La transplantation hépatique est le transfert chirurgical d’un foie sain ou d’une partie d’un foie sain à une personne dont le foie ne fonctionne plus.
(Voir également Présentation de la transplantation.)
La transplantation hépatique est le second type le plus fréquent de transplantation d’organe (la transplantation rénale est la plus fréquente). Elle constitue la seule solution pour les personnes dont le foie ne fonctionne plus.
La plupart des receveurs sont des personnes dont le foie a été détruit par une cirrhose (remplacement du tissu hépatique par du tissu cicatriciel), souvent due à une infection par le virus de l’hépatite C ou de l’hépatite B. Les autres raisons de la transplantation hépatique comprennent la cholangite sclérosante primitive (tissu cicatriciel dans les canaux biliaires, causant une cirrhose), les maladies hépatiques auto-immunes et, chez les enfants, la destruction partielle ou complète des canaux biliaires (atrésie biliaire) et les troubles métaboliques.
Les personnes dont le foie a été détruit par un trouble lié à la consommation d’alcool peuvent faire l’objet d’une greffe si elles cessent de boire. On procède également à une transplantation hépatique chez certaines personnes atteintes d’un cancer du foie n’étant pas trop avancé.
Les maladies auto-immunes ont tendance à réapparaître dans le foie transplanté, mais le taux de survie reste bon. Les personnes atteintes d’hépatite C au moment de la transplantation ou celles qui reçoivent un foie d’une personne infectée par l’hépatite C peuvent être traitées avec succès avec un traitement antiviral dans la quasi-totalité des cas.
Les donneurs et les receveurs font l’objet d’un dépistage préalable à la transplantation. Ce dépistage est réalisé pour s’assurer que l’organe est suffisamment sain pour la greffe et que le receveur ne présente pas d’affections médicales qui interdisent la greffe.
De nombreuses personnes meurent en attendant un foie compatible, mais après une transplantation, le pourcentage de receveurs de greffe de foie qui survivent est relativement élevé (plus de 90 % un an après la transplantation et plus de 60 % environ 10 ans après).
Donneurs
Pratiquement tous les foies donnés proviennent de personnes qui sont en état de mort cérébrale et dont le cœur bat encore. Le groupe sanguin et la taille du cœur du donneur et du receveur doivent correspondre. Il n’est pas toujours nécessaire que le type tissulaire corresponde exactement.
Certaines greffes proviennent de donneurs vivants, qui fournissent une partie de leur foie, ce qui est possible car même une partie d’un foie sain est suffisante. Quelques transplantations proviennent de personnes qui sont en état de mort cérébrale et dont le cœur a arrêté de battre. Néanmoins, le foie de ces donneurs est souvent endommagé car il a cessé d’être irrigué.
Procédure de transplantation hépatique
Un foie entier ne peut être obtenu que sur une personne décédée, mais un donneur vivant peut donner une partie de son foie. Le foie donné peut être conservé pendant 18 heures maximum.
Le foie lésé est retiré à travers une incision pratiquée dans l’abdomen et le nouveau foie est relié aux vaisseaux sanguins ainsi qu’aux canaux biliaires du receveur. Des transfusions sanguines sont généralement nécessaires.
En général, l’intervention dure 4 heures et demie ou plus et la période d’hospitalisation est de 7 à 12 jours.
Le receveur commence à prendre des médicaments pour inhiber le système immunitaire (immunosuppresseurs), notamment des stéroïdes (parfois également appelés glucocorticoïdes ou corticoïdes), le jour de la transplantation. Ces médicaments peuvent aider à réduire le risque de rejet du foie transplanté. Par rapport à la transplantation d’autres organes, la transplantation hépatique requiert les doses d’immunosuppresseurs les plus faibles.
Complications de la transplantation hépatique
La transplantation peut causer diverses complications.
Rejet
Même si les types de tissus sont hautement compatibles, les organes transplantés, contrairement au sang transfusé, sont en général rejetés à moins que des mesures de prévention du rejet ne soient prises. Le rejet résulte de l’attaque de l’organe transplanté par le système immunitaire du receveur qui le reconnaît comme corps étranger. Il peut être léger et facilement contrôlé ou sévère, entraînant la destruction du greffon.
Un foie greffé est rejeté un peu moins souvent que d’autres greffons tels qu’un rein ou un cœur. Toutefois, la personne doit quand même prendre des immunosuppresseurs après la transplantation hépatique.
Si le receveur présente une augmentation de volume du foie, des nausées, des douleurs, une fièvre, une jaunisse ou un fonctionnement hépatique anormal (détecté grâce à des analyses de sang), le médecin peut effectuer une biopsie à l’aide d’une aiguille. Les résultats de la biopsie l’aident à déterminer si le foie est rejeté et s’il faut adapter le traitement immunosuppresseur.
Un rejet peut être traité par stéroïdes (parfois également appelés glucocorticoïdes ou corticoïdes) ou, s’ils sont inefficaces, par d’autres immunosuppresseurs (tels que la globuline antithymocyte). Un autre foie, s’il est disponible, peut être transplanté en cas d’inefficacité des médicaments.
Hépatite
La plupart des personnes reçoivent une transplantation hépatique car elles ont présenté une cirrhose due à une hépatite virale. Les immunosuppresseurs, qui sont nécessaires pour aider à éviter le rejet du foie greffé, diminuent également les capacités de l’organisme à se défendre contre les infections. Par conséquent, l’hépatite B ou C récidive chez pratiquement tous les receveurs d’une greffe de foie. Cependant, des médicaments antiviraux sont efficaces pour traiter l’hépatite qui survient chez les receveurs de greffe de foie.
Autres complications
Certaines complications de la transplantation hépatique peuvent survenir dans les 2 mois suivant l’intervention chirurgicale. Par exemple, le foie peut ne pas fonctionner correctement, des caillots sanguins peuvent obstruer des vaisseaux sanguins allant au foie ou provenant du foie, ou de la bile peut fuir des canaux cholédoques. Les complications qui surviennent peu après la transplantation causent généralement fièvre, hypotension artérielle et résultats anormaux aux tests réalisés pour évaluer le foie.
Plus tard, la complication la plus fréquente est le tissu cicatriciel et le rétrécissement des canaux cholédoques. Cette complication peut causer une jaunisse, des urines sombres, des selles de couleur claire et des démangeaisons sur tout le corps. Parfois, les canaux rétrécis peuvent être rouverts au moyen d’une intervention spéciale, mais souvent, une autre transplantation est requise.



