Maladie de Gaucher

(Maladie de Gaucher)

Examen complet: mars 2024 ParMatt Demczko, MD, Mitochondrial Medicine, Children's Hospital of Philadelphia | Examen par des pairs réalisé parMichael SD Agus, MD, Harvard Medical School
Dernière mise à jour: mars 2024
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Voir l’éducation des patients

La maladie de Gaucher est une sphingolipidose, un trouble héréditaire du métabolisme, résultant d'un déficit en glucocérébrosidase, entraînant le dépôt de glucocérébroside et de composés apparentés. La symptomatologie varie selon le type mais il s'agit le plus souvent d'une hépatosplénomégalie ou d'une atteinte du système nerveux central. Le diagnostic est effectué par analyse de l'ADN et/ou par analyse enzymatique des globules blancs. Le traitement repose sur le remplacement enzymatique par la glucocérébrosidase.

Pour des informations supplémentaires, voir tableau .

Voir aussi Prise en charge du patient chez qui on suspecte une maladie métabolique héréditaire.

Normalement, la glucocérébrosidase hydrolyse les glucocérébrosides en glucose et en céramide. Les anomalies génétiques de l'enzyme entraînent une accumulation de glucocérébroside dans les macrophages des tissus par phagocytose, formant des cellules de Gaucher. L'accumulation des cellules de Gaucher dans les espaces périvasculaires du cerveau entraîne une gliose dans les formes neuronopathiques.

Il existe 3 types de maladie de Gaucher qui sont variables en termes d'épidémiologie, d'activité enzymatique et de manifestations.

Maladie de Gaucher de type I

Le type I (non neuronopathique) est le plus fréquent (90% de tous les patients) (1). L'activité enzymatique résiduelle est la plus élevée. Les personnes d'ascendance juive ashkénaze sont les plus à risque; 1/12 est un porteur. Le début va de l'enfance à l'âge adulte.

La symptomatologie de la maladie de Gaucher de type I comprend une hépatosplénomégalie, une atteinte osseuse (p. ex., ostéopénie, crises douloureuses, lésions ostéolytiques avec fractures), un retard de croissance, un retard de la puberté, des ecchymoses et des pinguéculas. Les épistaxis et les ecchymoses résultant d'une thrombopénie sont fréquentes.

Les radiographies montrent un élargissement des extrémités des os longs (déformation en flacon d'Erlenmeyer) et un amincissement cortical.

Maladie de Gaucher de type II

Le type II (neuronopathique aigu) est le plus rare, et l'activité enzymatique résiduelle dans ce type est la plus faible. Le début survient pendant la petite enfance.

La symptomatologie de la maladie de Gaucher de type II est une détérioration neurologique progressive (p. ex., rigidité, convulsions) avec décès avant l'âge de 2 ans.

Maladie de Gaucher de type III

Le type III (neuronopathique subaigu) est situé entre les types I et II en termes d'incidence, d'activité enzymatique et de gravité clinique. Le début se produit à tout moment au cours de l'enfance.

Les manifestations cliniques varient selon le sous-type et comprennent une démence et une ataxie progressives (IIIa), des atteintes osseuses et viscérales (IIIb), et des paralysies supranucléaires avec opacités de la cornée (IIIc). Le patient qui survit jusqu'à l'adolescence peut vivre de nombreuses années.

Référence

  1. 1. Hughes DA, Pastores GM. Gaucher Disease. In: Adam MP, Feldman J, Mirzaa GM, et al., eds. GeneReviews®. Seattle (WA): University of Washington, Seattle; July 27, 2000.

Diagnostic de la maladie de Gaucher

  • Analyse enzymatique

Le diagnostic de la maladie de Gaucher repose sur l'analyse de l'ADN et/ou sur l'analyse enzymatique des globules blancs. Les porteurs sont détectés et les types sont distingués par biologie moléculaire.

Bien que la biopsie soit inutile, les cellules de Gaucher (macrophages tissulaires chargés de lipides et présents dans le foie, la rate, les ganglions, la moelle osseuse ou le cerveau), qui ont une apparence de papier froissé, sont pathognomoniques. (Voir aussi examens en cas de suspicion de troubles héréditaires du métabolisme.)

Traitement de la maladie de Gaucher

  • Types I et III: remplacement d'enzyme par glucocérébrosidase

  • Parfois, miglustat, eliglustat, splénectomie, ou greffe de cellules-souches ou de moelle

Le traitement substitutif par glucocérébrosidase IV est efficace dans le type I et le type III; il n'existe aucun traitement du type II. L'enzyme est modifiée pour une distribution efficace aux lysosomes. Les patients recevant un remplacement enzymatique doivent bénéficier d'un suivi systématique de l'hémoglobine et des plaquettes, d'une évaluation systématique du volume de la rate et du foie par TDM ou IRM, et d'une évaluation régulière de la maladie osseuse par bilan du squelette, absorptiométrie biphotonique par rayons X ou IRM.

Le miglustat, un inhibiteur oral de la glucosylcéramide synthétase, réduit la concentration en glucocérébroside (le substrat de la glucocérébrosidase) et est un traitement alternatif pour les patients ne pouvant recevoir de remplacement enzymatique.

L'éliglustat, un autre inhibiteur oral de synthase du glucosylcéramide, réduit également la concentration de glucocérébroside.

La splénectomie peut être utile en cas d'anémie, de leucopénie ou de thrombopénie ou lorsque la taille de la rate est gênante. Le patient anémié peut également avoir besoin d'une transfusion sanguine.

La greffe de moelle osseuse ou greffe de cellules souches fournit un remède définitif, mais elle est considérée comme un dernier recours en raison de l'importance de la morbidité et de la mortalité.

Points clés

  • La maladie de Gaucher est une sphingolipidose résultant d'un déficit en glucocérébrosidase, entraînant le dépôt de glucocérébroside.

  • Il en existe 3 types qui sont variables en termes d'épidémiologie, d'activité enzymatique et de manifestations.

  • La symptomatologie varie selon le type mais il s'agit le plus souvent d'une hépatosplénomégalie ou d'une atteinte du système nerveux central.

  • Le diagnostic de la maladie de Gaucher est fait par analyse de l'ADN et/ou par analyse des enzymes des globules blancs; les porteurs sont détectés et les types sont distingués par analyse de mutation.

  • Le traitement des types I et III comprend le remplacement enzymatique par la glucocérébrosidase et parfois le miglustat, l'éliglustat, la splénectomie ou la greffe de cellules souches ou de moelle osseuse; il n'existe pas de traitement du type II.

Plus d'informations

La source d'information suivante en anglais peut être utile. Veuillez noter que LE MANUEL n'est pas responsable du contenu de cette ressource.

  1. Online Mendelian Inheritance in Man (OMIM) database: Complete gene, molecular, and chromosomal location information

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