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Coqueluche

(Coqueluche ["chant du coq"])

Par

Larry M. Bush

, MD, FACP, Charles E. Schmidt College of Medicine, Florida Atlantic University;


Maria T. Vazquez-Pertejo

, MD, FACP, Wellington Regional Medical Center

Dernière révision totale févr. 2020| Dernière modification du contenu févr. 2020
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La coqueluche est une maladie très contagieuse, surtout chez l'enfant et l'adolescent, due aux bactéries Gram négatives Bordetella pertussis. Les symptômes sont initialement ceux d'une infection non spécifique des voies respiratoires supérieures, suivis d'une toux paroxystique ou spasmodique qui se termine habituellement par une inspiration prolongée chantante, de sonorité aiguë (chant du coq). Le diagnostic repose sur la culture d'un prélèvement du nasopharynx, la PCR et les dosages sérologiques. Le traitement repose sur les macrolides.

La coqueluche est endémique dans le monde entier. Son incidence aux États-Unis varie toutes les 3 à 5 ans. La coqueluche n'existe que chez l'homme; il n'y a pas de réservoir animal.

La transmission s'effectue principalement par des gouttelettes de sécrétions respiratoires contenant B. pertussis (un petit coccobacille immobile, Gram négatif) de patients infectés, en particulier aux stades catarrhaux et paroxystiques précoces. L'infection est très contagieuse et provoque la maladie chez ≥ 80% des contacts proches. La transmission par contact avec des objets contaminés est rare. Les patients ne sont habituellement pas contagieux à 3 semaines de la phase paroxystique.

La coqueluche est une maladie évitable par la vaccination infantile dont l'incidence augmente. Aux États-Unis, le taux dans les années 1980 était à un plus bas niveau d'environ 1/100 000 habitants, qui, en 2014, a augmenté à environ 10/100 000. Le rapport de surveillance provisoire de 2018 du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a rapporté une incidence de 4,13/100 000 (1). L'augmentation depuis les années 1980 est due aux

  • L'immunité décroît chez les adolescents et les adultes déjà vaccinés

  • Les parents qui refusent de vacciner leurs enfants ({blank} Mouvement anti-vaccination)

Ces patients non protégés peuvent tomber malades; en outre, les adolescents et les adultes non protégés sont un important réservoir de B. pertussis et sont donc souvent la source d'infection des nourrissons non protégés de < 1 an (qui ont la plus forte augmentation d'incidence annuelle et la mortalité la plus élevée [2]). De plus, la virulence des souches épidémiques peut augmenter.

Aux États-Unis en 2018, il y avait 15 609 cas de coqueluche et 5 décès (voir tableau Incidence de la coqueluche selon l'âge, 2018). L'incidence par 100 000 était la plus élevée chez les nourrissons de < 6 mois (72,8) et 3 des 5 décès sont survenus chez les nourrissons de < 1 an (1). La coqueluche est également grave chez les personnes âgées.

Tableau
icon

Incidence de la coqueluche selon l'âge, 2018

Âge

Nombre de cas (%)

Incidence pour 100 000

< 6 mois

1401 (9,0)

72,8

6–11 mois

630 (4,0)

32,7

1–6 ans

3232 (20,7)

13,5

7–10 ans

1897 (12,2)

11,6

11–19 ans

4922 (31,5)

13,0

≥ 20 ans

3520 (22,6)

1,4

Inconnue

7 (0,0)

N/A

Basé sur le National Center for Immunization and Respiratory Diseases Division of Bacterial Diseases: 2018 Final Pertussis Surveillance Report. Centers for Disease Control and Prevention, 2019.

N/A = non applicable.

Une crise ne confère pas une immunité naturelle définitive, mais les récidives de crises et d'infections chez un adolescent et un adulte vaccinés dont l'immunité a disparu sont habituellement discrètes et souvent inaperçues.

Maladies causées par la coqueluche

Les complications les plus fréquentes sont respiratoires, dont l'asphyxie chez les nourrissons. Une otite moyenne est fréquente. La bronchopneumonie (fréquente chez les personnes âgées) peut être mortelle à tout âge.

Des convulsions sont fréquentes chez les nourrissons mais sont rares chez l'enfant plus âgé.

Des hémorragies cérébrales, oculaires, cutanées et dans les muqueuses peuvent se produire à la suite de quintes sévères et de l'anoxie qui en résulte. L'hémorragie cérébrale, l'œdème cérébral et l'encéphalite toxique peuvent être responsables de paralysie spastique, de handicap intellectuel ou d'autres troubles neurologiques.

Une hernie ombilicale et un prolapsus rectal se produisent parfois.

Paracoqueluche

La paracoqueluche, due à B. parapertussis, peut être impossible à différencier cliniquement de la coqueluche, mais est habituellement moins grave et moins souvent fatale.

Références générales

Symptomatologie

La période d'incubation moyenne est de 7 à 14 jours (maximum 3 semaines). B. pertussis colonise la muqueuse respiratoire et déclenche une hypersécrétion de mucus, initialement peu épais, puis visqueux et adhérent. L'affection non compliquée dure près de 6 à 10 semaines et passe par 3 stades:

  • Catarrhal

  • Paroxystique

  • Convalescent

Le début du stade catarrhal est insidieux, avec en général des éternuements, un larmoiement ou d'autres signes de rhinite; une anorexie; une asthénie intense; une toux quinteuse nocturne gênante qui devient progressivement diurne. Un enrouement peut être observé. La fièvre est rare.

Après 10 à 14 jours, le stade paroxystique débute par une augmentation de la gravité et de la fréquence de la toux. Des crises de 5 accès de toux consécutives rapides au cours d'une seule expiration sont suivies par le "chant du coq", une inspiration précipitée et profonde. Un mucus visqueux abondant peut être expectoré ou rejeté des narines pendant ou après les quintes. Les vomissements sont caractéristiques. Chez le nourrisson, les accès de suffocation (avec ou sans cyanose) peuvent être plus fréquents que la reprise en "chant du coq".

Les symptômes diminuent lorsque la phase de convalescence débute, habituellement dans les 4 premières semaines. La durée moyenne de la maladie est de 7 semaines (intervalle de 3 semaines à 3 mois ou plus). Les quintes de toux peuvent réapparaître pendant des mois, habituellement induites par une infection des voies respiratoires supérieures sur des voies respiratoires qui restent sensibles.

Diagnostic

  • Cultures nasopharyngées, tests d'immunofluorescence directe et PCR (polymerase chain reaction)

  • Tests sérologiques

Le stade catarrhal est souvent difficile à différencier d'une bronchite ou d'une grippe. Les infections à adénovirus et la tuberculose doivent être évoquées.

Les cultures de prélèvements nasopharyngés sont positives pour B. pertussis dans 80 à 90% des cas aux stades catarrhal et paroxystique précoces. Comme des milieux spéciaux et une période d'incubation prolongée sont nécessaires, le laboratoire doit être informé qu'un cas de coqueluche est suspecté.

Un marquage réalisé à l'aide d'Ac fluorescents spécifiques sur les frottis nasopharyngés établit le diagnostic de coqueluche de façon précise, mais n'est pas aussi sensible que les cultures. Des tests sérologiques de phase aiguë et convalescente peuvent être utiles.

Le test par PCR d'échantillons nasopharyngés est le plus sensible et il est privilégié.

La numération des globules blancs se situe habituellement entre 15 000 et 20 000/mcL (15 et 20 × 109/L), mais elle peut être normale ou aller jusqu'à 60 000/mcL (60 × 109/L), habituellement avec 60 à 80% de petits lymphocytes.

La paracoqueluche se différencie de la coqueluche par la culture ou par marquage par Ac fluorescents.

Traitement

  • Soins de support

  • Érythromycine ou azithromycine

L'hospitalisation avec isolement respiratoire est recommandée pour les nourrissons sévèrement atteints. L'isolement est poursuivi pendant les 5 jours du traitement antibiotique.

Chez le nourrisson, l'aspiration pour éliminer le mucus en excès dans la gorge est essentielle. L'oxygène et la trachéotomie ou l'intubation nasotrachéale sont parfois nécessaires. Les expectorants, les antitussifs et les sédatifs ont peu d'intérêt.

Toute perturbation de l'environnement pouvant déclencher des crises de toux paroxystiques avec anoxie, les nourrissons gravement atteints doivent être maintenus dans une chambre silencieuse, sombre et dérangés le moins possible.

Les patients traités à domicile doivent être isolés, en particulier les nourrissons non immunisés, pendant au moins 4 semaines à partir du début de la maladie et jusqu'à ce que les symptômes aient disparu.

Les antibiotiques administrés pendant le stade catarrhal entraînent une amélioration sensible. Après l'apparition des quintes paroxystiques, les antibiotiques n'ont habituellement pas d'effet clinique, mais sont recommandés pour limiter la transmission.

Les médicaments préférés sont

  • Erythromycine 10 à 12,5 mg/kg par voie orale toutes les 6 heures (maximum 2 g/jour) pendant 14 jours

  • Azithromycine 10 à 12 mg/kg par voie orale 1 fois/jour pendant 5 jours

L'association triméthoprime/sulfaméthoxazole peut être utilisée chez le patient de ≥ 2 mois intolérant ou hypersensible aux antibiotiques macrolides.

Les antibiotiques sont également utilisés en cas de complication bactérienne (p. ex., bronchopneumonie et otite moyenne).

Prévention

L'immunisation active contre la coqueluche fait partie des vaccinations usuelles de l'enfance. Cinq doses de vaccin anticoquelucheux acellulaire sont administrées (habituellement associées avec le vaccin diphtérie tétanos coqueluche acellulaire [DTaP (DTCa)]) à 2, 4 et 6 mois; les rappels sont administrés entre 15 et 18 mois et entre 4 et 6 ans.

Les effets indésirables importants de la composante coqueluche du vaccin comprennent

  • Une encéphalopathie dans les 7 jours

  • Une convulsion, avec ou sans fièvre, dans les 3 jours

  • ≥ 3 heures de cris ou de pleurs persistants, sévères, inconsolables

  • Un collapsus ou un choc dans les 48 heures

  • Une fièvre ≥ 40,5° C dans les 48 heures

  • Une réaction anaphylactique ou grave immédiate

Ces réactions contre-indiquent l'utilisation ultérieure du vaccin anticoquelucheux; un vaccin associant les anatoxines diphtériques et le tétanos est disponible sans la composante coqueluche. Le vaccin acellulaire, qui est la préparation actuellement disponible, est mieux toléré que le vaccin précédemment utilisé, qui contient de nombreux composants cellulaires.

Ni la vaccination ni la maladie naturelle ne confèrent une immunité protégeant à vie contre la coqueluche ou la réinfection. L'immunité tend à diminuer 5 à 10 ans après la dernière dose de vaccin administrée.

Un rappel unique avec du Tdap (contenant des doses plus faibles des composants diphtérie et coqueluche que le DTaP de l'enfance) est recommandé chez les adolescents âgés de 11 ou 12 ans et chez les adultes qui n'ont jamais reçu de Tdap; il doit également être administré pendant chaque grossesse après 20 semaines de gestation (de préférence entre 27 et 36 semaines de gestation). Ces nouvelles recommandations sont destinées à réduire le risque de contagion de la coqueluche à partir d'adolescents et d'adultes non immunisés à des nourrissons non protégés.

L'immunité après infection naturelle dure près de 20 ans. L'immunisation passive n'est pas fiable et n'est pas recommandée.

Les contacts proches de < 7 ans qui ont reçu < 4 doses de vaccin doivent être vaccinés.

Prophylaxie post-exposition

Les antibiotiques post-exposition doivent être administrés aux sujets contacts familiaux dans les 21 jours suivant l'apparition de la toux chez les patients index, qu'ils aient été ou non vaccinés.

Des antibiotiques post-exposition doivent également être administrés dans les 21 jours suivant l'exposition, qu'ils aient été vaccinées ou non, aux sujets à risque élevé suivants:

  • Les nourrissons de < 12 mois

  • Les femmes au cours du 3e trimestre de grossesse

  • Tous les sujets qui ont des problèmes de santé potentiellement exacerbés par une infection coquelucheuse (p. ex., déficit immunitaire, asthme modéré à sévère, maladie pulmonaire chronique)

  • Sujets en contact étroit avec des nourrissons de < 12 mois, des femmes enceintes ou des patients atteints de maladies pouvant entraîner des complications graves

  • Tous les sujets à risque élevé qui comprennent les nourrissons de < 12 mois ou les femmes au troisième trimestre de la grossesse (p. ex., garderies, maternités, unités de soins intensifs néonatals)

Ces sujets doivent recevoir un traitement de 7 à 14 jours par érythromycine 500 mg/jour par voie orale 4 fois/jour ou 10 à 12,5 mg/kg par voie orale 4 fois/jour. Les autres antibiotiques utilisables comprennent la clarithromycine et l'azithromycine. Pour les nourrissons de < 1 mois, l'azithromycine est préférée pour la prophylaxie post-exposition.

Points clés

  • La coqueluche est une infection respiratoire qui peut survenir à tout âge, mais qui est plus fréquente et plus susceptible d'être fatale chez les jeunes enfants, en particulier les nourrissons de < 6 mois.

  • La phase catarrhale avec des symptômes d'infection des voies respiratoires supérieures est suivie d'un stade paroxystique avec des épisodes répétés d'accès de toux, consécutifs rapides suivis d'une inspiration profonde précipitée (le cri ["chant du coq"]).

  • La maladie dure environ 7 semaines, mais la toux peut se poursuivre pendant des mois.

  • Diagnostiquer en utilisant des tests PCR (polymerase chain reaction) ou des cultures du nasopharynx; des milieux spéciaux sont nécessaires.

  • Traiter par un macrolide pour améliorer la maladie (au cours de la phase catarrhale) ou minimiser la transmission (lors de la phase paroxystique et plus tard).

  • Prévenir la maladie en utilisant le vaccin anticoquelucheux acellulaire dans le cadre des vaccinations standards (avec un rappel pour les adultes), et traiter les contacts proches par l'érythromycine.

  • La maladie ou la vaccination ne garantissent pas une protection à vie, bien que toute maladie ultérieure tende à être plus bénigne.

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