice est rarement nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Diverticulite
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Le côlon est examiné au moyen d’une sonde souple à fibres optiques (procédure appelée coloscopie). Cette photo montre l’ouverture d’un diverticule et l’inflammation tissulaire de son pourtour. Ces observations sont caractéristiques de la diverticulite.
Image fournie par le Dr David M. Martin.

Traitement de la diverticulite

  • En cas de diverticulite légère, repos

  • Pour une diverticulite sévère, aucun aliment et aucune boisson par voie orale et antibiotiques

  • Parfois, chirurgie

Une diverticulite légère peut être traitée à domicile avec du repos. En général, les symptômes de la diverticulite s’estompent rapidement. Il n’y a pas de restrictions alimentaires pour les personnes atteintes de diverticulite légère.

La diverticulite sévère nécessite un traitement différent. Les personnes qui présentent des symptômes graves, tels qu’une douleur abdominale, une température supérieure à 38,3 °C, et d’autres signes d’infection grave ou de complications, sont hospitalisées. À l’hôpital, elles reçoivent des solutés et des antibiotiques par voie intraveineuse, sont mises au repos et rien n’est administré par voie orale jusqu’à la rémission des symptômes. Les personnes restent à l’hôpital jusqu’à ce que les symptômes disparaissent. Elles peuvent alors consommer des aliments mous. Une fois l’épisode terminé, les personnes peuvent manger des aliments riches en fibres. Pour réduire le risque de récidive, les personnes doivent éviter de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Après 1 à 3 mois, une coloscopie est effectuée pour évaluer l’état du côlon de la personne.

Chez certaines personnes, y compris chez celles qui présentent de petits abcès, du repos et des antibiotiques suffisent parfois pour traiter la diverticulite sévère.

Drainage des abcès

Les abcès de taille importante, et les abcès qui ne disparaissent pas avec des antibiotiques seuls ou qui s’aggravent, sont drainés par l’insertion d’une aiguille dans la peau, guidée par TDM ou par une échographie endoscopique.

Si le drainage est bénéfique, les patients restent à l’hôpital jusqu’à la rémission des symptômes et la reprise d’un régime léger. Si le drainage est inefficace, une intervention chirurgicale est nécessaire.

Chirurgie pour la diverticulite

Une intervention chirurgicale en urgence est nécessaire chez les personnes dont l’intestin est perforé ou qui ont une péritonite. La chirurgie est également nécessaire chez les personnes qui souffrent de symptômes de diverticulite sévère et qui ne sont pas soulagées par les traitements non chirurgicaux (antibiotiques, par exemple) dans les 3 à 5 jours. Les patients dont la douleur ou la sensibilité est croissante et qui sont fiévreux doivent également effectuer une intervention chirurgicale.

Le chirurgien retire la section lésée de l’intestin. Les extrémités sont immédiatement remises en continuité chez les personnes en bonne santé qui ne présentent pas de perforation, d’abcès ni d’inflammation intestinale sévère. D’autres personnes nécessitent une colostomie temporaire.

La colostomie offre une ouverture entre le gros intestin et la paroi abdominale. Au bout de 10 à 12 semaines environ (parfois plus), après disparition de l’inflammation et amélioration de l’état du patient, les extrémités de l’intestin sont remises en continuité par une nouvelle intervention, et la colostomie est fermée.

Le traitement d’une fistule implique de sectionner la partie du gros intestin où elle débute, de réaliser une anastomose des extrémités sectionnées du gros intestin et de réparer l’autre zone atteinte (par exemple la vessie ou l’intestin grêle).

Parfois, après avoir parlé avec son médecin, la personne choisit d’effectuer une chirurgie élective (intervention qui n’est pas nécessaire immédiatement et peut être remise à plus tard pendant un certain temps) pour prendre en charge sa maladie diverticulaire. La chirurgie élective est généralement envisagée chez les personnes qui ont eu plusieurs crises de diverticulite ou chez celles qui ont une complication comme un rétrécissement du côlon dû à la formation de tissus cicatriciels.

Comprendre la colostomie

Dans le cadre d’une colostomie, le gros intestin (côlon) est sectionné. L’extrémité saine du gros intestin, qui se trouve avant l’obstruction, est amenée à la surface de la peau par une ouverture créée chirurgicalement dans la paroi abdominale. Elle est ensuite suturée sur la peau de l’ouverture. Les selles passent par cette ouverture et sont collectées par une poche jetable. La colostomie permet à la partie restante du gros intestin de se reposer pendant que la personne se rétablit. Une fois que la personne a récupéré de l’intervention chirurgicale et le côlon guéri, les deux extrémités peuvent être fixées à nouveau afin que les selles puissent passer normalement.

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