Le Manuel Merck

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Alopécie (chute de cheveux ou de poils)

(calvitie)

Par

Wendy S. Levinbook

, MD, Hartford Dermatology Associates

Dernière révision totale oct. 2019| Dernière modification du contenu oct. 2019
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Les faits en bref
REMARQUE : Il s’agit de la version grand public. MÉDECINS : Cliquez ici pour la version professionnelle
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La chute de cheveux ou de poils (alopécie) peut concerner n’importe quelle partie du corps. Lorsqu’elle se produit au niveau du cuir chevelu, elle est appelée « calvitie ». L’alopécie inquiète souvent les personnes, pour des raisons esthétiques, mais elle peut également être un signe de trouble systémique.

Les poils poussent par cycles (voir aussi Présentation de la pousse des poils). Chaque cycle se compose

  • d’une phase de croissance (phase anagène) de 2 à 6 ans

  • d’une très courte phase de transition (phase catagène) de 3 semaines

  • d’une courte phase de repos (télogène) de 2 à 3 mois

Au terme de la phase de repos, le poil tombe (phase exogène) et le cycle recommence, alors qu’un nouveau poil se met à pousser dans le follicule. Normalement, 50 à 100 cheveux environ atteignent la fin de la phase de repos et tombent chaque jour.

Les troubles de ce cycle de croissance pouvant entraîner une alopécie comprennent

  • Effluvium anagène : perturbation de la phase de croissance entraînant une chute des cheveux en phase anagène

  • Effluvium télogène : beaucoup plus de 100 cheveux/jour passent en phase de repos

Les médecins classifient parfois les alopécies dans les catégories focalisée (chute localisée) ou diffuse (chute étendue). L’alopécie peut également être classée selon la présence ou l’absence de cicatrices.

Causes

La cause la plus fréquente de l’alopécie est

Les autres étiologies fréquentes de l’alopécie sont

  • Certains troubles systémiques, comme les maladies qui provoquent une forte fièvre, le lupus érythémateux systémique (lupus), les troubles hormonaux et les carences nutritionnelles

  • Médicaments, en particulier la chimiothérapie

  • Infections mycosiques, comme la teigne du cuir chevelu (tinea capitis)

  • Stress physique, comme une forte fièvre, une chirurgie, une maladie grave, une perte de poids soudaine ou une grossesse (pouvant entraîner un effluvium télogène)

  • Stress psychologique

  • Lésion (traumatisme)

Les lésions des follicules pileux peuvent avoir de nombreuses causes, dont :

  • Trichotillomanie (manie de s’arracher les cheveux en cas de stress psychologique)

  • Alopécie de traction (chute de cheveux provoquée par une traction constante, par exemple, par le port de nattes, de bigoudis ou d’une queue de cheval)

  • Alopécie cicatricielle centrale centrifuge (chute de cheveux associée à l’apparition de cicatrices sur le cuir chevelu, qui peut être causée par l’utilisation d’un peigne chauffant, le recours au défrisage chimique et les tissages)

  • Brûlures et radiations

  • Alopécie de pression (par exemple, après une intervention au cours de laquelle une pression prolongée est appliquée sur le cuir chevelu et provoque des lésions au niveau des follicules pileux)

Les causes les moins fréquentes sont les anomalies primaires de la tige capillaire (l’anomalie provient de la tige capillaire), la sarcoïdose, l’intoxication aux métaux lourds, la radiothérapie et des pathologies cutanées rares.

Le saviez-vous ?

  • Environ 50 à 100 cheveux tombent normalement chaque jour.

Alopécie androgénétique

Cette forme d’alopécie peut toucher jusqu’à 80 % des hommes d’origine ethnique blanche vers l’âge de 70 ans (alopécie androgénétique masculine) et environ la moitié des femmes (alopécie androgénétique féminine). L’hormone appelée « dihydrotestostérone » joue un rôle essentiel, tout comme l’hérédité. L’alopécie peut commencer à n’importe quel âge, pendant ou après la puberté, y compris à l’adolescence ( Chute de cheveux).

Chez les hommes, l’alopécie s’installe généralement au niveau des tempes ou au sommet de la tête, vers la face postérieure. Certains perdent peu de cheveux et ont simplement un éclaircissement des tempes ou une tonsure à la partie postérieure du crâne. D’autres hommes, en particulier ceux dont l’alopécie débute précocement, deviennent totalement chauves au sommet de la tête, mais conservent leur chevelure sur les côtés et l’arrière de la tête. Ce schéma est appelé « alopécie androgénétique masculine ».

Chez les femmes, l’alopécie concerne le sommet du crâne et se manifeste habituellement par une raréfaction plutôt que par une disparition complète des cheveux. Par ailleurs, la lisière des cheveux reste habituellement intacte. Ce schéma est appelé « alopécie androgénétique féminine ».

Chute de cheveux

Chez les hommes, la chute des cheveux s’installe généralement au niveau des tempes ou au sommet de la tête, vers la face postérieure. Ce schéma est appelé « alopécie androgénétique masculine ».

Chez les femmes, la chute des cheveux commence généralement au sommet de la tête. Généralement, les cheveux se raréfient sans disparaître complètement, et la lisière des cheveux reste intacte. Ce schéma est appelé « alopécie androgénétique féminine ».

Chute de cheveux

Pelade

Dans la pelade, des plaques généralement rondes et irrégulières de cheveux tombent de manière soudaine. Une perte plus importante de cheveux et de poils peut également survenir. Ce trouble serait causé par un dysfonctionnement du système immunitaire de l’organisme, entraînant l’attaque par l’organisme de ses propres tissus (appelée réaction auto-immune).

Alopécie cicatricielle centrale centrifuge

L’alopécie cicatricielle centrale centrifuge est la principale cause d’alopécie cicatricielle chez les femmes d’origine ethnique noire. Des lésions du cuir chevelu, potentiellement causées par un peigne chauffant, un défrisage chimique ou des tissages, lorsqu’elles sont associées à une prédisposition génétique aux lésions folliculaires en raison d’une anomalie des follicules pileux, peuvent entraîner une chute de cheveux progressive et l’apparition de cicatrices sur le haut et l’arrière du cuir chevelu.

Lupus érythémateux cutané

Dans le lupus érythémateux cutané, des plaques de cheveux peuvent tomber. L’alopécie peut être permanente si le follicule pileux est complètement détruit. Le lupus érythémateux cutané peut affecter des personnes souffrant ou non de lupus érythémateux systémique (LES ou simplement lupus). Dans ce trouble, l’organisme produit des anticorps ou des cellules qui attaquent ses propres tissus (ce que l’on appelle maladie auto-immune). Le lupus érythémateux systémique touche différents organes dans tout l’organisme. Dans le lupus érythémateux cutané, les cheveux ont tendance à tomber par plaques.

Déséquilibre hormonal

Si des femmes présentent des taux excessifs d’androgènes, elles peuvent développer une alopécie au niveau du crâne, de l’acné et une pousse de poils localisée selon un schéma typiquement masculin, sur le visage ou le torse, par exemple (hirsutisme). La cause la plus fréquente d’un excès d’androgènes chez la femme est le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). La virilisation survient lorsque les taux d’androgènes sont suffisamment élevés pour entraîner d’autres signes et symptômes, tels qu’une voix plus grave, une atrophie mammaire, une augmentation de la masse musculaire, une hypertrophie du clitoris et une augmentation de la libido. Dans de cas rares, une tumeur peut sécréter des androgènes et provoquer une virilisation, ou une virilisation peut apparaître chez des femmes prenant des stéroïdes anabolisants pour améliorer leurs performances athlétiques.

Médicaments : Les calvities masculines ou féminines communes peuvent survenir suite à la prise de stéroïdes anabolisants. Les médicaments de chimiothérapie provoquent généralement un effluvium anagène. D’autres médicaments sur ordonnance (par exemple, médicaments utilisés pour traiter l’hypertension artérielle, l’acné, les troubles de la thyroïde, les crises convulsives ou les anticoagulants) causent généralement une alopécie via un effluvium télogène.

Troubles alimentaires

Les troubles alimentaires sont une cause moins fréquente d’alopécie. Les symptômes varient selon le trouble alimentaire :

  • Excès de vitamine A : éruption cutanée, lèvres gercées, œdème douloureux des membres, apathie, perte d’appétit et perte de poids

  • Carence en fer : anémie, avec épuisement accru et diminution de la capacité à faire des efforts physiques

  • Carence en zinc : éruption cutanée, diarrhée, infections fréquentes, perte d’appétit ou difficultés de cicatrisation

Stress physique

Le stress induit par une forte fièvre, une chirurgie, une maladie grave, une perte de poids ou une grossesse peut augmenter la chute des cheveux en phase de repos (provoquant un effluvium télogène). Les cheveux chutent généralement quelques mois après l’épisode de stress. Ce type d’alopécie n’est généralement pas permanent.

Stress psychologique

Ce type de stress peut conduire à la manie consistant à se tortiller les cheveux normaux, se les toucher et se les arracher (trichotillomanie). Elle touche plus fréquemment les enfants, mais peut également être observée chez les adultes. Cette manie peut ne pas être détectée tout de suite. Les médecins et les parents pensent alors, à tort, qu’un trouble, comme la pelade ou une infection mycosique, est responsable de la chute de cheveux. Un stress psychologique sévère et prolongé peut également entraîner une chute spontanée des cheveux (effluvium télogène). Cependant, cette perte de cheveux implique un stress majeur et chronique, et non pas le stress habituel de la vie quotidienne.

Teigne du cuir chevelu (tinea capitis)

La teigne du cuir chevelu est une infection mycosique qui cause fréquemment une alopécie en plaques chez les enfants. L’infection commence sous la forme d’une plaque sèche avec desquamation, qui s’étend progressivement. Les cheveux peuvent ensuite se casser à la racine, laissant des cheveux très courts à la surface du cuir chevelu, comme de petits points noirs. Parfois les cheveux se cassent au-dessus de la surface du cuir chevelu, laissant des cheveux courts. L’alopécie peut être permanente, surtout si l’infection n’est pas traitée.

Alopécie de traction

Ce trouble se caractérise par une alopécie due à des nattes, des bigoudis ou une queue de cheval trop serrés, qui tirent constamment sur les cheveux. La chute de cheveux se produit souvent au niveau de la naissance des cheveux (front et tempes).

Évaluation

Les informations suivantes peuvent aider les personnes à décider si une évaluation du médecin est nécessaire et à savoir comment se déroule un tel examen.

Signes avant-coureurs

Voici les signes particulièrement inquiétants :

  • Signes de trouble systémique, dont intoxication

  • Chez les femmes, développement de caractéristiques masculines (virilisation), comme une voix plus grave, des poils localisés dans des zones typiques de la pilosité masculine (hirsutisme), des règles irrégulières, de l’acné, une atrophie mammaire, une augmentation de la masse musculaire, une hypertrophie du clitoris et une augmentation de la libido

Quand consulter un médecin

Les personnes qui présentent une alopécie et des signes de trouble systémique doivent consulter rapidement un médecin. Les femmes qui ont développé des caractéristiques masculines doivent consulter un médecin dès l’apparition des signes. Les autres personnes doivent consulter dès que possible, mais sans urgence, sauf si les symptômes évoluent.

Que fait le médecin

Les médecins posent d’abord des questions sur les symptômes et les antécédents médicaux de la personne puis procèdent à un examen clinique. Les informations issues des antécédents médicaux et de l’examen clinique suggèrent souvent une cause de la chute de l’alopécie et les tests qu’il peut être nécessaire d’effectuer.

Les médecins posent des questions sur l’alopécie :

  • A-t-elle commencé progressivement ou brusquement ?

  • Depuis combien de temps ?

  • Augmente-t-elle ?

  • Les cheveux tombent-ils sur toute la tête ou dans une zone spécifique ?

Ils notent les autres symptômes, comme des démangeaisons et une desquamation. Ils posent des questions sur les soins capillaires, y compris le port de nattes, de bigoudis et l’utilisation d’un sèche-cheveux, et demandent si les personnes se tirent les cheveux ou les entortillent souvent.

Les médecins demandent si les personnes ont été récemment exposées à des médicaments, des toxines ou des radiations, ou si elles ont subi un stress important (comme celui provenant d’une chirurgie, d’une maladie chronique, d’une fièvre ou d’un choc psychologique). Les personnes doivent indiquer les autres caractéristiques pouvant suggérer une cause, y compris une perte de poids importante, les habitudes alimentaires (y compris les divers régimes restrictifs) et les troubles obsessionnels compulsifs. Les traitements actuels et récents sont passés en revue. Les personnes indiquent si des membres de leur famille présentent une alopécie.

Pendant l’examen clinique, les médecins examinent le cuir chevelu, déterminent le schéma de la chute de cheveux, la présence et les caractéristiques de toute anomalie cutanée, et la présence de cicatrices. Ils mesurent la largeur de la zone centrale du cuir chevelu à plusieurs endroits ( Chute de cheveux) et vérifient les anomalies des tiges pilaires.

Les médecins évaluent l’alopécie sur l’ensemble du corps (sourcils, cils, bras et jambes). Ils recherchent d’éventuelles éruptions cutanées pouvant être associées à certains types d’alopécie et des signes de virilisation chez les femmes, comme une voix grave, un hirsutisme, un clitoris (le petit organe génital féminin correspondant au pénis) hypertrophié et de l’acné. Ils examinent également la thyroïde.

Tableau
icon

Quelques causes et caractéristiques de l’alopécie

Cause

Caractéristiques fréquentes*

Examens

Alopécie sur tout le cuir chevelu

Alopécie androgénétique masculine

Souvent héréditaire

Parfois liée à l’utilisation de stéroïdes anabolisants

Examen clinique

Alopécie androgénétique féminine

Souvent héréditaire

Survient parfois à la ménopause

Parfois, chez les femmes présentant des caractéristiques masculines (virilisation), des antécédents d’utilisation de stéroïdes anabolisants, comme la dihydrotestostérone, ou une tumeur produisant des androgènes

Examen clinique

Parfois, une mesure des taux d’hormones : testostérone, SDHEA, FSH et LH

Médicaments et toxines

Des antécédents d’utilisation d’un médicament spécifique, comme certains médicaments de chimiothérapie, anticoagulants, rétinoïdes, contraceptifs oraux, inhibiteurs de l’ECA, bêtabloquants, lithium, médicaments antithyroïdiens, anticonvulsivants ou doses élevées de vitamine A ou des antécédents d’exposition à des métaux comme le thallium ou l’arsenic

Examen clinique

Parfois, tests sanguins afin de vérifier l’exposition à des toxines ou des métaux lourds

Stress (psychologique ou physique) à l’origine d’un effluvium télogène

Stress psychologique sévère

Perte de poids récente, chirurgie, maladie grave avec fièvre ou accouchement

Examen clinique

Parfois, analyses de sang pour détecter une anémie et une carence en fer et évaluer la fonction thyroïdienne

Troubles de la glande thyroïde

Avec hyperthyroïdie (thyroïde hyperactive), difficultés à supporter la chaleur, transpiration, perte de poids, yeux protubérants, tremblements, agitation et hypertrophie de la thyroïde (goitre)

Avec hypothyroïdie (thyroïde hypoactive), difficulté à supporter le froid, prise de poids, peau rugueuse et épaisse et indolence

Examen clinique

Analyses de sang qui évaluent la fonction thyroïdienne

Troubles alimentaires, comme un excès de vitamine A ou une carence en fer ou en zinc

Symptômes du trouble alimentaire spécifique

Examen clinique

Parfois analyses de sang pour détecter des troubles alimentaires

Généralement une alopécie en plaques, mais parfois la chute de tous les cheveux (alopécie décalvante) ou de tous les cheveux et tous les poils (alopécie universelle)

Examen médical du médecin†

Alopécie sur une zone spécifique du cuir chevelu

Pelade

Alopécie en plaques rondes avec cheveux cassés au ras du crâne (comme des points d’exclamation) en périphérie des plaques

Parfois, sensation de brûlure ou démangeaisons

Parfois, alopécie sur les côtés et à l’arrière du cuir chevelu (ophiase) ou alopécie centrale avec conservation des cheveux en périphérie du cuir chevelu (sisaïpho)

Examen médical du médecin†

Lupus érythémateux cutané

Alopécie en plaques éparses

Parfois, éruption cutanée au niveau du cuir chevelu généralement rouge, surélevé et squameux

Parfois, zones cicatricielles

Parfois, démangeaisons

Examen clinique

Analyses de sang pour détecter un lupus

Biopsie du cuir chevelu

Alopécie cicatricielle centrale centrifuge

Alopécie lente et progressive, et apparition de tissu cicatriciel sur la partie supérieure et la partie postérieure du cuir chevelu

Potentiellement causée par l’utilisation de peignes chauds, de défrisages chimiques ou de tissages chez des personnes ayant une prédisposition génétique à ce trouble

Examen clinique

Biopsie du cuir chevelu

Lichen plan pilaire (lichen plan du cuir chevelu) et alopécie frontale fibrosante

Troubles associés qui provoquent une alopécie en plaques et des cicatrices diffuses

On parle d’alopécie frontale fibrosante lorsqu’une chute de cheveux cicatricielle survient principalement le long de la lisière des cheveux et au niveau des sourcils

Examen clinique

Biopsie du cuir chevelu

Brûlures, lésions ou radiations (par exemple, radiothérapie)

Antécédents de brûlures, de radiothérapie ou de lésion

Souvent, zone cicatricielle

Examen clinique

Parfois, autres analyses pour confirmer la cause

Tinea capitis (teigne du cuir chevelu)

Zones alopéciques avec parfois de petits points noirs (les cheveux se sont cassés au ras du crâne) ou cheveux cassés juste au-dessus de la surface du cuir chevelu

Zones cutanées rondes squameuses, pouvant être rouges ou inflammatoires

Examen clinique†

Examen au microscope et/ou culture de cheveux prélevés à la pince à épiler

Alopécie de traction

Nattes, bigoudis ou queues de cheval conservées trop longtemps ou tirant trop sur les cheveux

Examen clinique†

Trichotillomanie (arrachage compulsif des cheveux)

En général, schéma de chute de cheveux asymétrique, bizarre, irrégulier

Parfois, comportement obsessionnel compulsif

Elle touche 4 fois plus les femmes que les hommes

Examen clinique†

* Les caractéristiques comprennent les symptômes et les résultats de l’examen clinique. Les caractéristiques mentionnées sont typiques, mais ne sont pas toujours présentes.

† Dans de rares cas, une biopsie du cuir chevelu est effectuée.

ECA : enzyme de conversion de l’angiotensine ; SDHEA : sulfate de déhydroépiandrostérone ; FSH : hormone folliculo-stimulante ; LH : hormone lutéinisante ; SOPK : syndrome des ovaires polykystiques.

Examens

L’analyse est généralement inutile si une cause est identifiée au cours de l’examen médical. Par exemple, une chute de cheveux de type alopécie androgénétique masculine ou féminine ne nécessite pas d’analyse. Cependant, une chute de cheveux chez les hommes jeunes sans antécédents familiaux d’alopécie peut inciter les médecins à les interroger sur la prise de stéroïdes anabolisants et d’autres médicaments. Si des femmes présentent une chute de cheveux importante et ont développé des caractéristiques masculines, on leur demande si elles prennent des médicaments sur ordonnance ou des drogues illicites et des analyses de sang sont effectuées pour mesurer les taux d’hormones : testostérone et sulfate de déhydroépiandrostérone (SDHEA). Si le médecin détecte des signes d’autres anomalies hormonales ou d’une maladie grave lors de l’examen, des analyses de sang peuvent être nécessaires pour identifier ces troubles (par exemple, des tests visant à mesurer les taux d’hormone lutéinisante [LH] et d’hormone folliculo-stimulante [FSH] peuvent être réalisés pour diagnostiquer un syndrome des ovaires polykystiques [SOPK]).

Le test de traction permet aux médecins d’évaluer l’alopécie. Les médecins tirent doucement sur une poignée de cheveux (environ 40) dans au moins 3 zones différentes du cuir chevelu. Les médecins comptent ensuite le nombre de cheveux arrachés à chaque traction, puis les examinent au microscope pour déterminer leur phase de croissance. Si plus de 4 à 6 cheveux en phase télogène sont arrachés à chaque traction, le test d’élasticité est positif et les personnes ont probablement un effluvium télogène.

Pendant le trichogramme, les médecins tirent environ 50 cheveux (« par les racines »). Les médecins examinent au microscope les racines et les axes des cheveux prélevés pour évaluer la tige des cheveux et déterminer la phase de croissance. Ces résultats permettent aux médecins de savoir si les personnes sont atteintes d’un effluvium télogène, d’une anomalie primaire de la tige du cheveu ou d’un autre problème.

Une numération capillaire quotidienne peut être réalisée pour quantifier l’alopécie lorsque le test de traction est négatif et lorsque son caractère excessif n’est pas parfaitement net. Chaque jour, pendant 14 jours, les cheveux perdus lors du premier brossage ou pendant un shampooing sont recueillis dans des sachets en plastique transparents. Le nombre de cheveux dans chaque sachet est enregistré. La perte de plus de 100 cheveux par jour est anormale, sauf après un shampooing (jusqu’à 250 cheveux peuvent tomber après un shampooing). Les personnes peuvent apporter leurs cheveux pour un examen au microscope.

Une biopsie du cuir chevelu est effectuée si le diagnostic n’est pas clair après l’examen clinique et les autres tests. Une biopsie permet de déterminer si les follicules capillaires sont normaux et de différencier une alopécie à l’origine de cicatrices (par destruction du follicule pileux) d’une alopécie sans cicatrices. Si les follicules capillaires sont anormaux, la biopsie peut indiquer de possibles étiologies.

Traitement

  • Traitement des causes spécifiques

  • Parfois, méthodes de remplacements

Les étiologies spécifiques de l’alopécie sont traitées dans la mesure du possible :

  • Les traitements à l’origine d’une alopécie sont modifiés ou interrompus.

  • Les troubles hormonaux peuvent être traités avec des médicaments ou une chirurgie, selon la cause.

  • Des suppléments en fer ou en zinc peuvent être prescrits si les personnes présentent une carence de ces minéraux ( Carence en fer et Carence en zinc).

  • La consommation de vitamine A peut être réduite chez les personnes présentant une alopécie causée par un excès de vitamine A.

  • La pelade, le lupus cutané et le lichen plan pilaire peuvent généralement être traités par corticoïdes ou par d’autres médicaments appliqués sur le cuir chevelu ou administrés par voie orale.

L’alopécie de traction est traitée en éliminant la traction physique ou le stress subi par le cuir chevelu.

La teigne du cuir chevelu est traitée avec des médicaments antimycosiques administrés par voie orale.

La trichotillomanie est difficile à traiter, mais une modification du comportement, de la clomipramine ou un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (comme la fluoxétine, la fluvoxamine, la paroxétine, la sertraline, l’escitalopram ou le citalopram) peuvent être utiles.

L’alopécie due à un stress physique, comme une perte de poids récente, une chirurgie, une maladie grave avec forte fièvre ou un accouchement (effluvium télogène) n’est généralement pas traitée et tend à se résoudre d’elle-même. L’application de minoxidil sur le cuir chevelu peut être utile pour certaines personnes.

Si les cheveux ne repoussent pas d’eux-mêmes, des méthodes de remplacement peuvent être envisagées, notamment

  • Médicaments visant à prévenir une chute de cheveux supplémentaire ou à favoriser la pousse

  • Greffe capillaire

  • Perruques

Médicaments

Les alopécies androgénétiques masculine et féminine peuvent être efficacement traitées par les médicaments.

Le minoxidil peut prévenir d’autres chutes de cheveux et augmenter la croissance capillaire lorsqu’il est appliqué directement sur le cuir chevelu deux fois par jour. La repousse des cheveux peut prendre 8 à 12 mois et est visible chez environ 30 à 40 % des personnes seulement. Les effets secondaires les plus fréquents sont les irritations cutanées, comme les démangeaisons et les éruptions cutanées. Un développement des poils sur le visage peut également survenir.

Le finastéride bloque l’action des hormones masculines sur les follicules pileux et doit être pris tous les jours par voie orale. Le finastéride n’est pas utilisé chez les femmes. Chez l’homme, son efficacité pour freiner la chute des cheveux et stimuler leur croissance apparaît généralement 6 à 8 mois après le traitement, et augmente avec le temps, mais peut varier d’une personne à l’autre. Le finastéride peut diminuer la libido, augmenter la taille de la poitrine et contribuer aux troubles de l’érection. Le finastéride peut également diminuer les taux d’antigène prostatique spécifique (PSA). Les hommes doivent discuter de l’impact du finastéride sur le dépistage du cancer de la prostate avec leur médecin avant de commencer le traitement.

L’effet le plus important du minoxidil ou du finastéride peut être d’empêcher la chute de cheveux de s’aggraver. L’efficacité de ces traitements est suspendue à leur arrêt.

Les modulateurs hormonaux, comme les pilules contraceptives (contraceptifs oraux) ou la spironolactone, peuvent être utilisés chez certaines femmes, principalement celles qui ont développé des caractéristiques masculines.

Greffe capillaire

La greffe est une solution plus permanente. Dans cette intervention, des follicules pileux sont prélevés sur une zone du cuir chevelu et greffés dans la zone alopécique. Cette technique prévoit la greffe de seulement un à deux cheveux par séance. Cette technique requiert plus de temps mais elle ne nécessite pas l’ablation de larges zones de peau et permet d’orienter les cheveux transplantés dans le même sens que les cheveux naturels environnants.

Une autre option chirurgicale implique de prélever des zones alopéciques de la peau du cuir chevelu et d’étirer les zones dotées de cheveux sur une zone plus élargie.

Perruques

Les perruques sont le meilleur traitement pour une chute de cheveux temporaire (par exemple, due à la chimiothérapie). Les personnes sous chimiothérapie doivent consulter un perruquier avant le début du traitement, afin que la perruque soit prête lorsqu’ils en auront besoin. Lorsque les cheveux repoussent, ils peuvent avoir une couleur et une texture différentes par rapport aux cheveux d’origine.

Autres options

La photothérapie laser est un traitement alternatif ou complémentaire de l’alopécie masculine et féminine (alopécie androgénétique), dont l’efficacité dans le cadre de la pousse des cheveux a été démontrée. Des dispositifs sont en vente libre dans le commerce.

Un nouveau traitement susceptible de favoriser la croissance des follicules pileux implique l’utilisation du plasma (partie liquide du sang) et des plaquettes (petites cellules sanguines qui participent à la coagulation du sang) de la personne. On suppose que les plaquettes contiennent des substances qui déclenchent la croissance pileuse. Ce traitement, appelé plasma riche en plaquettes ou PRP, consiste à prélever du sang chez une personne et à le traiter pour en retirer le plasma riche en plaquettes. Le plasma riche en plaquettes est ensuite injecté dans des plaques alopéciques et pourrait stimuler la croissance de nouveaux cheveux.

Certaines personnes dissimulent les cheveux clairsemés en utilisant des poudres de camouflage, des produits masquant la perte de cheveux (produits contenant des fibres qui se lient aux cheveux existants) et une forme de tatouage appelée micropigmentation du cuir chevelu.

Points clés

  • L’alopécie androgénétique masculine/féminine est le type de chute de cheveux le plus fréquent.

  • Les médecins recherchent un trouble sous-jacent chez les femmes présentant des signes de virilisation.

  • Un examen des cheveux au microscope ou une biopsie du cuir chevelu peuvent être nécessaires pour déterminer la raison de l’alopécie.

  • Les médecins traitent la cause spécifique de l’alopécie lorsque cela est possible ; sinon, les traitements de l’alopécie masculine et féminine comprennent des médicaments, des implants de cheveux, la photothérapie laser et des injections de plasma riche en plaquettes.

Informations supplémentaires

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